‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 80 sur 93 · OL · texte numérisé non relu

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Fic.

A. — Martyr lié par chaque jambe au sommet de

rturé au moyen de roseaux effilés its sous les ongles des mains et des

yr to introdu pieds.

B. — Mart

on a courbés et t bientôt

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deux arbres voisins que l rapprochés de force et qu relâchés brusquement.

Martyrs livrés aur fêtes sauvages

savons bien comment quelques-uns conquirent la gloire en Palestine par leur patiente énergie dans les souffrances et les tourments et comment d’autres acquirent un grand renom à Tyr, en Phénicie. Et qui peut ne pas être émerveillé au delà de toutes bornes à la vue de ces hommes quand on considère combien de coups de fouet ils supportèrent, comment ils combattirent avec les bêtes sauvages et quelle patience ils déployèrent en recevant les attaques des léopards, des ours féroces, des sangliers et des taureaux rendus fous par le fer et par le feu ; et l’étonnante force d'âme de ces martyrs au cœur noble à soutenir les assauts de toutes ces bêtes, ensemble ou séparées ?

« Nous fûmes présents nous-mêmes à l'exécution deces faits et nous remarquâmes combien la divine puissance de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, à quiles martyrs rendaient un noble témoignage au milieu de leurs tortures, leur vint en aide au moment voulu et se montra à eux d’une manière sensible : « Car les bêtes voraces n’osèrent pendant longtemps toucher aux corps des saints, ni même en approcher, tandis qu’on les voyait prêtes à se précipiter sur ces incroyants qui, se tenant hors des barrières, l’un ici, l’autre là, les excitaient à attaquer les victimes. Et, quoique les ‘saints soldats de Dieu se tinsseni nus au milieu de la place, les provoquant de leurs gestes et essayant de les amener à les attaquer (car on leur avait ordonné d’agir ainsi), ils étaient néanmoins les seuls que ces animaux ne voulussent pas toucher.

«En vérité, plusieurs fois, lorsque ceux-cise précipitèrent sur les martyrs, ils furent rejetés en arrière comme par quelque puissance ou influence céleste et s’en retournèrent plus vite qu’ils n'étaient venus. Et, lorsque l’on vit que cette chose se renouvelait encore et encore, cela n’excita aucun excès d’étonnement parmi les païens qui en étaient témoins, à tel point que, lorsqu'une bête avait fait une attaque vaine, on en lâchait une seconde, puis une troisième sur le même martyr.

Lortures et Éourments des Martyrs crétins

« Et vraiment, il y avait bien lieu d’être surpris en voyant, non seulement le caractère mâle et intrépide de ces saints hommes, mais aussi la ferme et courageuse constance déployée par ceux d’un âge tout à fait tendre. Car on eût pu contempler un simple adolescent n'ayant pas encore atteint l’âge de vingt ans, n'étant retenu par aucune entrave et se tenant néanmoins ferme, les bras étendus de chaque côté en forme de croix avec une intrépide et sublime détermination, élevant ses prières à Dieu, son attention ne faiblissant jamais, parfaitement immobile à l'endroit où il se trouvait, et, pendant ce temps, les ours et les léopards, soufflant sur lui la rage et la mort, essayant de déchirer sa chair avec leurs dents. Mais leurs gueules, par quelque pouvoir divin et mystérieux, étaient arrêtées, je ne sais comment, et ces bêtes féroces s'enfuyaient en hâte de leur propre mouvement. »

