‹ Traité des greffes humainesChapitre 69 sur 188 · OBSERVATION LX · texte numérisé non relu

OBSERVATION LX

Le Jrurez (Alençon). — Greffe d'un segment emprunté au tibia pour consolider une pseudarthrose de cet os. (Archives médico-chirurgicales de Normandie, tome IS n° 9, 15 septembre 1913, p. 200 à 202.)

Chez une vieille femme de 64 ans, atteinte de fracture des deux os de la jambe, sans tendance à la consolidation après plus de 4 mois de traitement, Le Jemtel crut devoir intervenir opératoirement. Après avivement des fragments, il tailla, sur un des petits lambeaux osseux réséqués, une petite cheville qu'il entra dans la portion médullaire du fragment supérieur. En basculant les deux fragments, il arriva à faire pénétrer également la cheville dans la portion médullaire du fragment tibial inférieur, et le tibia lui parut former ainsi un bloc osseux unique et solide.

Cette cheville osseuse dépériostée joua-t-elle simplement un rôle de soutien ? A-t-elle été, au contraire, une véritable greffe? En tout cas, la réunion eut lieu par première intention et la greffe fut tolérée de façon très satisfaisante. La consolidation fut cependant beaucoup plus lente que dans une fracture habituelle et demanda près de trois mois. À la fin d'août, la malade pouvait cependant marcher sur une jambe solide. Le Jemtel a eu de ses nouvelles depuis cette époque, etelle va tout à fait bien.

Cet exemple d’autogreffe offre cette particularité que le greffon fut pris sur l'os fracturé. Les suites observées — c’est-à-dire la parfaite tolérance de la greffe et l'absence de tout phénomène infectieux qui eût été symptomatique d'un greffon passé à l’état de séquestre — font supposer que l’os a dû se greffer et ne pas se borner au rôle d'un simple corps inerte.

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