‹ Traité des fractures et des luxations (volume 3)Chapitre 3 sur 98 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Je viens offrir au public la première partie d’un ouvrage depuis longtemps médité, et qui a pour objet de remplir une lacune dans notre littérature chirurgicale. L’Angleterre et l’Allemagne comptent de nos jours plusieurs traités sur les fractures et les luxations, et peut-être y a-t-il lieu de s’étonner que la France soit restée en arrière.

Il y avait cependant urgence, dans une matière aussi importante, à sortir du cadre trop rétréci des traités généraux de pathologie. Nous ne sommes plus a l’époque où Richerand s’écriait que le traitement des luxations, par exemple, approchait de ce terme idéal que Von nomme perfection. Des travaux nombreux entrepris dans ces derniers temps ont fait voir combien l’histoire de cette classe de lésions offrait d’erreurs et de lacunes, et il n’est pas besoin d’insister sur ce point. La démonstration n’est pas aussi complète pour ce qui regarde les fractures; toutefois, je ne crains pas de dire que leur étude est aussi peu avancée que celle des luxations, et que trop souvent, pour les unes comme pour les autres,

on a décrit des lésions imaginaires en même temps qu’on oubliait des lésions réelles.

La réalité, tel. est donc le grand caractère que je me suis efforcé de donner a cet ouvrage. Au point de vue historique, J’ai cherché k présenter l’ensemble de toutes les doctrines, de toutes les idées, depuis l’origine de l’art jusqu’à nos jours, en recourant autant que je l’ai pu aux sources originales. Au point de vue dogmatique, je n’ai rien affirmé qui ne fût appuyé par des faits, soit de ma propre expérience, soit de l’expérience des autres. La où l’observation clinique faisait défaut, j’ai cherché a y suppléer par des expériences, soit sur le cadavre de l’homme, soit sur les animaux vivants; mais par-dessus tout, j’ai tenu à jeter sur une foule de questions controversées le jour décisif de l’anatomie pathologique, et c’est Ik l’objet de mon atlas.

Pour rendre cet atlas aussi riche qu’il était k désirer, je n’ai pas hésité k frapper k toutes les portes. Outre les ressources de ma propre collection, j’ai mis k contribution les trois grands musées de la capitale, et je dois des actions de grâces pour la libéralité avec laquelle ces trésors scientifiques m’ont été ouverts, au Conseil des hôpitaux d’abord et a M. Serres, directeur du Musée des hôpitaux; k M. le doyen de la Faculté de médecine, pour le Musée Dupuytren; k M. Gama, pour le Musée du Val-de-Grâce. Et comme le hasard a ses faveurs et ses caprices, toutes les fois que j’ai pu découvrir une pièce rare et importante dans quelque cabinet particulier, Je n’ai rien négligé pour l’accaparer en

PRÉFiCE.

quelque sorte au profit de mon allas, et c’est ainsi que j’ai eu a ma disposition plus de richesses que jamais peut-être aucun auteur n’en a possédé. La première partie de cet atlas, comprenant les fractures, contient, en 16 planches, près de 100 figures, dessinées au diagraphe pour plus de fidélité.

Je n’ajouterai que quelques mots au sujet des auteurs que j’ai eu à citer. Toutes les fois qu’il s’agissait d’une observation, ou d’un Mémoire isolé, j’ai pris soin d’indiquer mes sources au bas delà page; mais poiir les écrivains classiques qui ont traité des maladies des os ou de la chirurgie en général, il m’a paru préférable de renvoyer le lecteur à une bibliographie générale et raisonnée qui terminera mon second volume. Ce sera la une occasion de tracer a grands traits l’histoire de l’art sur cette matière, de suivre le progrès des idées, la série des auteurs, la chronologie des grands ouvrages et de leurs principales éditions; et peut-être ce travail ne manquera-t-il ni d’utilité ni d’intérêt.

Mai 1847,

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