‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 19 sur 93 · EXTENSION ET DISTENSION DU CHEVAL DE BOIS · texte numérisé non relu

EXTENSION ET DISTENSION DU CHEVAL DE BOIS

Ammianus et plusieurs autres écrivains font souvent mention du cheval de bois comme étant étendu et distendu. On ne doit pas naturellement comprendre qu'il s’agit ici de la machine ellemême, mais des cordes par lesquelles on attachaït les victimes qui devaient être torturées, car, tandis que celles-ci étaient tirées, puis relâchées, le cheval lui-même semblait en même temps être étendu et relâché.

POURQUOI LE CHEVAL ÉTAIT QUELQUEFOIS APPELÉ UN POTEAU, ET QUELQUEFOIS UNE CRONKX.

Le cheval de bois (comme il a déjà été établi) se composait d'un poteau oblong ou poutre en bois, supporté par quatre autres morceaux de bois ou pieds. Cela est mentionné par saint Jérôme, Epître aux Innocents, en ces mots : Sa chevelure est

Lortures et Éourments des Martyrs chrétiens

attachée au poteau et son corps entier lié au cheval; alors on approche de ses pieds un feu, tandis qu’au même moment, l’exécuteur lui déchire les flancs, etc... » Dans les mêmes termes Prudentius parle de la fabrication entière du cheval comme du poteau maudit dans son Hymme à saint Romain le Martyr, où il dit :

Incensus his Asclepiades jusserat Eviscerandum corpus equuleo eminus Pendere, et uncis ungulisque crescere

Et, quelques lignes plus bas :

Jubet amoveri noxialem stipitem Plebeia clara poena ne damnet virum

« Courroucé pâr ces paroles, Asclepiades avait ordonné

Que son corps fût élevé pour être torturé sur le cheval,

Et pour subir le supplice des crampons et des griffes de fer. »

« Il ordonna que le poteau maudit soit déplacé,

Pour sauver la noble victime d’un sort aussi plébéien. »

Ce nom n'est pas non plus le seul donné au cheval de bois, car on l'appelle aussi mala mansio, ou « mauvais quartier ». Quelquefois aussi on en parle comme d’une croix ; ainsi dans les Actes de sainte Dorothée, vierge et martyre, dans les saints jours du mois de février, on trouve aussi ces mots concernant un certain Théophile qui fut torturé sur le cheval de bois : « Maintenant, regarde ! je suis chrétien, car, n’ai-je pas été pendu à la croix, c’est-à-dire au cheval de bois ? Car ce même cheval a une ressemblance avec une croix. »

Et, vraiment, il n’y a rien d'étonnant à ce qu’il fût appelé ainsi, Car, en premier lieu, nous lisons que d’autres instruments de torture étaient de même appelés croix; deuxièmement parce

Des Blocs

que les corps de ceux qui y étaient suppliciés y étaient ordinairement étendus comme ceux des personnes crucifiées ; troisièmement et finalement parce que les piliers de bois qui représentaient les jambes du cheval, outre qu'ils étaient liés à la poutre principale, étaient aussi unis ensemble et joints par des pièces de bois en croix quoiqu'ils fussent séparés tout près de la terre, ce qui faisait que chaque paire de piliers formait ainsi les deux bras d’une croix.

Une citation de plus et nous en aurons dit assez sur cette partie de notre sujet. Sozomen parlant d’un certain chrétien nommé Busiris, écrit : « Alors, l’'emmenant à la place publique où se trouvait le cheval de bois, il ordonne qu'il y soit suspendu. Une fois là, Busiris, levant ses mains vers sa tête, découvrit lui-même ses flancs et les mit à nu et, s'adressant au gouverneur, dit qu’il n’y avait aucune nécessité pour les licteurs à prendre des peines inutiles pour le suspendre au cheval et ensuite le laisser retomber à terre, etc... » passage qui confirme de plus nos premières assertions sur ce que le cheval était réellement, savoir une machine faite à la ressemblance d’un cheval vivant, sur laquelle on élevait les martyrs pour les torturer, et non simplement une plate-forme ou échafaud.

DES BLOCS ET DIVERSES AUTRES MÉTHODES POUR LIER ÉTROITEMENT LES PRISONNIERS

Un peu plus haut, nous avons établi la distinction existant entre le cheval de bois et les entraves dans lesquelles on enfermait les jambes des martyrs pour leur faire subir le supplice qui consistait à les écarteler jusqu’au quatrième ou au cinquième trou. Maintenant, il convient de remarquer que, parmi les Anciens, il y avait plusieurs sortes d’entraves en usage, savoir :

ET. 4e

Lortures et Éourments des Martyrs chrétiens

les blocs, les courroies, les chaînes, les lanières, les fers, les menottes, les colliers et la cellule. Plaute les énumère dans sa pièce, Asinaria :

Adversum stimulos, laminas, crucesque, compedesque, Nervos, catenas, carceres, numellas, pedicas, boias.

« Contre les fouets et les plaques rougies au feu, contre la croix et les blocs,

« Contre les courroies, les chaînes, les prisons, les lanières, les fers et les colliers. »

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