CHAPITRE Ier
DESCRIPTION GÉNÉRALE DES HERNIES ; ÉNUMÉRATION DE LEURS DIFEÉRENTES ESPÈCES.
S'il est une maladie qui, par sa fréquence et par les variétés de formes sous lesquelles elle se présente, demande, plus que toute autre, dans chaque partie de son histoire et de son traitement, un examen très-exact et très -attentif de la part du chirurgien, c’est assurément celle qui fait le sujet de cet ouvrage. Des chirurgiens très-expérimentés dans le traitement des hernies , estiment que la huitième ou la seizième (i) partie du genre humain
(i) Voyez Arnaud dans sa Préface ; son évaluation est adoptée par Gimbernat , p. i . — M. Turnebull , chirurgien de la Société établie à Londres pour le traitement des hernies , en s’appuyant sur l’autorité des recherches les plus soignées et les plus étendues , faites dans tout le
DESCRIPTION GÉNÉRALE
est affligée de cette infirmité , qui affecte indistinctement les personnes des deux sexes , de tous les âges , de toutes les conditions et de tous les genres de vie.
Il est vrai de dire , qu’une hernie convenablement soignée n’est pas immédiatement dangereuse pour le malade : elle n’affecte pas sa santé et
royaume, avance que la proportion des herniés sur la population entière est d’un quinzième , en comprenant les- personnes de tout âge et des deux sexes. Manuel , etc. Introduction, p. io. — Juville , célèbre bandagiste de Paris , a trouvé que le nombre des individus affectés de hernie, était d’un trentième en Allemagne et dans le nord de l’Europe , d’un quinzième en Italie et en Espagne , et d’un vingtième en France et en Angleterre. Traité des Band . Hern. , p. 21 , 22.
Mes lecteurs ne seront probablement pas disposés à compter sur l’exactitude de ces calculs ou sur d’autres semblables : ils paraissent manifestement exagérés. Louis a constaté le nombre des malades affectés de hernie dans les différens hôpitaux de Paris. On devrait s’attendre à en trouver un plus grand nombre là , que partout ailleurs, puisque cette maladie force beaucoup de personnes à chercher du soulagement dans ces établissemens , et cependant l'on voit que la proportion n’est pas si grande que dans les citations ci -dessus. Sur 7027 personnes à la Salpêtrière , 220 étaient attaquées de hernie ; à Bicêtre ,212 sur 38oo ; aux invalides , iHpi sur 25oo ou 2600 ; et parmi les enfans de l’hôpital de la Pitié, 21 sur 1037. Mémoires de V Académie de Chirurgie 7 t. V7 Supplément ? p. 885.
ne derange pas le libre exercice de ses fonctions ; mais elle est la source d’un danger continuel, puisque tout exercice violent ou tout effort soudain peut changer son innocuité parfaite en un état qui devient très-souvent fatal. La nature bénigne de ces tumeurs augmente les risques du malade en éloignant délai lulée du danger, et en lui faisant négliger les moyens de precaution et de sûreté.
Les nombreux endroits dans lesquels les hernies peuvent se rencontrer , les maladies avec lesquelles elles peuvent être confondues , les états différens dans lesquels sont les parties contenues , et les connaissances anatomiques exactes nécessaires pour agir sur elles , donnent une importance particulière à ce sujet, et demandent à être étudiés avec Pattention la plus scrupuleuse par tout homme qui désire pratiquer sa profession avec honneur pour lui-même et avantage pour ses malades. D’après toutes ces considérations, le traitement des hernies demande une aussi grande réunion de connaissances anatomiques , d’expérience et de jugement, que celui de toute autre maladie chirurgicale.
SECTION r\
Description générale des Hernies.
Les chirurgiens ont établi trois classes générales de hernies, eu égard aux trois principales
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cavités circonscrites thi corps; savoir, celles de la te té , du thorax et de l’abdomen. Les dernières seules sont le sujet de cet ouvrage ; et elles sont de beaucoup la classe la plus nombreuse. La mobilité et le volume variable des viscères , la pression qu’ils éprouvent dans tous les efforts et les mouveïnens considérables du corps, et la nature extensible des parties qui £es contiennent , sont des circonstances qui facilitent beaucoup la formation de ces maladies.
