‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 46 sur 93 · DIVERS INSTRUMENTS DE MARTYRE FAITS EN FER · texte numérisé non relu

DIVERS INSTRUMENTS DE MARTYRE FAITS EN FER

Ayant donc mis ces griffes au rang des pinces en fer, il nous reste maintenant à déclarer quels en étaient le nombre et l’espèce en usage pour torturer les saints martyrs car nous savons qu'elles étaient de plusieurs sortes différentes. Les unes étaient dentelées et, au moyen de six pointes de fer, perçaient la peau des victimes, lorsqu'elles étaient fermées, et déchiraient cruellement les membres. De cette espèce étaient celles dont nous venons de parler. D’autres étaient plus spécialement faites pour tordre et broyer. Celles-là sont nommées par l’évêque Synesius lorsque, traitant de la cruauté sauvage du gouverneur Andronicus, il dit: « Ou bien avec les pinces, instrument inventé pour arracher les oreilles et tordre les lèvres. »

D'autres encore étaient destinées à couper. On fait mention de cette espèce dans le Martyrologe Romain du 26 juin en ces mots: « À Cordoue, en Espagne, anniversaire de saint Pelagius, jeune homme qui, pour avoir confessé sa foi, fut condamné par Abdur- Rahman, roi des Sarrasins, à avoir les membres coupés un à un avec les pinces de fer et ainsi couronna glorieusement son martyre. »

Dans cette même catégorie d'instruments de martyre, on peut placer les pinces ou ciseaux avec lesquels les chrétiens des deux sexes, mais plus spécialement les femmes, étaient coupés

Pinces, griffes ef crampons

par les serviteurs du diable, sous forme d’ignominie. Voyez les Actes de saint Jean, l’apôtre, et l'Histoire de sainte Fausta, vierge et martyre, ainsi que celle de sainte Charitina, vierge et martyre.

Les pinces à l’aide desquelles saint Jean, l’évangéliste, fut déchiré, sont conservées dans la très-sainte église de Saint-Jeande-Latran, relique en tous points digne d’être visitée et honorée.

DIVERSES FAÇONS DONT LES MARTYRS ÉTAIENT TORTURÉS AVEC LES GRIFFES DE FER

Il y avait diverses manières dont les chrétiens étaient déchirés par les griffes de fer, quelquefois liés au cheval de bois ou attachés à des poteaux ou piliers, quelquefois pendus et souvent la tête en bas.

Le premier et le second de ces modes sont attestés par les Actes des saints Nestor, Hilaire, Justa et Rufina, Januarius et Pelagius, ainsi que saint Maurice et ses compagnons. Le second est également mentionné dans ce que nous avons dit ci-dessus, chapitre Ier, au sujet des poteaux; le dernier, par les Histoires des saints Epimachus, Félix et d’autres déjà nommés. Pour de plus amples informations, relisez ce que nous avons dit dans le chapitre Il au sujet des Fidiculae.

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