SEPTIÈME SECTION
Les obsen^atîons que nous rapportons dans celle première parlie se répartissent de la façon suivante :
^r ^ 1 l Queue du sourcil 8
Kystes dermoïdes l ^^ .. . .,
•',,,,. I larlie moyenne du sourcil.. 3
de lorbile 1 1:. .
/ Front 4
et de son pourtour 1 ^
,-20) ï^omi^o 1
^ ' ! Angle interne de Torbile. . . 4
Kystes dermoïdes du nez ; 2
Kystes dermoïdes du cuir chevelu 3
Kyste dermoïde de la cavité crânienne 1
Kystes branchiaux du cou 3
Kyste slernal 1
Kyste de l'ombilic 1
Pilimiction 1
Nous y joignons un fait de kyste sébacé congénital du prépuce et une observation de kyste sébacé folliculaire du voisinage de l'orbite .
Enfin nous rapportons cinq observations de brides dermoïdes de l'œil ou de malformations ayant les plus grands rapports avec le dermoïde oculaire, et un cas de polygnathisme du maxillaire inférieur.
Observatioh de fistule périnéale congénitale 1
Observations de fibro-chondromes branchiaux H
Obs. I. — Kyste sébacé congénital de la queue du sourcil, — Pralet
i80 KYSTES DERMOIDES
(Marie), âgée de trois mois, porte au niveau de la queue du sourcil droit une tumeur du volume d'une petite noisette et qui, au dire de la mère, augmente beaucoup depuis la naissance. La peau est mobile sur la tumeur. Le kyste est excisé en partie et la portion restante est cautérisée. A Touverture de la poche il est sorti d'abord un liquide citrin, puis une matière blanche d'aspectcaséeux.
Obs. il — Kyste dermoide sus-orbltaire, — Hirth (Joseph-François), âgé de six mois, présente un kyste du volume d'un gros pois, à l'angle externe de l'orbite, ou plutôt sur la région frontale, à un centimètre de l'angle externe. Il est adhérent au squelette. La poche est excisée partiellement et le reste est cautérisé. Il en est sorti une matière blanche, sébacée, mélangée de poils. La mère raconte avoir vu la grosseur le lendemain de la naissance.
Obs. m. — Kyste dermoide de la queue du sourcil. — Schénot (Georges), âge de six ans et demi, porte sur la queue du sourcil gauche un kyste du volume d'un gros pois et congénital, au dire de la mère. Extirpation le 12 avril 1878. Le kyste contient de nombreux poils.
0ns. IV. — Kyste de)*moïde du front (V. fig. 2). — Douvie (Marie), âgée d'un mois, est apportée à l'hôpital Trousseau le 1*' mai 1883.
L'enfant présente sur la région frontale, au-dessus du sourcil gauche, une petite tumeur du volume d'un pois, rénitente, sans adhérence au squelette. On ne trouve dans la famille aucune affection congénitale ; l'enfant d'ailleurs se porte bien et ne présente rien de particulier sur le reste du corps.
Incision courbe à concavité supérieure ; dissection attentive de la poche qui est complètement extraite. A l'ouverture du kyste on trouve une petite quantité de liquide et une matière blanche mélangée de quelques petits poils.
Obs. y. — Kyste dermoide du front — X..., enfant âgé de six mois et demi, porte sur le front, à 2 centimètres environ au-dessus de la queue du sourcil gauche, une petite tumeur allongée transversale-
ment et du volume d'un petit haricot. La peau glisse facilement audevant d'elle ; au contraire elle est absolument adhérente aux. os du crâne. Elle est très dure en apparence et assez comparable à une exostose ; un examen minutieux est nécessaire pour y reconnaître la fluctuation. La mère s'est aperçue de la tumeur quelques jours après la naissance ; mais son volume a surtout augmenté durant ces quinze derniers jours. En même temps, cet enfant est atteint du premier degré de Thypospadias. Le gland est encapuchonné et adhérent dans la plus grande partie de son étendue, sauf au niveau de son sommet et de sa partie inférieure et médiane : là, la peau présente une petite ouverture ogivale à travers laquelle on aperçoit une petite gouttière du gland ; à la partie inférieure de cette gouttière, on remarque rorilice uréthral qui est assez étroit.
Le 8 juin 1883, extirpation du kyste qui renferme de la matière sébacée et des poils follets.
Obs. VI. — Kyste dei^moide de la partie moijenne du sourcil, — Aubert (Albert), âgé de quatre ans. Kyste congénital siégeant à la partie moyenne du sourcil droit, offrant le volume d'un petit pois, mobile, attaché au périoste par quelques adhérences. Le 27 juin 1883, ouverture et dissection de la poche. L'examen montre la présence de poils et d'épiderme.
Obs. VII. — Kyste dermoide de la queue du sourcil. — Fille de dixneuf mois. Kyste congénital de la queue du sourcil. Extirpation totale. Contenu sébacé, mou, blanchâtre. La paroi présente un derme, un épiderme, des follicules pileux et des glandes sébacées.
Obs. VIII. — Kyste congénital de la queue du sourcil, — Metz (Marie), âgée de six mois (27 mai 188i). Kyste congénital siégeant à la queue du sourcil gauche, et offrant le volume d'un petit haricot. 11 adhère au frontal qui est dénudé par l'opération.
Obs. IX. — Kyste sébacé congénital de la queue du souf^cil, — Kostry (Adèle), âgée de douze ans, salle Giraldès, n** 43, service de Lannelongue.
182 KYSTES DEHMOÏDES
L'enfant est venue au monde avec une petite tumeur située au niveau de la queue du sourcil gauche. Cette tumeur qui était à l'origine grosse comme une tête d'épingle a augmenté depuis; d'après la mère, elle serait plus volumineuse à certains moments.
Le 10 décembre 1884, ablation du kyste, qui est adhérent aux par^ ties voisines. Pendant l'opération, la poche est crevée et son contenu sort par expression comme celui des kystes sébacés ordinaires.
Obs. X. — Kyste dermoîde de la région moyenne du sourcil. — X..., fille Agée de quatre mois, nous est présentée à la consultation de l'hôpital Trousseau le 14 février 1885.
Elle porte, à l'union du tiers externe et des deux tiers internes du sourcil gauche, au niveau même de l'implantation des poils, une petite tumeur, qui fut remarquée pour la première fois à l'âge d'un mois et qui depuis a graduellement augmenté de volume. Elle offre actuellement les dimensions d'une petite noisette; elle est fluctuante et roule facilement sous le doigt.
Une incision horizontale intéressant la peau et l'orbiculaire des paupières, met à nu la tumeur, qui est disséquée sans difficulté et n'offre que de légères adhérences avec le squelette.
Le contenu est une bouillie d'un blanc éclatant au milieu de laquelle on découvre quelques poils follets.
La paroi kystique, mince et souple, a l'aspect d'une peau fine et demi-transparente. Ilistologiquenient elle est formée d'un derme et d'un épiderme avec des follicules pileux, des glandes sébacées volumineuses et quelques tubes glandulaires contournés qui représentent très probablement des glandes sudoripares. La surface du derme est plane ou légèrement ondulée, mais dépourvue de papilles véritables.
Obs. XL — Kyste dcrmoide au-dessus du sourcil (V. fi g. 1). — Mosser (Jean-Pierre), âgé de trois mois, est apporté à la consultation de l'hôpital Trousseau, le 23 avril 1883.
