CRAMPONS DE FER COMME INSTRUMENTS DE MARTYRE
Ces crampons sont mentionnés par Cicéron dans ses Pkhilippiques :
« On introduisit un crampon dans ce misérable déserteur, » et dans le Pro Rabirio. « Ni notre histoire passée, ni notre vie privée, ni notre honneur ne parviennent à nous protéger contre la
Sortures ef Éourments des Martprs rétiens
terreur de la croix ni contre le fouet, ni le crampon. » Juvénal aussi écrit dans ses Satires : « .… Sejanus ducitur unco (Sejanus est traîné par le crampon des criminels) » et Horace : Ode et Fortune (135) :
Te semper anteit saeva necessitas Clavos trabales, et cuneos manu Gestans aena; nec severus
Uncus abesi liquidumque plumbum.
« Toujours devant toi marche la dure nécessité, portant dans sa main d’airain les piques et les coins; le cruel crampon ne fait pas défaut non plus que le plomb fondu. » Suetonius aussi, Tibère : « Quand le bourreau, par ordre du Sénat, déploya devant lui les cordes et les crampons, » et Lampridius, dans sa Vie de Commode, qui dit que les hommes poussèrent des cris de mépris lorsqu'il fut mort : « Lui qui massacra le Sénat, qu'il soit traîné par le crampon; lui qui vola les temples, qu'il soit traîné par le crampon; lui qui massacra tous les hommes, qu’il soit traîné par le crampon », et ainsi de suite, car, en vérité, on fait souvent mention du dit crampon dans ces récits. De même, écrivant sur Vitellius, Suétone dit : « En conséquence, il fut frappé de coups sans nombre sur les marches Gémoniennes et tué, et ensuite traîné par le crampon dans le Tibre. » Et Ammianus Marcellinus, parlant du même empereur : « Le cheval de bois fut étendu et le bourreau prépara les crampons », et encore : « les crampons et lestortures sanglantes. » Prudentius aussi dans l’une de ses Hymnes :
Stridentibus laniatur uncis.
« Il est déchiré et mis en pièces parle crampon quiarrache. » De même dans les Actes de saint Sébastien où nous lisons : « Cherchez dans l’égout qui est près du Grand Cirque, et là vous trou-
Martyrs fraînés au cfoaque
verez mon corps pendu à un crampon. » On trouve aussimention des crampons dans les Histoires d’autres Martyrs comme saints Plato, Pontianus, Nicetas, ainsi que dans celles des saintes Tatiana, Martina et Prisca, vierges et martyres romaines. D’après tout cela, il est manifeste que les anciens se servaient des crampons, non seulement pour déchirer les criminels et les traîner au lieu d'exécution, c’est-à-dire aux marches Gémoniennes, mais aussi pour les pendre, et enfin pour traîner les infâmes malfaiteurs coupables de beaucoup de crimes abominables, et qui étaient morts, soit aux égouts, soit aux réceptacles d’ordures et de rebuts, soit au Tibre. Donc, nous ne devons plus nous étonner quand nous trouvons écrit au sujet de saint Sébastien, comment, après sa mort, son corps futtraîné par un crampon au cloaque Maxime, grand égout de Rome, considérant que les chrétiens étaient regardés par les païens comme des gens remplis de mal et sans honneur, comme s'ils étaient nés dans l’ignominie. Le crampon peut donc être mieux décrit et défini ainsi : « C’est un assez long bâton ou lance en miniature, ayant du fer sur un côté, courbé et retourné sur lui-même, lequel instrument était en usage parmi les Romains pour haler les condamnés criminels jusqu'aux marches Gémoniennes et pour les châtier et enfin pour traîner les corps morts des hommes mauvais aux égouts publics. »
MANIÈRE DONT LES SAINTS MARTYRS ÉTAIENT TORTURÉS ET TRAINÉS PAR LE CRAMPON
Les chrétiens étaient torturés par le crampon précisément de la même manière que par les griffes de fer mentionnées ci-dessus, ainsi qu'il est prouvé, en omettant d’autres preuves, par les Actes des saints Plato et Pontianus, les Martyrs que nous venons de citer, et par ce que nous avons dit sur les poteaux dans le chapitreler, :
Lortures ef Éourments des Martprs chrétiens