BATONS PIQUANTS, AUTREMENT DITS SCORPIONS
Ce n'était pas seulement avec des bâtons flexibles que les anciens avaient l'habitude de châtier les offenses, et les chrétiens étaient compris parmi ceux que l’on punissait ainsi; mais aussi avec des bâtons noueux et piquants, qu'ils nommaient à juste titre des scorpions. Aussi lorsque nous lisons dans les récits du martyre des saints que tel ou tel serviteur du Christ était frappé avec des bâtons noueux, piquants ou épineux, c’est la même chose que si nous voyions écrit qu'il était fouetté avec des scorpions.
Les bâtons donc, ainsi qu'il est expliqué ci-dessus, étaient soit mous, soit piquants. Ceux de la première sorte étaient, soit des branches, soit en métal. Si c’étaient des branches, ces branches étaient, soit de l’orme, soit du bouleau, du chêne, du frêne ou enfin du.saule; mais, s'ils étaient en mélal, ce métal était du fer et parfois rougi au feu et quelquefois du cuir. De plus on peut ajouter ce qui est dit des bâtons dans les Histoires des saints Hermillus et Stratonicus, à cet effet : « Grandement courroucé à ces mots, Licinus ordonne que Stratonicus soit étendu le visage regardant en haut et frappé sur le ventre avec des bâtons ayant la forme d’un trois-coins (triangle). »
nue
Bâtons trianqufaires
Maintenant c'était une torture épouvantable, à peine supportable pour un être humain, car les coins des bâtons coupaient cruellement la chair comme des épées.
De plus, il faut comprendre que non seulement les martyrs nommés ci-dessus, saints Acatius, Paul, Christophe, Callinicus, Hermillus et Stratonicus étaient battus avec des bâtons mous, mais un grand nombre d’autres également, savoir : les saints Pontianus, Zeno, Théodore, Paula, vierge, Regina, Claudius et toute une légion d’autres des deux sexes. Mais plusieurs glorieux soldats du Christ furent frappés avec des bâtons noueux piquants ou scorpions, ce furent les saints Basile, Cyrinus, Bassus, évêque, Symphorien, Nicostratus, Simplicius, et un grand nombre d’autres.
Nous devrions en outre faire observer que, quoique être frappé à coups de bâton fût une forme de punition regardée comme ignominieuse parmi les anciens, elle n’en était pas moins, malgré cela, une punition plus légère que bien d’autres.
L’ignominie attachée à ce genre de châtiment est démontrée par diverses lois des Romains : la loi Portia, la Symphronienne, etc., aussi bien que par la déclaration directe des autorités anciennes. Lisez Cicéron, par exemple: Pro Rabirio, et les discours du même orateur contre Verres ; de même Josèphe, Guerre des Juifs où l’on raconte, comme une chose extraordinaire que Caestius Florus flagella des juifs jouissant des droits de citoyen romain, avec des bâtons et les attacha au pilori, au collier des criminels. Enfin, et non moins que le reste, je voudrais faire connaître comment les catholiques sont souvent frappés avecdes bâtons par les hérétiques de notre temps (1591). Ceci est démontré par Sanders, Le Schisme Anglican, qui dit : «Il ne faudrait pas laisser ignorer que plusieurs du commun peuple, pour avoir refusé d'aller aux églises et d’assister aux offices profanes des protestants, — ceux-ci voyant en outre qu'ils n'avaient pas d'argent
Lortures ef Éourments des Martyrs crétins
pour payer la redevance — furent, par les ordres du juge, cruellement et longuement traînés à travers la ville de Winchester, dépouillés de tout vêtement, et sauvagement frappés à coups de bâton. » La facon dont cela était exécuté, est décrite dans le Théâtre des cruautés, en ces mots: « Les catholiques étaient attachés derrière la voiture et ainsi fouettés à travers les rues. »