‹ Traité des greffes humainesChapitre 163 sur 188 · OBSERVATION CLXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION CLXVIII

LEXER. — Extirpation du tiers supérieur du tibia gauche pour sarcome myélogène et transplantation d'un fragment analogue prélevé sur une jambe amputée pour gangrène sénile (37° Congrès allemand de chirurgie, 24 avril 1908 et Medizinischen Klinik, 1908, n° 22.) Duening.

Homme de trente-huit ans, sarcome myélogène de l'extrémité supérieure du tibia gauche opéré en novembre 1907. Grand lambeau antérieur, résection du segment malade y compris les surfaces articulaires. Sur la jambe d’un homme que l’on vient d'amputer pour gangrène sénile on prélève un fragment analogue ; l'extrémité inférieure taillée en pointe est fixée dans le canal médullaire du tibia. Les surfaces cartilagineuses s'adaptent à peu près (le greffon provient d’une jambe. droite). Le ligament rotulien et la capsule sont suturés au périoste du greffon. Guérison sans incident. À la cinquième semaine on essaie les mouvements actifs et passifs. A la septième le malade se lève avec un appareil à gouttière et attelles. La radiographie montre une bonne position du fragment greffé ; il yaun cal. Au bout de trois mois flexion de la jambe de 45°, extension active. Marche un peu incertaine sans appareil, légère mobilité latérale.

2 mars 1908, présentation à la Société de médecine. Au bout de huit mois flexion active et passive possibles jusqu'à l'angle droit. Mouvements latéraux disparus. Légère hydartrose guérie par deux ponctions. La radiographie montre un cal entourant greffon et cartilages articulaires sont nets et lisses. Seize mois après l'opération les mouvements élaient encore améliorés. On intervient pour enlever un restant de plombage dans la cavité médullaire du greffon, on trouve cette dernière remplie de bourgeons charnus, la paroi osseuse saigne à la curette. Malheureusement depuis la présentation au Congrès le malade est obsédé par l’idée qu'il ne peut tolérer dans son organisme un os appartenant à un autre homme ; il se croit l’objet d'expériences, fait des troubles intellectuels très marqués : voies de fait envers le personnel, on ne peut le convaincre qu'il est et demeure guéri, il faut l'amputer. Nous n'avons pas de renseignements sur la pièce.

OBSERVATION CLXIX

Lexer. — Résection de l'extrémité supérieure de l’humérus pour sarcome, greffe avec une partie de l'extrémité inférieure d’un fémur recouvert de sa surface cartilagineuse (37° Congrès, ete.)

Homme de vingt-cinq ans, résection de l'extrémité supérieure de l'humérus pour sarcome myélogène, brèche de 20 centimètres de long sans trace de périoste. On greffe la moitié «le l'extrémité inférieure d'un fémur, qui avec son condyle simule très bien l'extrémité supérieure d'un humérus (fragment prélevé après amputation). Fixation au moyen d'une cheville de 5 centimètres, faite avec le péroné du même membre amputé. L'extrémité articulaire est mise en place dans la cavité glénoïde, la capsule fixée sur le pourtour articulaire. Guérison dans d'excellentes conditions, en très bonne position. Actuellement la mobilié active

du bras va jusqu’à l'horizontale.

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