‹ Traité des instruments de martyre et des divers modes de supplice employés par les paiens contreChapitre 9 sur 93 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la Roue, de la Poulie et de la Presse comme irstrumerts de torture

YANT exposé les diverses sortes de pendaison, à la croix et à des poteaux, il ne nous reste plus maintenant à discourir que sur les autres instruments de torture. Mais comme les instruments nommés ci-dessus, ensemble avec le cheval de bois, sont sans aucun doute les plus terribles et les plus épouvantables de tous, nous devons en traiter ici, et du cheval dans le chapitre suivant. Donc, venant au supplice de la roue qui est réputé comme le plus terrible châtiment parmi ceux mentionnés, nous notons en premier lieu la manière dont ce tourment était pratiqué par les Grecs.

Nous apprenons ces choses par les nombreuses attestations de leurs propres écrivains, qui furent conservées jusqu'à nous, attestations positives et non déguisées. Ainsi parle Aristophane dans Plutus : « De droit, vous devriez être lié à la roue, et ainsi forcé de révéler vos actes mauvais. » Commentant ce même passage, le Scoliaste ajoute : « La roue était un instrument auquel on attachait les esclaves pour les punir. » Encore le même poète (Aristophane) dans Lysistrata : « Hélas! quelle convulsion et quelle tension je ressens dans tous mes membres,

Roue

Lortures ef Lourments des Martyrs rétiens

comme si j'étais torturé sur la roue. » Anacréon, ainsi qu'il est rapporté par Athenaeus, parle de la même chose lorsqu'il dit : « J’endurai bien des tourments et bien des tortures sur le cheval de bois, et beaucoup aussi sur la roue. » De même Démosthènes {(Harangue contre Aphobus] : « Voyons Milias sur la roue pour être torturé », et Plutarque dans son Micias : « Alors, il procéda à lier le barbier sur la roue, et ensuite à le torturer. » De même Lucien, dans l’Epiître à Stesichorus, écrit : « Après leur avoir coupé les extrémités, on les tortura et on les étendit sur des roues ». La roue était un instrument de supplice pour torturer le corps des hommes. Puis Aristophane dit : « Qu'il soit déchiré sur la roue et fouetté. » Ainsi, les esclaves étaient liés à la roue et torturés. Et, dans un autre passage : « Vous serez forcé de parler sur la roue et de confesser vos crimes. » Ainsi nous voyons que les gens étaient torturés sur la roue afin qu'ils avouassent leurs crimes et aussi les noms de leurs complices. — Il semble que la roue était un instrument en bois, sur lequel les esclaves étaient liés en châtiment. Ainsi parle Suidas.

Phalaris semble donner un témoignage conforme dans ses épîtres, où il écrit : « On les torturait et on les déchirait sur les roues. » Enfin, pour confirmer ces écrivains, on peut ajouter ce qui a été rapporté par plusieurs des auteurs nommés ci-dessus, et par d’autres, concernant Ixion, qui fut lié à une roue virante et tourmenté pour l'éternité en châtiment de ses crimes et deses offenses. Pindare, Homère /Iliade et Odyssée], Lucien, Ovide, Properce, Sénèque, et Claudien parlent de cette chose.

De même, il y a d’autres auteurs qui font mention de la torture de la roue, en particulier Joseph, Macchabées : « Quelques-uns refusèrent de manger des viandes impures, il ordonna donc qu'ils fussent torturés sur la roue et mis à mort », et encore : « Pour ceci, préparez les roues, et attisez le feu, afin de produire une chaleur plus ardente. » Et encore : « Mais lorsque les exécuteurs

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A. — Quelquefois les Martyrs étaient liés à la circonférence de grandes roues et ainsi précipités d’une hauteur sur des endroits pierreux.

