TORCHES A L'AIDE DESQUELLES ON BRULAIT LES SAINTS MARTYRS
On fait mention de ces torches dans diverses Histoires de Saints, spécialement dans celles de saint Saba, officier de soldats; des saintes Eulalie d'Emerita et Barbara, vierges et martyres, et de saint Clément, évêque d’Ancyra.
Ces torches, ainsi employées par les Anciens, étaient de deux sortes — quelques-unes étant faites de la partie intérieure et la plus dense des arbres qui produisent la résine, tels que le pin, le sapin, le mélèze. Les anciens écrivains parlent souvent de ces torches; ainsi Varro écrit : « Rome est animée par les femmes et célèbre les rites que l’on avait coutume de faire à la nuit tombante,
Lortures et Éourments des Martprs chrétiens
maintenant même une torche de pin en indique l’endroit... » et encore : « Une torche est là, tout enveloppée de flammes. » Virgile aussi en parle, Première Géorgique :
Ferro faces inspicat acutas.
« Il effile avec le couteau les torches pointues. » Par torches, les commentateurs entendent des branches de bois de pin; ou encore dans la Septième Enéide :
Et castis redolent altaria tedis.
« Et les autels sont resplendissants sous les torches de pin consacré. » Cicéron aussi : « Se sauvant çà et là, en proie à la terreur que leur causent les torches enflammées des Furies » ; et dansun autre discours : « Juste, comme sur la scène, Pères Conscrits, vous voyez les hommes lancés dans le crime par la force du frisson des dieux, terrifiés à la vue des torches enflammées des Furies. » Enfin Suétone, Vie de Néron : « Souvent l’empereur avoua qu’il était terrifié par le fantôme de sa mère, les SITES de Furies et leurs torches enflammées. »
Tout cela dit pour la première sorte de torches. Celles de la deuxième sorte étaient faites de cordes entrelacées et enduites de poix ou de résine. Virgile en fait mention, Première Enéide :
Et noctem flammis funalia vincunt.
« Et les torches, par leurs flammes, dispersent les ténèbres ». Cicéron aussi, De Senectute : « Il trouvait ses délices dans la torche de cire funèbre... » et encore dans le De Officiis : «Il y avait dans toutes les rues des statues auxquelles l’encens et les torches de cire. » Valerius Maximus, parlant de Caius Duilius : « Se rendant
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à la fête à la lueur d’une torche de cire et précédé d’un joueur de flûte. »
Cette distinction étant dûment expliquée, nous pouvons ajouter que les torches de ces deux espèces, savoir : torches de pin et torches de cire ou de cordes résineuses, étaient employées par les Anciens pour brüler les chrétiens jusqu’à la mort. L'usage des torches de pin est attesté par les Actes de sainte Barbara, vierge et martyre citée ci-dessus, car, où les uns disent simplement que la sainte fut brûlée avec des torches, d’autres ont rapporté plus spécialement que c'était avec des torches de pin qu’elle fut torturée.
De fait, les torches de pin, comme celles de toutes autres sortes, étaient grandement en usage en ce temps-là, ainsi que semblent l'indiquer les auteurs cités ci-dessus et ainsi que nous pouvons le supposer par la nature des choses. Car, en effet, le pin résineux est plus abondant en résine que les autres arbres qui en produisent, et plus capable de donner une flamme agréable (comme le dit Pline) et de fournir la lumière pour les fonctions sacrées. Donc, les torches faites de sapin résineux étaient plus en usage chez les anciens que toutes les autres.
Cette forme de torture est aussi employée, comme il est raconté dans le Théâire des Cruaultés, par les hérétiques, de nos jours, pour tourmenter les catholiques, et spécialement par les huguenots, dans leur haine pour notre sainte religion, comme on peut le lire dans cet ouvrage.