Cet enfant est jumeau; son frère est bien portant et bien conformé. La mère a eu treize enfants, qui ne présentaient pas de vices de conformation.
Trois semaines après la naissance, on remarqua au sourcil gauche une petite tumeur qui grossit peu à peu. Actuellement elle offre le
OBSERVATIONS i83
volume d*une noisette; elle est tendue, de consistance lipomateuse et occupe le tiers externe du sourcil, ou plutôt elle est située un peu au-dessus du sourcil et empiète légèrement sur la tempe. La peau est mobile sur la tumeur, qui est très adhérente aux parties profondes. Pendant l'extirpation, on constate que le kyste est situé sous Torbiculaire et adhère intimement au frontal, qui le loge en partie dans une dépression en godet.
La paroi est mince et d'aspect cutané. Le contenu est de la matière sébacée mélangée de quelques poils follets. L'examen histologiquc montre dans la paroi l'existence d'un derme et d'un épiderme avec foUiculcs pileux, glandes sébacées et glandes sudoripares. 11 n'y a pas de papilles. La couche cornée de l'épidermc est en grande partie desquamée.
Obs. XIL — Kyste dermoide de la région moyenne et interne du sourcil, — Lebaigue (Henriette), âgée de sept mois.
Quinze jours après la naissance, on remarqua, au sourcil gauche, une grosseur du volume d'une lentille, qui augmenta peu à peu. Actuellement elle a les dimensions d'une petite noisette; elle est peu mobile sur les parties profondes, tandis que la peau glisse faciment au-devant d'elle. Elle est située au niveau de la partie moyenne du sourcil, plutôt cependant sur sa moitié interne. Elle descend jusqu'au rebord orbitaire, mais n'envoie pas de prolongement dans l'orbite.
Le 28 avril 1885 , une incision horizontale met à nu la tumeur, qui est énucléée; la paroi adhère au frontal par un court pédicule. Elle contient, outre quelques gouttes de sérosité, de la bouillie athéromaleuse d'un blanc mat. La surface interne de la poche est tapissée d'épiderme offrant les caractères de l'cpiderme normal. Le derme sous-jacent présente des vaisseaux sanguins abondants et dilatés ; en outre, on y rencontre par places des infiltrations sanguines diffuses qui résultent sans doute de l'opération. La paroi forme de nombreux plis, mais il n'y a point de papilles ; on n'y trouve point non plus de poils ni de glandes.
Obs. XIII. — Kyste dermoide de la queue du sourcil. — Fleish (Louis), douze ans et demi, mort dans le service de Triboulet, mai 1883.
184 KYSTES DERMOÏDES
Kyste du volume d'une noisette, roulant sous la peau, situé au niveau de la queue du sourcil droit. La tumeur est congénitale, d'après le témoignage des parents. Elle adhère par sa partie profonde au frontal par un pédicule. Le contenu est une bouillie d'un blanc jaunâtre au milieu de laquelle se trouvent des poils fins et blanchâtres.
L'examen histologique de la paroi y fait reconnaître une couche épithéliale dont les contours cellulaires sont mal définis, ce qui s'explique par le mauvais état de conservation dans lequel se trouvait ce kyste recueilli à l'autopsie. On y constate aussi la présence de poils et de sections de tubes glandulaires dont Tépithélium est très altéré..
Obs. XIV. — Kyste dcrmoide de la tempe gauche. — Jaxel-Belletex (Jeanne), âgée de sept mois, porte sur la région temporale gauche, à l'extrémité de la queue du sourcil, une petite tumeur qui fut remarquée pour la première fois à l'âge de trois mois. La tumeur, grosse comme une noisette, adhère au frontal ; la peau, mobile sur elle, est tendue à son niveau et présente un aspect blanchâtre.
Extirpation le 25 juin 1885. On constate, pendant la dissection du kyste, qu'il est situé au-dessous de Torbiculaire et qu'il ofl're des adhérences avec le périoste du frontal.
Il contient une matière sébacée d'un blanc mat. La paroi est formée d'un derme et d'un épiderme. Elle présente des follicules pileux en voie de formation ; ceux-ci montrent une papille bien caractérisée, mais il n'y a pas encore de cône kératinisé.
Obs. XV. — Kystes congénitaux situés syrnétnquement à la queue des deux sourcils, — Louvain (Maria), âgée de six semaines, nous est présentée à l'hôpital Trousseau le 23 septembre 1885.
Cette enfant porte à la partie externe du sourcil, des deux côtés, de petites tumeurs à peu près exactement symétriques ; celle de droite est située sur la ligne même du sourcil, à son extrémité externe ; celle de gauche est un peu au-dessous, de manière à empiéter sur le bord de Torbite. Ces tumeurs ont le volume d'une lentille ; clic ont un peu grossi depuis la naissance. Leur consistance est ferme ; elles roulent sous la peau et ne semblent pas nettement adhérer au squelette.
L'enfant est née à terme et bien conformée du reste. La grossesse a été bonne. Les parents sont bien portants.
Obs. XVL — Kyste dermoide à l'angle interne de Vorbite. — Leroux (Armand), trois ans et demi, est amené à Thôpital Sainte-Eugénie le 7 novembre 1877.
L*angle interne de Toeil droit de cet enfant est occupé par une tumeur qui s'étend de l'arcade sourciliére au rebord orbi taire inférieur. Elle est située dans Torbite, en arrière de l'apophyse montante du maxillaire supérieur ; elle fait sur la peau un relief très apparent. Son grand axe, dirigé verticalement, est à peu près deux fois plus étendu que son diamètre transversal. L'angle interne des paupières parait abaissé. La tumeur est profondément située, car elle ne jouit d'aucune mobilité dans le sens vertical ni dans le sens transversal ; elle n a aucune adhérence avec la peau, qui glisse facilement au-devant d elle ; elle est élastique, tendue et comme fluctuante. Elle ne gène pas les fonctions de Toeil ni celles des paupières ; il n'y a pas d'épiphora.
La mère s'est aperçue de cette tumeur quand l'enfant avait huit mois; depuis la grosseur a augmenté progressivement.
La ponction exploratrice, faite avec la seringue de Pravaz, n'amène pas de liquide ; le bout de la canule promené dans la tumeur crie comme sur du cartilage. L'examen micrographique des matières ramenées montre des cellules épithéliales avec des globules graisseux.
Le 18 novembre, le kyste est ouvert par une incision ; il sort une quantité considérable de matière sébacée avec des poils follets. Un st>'let peut s'engager dans l'orbite à 2 ou 3 centimètres de profondeur. L'enfant a guéri, mais il n'a pas été suivi après la cicatrisation de la plaie.
Obs. XVII. — Kyste dermoide de la partie interne du sourcil, — Lsecker, garçon de cinq mois, est amené le 17 mars 1884 à l'hôpital Trousseau. Il porte depuis sa naissance un kyste du sourcil gauche, siégeant à la partie interne et adhérent à l'arcade orbitaire ; son volume est celui d'un pois chiche.
Ce kyste est extrait complètement ; la poche adhérait au tissu osseux du frontal. Le contenu est de la matière sébacée. La paroi
486 KYSTES DERMOÏDES
présente un derme et un épiderme, mais sans poils, ni glandes, ni papilles.
Obs. XVIII. — Kyste sébacé congénital du grand angle de t œil au niveau do la cominlssw^e palpébralc. — Madron (Aline), âgée de deux ans et demi, est amenée à la consultation de l'hôpital Trousseau le 5 avril 1884.
