DES BLOCS
Les blocs étaient une espèce de machine en bois dans laquelle on avait l'habitude d’emprisonner les jambes des prisonniers et des criminels et où elles étaient serrées et comprimées. Plaute et Térence, parmi d’anciens écrivains, en font mention, le premier auteur dans les Captivi, où il dit:
Ubi ponderosas crassas capiat compedes.
« Lorsqu'on le place dans les lourds et pesants blocs»; le dernier dans le Phormio :
Molendum usque in pistrino, vapulandum, habendæ, compedes.
« Nous devons pour toujours broyer le grain dans le moulin, et être frappés, et endurer les blocs. »
Horace aussi a quelque chose à dire sur le sujet dans ses Epodes :
Des Bfocs
Ibericis peruste funibus latus Et crura dura compede.
« Vous dont le flanc est irrité par les liens Ibériens, « Et les jambes blessées par le bois dur des blocs. » Et encore dans ses Epitres :
Argentum tollas licet, in manicis et Compedibus salvo te sub custode tenebo.
« Oui, vous pouvez prendre l'argent; mais je vous tiendrai
« Enchaîné dans les blocs sous une dure oppression. »
C’est dans cette sorte de blocs que les Saints Martyrs furent cruellement torturés; car (comme nous en sommes informé par des passages cités un peu plus haut) après les avoir flagellés et déchirés avec les griffes de fer, leurs jambes étaient étendues et écartées de force jusqu’au quatrième ou cinquième trou de l’instrument. Prudentius en parle dans l’une de ses Hymnes :
In hoc barathrum conjicit Truculentus hoslis martyrem, Lignoque plantas inserit Divaricatis cruribus.
« Dans ce donjon le féroce tyran
« Jette le martyr,
« Et, lui écartant les jambes de force,
« Emprisonne ses pieds dans les blocs. »
Il semble probable, d’après ce que dit Eusèbe, que, lorsqu'ils étaient ainsi mis dans les blocs, ils étaient nécessairement forcés d’être couchés à plat, le dos sur une planche de bois. Il écrit : « De plus quelques-uns, après avoir été flagellés, étaient placés dans les blocs et leurs jambes écartées de force à la distance de quatre trous l’une de l’autre, de telle façon qu'ils étaient forcé-
Sortures ef Éourments des Martprs chrétiens
ment obligés de rester couchés sur le dos sur le bois, quoiqu'ilsne pussent le faire sans de grande difficultés, attendu que leurs corps entiers étaient couverts de blessures fraîches faites par le fouet. » Tout cela dit sur les blocs.