Le passage de quelqu’un des viscères abdominaux , de la cavité dans laquelle ils sont naturellement contenus, dans un sac contre nature , formé parla protrusion du péritoine, constitue une hernie ( i) ou rupture j selon l’acception la plus commune de ces termes (2).
L’origine de ce mot a été différemment expliquée : quelques uns le dérivent de epvoç , une branche • les autres de hœreo ou du xieil adjectif hernius , dur ou rude. Le mot grec jsjjAjj , tumeur , dont on a dérivé la terminaison cele , dans la nomenclature des hernies , a été tiré de , noceo , ou de , laxo.
(■2) Ce terme est fréquemment employé dans un sens plus vague : des affections variées du testicule , de ses enveloppes et de ses vaisseaux , ont été appelées fausses hernies , pour les distinguer des autres, ou des vraies hernies. Elles n’entrent pas dans le plan de cet ouvrage. Déplus, les hernies ont été distinguées en internes et en externes , les
La portion du péritoine poussée dehors est appelée sac herniaire. Ce sac, avec les parlies qu’il contient, ou bien passe à travers une ouverture naturelle des parois de l’abdomen, comme l’anneau , ou bien est poussé au travers de quelque partie oà il n’y a pas ordinairement d’ouverture. La cavité de la hernie est en conséquence continue avec celle de l’abdomen, et est tapissée par un prolongement de sa membrane séreuse. Les mêmes causes qui ont d’abord produit la maladie, ou d’autres causes d’une nature analogue, tendent constamment à l’accroître. Aussi le péritoine , faiblement retenu par le tissu cellulaire et les tégumens, est étendu assez pour former une cavité de grandeur et de figure variables , qui communique avec l’abdomen
dernières consistant clans des tumeurs évidentes, formées selon le mode indiqué par la définition , tandis que les premières sont des étranglemens , causés par quelque changement intérieur de position , sans tumeur extérieure , comme par exemple quand les intestins passent au travers d une ouverture au diaphragme , ou sont bridés par une bande ou par une adhérence contre nature. Ou les regarde communément comme des espèces de hernies j pour me conformer à l’usage j’en parlerai dans ce traité, quoiqu’elles ne soient pas comprises dans la définition. L’existence de l’enveloppe péritonéale n est pas essentielle à l’idée de la hernie , puisque celles de la vessie manquent de ce caractère.
description générale
par tine ouverture plus petite , appelée Y orifice au sac. La partie rétrécie qui est entre Porîfice et 1 endroit où la membrane commence à s’éy csî- ta col ; et le point îe plus éloigné de 1 abdomen, qui en général est en meme temps le plus large , a été nommé le fond du sac.
Le péritoine , qui revêt toujours immédiatement les viscères déplacés, conserve en général la structure fine et délicate qui caractérise cette niemnrane dans son eîat naturel. Le sac péritonéal
est couvert par une autre enveloppe, dont l’épaisseur offre des degrés difîérens , suivant la partie dans laquelle ia tumeur est formée, et quelquefois même cette enveloppe est double. Elle est probablement formée en grande partie par le tissu cellulaire environnant , condensé en forme de membrane par la pression de la hernie , de la même manie, e que d’autres tumeurs acquièrent leur enveloppe kystique. Le péritoine changeant très-peu , 1 épaisseur du sac, pris en général , dépend de ces en veloppes accessoires. Elles deviennent très-épaisses et tres-feraies dans les hernies anciennes : ainsi
<m a vu le sac avoir six lignes d ’épaisseur (i). On peut aussi le trouver dans l’état opposé, c’est-à-dire d une ténuité remarquable.