Elle porte à Tangle interne de Tœil droit une tumeur qui forme une saillie arrondie du volume d'un gros pois. Cette tumeur occupe la commissure palpcbrale et s'étend en avant presque jusqu'à la ligne médiane du nez; de haut en bas, elle va de l'arcade sourcilière au rebord orbi taire inférieur. Elle est dure, tendue et donne la sensation d'une fluctuation difficile à percevoir, comme dans les kystes sébacés tendus. Elle n'est pas réductible; profondément elle adhère au squelette et paraît s'engager dans l'orbite. En présence de celte tumeur on peut émettre trois hypothèses : 1® tumeur lacrymale congénitale ; 2® méningocèle ou encéphalocèle ; 3® kyste sébacé. D'après l'ensemble des caractères je m'arrête à l'idée d'un kyste sébacé.
Par une incision verticale, la tumeur est mise à découvert et énucléée aux deux tiers, et la portion saillante est extirpée; puis la poche est grattée et cautérisée au nitrate d'argent.
A l'incision de la tumeur il s'est écoulé un liquide séreux, puis il est sorti une matière blanchâtre ayant l'aspect du contenu des kystes sébacés. La paroi n'a pas été examinée.
0ns. XIX. — Kijste dermoide prélacrymaL — Bégu (Alphonsine), âgée de douze ans et demi, porte dans la région prélacrymale du côté droit, un peu au-dessous du sac lacrymal, une petite tumeur du volume d'un gros pois, roulant sous la peau, et sans adhérence au squelette. Elle s'est développée depuis deux ou trois mois seulement.
Opération, le 12 juin 1885. Dissection de la poche qui renferme une bouillie blanchâtre.
La paroi est formée de derme revêtu d'épiderme. Ce dernier présente une épaisseur inégale suivant les points, mais on y trouve toutes ses couches normales : cellules cylindriques dans la profondeur, cellules polyédriques du corps muqueux, stratum granulosum,
OBSEKVATIONS 187
stratum lucidum, et cellules cornées en partie desquarnées. On n'observe dans la paroi ni papilles, ni poils, ni glandes.
Obs. XX. — Kyste congénital du dos du nez (V. fig. 3). — Barthé- Jeroy (Louise), Agée de vingt mois (1883).
Cette enfant porte, à la hauteur de la partie moyenne du nez, une
tumeur médiane qui proémine sur le dos du nez et s'étend aussi un
peu sur les faces latérales. So*n volume est celui d*un petit haricot.
ElJe est un peu plus allongée dans le sens vertical que dans le sens
transversal. La peau qui la recouvre est légèrement rosée. Quand
on l'examine avec soin, on remarque que cette peau est amincie,
'nais mobile sur la tumeur. De plus, en prenant la tumeur entre les
^^îgts, on reconnaît qu elle est mobile sur le squelette, au moins
^^ns le sens latéral; la mobilité est plus difficile à apprécier dans le
®^ii.s vertical. Cette tumeur est tendue, élastique, et, malgré son
P^tit volume, on y trouve une fluctuation véritable. Tout à fait à sa
Partie inférieure se voit, sur la peau qui la recouvre, un petit orifice
^ïïXulaire extrêmement ténu, marqué seulement par une dépression.
* outes les parties voisines sont saines et normales, et le squelette
^'^ nez est intact. On doit cependant noter un léger strabisme con-
Vergenl double, ainsi que la présence, en avant de l'oreille gauche,
^ ^n appendice cutané long d'un demi-centimètre, immédiatement
^^tué en avant du tragus; cet appendice proémine à la manière d'une
^^nie; il est fibro-cartilagineux. L'apparence de cette enfant dénote
^ïie bonne santé; elle n'a pas fait de maladie depuis sa naissance.
*-^8 renseignements de la mère sont bons au point de vue de sa
^^nlé, et elle nous assure que le père se porte bien. A l'égard de la
^^îtieur du nez, la mère nous dit que lorsque l'enfant est venue au
**^onde, on remarqua qu'elle avait le nez un peu bombé, mais on ne
^ en est pas préoccupé, et l'enfant fut placée en nourrice au bout de
^^îme jours. Plus tard, la mère alla la voir et elle remarqua alors
^^e, de temps en temps, il apparaissait sur le dos du nez, au niveau
^^ gonflement, une perle d'un liquide transparent (une goutte de
^Ueur comme elle l'appelle) : cet écoulement durait toute la journée;
I^^îs il s'est arrêté et c'est alors que la tumeur du nez est devenue
Wus visible.
L'extirpation de la tumeur montre qu'il s'agit d'un kyste renfer- ^^nt des poils, et la paroi examinée on*re la structure du derme ^^Vétu d'épithélium.
190 KYSTES DERMOÏDES
Extirpation, le 28 mars 1885. Enucleation facile; la tumeur adhère au périoste par quelques trousseaux fibreux ; il n'y a pas de dépression osseuse. Pansement de Lister. Guérison en quelques jours. La paroi est mince, lisse et d'un blanc nacré. Le contenu est une matière sébacée d'un blanc mat mélangée de poils follets. Examen histologique : la paroi est constituée par un derme et un épiderme ; dans ce dernier, l'aspect crénelé des cellules du corps muqueux est très manifeste et le stralum granulosum contient des gouttelettes d'éléidine très nettement visibles. Presque partout le derme offre une surface plane; cependant en quelques points se voient de petites papilles très courtes et rudimentaires. La paroi présente des follicules pileux et des glandes sébacées bien développées, mais elle est dépourvue de glandes sudoripares.
Obs. XXIII bis, — Kyste detmoïde au niveau de la fontanelle antérieure, — Gervais (Henri), Agé de cinq ans et demi, est conduit à l'hôpital Trousseau le 3 mars 1880.
Cet enfant porte depuis l'âge de huit mois, au dire de son père, une petite tumeur au niveau du bregma; cette tumeur avait à peu près à cette époque le volume actuel. Elle est située au niveau de la fontanelle antérieure, sur la ligne médiane, un peu dèjetée cependant du côté gauche. Sa forme est arrondie et son volume représente celui d'une petite amande. La peau qui la recouvre est normale et semble indépendante de la tumeur. Sa consistance est intermédiaire entre la dureté et la mollesse; elle donne l'impression d'une poche assez épaisse avec un contenu minime. Cette tumeur n'est pas très mobile sur les parties profondes. A son niveau on sent une dépression très notable de la paroi crânienne. Ajoutons enfin que la tumeur est dépourvue de battements et qu'elle n'est nullement réductible.
Opération j le 3 mars. Une incision transversale des téguments met à nu la tumeur ; celle-ci n'adhère pas à la peau, mais elle tient assez fortement au péricràne ; sa paroi profonde est décollée avec la curette ; les adhérences les plus fortes sont sectionnées avec le bistouri. La tumeur enlevée, on apprécie plus nettement la dépression en cupule de la paroi crânienne qui lui formait une sorte de loge.
La tumeur est formée par une enveloppe assez dense. Le contenu a l'apparence de la matière sébacée. Un examen rapide ne fait pas découvrir de poils dans son intérieur. Mais la tumeur étant plongée dans l'alcool et le contenu sébacé se désagrégeant, les poils flottent
dans le liquide et deviennent apparents. Ils sont pour la plupart implantés sur la poche et longs de plusieurs millimètres.
L'examen histologique de la paroi montre qu'elle est constituée par un derme sans papilles, recouvert d'une couche peu épaisse tfépiderme. On y trouve des follicules pileux auxquels sont annexées des glandes sébacées.
