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Traité des fractures et des luxations

bras. En général, on est convenu de regarder comme luxé, l’os ou la partie qui occupe normalement la position inférieure-, cela souffre toutefois de nombreuses exceptions. Ainsi, la clavicule est réputée luxée sur le sternum et sur l’omoplate ; les vertèbres supérieures sur les inférieures. On voit que le langage chirurgical ne se pique pas d’une grande rigueur à cet endroit; et tant qu’on ne sort pas de ces généralités, la confusion est peu à craindre ; mais il en est tout autrement quand il faut déterminer le sens du déplacement. Les anciens, et après eux beaucoup de modernes, avaient adopté l’expression de luxations en avant, en arrière , en dedans, en dehors, en haut, en bas; et ces dénominations, si simples en apparence, n’avaient pas laissé que d’amener déjà quelque confusion. Les uns appelaient en dedans, par exemple, certaines luxations de l’humérus ou du fémur que d’autres qualifiaient en avant; bien plus, la meme luxation tibio-tarsienne était réputée en dedans par les uns, en dehors] par les autres.

Quelques chirurgiens, et j’en ai moi-même donné l’exemple, ont voulu couper court à tout débat, et donner à la fois au langage une précision rigoureuse, en dénommant la luxation d’après le lieu occupé par l’os luxé. Plusieurs obstacles se sont opposés à ce que cette innovation eût tout le succès désirable. Premièrement, on ignorait, il y a vingt ans, et nous sommes loin de connaître encore d’une manière exacte les rapports précis des os luxés; il est donc arrivé qu’on a créé avec les mots nouveaux des luxations absolument imaginaires , telles que la luxation sus-pitbienne du fémur qui, jusqu’ici du moins, n’a pas été observée. Secondement,, chaque écrivain voulant se faire sa petite place dans la nomenclature, on a eu coup sur coup deux, trois, quatre dénominations pour la même lésion, et les lecteurs ont fini par n’y plus rien comprendre. Troisièmement, enfin, il est beaucoup de luxations auxquelles la no^ 'menciature nouvelle ne saurait s’appliquer sans péril pour la clarté du discours.

En résumé, on voit que la terminologie des luxations n’est réglée par aucun principe certain ; le plus sûr à suivre serait l’usage, si malheureusement 1 usage n était lui-même incertain dans beaucoup de cas., et ne devait céder aussi quelquefois aux progrès de la science. Pour ce qui me regarde, je

DES LUXATIONS TRAUMATIQUES.

tâcherai de choisir les désignations les plus claires, les plus exactes, les plus aisées à retenir; et, dû reste, plus soucieux des choses que des mots, je m’attacherai à décrire chaque lésion avec assez de soin pour que le lecteur ne soit jamais exposé à se méprendre.

Tout ce qui précède a trait aux luxations en général. Nous allons maintenant étudier séparément ces trois grands ordres de déplacements, les luxations traumatiques, pathologiques et congéniales.

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