OBSERVATION XX
TH. RovsinG (Copenhague). — Greffe d'un segment de fémur d'amputation pour réparer une perte de substance du fémur. (Hospitalstidende, tome LVI, n° 31, 40 juillet 1913, p. 845 à 852 avec 3 pl.)
Chez une jeune fille de vingt-cinq ans, à qui il avait pratiqué l’ablation de la partie inférieure du fémur pour sarcome giganto-cellulaire du condyle interne de cet os, Rovsing substitua tout d’abord à l'os réséqué un mandrin osseux constitué par un humérus ancien, préalablement stérilisé avec soin. Le résultat ainsi obtenu fut précaire, car la cheville, engagée dans la cavité médullaire des deux diaphyses juxtaposées, se rompit et il en résulta une déviation angulaire du fragment inférieur avec défaut de consolidation. Le but de l’auteur était d’ailleurs simplement d'attendre une occasion favorable pour tenter la greffe d'un fémur vivant.
Cette occasion se présenta environ deux mois el demi après la première intervention. Elle fut fournie par l’amputation du membre inférieur que l’on dut pratiquer chez une jeune fille de quatorze ans atteinte de cypho-scoliose avec myélite transverse. Les contractures des membres inférieurs rendaient impossibles les soins hygiéniques indispensables chez cette enfant atteinte d’un vaste décubitus. Aussitôt l'amputation pratiquée, R. s’empressa de disséquer le fémur, l’enveloppa dans des serviettes imbibées d'une solution saline et se transporta avec cette pièce, en automobile, dans la maison de santé où l’attendait, déjà endormie, la malade chez laquelle il allait tenter la greffe : vingt minutes à peine s'étaient écoulées entre le début de l’'amputation et le commencement de la seconde opération. Celle-ci consista dans l'extraction de l’'humérus précédemment transplanté, suivie de la mise en place du nouveau greffon. La guérison se passa sans incident.
Un an après la première intervention, l’auteur a pu constater l’absence de récidive. Il existe simplement une fistule à la face interne de la cuisse. La malade qui a repris ses occupations habituelles de vendeuse, circule en s'appuyant sur deux cannes, le membre maintenu à l’aide d’un appareil prothétique en cuir.