OBSER VATION CLXX VIT
hürrngr. — Extirpation du tiers supérieur du tibia avec sa surface articulaire, transplantation d'un fragment analogue prélevé trois heures après la mort et conservé pendant vingt-quatre heures. Guérison, 40° Congrès, etc.
Bruno P..., quarante-cinq ans, entre à la clinique le 3 avril 1910. Depuis quelques mois il porte sur la tubérosité antérieure du tibia une tumeur grosse comme un œuf. Rien au niveau-de l'articulation. Diagnostic : chondrome. Le malade quitte la clinique et doit revenir lorsque l’on pourra se procurer un greffon.
4 juin. Opération. Anesthésie à l’éther, pas de bande pour l'hémostase. Incision longitudinale, ‘extirpation du fiers supérieur du tibia, on conserve Ja moitié du meénisque interne. Greffe avec fragment analogue (12 centimètres) prélevé trois heures après la mort et con-
servé vingt-quatre heures en glacière dans du Ringer sans chloroforme ; on fixe le transplant avec une cheville osseuse prélevée sur le même cadavre. Pendant l'opération la moelle du greffon s'échappe dans la plaie. Réunion des tissus en # ou 5 plans. Appareil depuis les ischions jusqu'aux orteils.
Suites opératoires normales, léger suintement dans le plâtre. L'examen microscopique indique qu'il s’agit d’un chondrome.
12 juillet. On enlève le plâtre. Il y a une petite fistule par où s'échappe la moelle osseuse qui était restée dans la plaie. Nouvel appareil. La radiographie montre un greffon en bonne attitude. Le 27 du même mois on change l’appareil : la fistule ne coule plus. Nouveau plâtre et le malade part chez lui. |
6 octobre. Retour, on enlève l’appareil, pas de fistule, le malade repart.
6 décembre. Le malade revient. Le médecin de la campagne a fait une incision au niveau de la fistule reproduite, et pansé à plat. Le malade se promène avec l’appareil de Hessinger ; la fistule se cicatrise, le patient s’en va.
18 janvier 1911. Retour, pas de fistule, on enlève l’appareil, on essaie de faire marcher le malade sans béquilles, on réussit. La flexion passive se fait à 45°. Le 49 juin le malade donne de ses nouvelles ; il ne porte plus d'appareil, marche avec une canne, reste debout sans appui, le genou peut exécuter comme auparavant tous les mouvements de flexion et d'extension. (Voir fig. 8 et 9.)
OBSERVATION CLXXVIX
Waurxer. — Greffe de l'extrémité supérieure du péroné pour remplacer l'extrémité inférieure du radius. (Bulletins et mémoires de la Société de Chirurgie, séance du 24 mai.)
Félicie T..., trente ans, porte depuis quelques mois une tumeur sur l'extrémité inférieure de son radius. Depuis le 30 janvier 1911, la tumeur augmente rapidement et gêne les mouvements. Elle est actuellement de la grosseur d'un œuf. On porte le diagnostic d'ostéo-sarcome.
Opération le 5 avril 1911. Incision longitudinale, résection de l'extrémité inférieure du radius, conservation de quelques débris de la capsule radiocarpienne. Greffe d’un fragment de péroné prélevé sur la même malade : l'extrémité inférieure taillée en pointe est enfoncée dans le canal-médullaire du radius. On suture au catqut sur l'extrémité articulaire les débris capsulaires. Drain, appareil plâtré. Diagnostic histologique : sarcome à myéloplaxes. | |
Suites opératoires excellentes ; drain enlevé le 8 avril. Au bout d'une quinzaine de jours on mobilise le bout des doigts. |
10 mai. On enlève le plâtre; la radiographie indique une légère déviation du fragment greffé, on place deux attelles et une bande de flanelle.
23 mai. Consolidation parfaite, correction parfaite du déplacement. Le 2% mai, le malade est présenté à la Société de chirurgie, les doigts sont mobiles, les mouvements de flexion et d'extension assez faciles. Il y a un peu de raideur dans l'articulation métacarpophalangienne du pouce, mais en somme tous les mouvements de l’avant-bras et de la main persistent. o
Le poignet n’est pas douloureux ; les mouvements passifs d'extension et de flexion sont possibles entre 20 et 309, les mouvements actifs entre À et 20°. La soudure radio-péronière semble absolue, en mettant la main en supination on entraine le radius.
Actuellement, en mars 1912, la malade va très bien, elle a repris son service de bonne à tout faire, travaille sans fatigue. La nouvelle articulation péroné6-carpienne est solide et mobile. le carpe n'est pas déplacé. Le résultat est donc jusqu'ici parfait.