Obs. XXIV. — Â'ijste pileux intra-crànien. Hydrocéphalie. Vestiges
d^un pédicule rattachant le kyste au cuir chevelu. (Société anato-
'niqûe, 1885). (Communiquée par F. Widal, interne des liùpitaux).
"^iécc conservée dans lacolloction de Thùpital Trousseau (V. fîg. i3,
' P- 125). — Kirsch (Anna), âgée de sept ans et demi, entre le 3 sep-
^^nnbre 1885 à Thôpital Trousseau, salle Blache, n° 9, dans le service
^e Triboulet.
Celte enfant a toujours été maladive, peu active et d'une intelli-
S'^nce très obtuse. Au dire des parents, vers Tàge de trois ans seule-
*^ent, la tète est devenue énorme et a commencé à présenter tous les
^^ra.ctères de Thydrocéphalie. Il y a quelques mois seulement la
ï^^tite malade a été prise, à des intervalles plus ou moins rapprochés,
^^ nausées, de vomissements, de vertiges et surtout de convulsions.
*-^S5 membres inférieurs ont été frappés bientôt de parésie; la vue
^ ^st affaiblie, et lorsque Tenfant entre à Thôpital elle ne peut plus
*^^rcher ; la parésie a môme gagné les membres supérieurs ; la vue
^^t tout à fait perdue et Tamaurose est complète ; les globes ocu-
*^ires, très saillants, présentent du nystagmus. Le faciès exprime
* hébétude, les réponses sont lentes et inintelligentes ; la sensibilité
^^néralc est presque intacte, à part une légère hyperesthésie des
n^atre membres. Ajoutons que la malade se plaint fréquemment de
^^uleurs occipitales.
Du 3 septembre au 1" octobre, h trois reprises différentes, Ten- ^^nt est prise de vomissements et de convulsions suivies de contrac- ^^t"e; pendant ces attaques la température s'élève entre 30", 5 et iO°; *^ faciès devient vultueux et le délire est presque continuel. Chaque "^îs la durée des accidents ne dépasse pas trois ou quatre jours.
I-e 3 octobre survient une quatrième et dernière attaque, accompagnée de fièvre intense et de diarrhée, et l'enfant meurt dans le ^ Orna le 8 octobre.
Autopsie. — Les viscères ne présentent rien de particulier à ^^gnaler.
92 KYSTES DERMOIDES .
Le crâne est volumineux, ses dimensions sont augmentées surtout dans son diamètre bi-pariétal. Ses parois osseuses sont minces et partout transparentes.
A Touverture de la boîte crânienne il s'écoule du liquide céphalorachidien en abondance. Des adhérences de méningite chronique unissent la dure-mère à la pie-mère.
L'ablation du cerveau se fait aisément; mais il n'en est pas de même pour le cervelet qu'on ne peut séparer complètement de la tente cérébelleuse ; on ne parvient à extraire le cervelet qu'en laissant adhérente à la dure-mère une portion de la membrane d'enveloppe d'un kyste, qui se trouve ainsi à découvert au milieu de la substance cérébelleuse.
Sur l'encéphale enlevé, on constate d'abord que la surface des circonvolutions est aplatie et que le cerveau ressemble à une vaste poche remplie de liquide. A l'ouverture des hémisphères, on trouve les ventricules latéraux distendus par une énorme quantité de liquide et les trous de Monro sont assez dilatés pour laisser passer le pouce; la surface interne des ventricules latéraux et moyen offre l'aspect lavé.
Mais la lésion la plus intéressante se trouve dans le cervelet. En pleine substance cérébelleuse apparaît, en effet, un kyste du volume d'une orange environ. Il s'enfonce entre les deux lobes latéraux et déprime le lobe moyen de telle façon que la voûte du quatrième veatricule est affaissée sur le plancher. La partie postérieure de la fente de Bichat et la veine de Galien sont également comprimées par la tumeur, et c'est peut-être à cette compression qu'il faut rapporter l'hydrocéphalie ventriculaire. Les lobes latéraux du cervelet n'arrivent pas h recouvrir toute la partie supérieure du kyste, et à ce niveau la poche kystique fait corps avec la tente du cervelet; cette adhérence a été cause de la déchirure qui laisse à découvert le contenu du kyste. Celui-ci consiste en une masse grumeleuse d'un blanc jaunâtre, assez consistante et rappelant la mie de pain mâchée ; elle est parsemée de cheveux enroulés, intimement mélangés à la masse; leur longueur est de 5 ou 0 centimètres, leur nombre assez considérable et leur épaisseur presque normale. La paroi kystique, résistante et épaisse de 2 millimètres environ, se laisse décortiquer de la substance cérrbellcuse.
La paroi kystique, réunie à la lente du cervelet, présente avec le squelette une adhérence intéressante au niveau de la protubérance occipitale interne. En examinant, par sa face interne, la dure-mère qui recouvre les fosses cérébelleuses de l'occipital, on remarque
qu*elle offre la disposition d*un infundibulum dont le sommet est rattaché à Toccipital sous forme d'une adhérence flbreuse. De la sorte celle-ci constitue à la dure-mère et à la poche kystique, qui lui est adhérente, une espèce de petit pédicule. La languette fibreuse pénètre dans Tépaisseur de Toccipital par un petit canal osseux à bords arrondis et dirige de bas en haut; elle semble se perdre dans Fépaisseur de Tos. G*est au niveau de la partie inférieure de la protubérance occipitale interne que se fait sa pénétration dans Foccipilal, sur les dernières inégalités qui composent par leur ensemble cette éminence.
D'autre part, en séparant le cuir chevelu de la voûte crânienne, on reconnaît l'existence d'une adhérence semblable, mais plus courte, sous forme d'un petit pédicule qui, né de la face profonde du cuir chevelu, s'engage dans l'occipital en se dirigeant en bas pour se perdre également dans l'épaisseur de l'os. La pénétration de celte dernitTC adhérence ne se fait pas au môme niveau que celle de la précédente, mais à i centimètre au-dessus, au niveau de la protubérance occipitale externe, à peine marquée chez ce sujet.
Ainsi, Ton constate l'existence d'adhérences reliant d'une part la paroi kystique à l'occipital et d'autre part l'occipital au cuir chevelu. Bien que ces deux pédicules ne soient pas exactement au même niveau, bien que tous deux soient adhérents à l'occipital et qu'ils ne se trouvent peut-être pas en continuité complète, il nous semble que leur conformation semblable, la direction commune de leur trajet doivent les faire considérer comme les deux parties d'un même ensemble, ayant été primitivement en continuité et séparées plus tard, sans doute par le développement du squelette.
Examen histologique, — L'examen histologique est pratiqué dans le laboratoire du professeur Cornil. Le contenu du kyste se montre composé de cellules sébacées et de cellules épithéliales plates. La paroi est formée de tissu fibreux renfermant beaucoup de fibres élastiques; elle est tapissée d'un revêtement d'épithélium plat disposé en trois, quatre, cinq rangées, et même davantage. Sur la rangée la plus superficielle, on remarque des cellules prêtes à se détacher de la paroi. Sur les difi*érentes coupes que nous avons faites, nous n'avons pas rencontré la structure de la peau normale.
Obs. XXV. — Kijste dermoide du cou, succédant à la fermeture d*une
fistule branchiale. — Derenne (Rerminie), âgée de onze ans.
