PLANCHE XX
LUXATIONS SaAPULO-HDMÉRALES.
Fig, 1, 2 et 3. — Luxation soos-coeacoïdienne incomplète, d.atant de sept mois. — Boremans, âgé de 34 ans, fut surpris, le 16 décembre 1851, par un éboulement qui le renversa en avant les deux bras étendus, le bras droit particulièrement porté un peu dans Tabduetion. Delà nne luxation de Thumérus droit, qui fut d’abord méconnue; trois mois plus tard, on la reconnut. Ton essaya en vain de la réduire, et le blessé entra dans mon service à Saint-Louis, le 1" juillet 1852. Il offrait alors tous les symptômes de la luxation intra-eoracoïdienne ; le coude écarté en dehors et un peu en arrière, à la distance de 9 centimètres du tronc; la face externe du bras figurant un angle rentrant de 15 millimètres de flèche; Thumérus dans la rotation en dedans, Tépicondyle en avant, et enfin une grande portion de la tête saillant en dedans de l’apophyse coracoïde, comme on peutle voir fig. 2, On sentait bien cependant encore cette tête dans Taisselle, mais à une profondeur telle que je n’en tins compte, et je diagnostiquai une luxation intra-eoracoïdienne. J’en tentai la réduction le 5 juillet, six mois • et demi environ après l’accident. J’ai raconté, t. II, p. 168, comment la tête ne se replaçant pas complètement dans sa cavité, je voulus Ty ramener à Taide d’une serviette, qui déchira les téguments du bord axillaire postérieur. Trois jours après, je fis encore un nouvel essai de coaptation ; mais la suppuration se développa dans Taisselle, et le sujet succomba le 19 juillet, sans que la réduction eût été obtenue.
La dissection montra d’abord que la luxation avait été incomplète, le rebord glénoïdien ayant creusé une gouttière sur la portion articulaire de la tête humérale, fig. 1. La majeure partie de cette tête, fournée fortement en dedans, appuyait sur une sorte de cavité communicante, mais qui n’était encore ni osseuse, ni même cartilagineuse. La cavité glénoïde n’avait gardé son cartilage que dans sa portion inférieure; le reste était occupé par un tissu fibreux adhérent, comme si c’eût été la portion postérieure de l’ancienne capsule qui se fût soudée à la cavité. Mais ce qui avait rendu la réduction impossible, c’était d’abord la portion postérieure de la capsule nouvelle, formée par le tendon du sous-scapulaire et adhérent à la fosse sousscapulaire, 1 et 2, n ; puis la portion postérieure de l’ancienne capsule, collée en partie sur la cavité glénoïde et ne pouvant s tout une membrane fibreuse épaisse, solide, étendue de la face inférieure de î, b, et qu’il aurait fallu diviser avec le couteau (Voir aussi tome II, p. 54, 497
EXPLICATION DES PLANCHES
LUXATIONS SCAPDLO-HUSIÉRALES.
Fig. 1, 2, 3 et 4. — LtiXATiôîf soüs-coEicoÏDiEssÉ coirpiÈTÉ. —Pièce eomi dayre d’un -rieiflard, sans renseignements antérieurs. M. Fauraytier en Société anatomique,
la fig. 1 montre la téte luxée sons l’apophysê-coracoïde qui la partage en deux moitiés à peu près égales, laissant même la gouttière bicipitale en dehors. La fig. 2 fait voir la gouttière creusée sur le eol anatomique,de la tête humérale, indice irréfragable de luxation complète,-; en opposition avec la gouttière creusée.sur la tête même, comme dans la pL XX,
■ fi3i Ij qui atteste la luxation incomplète. Sür -la ^p.-S, on voit la nouvelle cavité, toute osseuse, principalement formée par '. uri.plateau.osseux de formation nouvelle, en partie aussi creusée aux dépens du rebord glénoîdien antérieur. Enfin, la fig.i représente une coupe transversale de l’omoplate; et, en faisant voir l’épaisseur du plateau osseux, a; accumulé sur sa face interne é, c, montre en même temps quel intervalle séparait toujours la. tête luxée du col del’omoplate, et bien plus encore de là fosse scapulaire. De c en d, la lame compacte du eol de l’omoplate étdu rebord glénoîdien d â disparu sous la pression. Voyez t. II, p. 45 et 469. .. . . . . ; - V . t-
Fig. 5 et 6. — Luxation DE la tête ho.méeale sous -LA CEAvicnLE, avec feactuee commltotive pu col'de ù’huiuéeus, datant DE DEUX MOIS. Pièco Communiquée par M. Mànzini, qui a publié l’observation , Bulletins de la Sociéie dnâtomique^ 1840, p. 227; moi-même J’avais êu-.OCèasion de voir le malade. ■ ■-
donné l’analyse de l’observation et la description de la pièce, t. II, p. 547; j’îhsistérai seulement ici sûr rhypertrophîê é la tête humérâlê. On la voit par sa surface articulaire, fig. 5, et par la surface fracturée,-jïj. 6. '
■ LUXATIONS SCAPDLOrHÜMÉRALES.
— LuxATioN iNTEA-coEAcoïDiENNE ANCIENNE. — PiècB'tfouvée sUr le cadavrc d'un vléillard, sans renseignements
Fig. 1, 2 et antérieurs.