À ce sujet, nous allons citer une dernière fois Eusèbe parlant à plusieurs reprises des fidèles serviteurs du Christ étant exposés aux bêtes sauvages : « Vous eussiez pu en voir d’autres encore — car ils étaient cinq en tout — offerts aux cornes d’un féroce et sauvage taureau. Ce monstre lança en l’air plusieurs des infidèles qui s’approchèrent et les blessa misérablement et les laissa à. demi morts aux mains de leurs compagnons, qui les entraînèrent; mais, pour les saints Martyrs, quoiqu'il essayât de s’élancer sur eux, brûlant de rage et de fureur, il ne put pas même s’approcher d’eux. Et, quoiqu'il bondit çà et là, les pieds en avant, agitant les cornes, quoiqu'il fût encore excité par l'application de fers brûlants, quoiqu'il soufflât la terreur et la destruction, il fut néanmoins retenu en arrière et forcé de reculer par quelque intervention de la volonté divine jusqu’à ce qu’enfin, voyant qu'il ne pouvait leur faire aucun mal, on lançât sur eux d’autres animaux. Enfin, aprèsbien des attaques et des assauts répétés de ces bêtes, les martyrs furent tués à coups de sabre et confiés aux vagues de la mer en guise de funérailles. »

Fi. XXXVIII

À. — Martyr emprisonné dans un filet et exposé pour être mis en pièces par un taureau sauvage.

B. — Jeté à terre pour être dévoré par les bêtes sauvages.

C. — Enveloppé d’une peau de bête et donné en pâture aux animaux.

D. — Les pieds fixés dans une grande pierre et ayant des poinçons chauffés à blanc enfoncés sous les ongles ; le martyr est livré aux chiens affamés.

Martyrs Brüfés vifs sous Méron

Maintenant, le fait que les Martyrs étaient de même livrés par les païens aux chiens pour être déchirés, revêtus de peaux de bêtes, est certifié (pour ne rien dire du témoignage des chrétiens) par Cornelius Tacite, historien et écrivain de mœurs romaines, qui écrit dans ses Annales : « Donc, pour éteindre cette rumeur (qu'il avait lui-même mis le feu à Rome), il fit juger et soumettre aux plus terribles tortures ceux que le peuple, pour exprimer son mépris et sa haine contre eux, appelait chrétiens. L'origine de ce titre remonte à un certain Christ qui, sous l’empereur Tibère, fut condamné par le Procurateur Ponce Pilate. La superstition nuisible fut supprimée pour un temps, mais bientôt reparut, non seulement dans la Judée, siège primitif du mal, mais dans la capitale elle-même, dans laquelle toutes choses mauvaises et abominables se réunissent de tous les côtés et se multiplient. Donc, tous ceux qui s’avouaient chrétiens furent premièrement arrêtés et, sur leur dénonciation, une grande multitude d’autres ; ceux-ci furent reconnus coupables non pas précisément d’avoir mis le feu à la ville, mais de montrer une grande malveillance envers l'humanité en général. De plus, on ajouta la moquerie à la peine de mort prononcée contre eux : revêtus de peaux de bêtes, ils furent livrés aux chiens, afin d’être déchirés par eux, ou furent cloués à la croix, ou bien on les enveloppa de feu, et, à la chute du jour, ils servirent de torches pour éclairer. » Voyez aussi le Martyrologe Romain du 24 juin où un récit presque identique est fait sur la mort de ces Saints, et qui parle en général de beaucoup de chrétiens qui conquirent, sous Néron, la couronne du martyre. Nous lisons en outre dans l'Histoire Ecclésiastique d'Eusèbe, aussi bien que dans les Actes de divers saints Martyrs, et spécialement dans ceux du Pape Marcel, comment les Evêques de l'Eglise, sous l’empereur Maxence, étaient, pour leur plus grande dégradation, désignés pour garder les bêtes de somme. Ainsi, dans l'Histoire de Marcel, évêque de Rome, on trouve écrit:

Lortures ef Éourments des Martyrs crétiens

QIl fut emprisonné et attaqué parce qu'il avait pour mission d’organiser l'Eglise, et, étant arrêté par les ordres de Maxence, il fut condamné à rester dans la cour de l’étable, c’est-à-dire l’étable des bêtes de somme ou, en d’autres mots, à nourrir(comme l’explique Eusèbe dans un autre passage) les chevaux et les chameaux de l'Empereur qui étaient employés pour le service public à porter des fardeaux. »