194 KYSTES DERMOÏDES
Cette enfant porte sur la partie latérale gauche du cou, près de la ligne médiane, au-dessous du cartilage thyroïde et reposant sur la partie latérale du cartilage cricoïde, une tumeur du volume d'une petite noisette. Cette tumeur présente en son centre un point semblable à la trace d'un follicule pileux. Elle est très mobile sur les parties profondes et la peau est aussi mobile au-devant d'elle.
En interrogeant la mère, on apprend que Tenfant est venue au monde avec une fistule congénitale qui s'est fermée et à laquelle a succédé une petite grosseur ; celle-ci est restée stationnaire et a depuis augmenté peu k peu.
Par l'incision, il sort un liquide visqueux, couleur gelée de groseille ; j'excise la plus grande partie de la poche et je cautérise le fond au nitrate d'argent. 11 est probable que le fond adhère au larj'nx, mais je ne puis m'en assurer. — Trois semaines après, la plaie est cicatrisée. L'examen de la paroi démontre qu'elle a une structure cutanée ; elle présente un derme pourvu de papilles aplaties et presque effacées en certains points, mais saillantes et normales en d'autres. L'épithélium est pavimenteux ; il n'y a pas d'épithélium vibratile.
Ce fait est doublement intéressant : 1** parce qu'il offre un exemple de kyste résultant de la fermeture d'une fistule branchiale ; 2* parée que l'on pouvait croire h l'existence d'un kyste qui se serait développé aux dépens d'un follicule pilo-sébacé s'ouvrant au point culminant de la tumtnir.
Obs. XXYl. — fCysfe dettnoîde Ihyro-hyoidien, — Bertrand (Marthe-, Agée de quatre ans, salle Giraldès, n' 20, service de Lannelongue.
Cette enfant porte au-devant du cou une petite tumeur, exactement médiane et située au niveau de l'espace thyro- hyoïdien. Elle a le volume d'une petite noisette et fait légèrement saillie sous la peau; elle suit pendant la déglutition les mouvements du larynx, auquel elle semble adhérer par un pédicule. Elle ne détermine d'ailleurs aucune gêne fonctionnelle. C'est il y a quinze jours seulement que cette tumeur a été remarquée, et depuis elle a un peu augmenté. D'après les renseignements fournis par la mère, on ne connaît aucun vice de conformation dans la famille.
Le 18 avril 1885, la tumeur est mise à découvert au moyen d'une incision médiane et enlevée par dissection. On sectionne en arrière
le pédicule qui rattache la tumeur au larynx, et Ton cautérise ce pédicule au nitrate d'argent.
La paroi est mince, souple, blanchâtre et d*apparence cutanée. EUe contient une bouillie athéromateuse. Examen histologique. La paroi est revêtue d'épiderme avec corps muqueux, stratum grafuilosutHy pourvu de grains d*éléidine. Le derme sous-jacent contient des fibres musculaires lisses.
Des glandes sébacées sont annexées aux follicules pileux. On trouve en outre dans la paroi des tubes glandulaires qui appartiennent peut-être à des glandes sudoripares.
Obs. XXVIL — Kyste canaliculé du cmi. — M. Gillet, vingt-huit ans, porte au côté droit du cou, à 2 centimètres de la ligne médiane, immédiatement au-dessus du bord inférieur du cartilage thyroïde, une ouverture grosse comme une tête d'épingle sur une ■cicatrice provenant de Tincision d'une tumeur, à Tàge de cinq mois. La nourrice se rappelle avoir vu la grosseur dès la naissance. A cinq mois J. Cloquet l'ouvrit , et depuis il est toujours resté une fistule qui tantôt se fermait, tanttH se rouvrait, et qui a résistf^ aux injections iodées. Le liquide qui s'en écoule est épais et ressemble au blanc d'œuf.
Un stylet introduit dans le trajet remonte jusqu'au bord supérieur du cartilage thyroïde, et là parait s'engager sous le bord inférieur de Tos hyoïde ; il ne semble pas libre dans une cavité ; en tout cas, il atteint le fond du trajet. Le trajet se dessine sous la peau comme un cordon.
Obs. XXVIIL — Kyat^i dernu/uh pr^nternnL — Ky-ste extirf/ chez une jeune fille de seize ans; il siég'MÎt sur la li^rne médiane audessous de la fourchette slernale ; il affeclfiit une disposition canaliculée. Le contenu renfermait de nombnrux {tfiiU, foJIeth.
Obs. XXIX. — Kyste pédicuié de rorninlic. — Ois^e Kmil'î , itu/t d*? huit ans, est amené à la consultation dc' l'h/^pitaJ 'I rouhbeau \*t 26 septembre 1885.
Cet enfant p^jrte à Tombilic une f>etite tumeur du volume d'un'; noisette, adhérente à la partie inférieure droiU; de la n*'Mri*'A: o/iibi-
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iicale, au moyen d\iu pédicule étroit et long de 2 millimèlres environ. Cette tumeur est lobulée a sa surface et présente notamment deux bosselures principales; la peau qui la recouvre est mince, mobile et sillonnée de fmes arborisations vasculaires. Sa consistance est mollasse, et la palpation y fait reconnaître une fluctusLlion obscure. L'anneau ombilical n'est nullement élargi et la tumeur est absolument irréductible.
C'est il y a trois ans seulement que la mère- a remarqué celte tumeur, mais la tante qui a élevé Tenfant lavait toujours vue depuis J'Age de trois ans. Un frère du petit malade était atteint d'une hernie ombilicale.
Une ligature est placée sur le pédicule et ce dernier est sectionné au-dessus de la ligature; l'écoulement sanguin est insignifiant.
L'ouverture de la tumeur montre qu'il s'agit d'un kyste à parois lisses, contenant un liquide jaunâtre et des grumeaux, sébacés blanchâtres.
Kxamen histohgique. — Les coupes de la paroi kystique présentent deux surfaces épidermiques, l'une correspondant à la peau de la cicatrice ombilicale, l'autre au revêtement du kvsle. Les caractères de cet épiderme sont à peu près les mômes sur les deux faces; cependant le stratum lucidum est plus mince sur Tépiderme du kyste et les cellules cornées sont desquamées en grande partie et colorées en rose ; en outre, l'épaisseur de cet épiderme du kj'ste présente des variations notables, et il n'y a de ce côté aucune trace de papilles, tandis qu'on en observe de petites sur la face libre. Kntre les deux couch<;s éi)idermiques se trouve une couche conjonctive contenant d(îs vaisseaux; en quelques points elle montre une tendance à se dédoubler en deux lames, et même ce dédoublement s'est opéré sur plusieurs coupes par le fait des manipulations, en sorte (|ue la poche est divisée en deux parois formées chacune d'un derme et d'un épiderme sans poils ni glandes (V. lig. 5, p. 05).
Obs. \XX. — Piliiniction chez V homme. — M. X... souflre d'accidents urinaires depuis une quinzaine d'années. Les premiers accidents consisltTcnl en une diflicullé très grande de la miction, accompagnée d'une légj'Te liémalurie. Puis il se développa de la cystite, et depuis environ cinq ans le malade rejette avec l'urine de petits calculs phosphatiqucs qui ont parfois fait obstacle au cathétérisme et produit une obstruction passagère de Turèthre.
