‹ Traité des greffes humainesChapitre 126 sur 188 · OBSERVATION CXXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION CXXIV

GODMAN. — Implantation double d’un segment pédiculé du péroné dans les fragments Correspondants du tibia. (Ann. of surgery, juin 1909.)

H..., trente-deux ans, en 1883 : oStéomyélite du tibia droit à sa Partie inférieure, suppuration et éliminations de séquestres pendant quatorze ans.

En 1904 : après un traumatisme, la suppuration recommence, résection sous-périostique de la diaphyse (7 décembre).

En juillet 1905 : il persiste une cavité osseuse. La radio montre que l'os n’est pas régénéré au milieu de la diaphyse.

Opération : ablation d’un morceau de l'extrémité inférieure du tibia, nécrosé.

En octobre 1905 : plaie d'aspect nécrotique, aucun signe de régénération, impotence complète, demande l’amputation, ankylose du genou et du cou-de-pied.

Opération : incision antérieure à convexité inférieure descendant à 13 centimètres sous la rotule, résection du bout du moignon tibial supérieur.

Section du péroné un peu au-dessus de ce niveau, en pliant la jambe en dehors, on amène la diaphyse péronière contre le tissu spongieux du tibia, et en redressant la jambe, on l’enfonce un peu dans ce tissu.

La place laissée vide par le péroné est comblée par un fragment du jambier antérieur.

Consolidation rapide, paralysie du sciatique poplité externe, varus persistant.

Trois mois après : implantation du péroné dans l’épiphyse tibiale inférieure ; pour cela, ostéotomie du péroné oblique en bas et en dedans, on détache de l’épiphyse tibiale un fragment externe à base postérieure et on encastre le péroné entre l’épiphyse et le fragment, la diaphyse péronière implantée reste unie à l’épiphyse par un pont périostique.

Consolidation rapide, fusion complète des deux os, hypertrophie progressive du péroné.

Postérieurement transplantations tendineuses multiples (jambier postérieur sur long péronier).

Marche très bien sans canne, léger raccourcissement.

Autoplastie cutanée pour recouvrir l’ulcération, plâtre.

Cinq semaines, après : consolidation et cicatrisation, marche avec un plâtre et des béquilles, en faisant appuyer progressivement sur la jambe.

Après un an : hypertrophie peu considérable mais fonction complètement rétablie.

Après trois ans : le péroné est doublé, presque aussi gros qu'un tibia.

Marche normalement, sauf une légère claudication, raccourcissement : 02,035.

L’extrémité inférieure du péroné semble, à la radio, soudée au tibia.

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