Lisez en outre dans l'Histoire Ecclésiastique de Theodoretus ce qu'il dit sur saint Hormisdas, Martyr perse : « Il y avait un certain Hormisdas, de la première noblesse parmi les Perses, sorti de la race des Achémenides et dont le père avait été gouverneur d'une province. Apprenant que cet homme était chrétien, Goraranes, fils d’'Isdigerdis, roi des Perses, commanda qu'il fût amené devant lui et lui ordonna d’abjurer Dieu, son Sauveur. Mais Hormisdas cria : « Ce que vous me demandez, 6 roi! n’est nijuste, ni rationnel, car, quiconque a appris à pouvoir mépriser Dieu, qui est maître de tout, et à le renier, sera d’autant plus disposé à renier son roi, puisque ce dernier n’est qu’un homme participant à la faiblesse humaine. » Mais le roi de Perse, qui eût dû admirer ce sage discours, vola à ce noble champion de Dieu ses honneurs et ses richesses et lui ordonna de se dépouiller de tous ses vêtements, sauf une culotte, puis il lui commanda de garder les chameaux de son armée. Maintenant, lorsque plusieurs jours furent écoulés, le roi, regardant du haut de son siège élevé, vit cet excellent noble, brülé par les rayons du soleil et tout couvert de poussière. Ce spectacle rappela à son esprit son rang et sa splendeur première, il ordonna qu’ilfût amené devant lui et qu’on jetât sur lui une chemise de toile. Puis, pensant que son esprit devait être adouci soit par les durs travaux passés, soit par la bonté qui lui était maintenant témoignée, il l’appela, disant : « Venez, mettez de côté votre obstination et reniez le fils du charpentier. » Mais Hormisdas, enflammé d’un zèle divin, déchira la chemise en deux et

Qartprs qrignotés par fes souris

la jetant à la face du roi, l’interpella ainsi : « Si vous croyez que je renierai ma foi pour l'amour de cette chose, reprenez votre don et renoncez à votre pensée... » Un châtiment du même genre est raconté par Victor dans son ouvrage sur la Persécution Vandale où, parlant d’Armagastus, noble martyr du Christ, il dit : « Alors Theodoric le condamna à être exilé dans la province de Byzacium et là, à être employé à creuser les fossés. Ensuite, comme pour le disgracier et le déshonorer davantage, il lui ordonna de faire l'office de gardeur de vaches, non loin de Carthage, où tout le monde pouvait le voir. Mais, procédons à d’autres faits.

MARTYRS CHRÉTIENS DONNÉS AUX SOURIS POUR ÊTRE GRIGNOTÉS OU A DES CHEVAUX POUR ÊTRE FOULÉS AUX PIEDS

Les Chrétiens étaient livrés aux souris par Goraranes, le plus cruel des rois Perses, comme le raconte Théodoretus dans son Histoire. « En outre, ils creusent des fossés; mettez-les donc dedans (les Chrétiens) avec beaucoup de soins et renversez sur eux un grand nombre de musaraignes. Donc, après avoir lié les mains et les pieds des martyrs pour les empêcher de se débarrasser des petites créatures, on les offrait comme nourriture aux souris qui, poussées par la faim, rongeaient petit à petit la chair des saints emprisonnés, les torturant ainsi horriblement de jour en jour. »

Plus ou moins semblable, quoique encore plus cruel, nous paraît un supplice par lequel les Hérétiques de notre époque (1591) — comme il est décrit dans un ouvrage intitulé Théâtre des Cruautés Hérétiques — tourmentent et torturent les Catholiques. Les couchant sur le dos et les liant ainsi, ils placent sur leur ventre un bassin renversé renfermant à l’intérieur un loir vivant et allument du feu au-dessus du bassin, de sorte que le loir, tourmenté par la chaleur, déchire leur ventre et s’enterre dans

Éortures et Éourments des Martprs chrétiens

leurs entrailles. Ce douloureux et horrible supplice a été appliqué de nos jours à un grand nombre de catholiques, pour leur faire abjurer leur foi. Parmi ceux-ci, il s’en trouvait qui étaient prêts, comme les Chrétiens qui souffrirent sous Néron, à être cousus dans des peaux de bêtes et exposés aux morsures de chiens furieux (sur les ordres d'Élizabeth, reine d'Angleterre), plutôt que d'écouter les mauvais conseils en faiblissant ou en s’écartant le moins du monde de la vraie foi catholique.