Depuis deux ans, le malade a remarqué dans son urine la présence dun certain nombre de petits poils; il pensa d'abord qu'ils provenaient des vêtements ou des couvertures, mais comme ils n'apparaissaient que par intervalles, tous les dix, douze ou quinze jours, son attention fut éveillée et il vit bientôt sortir directement par Turôthre xine petite masse de quatre ou cinq poils frisés, longs d'environ 4 centimètre i/2. Cette émission de poils continue depuis lors.
Obs. XXX ï. — Kyste sébacé congénital du prépuce. — Ebert ^ Emile), âgé de quatre mois, est apporté à la consultation de l'hôpi- 1 Sainte-Eugénie le 47 avril 4878.
Cet enfant porte au prépuce un kyste qui vient proémincr dans orifice préputial sous forme d'une tumeur ayant le volume d'un ros grain de riz et de consistance élastique. Ce kyste est plutôt en pport avec la muqueuse préputiale qu'avec la peau; en effet, on épare assez aisément la peau de la surface du kyste, tandis que la ^nuqueuse lui est plus intimement unie; il est aussi plus directement ;9lacé sous la muqueuse que sous la peau. D'après la mère, la tumeur existe telle quelle, sans aucune modification, depuis la naissance.
Une ponction donne issue à un liquide louche, jaunâtre, laiteux et ^'aspect purulent. La poche est excisée ; elle est tapissée d'épithélium.
Obs. XXXII. — Kyste sébacé, d'origine glandulaire, siégeant au voisinage de l'orbite, chez une petite fille. — Watlez (Gabrielle), âgée de six ans, présente au-dessous de la commissure externe des paupières, un peu en dehors du rebord inférieur de l'orbite, à la partie supérieure de la joue gauche, une petite tumeur arrondie, du volume d'une petite noisette, mobile sur les parties profondes et adhérente à la peau en un point assez limité ; on constate bien cette adhérence en saisissant la tumeur entre deux doigts et en les rapprochant, ce qui détermine à son niveau une petite dépression ombiliquée; le tégument qui la recouvre est soulevé et aminci. Cette tumeur fut remarquée par la mère lorsque l'enfant était encore au maillot; à cette époque elle n'était pas visible et se laissait reconnaître seulement au toucher; elle a depuis augmenté progressivement de volume. Le père de cette enfant a fréquemment, sur le cou et sur le dos, des loupes d où s'échappe par incision une matière grasse tout à fait
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semblable au contenu du kysle opérée La mère qui nous fournit ces renseignements ajoute que Fenfant a été accouchée au forceps et qu elle en porta les marques sous forme d*une rougeur vive occupant pendant une huitaine de jours la joue gauche sur laquelle se développa plus lard le kyste en question.
Le 17 juillet 1885, Jalaguier pratique Textirpation de la tumeur; la dissection en est très délicate en raison de la minceur de la paroi et de son adhérence à la peau. Elle renferme une bouillie biencliâtre. La poche ne présente aucune adhérence profonde. Pansement à Tacide borique ; cicatrisation en quelques jours. Examen histologique : Des coupes totales de la paroi kystique montrent qu elle est constituée par une couche ûbreuse mince et uniforme, tapissée d un épithélium dont les caractères varient suivant les points. Dans la partie qui répond au fond de la cavité, on voit par places des cellules volumineuses et vésiculeuses , remplies de matière grasse et semblables aux cellules sébacées. Entre celles-ci on peut en observer d'autres qui ont une forme aplatie et qui subissent l'évolution épidermique ordinaire; elles forment entre les cellules sébacées de minces cloisons et donnent lieu à une disposition analogue à celle que décrit Ranvier dans les glandes sébacées volumineuses et dans l'acné varioUformc *. A mesure que l'on s'éloigne du fond de la poche, les cellules sébacées disparaissent et toutes les cellules subissent le processus de kératinisation; le contenu du kyste renferme en abondance ces éléments kératinisés. réduits à des écailles lamelleuses. Les cellules de ce revêtement épithélial sont toutes aplaties et allongées parallèlement à la surface de la paroi; cependant, au voisinage du goulot du kyste , elles prennent la disposition des cellules éj)idermiqucs normales et forment un corps muqueux épais et une couche granuleuse large et riche en éléidine.
Obs. XXXIII. — Bride congénitale hUerpalpébrale avec adhérence au globe oculaire, — Ci'phalématomeiy . fig. 45, p. 459). — Billeguin (Louis), Agé de vingt-deux jours. La mère de cet enfant se porte bien et n'a pas d'antécédents liéréditaires ; elle a eu neuf enfants dont sept vivants et bien portants. Pour l'enfant qui nous est présenté, la grossesse a rlè pénible pendant les derniers mois; l'accou-
\. On sait que Pn^M»t JulniotUiit riiértHlitédes lumciirs 6él>acée8. Voy. Prcscott Howett, St Gnorijes llosp. Hep., vol. IV, i8C9, p. 108. 2. (k)rnil et Raiivier, Man. tVhist. pathoi., t. ir, p. 828, 2c éd.
chement a été difficile el Tenfant est resté trois "heures au passage. Il présente deux lésions dignes d'intérêt :
1" Sur le pariétal droit, à 2 centimètres environ de la ligne médiane, un peu au-dessus de Toreille, à un pouce environ de la fontanelle postérieure, existe un céphalématome formant une tumeur ovoïde, à grand axe antéro-postérieur, pleine de liquide, sans tache ecchymotique à sa surface.
2* Sur l'œil droit, on rencontre une petite lésion congénitale , consistant en une sorte de petit pont jeté entre le bord hbre de la paul^ière supérieure et le bord libre de la paupière inférieure. Cette bride est située un peu en dehors de la partie moyenne de la fente l^alpébrale; elle a environ 4 millimètre de longueur sur un quart de millimètre d'épaisseur; elle est arrondie et amincie à sa partie vnoyenne, tandis qu'elle s étale à ses points d'implantation , prenant ^insi la forme d'un sablier. L'implantation de ses extrémités se fait ^n bas sur le bord ciliaire et en liaut un peu en dedans de la ligne de naissance des cils; en outre, de la partie profonde de celle bride "part une petite adhérence filiforme qui s'insère sur le limbe cornéal près de la sclérotique et qui se tend dans les mouvements de l'œil. Opération, le 27 juin 4883. Excision avec des ciseaux courbes de la bride à ses parties supérieure, inférieure et postérieure.
Obs. XXXIV. — Tumeur congénitale de la région temporale droite. — Repli de la conjonctive (V. pi. IV, fig. 2). — Brochart (Edmond), ^gé d'un mois. Le père, âgé de trente ans, est d'une bonne santé; il n'est ni tuberculeux ni syphilitique. La mère , âgée de vingt-cinq ans, s'est toujours bien portée. Elle a eu quatre enfants; les trois premiers sont vigoureux et ne présentent aucun vice de conformation.
Pour le quatrième enfant, la grossesse et l'accouchement furent faciles ; mais au moment de la naissance on s aperçut qu'il portait une tumeur sur la tempe droite. Cette tumeur, partie de la commissure externe de l'œil droit, ne tarde pas à s't'largir en formant sous la peau une élevure considérable, descendant et semblant retomber par son propre poids; elle a alors 2 centimètres 1/2 de haut et 1 centimètre 4/2 dans sa plus grande épaisseur; puis elle change de direction, et, au lieu de se porter en bas et en dehors, elle remonte en s' élargissant et s'aplatissant pour se diriger en arrière jusqu'au delà de Toreille et occuper une grande partie de la fosse temporale.
