MARTYRS TRANSPERCÉS PAR DES BROCHES
En outre, les saints martyrs chrétiens n'étaient pas seulement empalés sur des pieux pointus, comme nous venons de le décrire, mais étaient quelquefois aussi transpercés avec des broches en fer. Ceci est nettement déclaré (pour ne pas parler de l'Histoire du martyre de saint Quirinus) par Sozomen, dans son Histoire Ecclésiastique : «En ce temps-là, à Gaza, sous l’empereur Julien l’Apostat, la populace persécutait avec violence Eusèbe, Nestabus et Zeno, qui étaient chrétiens. Ils furent arrêtés tandis qu'ils se cachaient dans leurs maisons, jetés en prison et frappés de verges. Bientôt tout le peuple commença à se rassembler dans le théâtre et à pousser des cris de colère contre eux, déclarant qu’ils avaient profané les saintes images et conspiré, les jours précédents, pour insulter et détruire la religion païenne.
« De sorte que, à force de crier et de s’exciter mutuellement, ils en vinrent à une rage folle et à un désir féroce d’avoir leur sang. Se poussant l’un l’autre comme c’est l'habitude parmi la foule, lorsqu'elle est mise en émoi, ils.se précipitèrent dans la prison et entraînèrent les chrétiens la tête en bas ou en haut, comme cela se trouvait. Bientôt, les jetant à terre et les labourant à coups de bâton, de pierres ou de n'importe quelle arme qui leur tombait sous la main, ils les mirent cruellement à mort. J'ai
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Hiquiffes enfoncées sous fes onafes
appris aussi que les femmes, sortant des ateliers de tissage, les percèrent de leurs fuseaux pointus et que les cuisinières, sur la place du marché, retirèrent du feu des chaudrons d’eau bouillante et en versèrent le contenu sur eux, tandis que d’autres les perçaient de leurs broches. Puis lorsqu'ils eurent torturé leur corps et leur eurent broyé la tête au point que leur cervelle se répandait à terre, ils les conduisirent à un:endroit en dehors de la ville où l’on avait coutume de jeter la charogne morte. » Mais assez, et plus qu’assez sur l’'empalement des martyrs sur des pieux pointus, leur transpercement par des broches et autres horreurs semblables.
Nous devons maintenant parler, pour finir la liste des tortures énumérées au commencement du chapitre IX, des moyens que l’on employait pour écorcher vifs les martyrs, et aussi des catholiques qui ont souffert de nos jours et sous les ongles desquels les persécuteurs enfonçaient des aiguilles.
Des martyrs, en pleine possession de leurs sens et de leurs facultés, avaient quelquefois tout le corps écorché vif, d’autres fois une partie seulement, dos, visage, tête, auxquels on appliquait souvent des charbons brülants.
Maintenant concernant la torture des croyants orthodoxes au moyen d’aiguilles introduites sous les ongles des doigts, l’auteur de la Coniroverse Anglicane écrit ainsi, parlant d’Alexandre Briant : « Quand Briant eut passé deux jours dans la tour, il fut sommé de paraître devant eux par le gouverneur de la forteresse et les docteurs Hammond et Norton, qui l’examinèrent de leur façon accoutumée, -lui proposant de prêter serment, afin de l’obliger à répondre à toutes les charges produites contre lui. Et comme il ne voulut pas dire qui lui était venu en aide, ni où il avait dit la messe, ni quelles confessions il avait entendues, on ordonna que des aiguilles fussent enfoncées sous les ongles de ses doigts. Mais il était si loin de perdre son énergie, sous ce
Éortures et Éourments des Martyrs chrétiens
supplice, qu'il répétait d'un air joyeux le psaume Miserere Mei Deus (Seigneur, ayez pitié de moi), priant Dieu sincèrement de pardonner à ses bourreaux. »
Mais, procédons maintenant à d’autres modes de torture au moyen desquels, ainsi que nous l’avons déjà dit, les martyrs étaient jetés la tête en bas de lieux élevés. Les Actes de plusieurs martyrs attestent qu'ils étaient traités de la sorte, par exemple les Actes de saint Clément d’Ancyra, et de sainte Félicité et ses fils. Tacite, l'historien, écrit comment un certain Lucius Pithuanius, magicien, fut précipité de la Roche Tarpéienne, tandis qu'Apullius, dans le discours par lequel il se défend de l’accusation de sorcellerie, dit : « Une étonnante fabrication, un rusé mensonge méritant la prison et le donjon. »
Maintenant le donjon et la Roche Tarpéienne étaient tous deux les noms des endroits d’où l’on précipitait en bas les criminels. Voyant donc qu'il est clair que les magiciens ou sorciers étaient jetés en bas du donjon, nous ne pouvons douter que les chrétiens, qui étaient supposés par les païens être des sorciers, n'aient été soumis à la même forme de châtiment et, de cette façon, conquéraient pour eux-mêmes la couronne bénie du martyre. | ‘374
Mais assez sur ceci, et poursuivons par d’autres supplices.
MARTYRS QUI ÉTAIENT DÉCHIRÉS DE DIVERSES MANIÈRES OU EXPOSÉS AUX BÊTES SAUVAGES DE DIFFÉRENTES ESPÈCES
Les Histoires de plusieurs saints rendent témoignage que certains saints martyrs du Christ furent torturés de cette façon, comme par exemple saint Philémon, saint Apollonius, saint Thyrsus et ses compagnons, saint Marc l’Evangéliste (Martyro-
loge Romain le 25 avril), et saint Onesiphorus, disciple des saints