(i) Arnaud , Mémoires de Chirurgie , t. ï , p. 53. — Dans une hernie fémorale , il trouva les enveloppes si minces et
On croirait difficilement , a priori , le péritoine susceptible d’une extension aussi grande que celle qu’il éprouve fréquemment dans les cas de hernie. Les hernies scrotales descendent souvent sur la cuisse à des distances variées , et même quelquefois jusqu’au genou ; cependant toute la surface interne du sac, dans lequel tous les viscères sortis de l’abdomen peuvent être contenus , est tapissée par un prolongement du péritoine. Le sac herniaire est généralement épais et fort , en proportion du volume de la tumeur et de la durée de la maladie. Cependant , dans certains cas de grandes hernies , au lieu d’un accroissement d’épaisseur, on observe un état opposé, l'amincissement produit par l’absorption : quelquefois même les enveloppes sont si amincies, que les circonvolutions et les mouvemens vermiculaires des intestins peuvent être distingués à travers la peau,*, ce qui pourrait faire croire que le sac manque entièrement , mais il est toujours possible de le découvrir dans le voisinage de l’ouverture. On peut trouver immédiatement sous la peau, les parties contenues d’une hernie, quand le sac herniaire a
les tégumens si fortement adherens au sac , que la première incision pénétra dans sa cavité , ibid.
DESCRIPTION GÉNÉRALE
été rompu par un coup j mais c’est un événement rare (i).
L’enveloppe extérieure est partout intimement unie par du tissu cellulaire au sac péritonéal luimême. Aussi ce dernier ne rentre pas dans l’abdomen , quand les parties contenues dans la tumeur sont replacées , mais il reste après , encore prêt à recevoir un nouveau déplacement. Dans le premier moment de la formation d’une hernie, le péritoine, poussé au dehors, doit nécessairement être séparé des parties au milieu desquelles il est placé. Mais les adhérences surviennent si promptement, que, même dans une hernie qui existe depuis peu de jours, on trouve le sac adhérent de toutes parts aux parties contiguës; et les connexions deviennent ensuite si fortes et si générales, que Ton pourrait supposer que le sac herniaire était originellement formé dans sa situation accidentelle. La difficulté que cette structure opposerait à séparer le sac herniaire d’avec les parties environnantes, et spécialement du cordon spermatique , fournit une objection sans réplique contre toute proposition de repousser le sac dans l’abdomen , et doit avoir été une source de dangers dans quelques-
(i) Coopeh , part. I , p. 3. — - Supplément au Traité de J. L. Petit sur les Mal. Chir. , p. 1 13.
DES HERNIES. Q
unes des vieilles méthodes suivies pour obtenir la cure radicale des hernies.
On a avancé que les hernies, dans certaines circonstances rares , n’ont pas de sac péritonéal. Les anciens pensaient que ces cas étaient très-communs , et supposaient que le déplacement arrivait à la suite d’une déchirure du péritoine. Le mot français et anglais rupture , et les termes équivalens dans quelques autres langues, indiquent une opinion de ce genre, produite naturellement par une observation superficielle des circonstances qui accompagnent fréquemment l’origine de la maladie. Les anciens chirurgiens , croyant le péritoine incapable de s’étendre subitement à un degré suffisant , distinguaient les hernies d’origine soudaine de celles dont le développement était plus graduel, dans lesquellesils admettaient l’existence d’un sac. Eu égard au mode de leur formation , ils appelaient les premières, hernies par rupture, et les dernières, hernies par dilatation. L’expérience a montré que cette distinction n’est pas fondée, et a prouvé que les hernies des deux genres ont des sacs ; conclusion que des vues anatomiques exactes auraient certainement suggérée. Quand je considère la texture du péritoine, et son mode de connexion avec les parois abdominales , je ne puis concevoir aucune attitude ni aucun mouvement capables de déchirer cette membrane ; cette opinion est fortifiée par Fiinpii”
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nite avec laquelle les sauteurs et les bateleurs exccu» tent tousles mouvemens, etimprimentà leur tronc toutes les contorsions que la structure osseuse permet ; et elle doit nous faire rejeter comme fabuleux le cas de rupture rapporté par Garengeot (i). La hernie de la vessie diffère des autres hernies par rapport à son sac , comme on le verra dans le chapitre où il en est question. Je n’en ai jamais vu aucune autre privée d’enveloppe péritonéale : mais des auteurs célèbres regardent les suivantes comme des cas dans lesquels le sac n’existe pas ; savoir , les hernies consécutives aux plaies pénétrantes de l’abdomen; celles qui reviennent après l’opération , ou quand le sac a été détruit par un caustique ou un autre moyen , dans la vue d’obtenir la cure radicale. Quelques-uns ajoutent la hernie ombilicale : ce point sera examiné dans le chapitre sur ce sujet.