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Elle est molle, adhérente à la peau, mobile sur les parties profondes. Au toucher, on y constate la présence de quelques noyaux durs, en forme de grains de riz; c'est en exerçant une pression directe qu'on éprouve cette sensation qu'on n'obtient pas en foulant la tumeur entre les doigts. La tumeur n'a pas grossi depuis la naissance; elle n'est pas douloureuse à la pression ; elle n'est pas rouge, n'augmente pas quand l'enfant crie, et est irréductible.
A l'angle externe de l'œil droit se voit un repli de la conjonctive qui s'avance sur la cornée de manière à dessiner environ la moitié d'une circonférence ayant un peu moins de i centimètre de rayon et qui présente une concavité tournée en dedans. Cette disposition existe depuis la naissance. On voit aussi sur l'iris une petite zone blanche en regard de l'angle externe, et une autre, à peu près égale, k la partie inférieure ; la mère ne s'est aperçue de ce fait que depuis huit jours.
Obs. XXXV. — Tumeurs congénitales multiples sur le trajet de la fente fronto-maxillaire du côté gauche {région rétro-auriculaire, fosse temporale, cavité orbitaire) (V. pi. IV, lîg. 4). — Dieunoy (Roger), âgé d'un an, est amené à la consultation de l'hôpital Trousseau le 22 février 1883.
Le père, âgé de quarante ans, se porte bien; il habite la campagne ; dcj)uis son enfance il boite légèrement, ayant une jambe plus courte que l'autre; il porte au cou des traces nombreuses d'abcès scrofuleux; il ne paraît pas avoir eu la syphilis. La mère, âgée de trente-six ans, est vigoureuse ; elle n'a jamais été malade et ne semble pas syphilitique; elle a eu huit enfants. Le premier, bien conformé, est mort du croup huit jours après sa naissance ; le second, iigé de quinze ans, s'est toujours bien porté et n'a pas de vices de conformation; le troisième, âge de treize ans, resta longtemps faible et malingre ; le quatrième est mort à l'âge de quatre mois avec des abcès au cou et aux oreilles; les trois suivants se portent bien et ne présentent jms non plus de vices de conformation. Le huitième est l'enfant qui nous occupe ; l'accouchement fut facile, Tenfant se présenta par la tête. On s'aperçut aussitôt qu'il avait une grosseur derrière l'oreille gauche. Depuis sa naissance, il jouit d'une bonne santé et ne semble pas souffrir.
Actuellement on constate derrière l'oreille gauche la présence d'une tumeur qui s'étend, en bas et en avant, à la moitié supérieure du
pavillon de Toreille qu'elle déprime et rabat sur la moitié inférieure à la façon d*une oreille de chien. La tumeur déborde loreille en avant et en haut, et df^scend inférieurement jusqu'au niveau de la partie inférieure du conduit auditif externe, à 3 centimètres environ de ce conduit. Elle a le volume et la forme d'un œuf de pigeon coupé en deux au niveau de son tiers supérieur et appliqué par sa section sur la tète; sa surface est arrondie, sa forme régulière; on la prendrait pour un kyste. Quand on la saisit entre les doigts, on constate qu'elle est très molle, que la peau en fait partie intégrante et qu'elle adhère jiux ti.ssus profonds ; sa consistance est tout à fait comparable à celle d'un lipome ou h du tissu élophantiasique. Cette tumeur n'est pas pédiculée ; elle repose sur une surface osseuse paraissant rugueuse. Elle envoie un prolongement dirigé à peu près directement en haut et un peu en arrière, qui forme une élevurc peu considérable et se laisse plutôt reconnaître à la sensation d'empâtement qu'il donne au palper. Quand on presse sur la tumeur, il semble qu'il y ait à l'intérieur une sorte de noyau dur et résistant. L'enfant ne souffre pas de cette exploration. L'ouïe de ce côté est h peu près normale. I^ tumeur n'a que peu grossi depuis la naissance.
Il y a six mois, la mère remarqua sur la tempe du même côté une autre tumeur moins volumineuse; elle est à peine visible, large comme une pièce de deux francs, située au-dessus de l'arcade zygomatique, et parait adhérer aux parties profondes. Séparée de la précédente par un sillon vertical passant au-devant de l'oreille, elle semble cependant se continuer avec elle. A sa surface, la peau n'est ^i rouge ni enflammée. Cette seconde tumeur oflVe, en somme, les iJèmes caractères que la première.
La mère raconte, en outre, qu'il y a six mois également l'œil gauche s'enflamma, devint gros, et se couvrit d'une sorte de taie qui ^près quelques soins disparut. I/enfant voyait alors aussi clair qu'aupa.ravant ; il ne resta pas de tache sur l'œil, qui avait repris son volume normal. Un mois après les mêmes phénomènes se reproduisirent, mais avec une intensité plus grande ; il y avait alors devant l'œil, d'après le récit de la mère, une sorte de phlyctène remplie de liquide. I-' enfant ne voyait plus clair de cet œil, quand, trois mois après, la "ïnqueuse de la paupière supérieure recommença à s'enflammer et ^ faire issue au dehors; une suppuration abondante s'établit à ce "voilent. Actuellement l'œil gauche est volumineux, la cornée est opaque et on constate un certain degré de staphylome. La muqueuse ^® la paupière supérieure est tuméflée et fait au dehors une saillie
considérable ; elle recouvre Toeil en entier, de sorte qu'il faut la relever pour le voir. Si Ton vient à presser sur le globe oculaire, on le réduit facilement dans la cavité orbitaire, et Ton constate qu1l repose sur un bourrelet élastique qui occupe tout le fond de Torbite» C*est très probablement une tumeur analogue aux précédentes.
Ajoutons enfin que Tenfant est évidemment rachitique ; la bosse frontale droite est développée, la bosse occipitale est unique et volumineuse, les fontanelles ne sont pas encore ossifiées; les tibias sont gros, mais cette augmentation est peu accusée.
Obs. XXXVI. — BeC'de-lièvre double chez un exencéphalien. — Coloboma des paupières. — Persistance d'adhérences dans les fentes de la face qui sont en continuité [Arc h, gén. de méd., 4883, vol. I, p. 552) (PI. II, fig. 1 et 2). — M. B... est une petite flllette, née de parents bien portants. L'accouchement s'est fait sans difficulté.
Bien que venue à terme, Tenfant est très grêle. La figure çst petite, il n'y a pas de voûte du crâne. A la place de cette voûte crânienne, on observe deux masses placées, Tune à droite, l'autre à gauche, séparées l'une de l'autre par une gouttière profonde; celle qui est à droite est la plus volumineuse et ressemble à un hémisphère cérébral, celle de gauche est plus petite, elle a le volume d'une mandarine et parait pleine de sérosité. Ces deux masses sont recouvertes par une membrane analogue à la dure-mère ; cette membrane se continue en avant avec la peau du front et de la racine du nez; plus en dehors encore et en arrière avec la peau au-dessus de l'oreille; enfin tout à fait en arrière, au niveau de l'occipital, également avec la peau suivant une ligne transversale qui va d'une oreille à l'autre. D'ailleurs la peau de la région occipitale s'insinue entre les deux masses précédentes, pour se continuer avec la peau du front, par l'intermédiaire d'une languette fibro-cutanée de 1 centimètre de largeur, recouverte par quelques cheveux. Les deux hémisphères cérébraux reposent en arrière sur deux petits corps symétriques qui sont unis et qui paraissent représenter le cervelet.
