CE QUE SIGNIFIAIT ÊTRE ÉTOUFFÉ DANS UN BAIN SURCHAUFFÉ
Nous lisons dans l'Histoire de sainte Cécile, comment elle fut enfermée et étouffée dans un bain chaud. On doit d’abord comprendre que c'était vraisemblablement une coutume observée chez les Anciens de mettre à mort les criminels, les coupables ou les Chrétiens dans des bains.
Quelquefois on les emprisonnait dans la première ou plus chaude chambre des bains, celle que l’on nommait étuve ou Laconicum, afin que, suffoqués par la chaleur excessive, ils pussent échanger leur vie contre la mort.
Maintenant, les anciens Thermes ou bains chauds consistaient en quatre chambres dont la première, destinée à provoquer la transpiration, était appelée étuve ou Laconicum, ou chambre chaude provoquant une abondante transpiration; les autres étaient appelées respectivement chaude, tiède et froide.
Dans la première chambre ou Laconicum (ainsi qu’il est expliqué ci-dessus) les Saints Martyrs étaient quelquefois mis à mort. Ainsi, dans l'Histoire de sainte Cécile, nous trouvons écrit : « Alors, étant excessivement courroucé, Almachius, le Juge, commanda qu'elle fût ramenée dans sa propre maison et là étouffée par la chaleur des bains. Mais, quoiqu’elle fût enfermée dans l'air chaud de la chambre des bains, une grande provision de bois ayant été fournie au-dessous nuit et jour, elle y resta sans recevoir aucun mal, absolument comme si elle eût été placée dans la chambre froide, saine et sauvée par la grâce de Dieu, tellement que pas même la plus petite partie de ses membres ne fût mouillée par la moindre trace de transpiration. »
Martyrs pfongés dans Peau Bouiffante
D'après cela, nous voyons que c'était dans le Laconicum ou chambre chaude que l’on enfermait ceux que l’on voulait tuer dans les bains. Aïnsi Gallenus, écrivant sur le Laconicum, dit : « En entrant, on séjourne dans l’air chaud, c’est-à-dire dans le Laconicum ; ensuite on descend dans un bain d’eau chaude. » Nous recueillons de plus, dans les Actes de la même sainte Cécile, que ce Laconicum servait à donner la mort aux coupables en y emprisonnant les gens, hommes ou femmes, et les y tenant enfermés, tandis que de grandes quantités de combustibles étaient constamment empilées et consumées au-dessous.
Mais nous devons maintenant continuer en considérant les diverses façons par lesquelles les Chrétiens étaient brülés par les Païens au moyen du feu, savoir les huitième, neuvième et dixième modes : attachés avec des cordes saturées d’huile, les pieds liés avec du lin trempé dans l'huile, ou attachés dans des bateaux en mer, chargés de poix et de résine et allumés. De toutes ces façons, nous avons des témoignages dans divers Actes des Saints. De la dernière façon, dans l'Histoire de sainte Restituta, vierge et martyre, des huitième et neuvième, dans les récits de la passion de saint Amphianus et de saint Ursicius. La première est rapportée dans le Marilyrologe Romain, le 2 avril, en ces mots : A Caesara, en Palestine, anniversaire de saint Amphianus, le martyr qui, dans la persécution de Maximin, et pour avoir fait des remontrances à Urbain, le Gouverneur, qui avait sacrifié aux idoles, fut cruellement fouelté et amèrement torturé, ses pieds étant enveloppés de lin trempé dans l'huile, puis allumés, et luimême enfin jeté à la mer. Ainsi, ayant passé par le feu et l’eau, il reçut enfin la consolation suprême. » L'autre, saint Ursicius, est commémoré dans la Ménologie grecque, le 24 août : « Commémoration du Martyr saint Ursicius qui, sous l'empereur Maximin, fut dénoncé à l'Empereur de la ville de Sibentum, située en deçà d'Illyrie, et livré au Gouverneur Aristide. Comme il demeurait
Lortures et Éourments des Martprs chrétiens
ferme et constant dans sa foi, il fut premièrement fouetté avec violence avec du cuir de taureau, ensuite enroulé de cordes de lin trempées dans l'huile, et lui-même enduit de sulfure et de résine, il fut allumé, et enfin, la sentence de mort fut prononcée et le saint Ursicius fut tué avec une épée par le dénonciateur Valens. Ayant ainsi conquis le martyre, il fut mis au tombeau par une pieuse femme nommée Simplice. »