Un ou plusieurs des organes ordinairement renfermés dans l’abdomen , et communément l’épiploon ou les intestins , sont les parties contenues dans un sac herniaire. Ces viscères sont les plus mobiles, et occupent le devant et la partie infé-
(i) Une jeune femme, après avoir porté son tronc soudainement en arrière , sentit immédiatement une douleur considérable dans l’abdomen ; Garengeot découvrit une hernie crurale qu’il opéra ensuite. Elle contenait l’épiploon , qui n’était point enveloppé d’un sac. Opérations , tom. I? pag. 3^3.
rieure du bas-ventre ; leur position relative explique pourquoi, dans un cas mixte , les derniers sont recouverts par le premier. L’intestin grêle f à raison de la plus grande laxité de ses connexions, est plus fréquemment déplacé que le gros , et Filéum plus souvent que le jéjunum, en conséquence de sa plus grande proximité de l’anneau et de l’arcade crurale. Une partie seulement du diamètre du canal est quelquefois renfermée dans une hernie • une plus grande quantité peut y descendre , depuis une anse seulement jusqu’jji toute la portion mobile du canal. En général, la graisse est déposée en grande quantité dans l’épiploon des personnes grasses et âgées, et dans cet état il sort très-facilement de la cavité. Les déplacemens du gros intestin sont ordinairement formés ou par le cæcum , ou par la courbure sigmoïde du colon , ces parties étant les moins fixées du canal. Quand la première partie descend, c’est le pins souvent , comme on doit s’y attendre , du côté droit , et la dernière du côté gauche. Cependant le cæcum et l’appendice vermiforme ont été vus dans des hernies du côté gauche (i); et si l’on considère
(i) Sandifort, Tabulae anatomicæ sîtum viscerum ? etc. depingentes. Expîic. des tabl. 5 et 6. — Camper a trouvé le cæcum dans une hernie inguinale du coté gauche , sur un sujet qui avait aussi une hernie du coté droit. Demonst . anat. pathol. , part. Il , pag. 17.
DESCRIPTION GÉNÉRALE
que les intestins peuvent descendre jusqu’au genou , en entraînant même l’estomac jus ju’au pubis, on sera convaincu que la position naturelle d’un organe ne peut par elle- même faire déterminer par quelle ouverture il peut être déplacé.
Outre les intestins et l’épiploon, d’autres viscères abdominaux peuvent être contenus dans une hernie. La vessie urinaire passe quelquefois à travers l’anneau abdominal. Les ovaires (i) et l’utérus (2) ; la rate (3) et l’estomac ont été rarement vus dans les hernies.
SECTION II
Énumération des différentes especes de hernies.
Une hernie cause en général une tumeur extérieure, qui tire son nom , ou de sa situation dans le corps, ou des parties qu’elle contient. L’aine,
(1) Chaque ovaire clans une hernie inguinale. Pott’s PVorks , t. lit, p. 329. — Voyez aussi Camper , Remarques sur le cancer , mentionnées clans la traduction française de Richter, p. 109, note b. — L’ovaire dans une hernie ischiatique. Camper , D emonstr . anat. pathol . , lib. II, pag. 17.
(2) L’utérus et l’ovaire gauche dans une hernie inguinale volumineuse. C ho part et Desault , Trait , des malad. chir. ,
t. IL , p. 3.
(3) Ruysch. Advers. , dec. 2.
DES UEÎINIE3,
le scrotum, les lèvres de la vulve, le pli de la cuisse et le nombril, sont le plus souvent le siège de ces tu meurs ; l’épiploon et les intestins en sont le plus communément les parties contenues.
