COUPS DE POING, SOUFFLETS ET CLAQUES
Ces trois mots sont considérés, par quelques personnes, comme synonymes; mais il est clairement démontré par de nombreuses preuves qu'il n’en est pas ainsi. Saint Matthieu (chapitre xxvi) : « Alors ils lui crachèrent au visage et lui donnèrent des coups de poing, et quelques-uns le frappèrent avec la paume de leur main. » Saint Marc (chapitre xiv): « Et quelquesuns commencèrent à lui cracher au visage et à lui donner des soufflets. et les officiers le reçurent en le frappant avec leurs mains. » Saint Jean (chapitre xvinr) : « L'un des officiers, qui se trouvait à côté de Jésus, le frappa avec sa main. »
D'après ces passages il est clairement évident que le mot soufflet doit être considéré comme une claque donnée avec la paume de la main, tandis qu'un coup est appliqué avec le poing fermé. Cela est de plus confirmé par Martial /Epigrammes).
O quam dignus eras alapis, Mariane, Latini !
« Ah! combien tu méritais, Marianus, les soufflets des Latins. Et Térence (Adelphi) :
« Ne mora sit, si innuerim quin pugnus continuo in mala hæreat.
«Pas un instant de répit, après que j'aurai donné le signal; mais frappez-le immédiatement au visage avec votre poing. » Et un peu plus loin encore, dans la même pièce. :
Homini misero plus quingentos colaphos infregit mihi.
Œartprs frappés à coups de pierre
« Misérable que je suis ! il me frappe cinq cents fois avec son poing ».
Et encore :
Omnes dentes labescit mihi Præterea colaphis tuber est totum caput. »
«€ Il ébranle toutes mes dents et, de plus, ma tête est tout enflée par ses coups de poing. »
La distinction entre le poing et la paume, le coup de poinget la claque, est bien établie par une remarque faite par Cicéron dans son traité intitulé l’Orateur : « Pliant les doigts, et fermant le poing, Zeno avait l'habitude de dire : « Voici à quoi ressemble la dialectique »; ensuite, relâchant son étreinte et ouvrant sa main, il ajoutait : « Mais l’éloquence ressemble à cette main ouverte. » En fait, il disait que le rhétoricien ou orateur était comme la main ouverte, le dialecticien, comme le poing fermé, parce que, tandis que le premier parlait plus longtemps, le dernier argumentait d'une façon plus forte et plus condensée. Donc les coups ou coups de poing sont donnés avec la main fermée, les soufflets ou claques avec la main ouverte. Mais si le lecteur désire avoir de plus amples informations concernant cette forme de punition et d’ignominie, par laquelle on châtiait spécialement les femmes attachées à la foi chrétienne, qu'il lise ce que dit Aulu-Gelle à ce sujet.
MARTYRS DONT LE VISAGE ÉTAIT FRAPPÉ A COUPS DE PIERRES, LA FACE MEURTRIE ET LA MACHOIRE BRISÉE
Les chrétiens qui furent soumis au genre de martyre ci-dessus indiqué furent : les saints Papias, Maurus, Theodosia, Félix, prêtre, Apollinaris, évêque, Felicissima, vierge et martyre, outre
Lortures et Éourments des Martyrs chrétiens
les quarante soldats qui sont nommés dans le Martyrologe Romain, le 9 mars : «A Sebasté, en Arménie, anniversaire des quarante saints soldats Cappadociens, qui, dans le temps de Licinius et sous le gouvernement d’Agricolaus, après avoir été mis aux fers et avoir subi le plus cruel emprisonnement et après avoir eu le visage frappé à coups de pierres, furent jetés dans un étang gelé où leurs corps, raidis par la glace, furent brisés et ainsi leur martyre fut consommé par la fracture de leurs membres. Et parmi eux, deux étaient de naissance noble, Cyrion et Candidus. La gloire prééminente de tous a trouvé la renommée dans les écrits de saint Basile et d’autres. »
Polybius aussi, traitant des punitions militaires, raconte comment, dans les anciens temps, les soldats étaient, non seulement frappés à coups de fouet, mais aussi lapidés. Mais nous avons déjà traité des châtiments en général dans nos remarques sur les fouets et les fouetteurs.