PLAQUES ARDENTES OÙ ROUGIES AU FEU
Plaute parle des plaques ardentes dans son Asinaria, en ces mots :
Stimulos, laminia, crucesque.
« Aiguillons, plaques et croix ; »
Lortures et Éourments des Martyrs chrétiens
Par Cicéron, Contre Verres : « Quoi, lorsque l’on apportait sur la scène ces plaques rougies au feu, et autres tortures. » Par Horace, Epiîtres :
Scilicet ut ventres lamina candente nepotum, Diceret urendos correctus.
« Réformé à tel point qu’il commandait que les ventres de ses petits-fils fussent grillés avec la plaque rougie au feu. »
Par saint Cyprien aussi, Louange du Martyre : « Car le corps du Martyr est étendu sur l'instrument de supplice et siffle devant la plaque rougie au feu. »
Prudentius en parle également dans son Hymne sur le Marge de saint Vincent :
Stridensque flammis lamina.
Et encore dans celle de saint Romain :
Nec inusta laminis ardet cutis.
« Et la plaque sifflante pleine de flammes ardentes.… « Et la chair brüle, enflammée par la plaque... »
Et enfin Victor dans la Persécution Vandale : « Car, alors, Papinian, le vénérable évêque et père de notre ville, eut tout le corps brûlé par les plaques de fer rougies au feu. »
Les Actes des Saints Martyrs sont pleins d'exemples de tortures de ce genre, et Eusèbe en fait maintes fois mention particulièrement dans son Histoire ecclésiastique. De fait, ces brûlures, lorsqu’elles n'étaient appliquées qu'aux flancs, étaient comptées parmi les châtiments publics ordinaires.
Maintenant, une plaque, prise dans ce sens, était, comme l’impliquent plusieurs des auteurs cités ci-dessus, ainsi que de nom-
Fic. XVIII
À. — Tisons enflammés ou flambeaux. | C. — Plaques de métal rougies au feu. B. — Torches de pin ou autre bois.
DR ut
fs, tatx
Paques rouaies au feu
breuses Histoires des saints Martyrs, un morceau de métal quelconque, plus long que large et plus épais qu'une simple feuille. Et de fait, une feuille diffère d’une plaque en ceci : que la première est plus mince, se pliera spontanément et craquera, tandis que la plaque est plus épaisse et ne fera entendre aucun craquement. C’est avec cette dernière que l’on fait les armures, et dans les anciens temps on s’en servait pour la torture, après les avoir chauffées à blanc.
Cette pièce de fer chauffée au feu était appliquée sur la chair nue des saints Martyrs ou des criminels et y était maintenue jusqu'à ce que celle-ci fût misérablement brülée. C’est avec cet instrument de supplice que furent torturés les plus glorieux soldats du Christ : saint Laurent, saint Bassus, évêque, saint Vincent et bien d’autres. En outre, le Théâtre des Cruautés montre comment, en diverses circonstances, les hérétiques, de nos jours, ont fait la même chose et comment les catholiques, même au temps actuel
(1591), ont été brûlés avec des plaques ardentes par les HRanens et les calvinistes.