Quand les viscères déplacés sont entrés dans l’ouverture supérieure de l'anneau abdominal, et sont contenus dans le canal , ou quand ils sont sortis de ce canal à travers l’ouverture inférieure, dans l’iin et l’autre sexe, sans passer plus loin que l’aine , il en résulte un bubonocele ou une hernie inguinale. Quand celle-ci s’accroît dans la femme, elle descend dans la lèvre de la vulve, et conserve le même nom. Dans l’homme, la tumeur en s’accroissant s’étend dans le scrotum, et forme un oscheocele ou une hernie scrotale (1). Si elle s’est formée dans l’homme , avant que la communication entre le péritoine ei la tunique vagi-
nale du testicule ait été fermée, elle est nommée hernie congénitale y parce que la disposition anatomique, dont cette particularité dépend, existe à l’époque de la naissance.
Les hernies qui se forment à la partie inférieure
(1) La hernie , tant que les parties sont encore clans l’aine , a été nommée incomplète ; le nom de complète lui a été donné quand les parties sont descendues dans le scrotum ou dans les lèvres de la vulve. Cette distinction est mauvaise , puisque la hernie , dans scs caractères essentiels , est aussi complète dans le premier cas que dans l’autre.
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de Panneau sans traverser son canal , et qui apparaissant d'abord dans l’aine, et, descendant ensuite dans le scrotum, ne diffèrent pas, par leur situation, des hernies inguinales et scrotales ci-dessus mentionnées, n’ont été généralement distinguées par aucun nom particulier. On a proposé dernièrement de les désigner par l’épithèie propre de ventro-inguinales .
La hernie qui arrive à travers la petite ouverture située sous l’extrémité pubienne de l’arcade crurale, et se manifeste an pli de la cuisse , est appelée hernie fémorale , ou crurale ou mérocele (i).
L "exomphale j V omphalocele ^ ou la hernie ombilicale , se forme à travers l’ouverture ronde de la ligne blanche qui transmet les vaisseaux ombilicaux du fœtus.
Dans les cas énumérés, les viscères passent à travers les ouvertures naturelles des parois ; mais les déplacemens peuvent arriver à toute autre partie de la région abdominale, et sont alors appelés hernies ventrales. Celles-ci sont très-fréquentes à la ligne blanche,* et quand elles se forment au-dessus du nombril , elles ont été appelées hernies de l’estomac.
Telles sont les espèces les plus communes de hernies; mais il y en a d’antres plus rares.
(i) De fiwçoç , le dedans de la cuisse , et de
Dans la liernie du périnée , chez Pun et l’autre sexe j les parties sont poussées par le côté de la vessie , ou du vagin. Une tumeur peut être formée dans quelque partie du vagin , elle constitue la liernie vaginale. La liernie ischiaticjue et celle du trou ovale se font à travers les ouvertures correspondantes du bassin.
Les noms d 'entèrocele et d’ épiplocèle 3 qui sont équivalens à ceux de liernie intestinale et épiploïque 3 sont employés suivant que la tumeur contient l’intestin ou l’épiploon seuls ; quand ces deux parties se trouvent ensemble dans la même tumeur, elles forment une entéro- épiplocèle.
Le déplacement de la vessie urinaire constitue la cystocele ou la hernie de la vessie ; celui de l’estomac, la gastrocèle ; celui de la rate , la splénocèle j etc. Un nom composé est quelquefois employé pour exprimer à la fois la situation et les parties contenues d’une hernie ; comme entéro bubonocele épiplomphalocèle . etc.
Tant que les viscères descendent et rentrent librement , la hernie est dite réductible. Quand, après un long séjour dans la tumeur, ils ont tellement augmenté en volume, et contracté de telles adhérences les uns avec les autres , ou avec le sac herniaire , qu’ils ne sont plus susceptibles de réduction, quoiqu’ils n’éprouvent aucune pression de la part de l’anneau , la hernie est dite irréduc -
ï6 DESCRIPTION GÉNÉRALE DES HERNIES»
lible. Lorsque l’obstacle à la réduction vient de la pression exercée par l’ouverture à travers laquelle les viscères sont descendus, cela constitue la hernie étranglée ou incarcérée et la partie par laquelle la pression est produite est ordinairement appelée stricture .