OBSERVATION LIX
2.1. Boxp (Leicester). — Greffe d’un segment de péroné pour réparer une perte de substance du tibia. (The British Journal of Surgery, tome 1, n° &, avril 1914, p. 610-62# avec 23 figures.)
Garçon de dix ans. Ostéomyélite grave du tibia droit ayant nécessité, en 1907, l’ablalion de la diaphyse nécrosée. Le péroné est transplanté à la place du tibia en deux temps successifs (mars et mai 1908). En raison de la rétraction des parties molles, l'extrémité inférieure du transplant péronier, exerçant une pression considérable sur l'extrémité inférieure du tibia, finit par s’enfoncer progressivement dans le tissu spongieux de l’épiphyse jusqu'à traverser entièrement celle-ci, atteindre le cartilage articulaire et même pénétrer dans l’interligne tibio-tarsien. Les diverses radiographies montrent les modifications successives. du péroné transplanté qui tend progressivement à prendre l’aspect et le contour du tibia.
Malheureusement, dans ce cas-ci, l’ostéomyélite avait également frappé la partie supérieure du tibia gauche nécrosant l'os sur une longueur de deux pouces et déterminant son incurvation à ce niveau.
Pour corriger cette déformation, on dut donc, en août 1908, réséquer 1 pouce. et demi du tibia et suturer les deux fragments au fil métallique dans une attitude correcte, ce qui nécessita en même temps une section sous-périostée du péroné à la même hauteur. Consolidation parfaite.
Actuellement, cet enfant marche bien, avec le seul secours d’une semelle épaisse et fait chaque jour 3 milles pour aller à l’école. L'amélioration fonctionnelle a malheureusement été retardée chez lui par une blessure du nerf tibial antérieur pendant la première intervention de transplantation osseuse. Il:en est résulté une paralysie des extenseurs et des muscles antérieurs de la jambe et du pied. On fait une tentative d’anastomose du bout distal du tibial antérieur avec le bout proximal divisé du musculocutané : échec. Plus tard, on fait une transplantation du tendon du eourt péronier latéral qu'on détache du 5° métatarsien, qu'on fait passer en dehors du péroné et devant le cou-de-pied pour le suturer au tendon du jambier antérieur. Amélioration considérable des mouvements du pied et des orteils (fig. 40).
Au point de vue chirurgical, dit Bond, le résultat tardif de la transplantation osseuse peut être regardé comme satisfaisant. Les résultats fonctionnels sont bons. Un problème se pose, cependant : il faudrait assurer l’accroissement en longueur de l'os transplanté et prévenir le raccourcissement de la jambe qui s’est produit en effet. Dans cet arrêt d’accroissement osseux, une grande part revient à l'extension de l’ostéomyélite qui, en même temps qu'elle nécrose la diaphyse osseuse, atteint aussi le pouvoir ostéogénétique des cartilages épiphysaires.
Fig. 40. — Résultat, quatre ans après l'opération.