Là fig, I montre la tête en rapport avec l’omoplate et recouverte de. saillies osseuses anormales, l’apophyse coracoïde plongeant sur la coulisse bicipitale ; le trochiter fortement hypertrophié,.:On aperçoit, fig. 2, là nouVèlle surface articulaire, creusée sur le cOl de romoplàte, et se prolongeant vèrslà fosse sous-scapulaire où elle était constituée par un plateau osseux épais de près de 2 eenfimètres. Enfin, la 3 représènte la tête aplatie a sa partie postérieure , eômme si un fragment en eût été séparé par la scie, et une gouttière si profonde entre elle et le trôcËiter qu’on ponvàït se demander si celni-ei n en avait pas étéfrétâché par une fractüre. Vpir d^îlieurs une deseriptionplus étendue de eettè pièce, t. H, p. 515.
Fig. 4. — Luxation sous-coKAcotDiENHE. ANc.iE.NNE AVEC FEACTUEE DE LA cAViTé GLÉNOÏDE, —Pièce trouvée sur le cadavre, sans renseignementsantérieurs. J’aidêjàdpnnéquelquesdétailaàee.snjet,t.H,p.. 550;.mèis ils demandent à être complétésïei, La figure montre, seulement la nouvelle cavité et ce qui reste de l’ancienne. A gauche et en haut se'yqit le long tendon duhièeps qui était resté dans sa .gaine humérâle/ét au-dessous du tendon la face interne de la capsulé parsemée de débris de cartilage, comme.si la.fracfnr.e;eût.été toute récente. Plus à droite s’aperçoit la portion restante de la Cavité, tapissée encore de son cartilage ; sa laTgeur est de 16 millimètres, èn sorte que la fracture en a détaché environ 10 tiers antérieur.
. Cette fracture apparaît nette sur lehoïd du cartilage comme si elle était de la veille; on voit même eh' bas un petit fragment de cartilàge.qui frétait en aucune façoç réuni. La facette a est taillée à pic ,'et forme un an|le droit avèé la cavité glénoïde; cest la surface delà.fractufé-à peBié adoiigè par Tusure, et sans .vestigè de tissu fibreux; à sa limite interne on reconnaît 1 écorce compacte dû col dé romopktè. Plus à droite, enfin, est ufié autre faeettéfr, supportée parunpiateau osseux qui paraît résulter de la sou.dure du fragment détaché surle col de l’Omoplate ; cette facette est tapissée d’iih tissu mon, mais quine rappelle pas le cartilage articulaire; cependant elle est formée, an moins en partie, par.la.suifaeearticuiaire dn fragment détaché, et ce qui ne perfoet pas le donteà cet égard, e’est le prolongement,.sur sa limite interne et inféneure, du bôufrèlefglénôïaien c, qui disparait seulement vers le haut, et qui, en bas surtout, se eontihüe sans trace de rnptûre âvéc la-capsule synoviale.
.L apophyse coracoïde est rompue vers son sommet; les fragments sont retenus par deslieiis fibreux extérieurs; maiseh-
treles surfaces fracturées on ne voitpas la moindre tracé de-réunion.
La tête humérale offrait un aplatissement très-marqué dans la.partie qui répondait à la surface fracturée du col scapulaire ; et làaussileeartüageavaitdisparupourlaisserpresqneabsolumentànuletissu osseux. Aucontraire, dans les points en rapport avec a facette i et avec la capsule, la tête avait gardé sa forme, son cartilage et son poli, absolument comme à l’état normal.
Fig 5 et 6. -Luxation sous-ACEOMiALE,sicENTE avec aehaghement du teochitee. - Pièce déposée au Musée Dupuytren par M. Maisonneuve, qui l’avait présentée auparavant à la Société de chirurgie, le 13,dGtobre 1852.
.-Le sujet était un carrier, tombé d’une hauteur de 30 pieds .'environ. La luxation fut réduite,; mais d’autres lésions plus ç'aves emportèrent leblessé en quelques heures. La capsule était déchirée dans sa partie supérieure, externe et postérieure ; le trochiter.entièrement arraché, et entraîné par les tendons dès.muscles'sus-épineux et sons-épinenx au-dessous de la voûte aeromio-clavieulaire. II était en même temps divisé en deux, et le figment postérieur très-petit comprenait une petite portion de 1,’ïnsertion du sous-épineux. Les muscles petit rond et sôüs-scàpulaire avaient conservé.leur insertion humérale; le long tendon duiiceps avait déchiré la gaine fibreuse qui lé retient dans sa coulisse; le nerf circonflexe était intact ainsi que fo deltoïde, ' ’
La ûg. 5 montre la luxation reproduite, et la tête humérale éloignée de sa cavité, autant que le permettent les portions antérieure et inférieure de la capsule demeurées intactes; on voit que la tête repose juste sousl’angle postérieur de l'acromion, et sans nul point de contact avec l’épine de l’omoplate. Hle n’appuie non plus nullement sur le col de l’os, mais bien sur le rebord de la cavité glénolde; etplus en arrière, elle est en contact avec le bord externe du muscle sous-épineux qu'ebe a légèrement refoulé. Dans cette position, environ les deux tiers de sa calotte articulaire sont en dehors de cette cavité , l’autre tiers la regardant encore; et c’est bien manifestement une luxation incomplète. On volt aussi qu’elle avait écarté le petit rond et le sous-épineux.-
La fig. 6 représente la luxation réduite, l’humérus pendant le long du corps. Le trocbiter, entraîné par ses muscles, reste éloigné de plus de 3, centimètres, de son point d’arrachement. M. Maisonneuve avait fait voir, et j’ai vériSé sur la pièce qu’en élevant le bras à angle droit on ramène les fragments en contact. Toutefois, pour y réussir complètement, il fallait porter le bras un pen en arrière, sans quoi il restait un bâillement assez notable entre l’os et le fragment postérieur du trochiter. Voyez f. II, p. 537 ét 543.