CONCLUSION
2192. Dans notre Introduction , nous avons montré que la loi du 29 juillet 1881 inaugurait un véritable système de liberté; Tétude approfondie de la loi a permis à nos lecteurs de s'en convaincre davantage.
A titre de conclusion^ nous devons reproduire quelques passages d'un discours prononcé par M. Freppel dans la séance du 15 février 1881 : « Je ne voterai pas la loi, parce
» que, d'un bout à Tautre elle repose sur un principe ab-
» solument faux, à savoir qu'il n'y a pas, légalement parlant, » de délits de doctrine. Aux yeux de toute saine philosophie, » ce sont précisément les doctrines qui gouvernent toute l'ac- » tivité humaine. Le fait est l'expression de l'idée, et la parole, » soit parlée, soit écrite, équivaut à une action, suivant l'adage » consacré par la législation anglaise , la plus libérale de » toutes : Scribere est agere,
» En supprimant le délit d'attaque au principe de la pro- » piiété et aux droits de la famille, elle livre l'ordre .social à » la merci de tous ceux qui voudront le détruire. Je ne voterai » pas la loi , parce qu'en supprimant le délit d'outrage à la » morale publique et religieuse , aux religions reconnues par » l'État, c'est-à-dire à Dieu , à tout ce quil y a de plus au- » guste et de plus sacré dans le monde, elle livre, elle aban~ » donne , elle sacrifie ce ({u'elle a le devoir et la mission de
» protéger et de défendre Dieu n'a pas besoin d'être
» défendu par l'homme , mais l'homme a le devoir de le » défendre.
» Je ne voterai pas la loi, parce que, après avoir effacé le » délit d'outrage à la majesté et à la souveraineté divines , » elle le réserve pour un pouvoir devenu purement humain, 9 appliquant ainsi à l'homme ce qu'elle a le tort de refuser à » Dieu.
» Je ne voterai pas la loi , parce qu'en réservant le délit » d'outrage envers l'un des pouvoirs publics, par une contra-