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OBSERVATION CLXXXIX

GogseLs (Kiel). — Remplacement des articulations des doigts par les articulations des orteils. (Muenchener medizinische Wochenschrift, tome LX, n° 29, 22 juillet 1913, p. 1598-1599 avéc 2 fig.).

Un violoniste de trente-sept ans souffre depuis un an d’une blennorragie atteignant l'articulation de la phalangine avec la phalangette du petit doigt du côté gauche. Résection de cette articulation ; résection sans ouverture articulaire de l'articulation de la phalange avec la phalangine du 2° orteil gauche. Gette articulation est transplantée à la place de l'articulation malade réséquée. Onze jours après, guérison absolue de la plaie opératoire ; deux mois après, l’opéré annonce qu’il a pu reprendre ses exercices de violon et se servir de son petit doigt, presque sans douleur. Dix mois après, le malade redonne pour la première fois un concert. Examiné alors, son petit doigt montre, dans son ensemble, des mouvements aussi étendus que celui du côté droit. Néanmoins, au niveau de la 2° articulation, les mouvements actifs sont réduits de 86° ; à la radiographie on constate la parfaite vitalité du transplant, la forme de l’orteil étant facilement reconnaissable. |

OBSERVATION CXC Station physiologique du Collège de France.

S. Voroxorr. — Greffe de l'articulation métacarpo-phalangienne du 2° doigt de la patte antérieure gauche, à la place de l'articulation métacarpo-phalangienne du 4° doigt de la même patte. Chien n°5.

Opération, lundi le 3 mai 1915. — Un grand chien noir, pesant 32X8 200, a reçu dans la veine saphène externe une injection d’une solution physiologique contenant 38,5 de chloralose ; au bout d’un quart d’heure, sommeil parfait qui a duré cinq heures.

La patte antérieure gauche, soigneusement épilée la veille, à été badigeonnée à la teinture d’iode et a été entourée de champs stérilisés. Du reste, grâce à la présence à la Station physiologique du Collège de France d’une salle d'opération pourvue d’autoclave et de Poupinel, une asepsie parfaite a pu être toujours assurée durant les opérations.

L'opération a débuté par l’extirpation de l'articulation métacarpo-phalangienne du 2e doigt. A cet effet, nous avons tracé une incision courbe empiétant sur le métacarpe et sur la phalange et correspondant par son milieu à l’articulation. L’incision contourne donc l'articulation mais passe en dehors d’elle. La peau réséquée et réclinée, on trouve le tendon de l’extenseur qu’on dégage prudemment, de façon à ne pas ouvrir l'articulation à laquelle il est adhérent. Une mèche de gaze introduite sous ce tendon permet de le garder écarté de l'articulation et le préserve des coups.de bistouris et de ciseaux. On détermine les lignes de sections osseuses sur le métacarpe et sur la phalange, immédiatement au-dessus et au-dessous de l'articulation et on incise le périoste à un demi-centimètre au delà de ces lignes. A l’aide d’une petite rugine, on récline le périoste de façon à avoir un manchon long d’un demi-centimètre qui dépassera en haut et en bas le greffon articulaire, après qu’il sera réséqué. Cette section est pratiquée à l’aide de fortes cisailles bien pointues. Elle doit être faite très prudemment et ne doit entamer que los. Tenant le greffon relevé avec un petit davier, on glisse alors un bistouri étroit entre l'os et le périoste postérieur, non encore entamé, et on le sectionne à un demi-centimèêtre au delà de la section osseuse. À ce moment on ne peut pas encore prélever le greffon articulaire. On doit d’abord dégager le tendon du fléchisseur qui glisse sur une sorte de poulie cartilagineuse, faisant partie de la face postérieure de l'articulation. Une gaine adhérente à

Fig. 48. — Radiographie de la patte antérieure gauche du chien ne 5.

cette poulie entoure le tendon et le maintient contre elle. Il faut donc l'inciser, pour

rendre libre le tendon et prélever, enfin, l’articulation que rien ne retient plus au fond de la plaie. En attendant d’être greffée, elle est déposée dans une compresse imbibée du liquide de Ringer. On parfait l’hémostase et on ferme la plaie avec des crins de Florence.