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eurent préparé les roues et les cordes, le tyran ajoute », etc. Et: «Alors on ordonna aux exécuteurs de faire entrer le plus âgé des prisonniers, et, lui arrachant sa tunique, ils lui lièrent les mains et les pieds avec des courroies. Et, quand ceux qui appliquaient les coups de fouet furent à bout de forces, sans reprendre haleine, ils l’attachèrent sur une grande roue, sur la circonférence de laquelle le jeune homme au noble cœur eut toutes ses jointures disloquées et tous ses membres brisés. »

Un peu plus loin : « Cruels mercenaires, cria le jeune homme, votre roue n’est pas plus capable que vous d’étouffer ma raison! Coupez mes membres, brûlez ma chair et disloquez mes jointures avec les machines à désarticuler ! (1) »

En l’entendant parler ainsi, ils mirent le feu en dessous de lui et séparèrent l’un après l’autre ses membres de son corps étendu sur la roue. Et la roue entière était couverte de son sang, et la grille contenant le charbon enflammé fut retirée à cause des gouttes de sang qui coulaient dessus tandis que sur les essieux des roues les lambeaux de chair continuaient à tourner; les parties adjacentes aux jointures des os étant partout mises en pièces. Néanmoins le jeune Abraham, à l’âme haute, ne proféra pas une plainte, mais, comme si par le feu, il était devenu incorruptible, il supporta noblement le supplice des machines à désarticuler. »

Et encore : « Ils procédèrent à désarticuler les jointures des mains et des pieds d’Arthremboles et, les séparant des ligaments, ils perforèrent ses doigts, ses bras, ses jambes et ses coudes. Mais, lorsqu'ils ne purent, en aucune manière, vaincre sa résolution, ils lui arrachèrent la peau ainsi que les ongles et le mirent alors sur la roue, et là, chacune de ses jointures fut broyée et il vit sa

(1) Les machines à désarticuler (Streblae) étaient des instruments inventés pour tordre et disloquer les jointures comme dans le cas de Arthremboles, ici mentionné.

Éortures et Éourments des Martprs chrétiens

propre chair coupée en morceaux et les gouttes de son sang tomber de lui-même. »

Et encore : « Les appariteurs le traînèrent aux instruments de torture. Après lui avoir attaché les genoux en les serrant fortement avec une bande de fer, ils lui plièrent les reins sur une roue, de sorte que tout son corps, étant étendu autour de la circonférence de la roue, fut brisé en morceaux. »

. Et, un peu plus loin : «Ils l’attachèrent à la roue, sur laquelle il fut étendu et brûlé par le feu, de plus, ils lui appliquèrent dans le dos des broches rougies et épointées, ils lui percèrent les côtes et lui brülèrent l’intérieur du corps. »

Ainsi parle Joseph, en dehors duquel d’autres écrivains traitent aussi de la roue, comme Apulée (Ane d'Or) : «Sans un instant de répit, conformément à la coutume grecque, les fers, la roue, et tous les genres de tortures furent exhibés »; et encore : « ni la roue, ni le cheval, d’après la coutume des Grecs, ne manquèrent à l'appareil de son supplice. » Cicéron /Tusculanes) dit : « Ainsi nous sommes bien justifiés, lorsque nous disons que nulle vie n’est heureuse qui finit sur la roue. » Virgile (Enéide) dit : «Et là ils pendent, étendus sur les rayons des roues. » Julius Capitolinus: « Le tribun des soldats qui laissa son poste à l’abandon, fut attaché sous un char à roues et ainsi traîné, vivant et mort, sur toute la scène. » De nouveau, saint Basile (Homélie sur quarante martyrs) écrit : « De plus, le feu fut préparé, les épées tirées des fourreaux, la croix dressée, le sac, la roue, les verges, préparés. » Et, dans son Homélie sur saint Gordius le Centurion : « Que son corps soit déchiré sur la roue. » Saint Grégoire de Naziance et Nicéphorus ont beaucoup à dire sur ces roues. Diverses Vies de Saints en parlent aussi, comme dans le cas de sainte Catherine, sainte Euphémie, vierge et martyre, saint Félix et ses compagnons.

Maintenant, ces roues, ainsi que nous avons pu le recueillir

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