De même pour les martyrs Chrétiens, et spécialement pour les évêques qui furent jetés à terre par les ordres d’impies persécuteurs, pour être piétinés et déchirés par les chevaux et dont Victor rend témoignage dans sa Persécution Vandale : « Après ces cruels édits, si remplis de poisons nuisibles, il ordonne que tous les évêques qui ont été assemblés à Carthage, dont les maisons ont été pillées et dont les églises et les biens ont été pris, soient conduits, après avoir été ainsi volés, hors des murs de la ville, sans leur laisser ni un esclave, ni un animal, ni un vêtement de rechange, ajoutant au surplus que quiconque offrirait à l’un d'eux l'hospitalité ou leur donnerait la moindre nourriture, ou tenterait . de le faire par pitié, serait brûlé par le feu lui et sa maison avec lui.

«Alors les évêques expulsés agirent avec beaucoup de sagesse ; adoptant l’état de mendiants, ils ne quittèrent pas la ville, sachant très bien que s’ils partaient, ils seraient rappelés et ramenés de force et, de plus, que leurs ennemis mentiraient, comme ils avaient déjà menti, déclarant qu’ils s'étaient sauvés parce qu’ils avaient peur de regarder la lutte en face, et qu’enfin — et ce ne serait pas la moindre des choses — s'ils revenaient ainsi, ils ne trouveraient aucun endroit où se loger ni aucun refuge ouvert pour eux, leurs églises, leurs maisons et leurs biens étant tous saisis.

«Ainsi, tandis qu’ils étaient couchés, gémissant alentour des murs et exposés à toutes les intempéries, il arriva que le roi sé

es

Fi. XXXIX

À. — Martyrs attachés au cou ou à la queue de che- B. — Traînés à travers les rues ou sur des endroits vaux sauvages et cruellement traînés par ierreux au moyen de cordes attachées à eux. eurs pieds.

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Martyrs foufés par des chevaux

rendit aux bains. Tous se portèrent en foule vers lui en criant : « Pourquoi sommes-nous ainsi affligés ? Pour quelle faute commise inconsciemment subissons-nous ce traitement ? Si nous avons été réunis pour tenir conseil, pourquoi avons-nous été pillés ? Pourquoi sommes-nous privés de nos églises et de nos maisons ? Devons-nous souffrir la faim et la nudité et croupir dans la fange ? Mais, baissant les yeux sur eux, et les regardant, même avant qu'il n’eût entendu leur appel, il ordonna que des chevaux montés par des cavaliers fussent lancés sur eux, afin qu’ils ne fussent pas seulement violemment blessés et écrasés, mais tués sur la place. Et en vérité, beaucoup furent piétinés à mort, spécialement les plus âgés et les plus faibles d’entre eux. »

Imitant ces exemples, les Hérétiques de nos jours traitèrent de cette façon un certain moine, du nom de Jean, membre vénérable de l'Ordre de saint François, et qui venait d’être nommé évêque de Daventry. Après l’avoir sauvagement insulté et blessé de diverses façons, ils le foulèrent aux pieds et le laissèrent gisant dans la rue comme un infâme et abject cadavre. Nouslisons que la même chose fut faite sous Dioclétien, à trois saintes du Christ : Maxima, Secunda et Donatilla, vierges et martyres. Mais assez pour le moment; le reste des diverses tortures énumérées au commencement du chapitre IX doit être réservé pour un autre chapitre.

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