On résèque alors la 4° articulation métacarpo-phalangienne de la même patte pour porter, dans la brèche ainsi faite, l'articulation métacarpo-phalangienne du 2 doigt.

En effet, pour ne pas immobiliser deux pattes à la fois, ce qui aurait présenté trop d’inconvénients pour les soins ultérieurs à donner à l’animal et l’aurait empêché de marcher (ce qui lui est possible avec trois pattes), nous avons préféré greffer une articulation prélevée à la même patte. À

Notre but étant d’étudier la possibilité de l’autogreffe d’une articulation métacarpophalangienne, il était, en réalité, indifférent pour la démonstration du fait, que l’articulation soit greffée à la même patte ou à une autre du même animal.

Nous avons donc pratiqué une incision courbe sur l'articulation métacarpo-phalangienne du 4° doigt, avons récliné le tendon de l’extenseur et avons réséqué l'articulation en conservant le tendon du fléchisseur. |

Cette seconde opération n’a différé de la première que par la façon de traiter le périoste. En effet, autant il y avait intérêt de garder un manchon périosté dépassant les deux bouts du greffon, autant il y avait intérêt de conserver un semblable manchon aux extrémités du métacarpe et de la phalange entre lesquels ce greffon sera placé. Pour y parvenir, après avoir déterminé les lignes de sections osseuses sur le métacarpe et sur la phalange, afin d'avoir après leur résection une brèche pouvant exactement contenir le greffon, nous avons incisé le périoste, non pas au delà des futures sections, mais en deça, plus près de l'articulation et avons réséqué les os seulement, après avoir récliné les manchons périostés en haut vers le métacarpe, en bas vers la phalange. Ceci fait, et la brèche débarrassée de l’articulation, le greffon y fut porté. Etant de mêmes dimensions que l’article prélevé, il s’est adapté exactement aux extrémités osseuses réséquées. Par quelques points au catgut nous avons suturé les manchons périostés du greffon à ceux des extrémités du métacarpe et de la phalange, nous avons placé le tendon du fléchisseur dans sa nouvelle poulie cartilagineuse et le tendon de l’extenseur a repris sa place au milieu de la face antérieure de l'articulation. Les tissus sous-cutanés ont été ensuite suturés sur le greffon, de façon à l’enserrer étroitement et le bien maintenir. La peau fut suturée avec des crins de Florence sans drainage.

Un appareil plâtré fut appliqué à la fin, de manière à avoir la patte fléchie sur l’avantbras, empêchant ainsi l'animal de s’en sérvir..

Le 12 mai. Nous avons enlevé l’appareil plâtré. Réunion par première intention. La peau de la patte est légèrement irritée, l'appareil plâtré fut réappliqué.

Le 20 mai. Revu la patte ; tout va bien, appareil.

Le 3 juin. Revu la patte ; tout va bien. La peau est encore un peu irritée au niveau de l’articulation. Appareil.

Le 19 juin. Radiographie faite par le D' Contremoulin à l'hôpital Necker. Elle montre que les surfaces osseuses se sont parfaitement soudées. L’articulation conserve un espace libre entre les surfaces articulaires (fig. 48).

Le 12 juillet. Etat excellent. L'animal est laissé sans appareil. Il marche et court sans la moindre boiterie. L’articulation paraît parfaitement souple et indolore. Nous nous proposons d'attendre une année avant de prélever l’articulation greffée pour lui faire . ainsi subir un examen histologique après un laps de temps suffisamment long, pour que es divers éléments aient pu accomplir un remaniement complet.

OBSERVATION CXCI Station physiologique du Collège de France.

S. Voroxorr. — Greffe de la 5° articulation métacarpo-phalangienne à la place de la 3° articulation de la même patte. Chien n° 8.

Opération, lundi le 24 mai 1915. — Un beau chien de chasse, blanc avec des taches brunes, pesant 24 kilogrammes. | Injection intra-veineuse de 28",5 de chloralose. Incision cutanée très courbe, résec-

tion de la 3° articulation métacarpo-phalangienne de la patte antérieure gauche, comme dans l’observation précédente. Nous avons trouvé inclus dans le tendon de l’extenseur un petit os sésamoïde, formant une sorte de petite rotule au-dessus de larticulation. Nous l’avons conservé.

Résection de la 1'° articulation qui est prélevée en entier, sans être ouverte. Nous avons

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Fig. 49, — Radiographie de la patte antérieure gauche du chien ne 8.

observé que la poulie cartilagineuse, sur laquelle glisse le tendon du fléchisseur du 1er doigt, est sensiblement plus volumineuse que celle de la 3° articulation.

Du reste, tout le greffon parait plus volumineux que l'articulation qu’il est destiné à remplacer.

On parvient pourtant à l’introduire dans la brèche laissée par le prélèvement de cette articulation et on suture les manchettes de périoste, le tissu sous-cutané et la peau.

La nouvelle articulation du 3° doigt est donc présentée par l'articulation métacarpophalangienne de la 1"°, sur laquelle s’adapte l'os sésamoïde de la 3°. ‘

Le 4° juin. — Nous avons enlevé l'appareil plâtré. Réunion par première intention au niveau de la 3% articulation greffée. Désunion partielle de la plaie au niveau de la 1"° articulation réséquée. Appareil plâtré.

Le 6 juin. — Cicatrice parfaite au niveau de la greffe. La plaie au niveau de la {°° articulation est en train de se combler.

Le 20 juin. — La patte est complètement guérie.

Le 12 juillet. — L'appareil plâtré est définitivement enlevé.

La nouvelle articulation fait bosse au milieu de la patte. |

La radiographie faite à l'hôpital Necker, un mois après l'opération, indique la disparition de l’espace libre entre les surfaces cartilagineuses (fig. 49).

L’articulation s’est pourtant parfaitement greffée et quatre mois après l'opération elle fut trouvée souple, mobile. Le chien qui boitait les premiers 3 mois, marche, court actuellement sans la moindre boiterie.

OBSERVATION CXCII Station physiologique du Collège de France.

S. Voroxorr. — Greffe de la 5° articulation métacarpo-phalangienne à la place de la 3° articulation de la même patte. Chien n° 9.

Opération mercredi, le 2 juin 1915 en présence du professeur Gley. — Un grand chien de chasse, pareil au n° 8, mais ayant les taches blanches beaucoup plus larges, de 24 kilos.

Même opération sur la patte antérieure gauche, comme dans l'observation précédente, mais l’os sésamoïde ne fut pas gardé. Er: |

Les suites opératoires furent en tout point excellentes. Réunion par première intention. Suppression de l’appareil au bout de 6 semaines.

Résultat fonctionnel parfait. L’articulation greffée demeure souple, le chien court et saute, sans que rien dénote qu'il ait subi une greffe.

La radiographie faite à l'hôpital Necker accuse un espace clair entre les surfaces articulaires, elle est donc libre (fig. 50).

OBSERVATION CXCIII Station physiologique du Collège de France.

S. Voronorr. — Greffe de la 3° articulation métacarpo-phalangienne à la place de la 5° articulation de la même patte. Chien n° 10.

Opération vendredi, le 44 juin 1915. — Un gros chien noir, ventre gris, pesant 95 kilogrammes. [l a déjà servi à une autre expérience, le 9 avril de la même année.

La 3° articulation métacarpo-phalangienne a été transplantée, sans être ouverte, dans la brèche laissée par la résection de la 1° articulation de la même patte.

Suites opératoires excellentes. Réunion par première intention.

Actuellement : articulation souple, démarche parfaite. Soudure complète en bas. En haut elle est encore incomplète. La radiographie a été faite à l’hôpital Necker le 2% juillet 1945 (fig. 51). |

OBSERVATION CXCIV Station physiologique du Collège de France.

S. Voronorr. — Greffe de la 5° articulation métatarso-tarsienne à la place de la 3° articulation de la même patte. Chien n° 12.

Opération samedi, le 26 juin 1915. — Une jeune chienne jaune avec des taches blanches, pesant 21 kilogrammes.

L'opération a porté sur la patte postérieure gauche.

Cette fois-ci, l'articulation à greffer a été ouverte. Sa synoviale et sa capsule ont été réséquées en grande partie, — les faces antérieure et latérales.

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