En même temps que cette malformation du crâne, la face présente un vice de conformation singulier.
D'abord il existe un coloboma vertical des quatre paupières et, chose étrange, une lame fibreuse, une sorte de ligament, continue en haut avec la membrane fibreuse qui recouvre l'encéphale, s'insinue dans Fécartement de ce coloboma, se fixe à la cornée et à la
conjonctive en descendant dans Técartement des deux parties de la paupière inférieure, et vient se continuer avec la peau de la joue placée à la base de Técartement des paupières.
Le même état se présente des deux côtés. 11 résulte du coloboma des paupières que celles-ci se présentent sous la forme de quatre lambeaux relevés à la manière d'oreilles en avant de rœil, qui est incomplètement développé et recouvert par les ligaments décrits plus haut, ligaments qui lui adhèrent.
En outre, il existe un vice de conformation des lèvres et de la bouche. A gauche, bec-de-lièvre placé comme de coutume en dehors de Taile du nez, se prolongeant jusqu'au niveau de la division verticale de la paupière inférieure avec laquelle il se continue largement; en un mot, la division verticale de la lèvre part de la partie latérale gauche, remonte à un demi-centimètre en arrière de Taile du nez, et atteint directement les deux moitiés de la division de la paupière inférieure. L'écartement est de 3 à 4 millimètres. Cette division de la lèvre correspond à un écartement notable entre Tos intermaxillaire et le maxillaire supérieur gauche en bas, et même plus haut, soit que la branche montante du maxillaire fasse défaut, soit qu'elle se trouve en arrière, pour se continuer avec Tos malaire; il existe en tous cas, à ce niveau, un écartement des os qui fait que la fosse nasale est visible par la joue, et que cette fosse nasale se continue avec l'orbite. En un mot, les cavités nasale, buccale et orbitaire sont ouvertes à Textérieur par cette grande fente. Cette division se prolonge en arrière dans la bouche jusqu'à la partie postérieure du nuixillaire et comprend la voûte palatine et le voile du palais.
A droite, la division des parties molles se présente d'une autre manière; la commissure buccale droite se prolonge sur la joue à la manière d'une fente qui bientôt se dirige en haut, et atteint la paupière inférieure à son angle externe, pour se confondre avec le colol>oma de la paupière. Il résulte de là que la fente coupe la joue, et laisse en avant une partie considérable de cette joue qui est appliquée sur l'os malaire et le maxillaire supérieur; en effet, il n'y a P*8, comme de l'autre coté, écartement des os; il n'y a pas de sépa- '^^on entre l'os intermaxillaire et le maxillaire: ces deux os sont intimement unis, sans altération de ce côté-là, et la fente, qui ne com- Pï'end que les parties molles et qui divise ces parties molles en deux, ^^ntourne tout le maxillaire supérieur droit, séparant les parties ^^lles en une partie en rapport avec le maxillaire supérieur et une ^^^e partie en rapport avec le maxillaire inférieur. Comme de
204 KYSTKS DERMOIDËS
Tautre côté, il y a toujours un ligament descendant de Tencéphale pour venir s'implanter tout à fait dans le fond de la séparation des parties molles, à la fois sur le bord du maxillaire supérieur dans sa partie la plus reculée, et en bas sur la partie correspondante de l'apophyse coronoïde. Ce ligament adhère aussi à l'œiL
Pas de vice de conformation des membres ni du tronc. Le nez, supporté par la lèvre supérieure et Tos intermaxillaire , se trouve, à gauche, immédiatement séparé de la joue par la fente verticale. A droite, il est relié à la joué par un mamelon de quelques centimètres carrés, et séparé du reste par la fente transversale et oblique.
Obs. XXXVII. — Coloboma congénital de la paupière supérieure avec développement incomplet du frontal. — Vestiges d* adhérences au niveau de cette malfonnation (pièce de la collection de Thùpital Trousseau). — Aurousseau (Louis), âgé de onze mois, entré le â4 janvier 1885 à rhôpital Trousseau, pavillon Bretonneau, dans le service de Cadet de Gassicourt. Cet enfant est atteint de diphthérie grave et meurt quelques heures après son entrée.
Le père, ancien soldat, souffre de la gorge depuis un mois; nous n avons pu le voir, ni savoir s'il est syphilitique. La mère, âgée de vingt-quatre ans, est née de parents sains n'ayant aucune difTormîié; elle n a pas eu la syphilis. Elle a eu trois enfants et n a jamais fait de fausse couche. Les deux autres enfants sont en bonne santé. Pour le troisième qui nous occupe, la grossesse a été bonne, mais la mère raconte qu'elle se serait donné un coup. L'accouchement a été facile. Dès la naissance de l'enfant, on s'aperçut de la difformité qu'il présentait : au (rùté gauche du front il portait une tumeur entourée d'un relief osseux, tumeur qui augmentait quand l'enfant criait et toussait; en outre, la paupière supérieure de ce c6té était fendue verticalement; l'œil restait constamment ouvert pendant la veille et le sommeil, et ne présentait aucun mouvement. L'enfant, d'ailleurs bien constitué, possédait les mouvements do ses quatre membres; il commençait à marcher lors de son entrée à rhopital. Il avait toujours été bien portant jusqu'à l'Age de dix mois, époque à laquelle il eut des convulsions, petites et rares.
L'autopsie n'a pas été faite, sauf pour ce qui concerne la tête.
l'Jramen du crâne et de la face, — Sur le visage on remarque les déformations suivantes. L'œil gauche est ouvert sans pouvoir se fermer complètement. La paupière supérieure est, en effet, attirée en
haut comme dans les rétractions cicatricielles, mais avec cette difTérence qu*il n'y a pas trace de cicatrices cutanées. La peau, en elTet, est intacte. L'œil reste ainsi à demi découvert, montrant le fond du cul-de-sac supérieur de la conjonctive. La paupière supérieure offre une brièveté remarquable dans son milieu et son bord interne. En dehors et dans Tétendue de 1 centimètre environ, elle a sa largeur normale, et son bord ciliaire est garni de poils. Au contraire, dans les deux tiers internes, le bord ciliaire fait, à proprement parler, défaut; il est dépourvu de cils et attiré en haut. Le cartilage tarse existe en dehors et manque dans les deux tiers internes.
La région sourcilière gauche se fait aussi remarquer par Tabsencc de poils dans les deux tiers internes. Au contraire, le sourcil existe dans langle externe, et là les poils forment un bouquet qui n'est plus disposé sur une ligne, mais qui s'étale d'une façon irrégulière sur une étendue d'une pièce d'un franc. De môme, sur la ligne médiane, on trouve de petits poils disposés verticalement et allant à la rencontre du sourcil droit.
La région sourcilière offre d'ailleurs une dépression très accentuée entre son angle externe et son angle interne. Elle n'est pas supportée à ce niveau par une arcade osseuse, de telle sorte que la peau se déprime et s'enfonce sur tout le milieu de la région du sourcil. C'est aussi en ce point que la brièveté de la paupière supérieure est le plus marquée.
1^ région frontale gauche présente en avant les lésions suivantes : un bourrelet osseux circonférentiel se dessine en relief; il est seulement interrompu au niveau de l'arcade sourcilière; il s'arrête aux angles externe et interne de cette arcade et fait défaut dans leur intervalle. Dans l'aire de celte circonférence, la peau est, sur le cadavre, aplatie et déprimée, et n'est plus soutenue par un plan osseux. Quand on explore la région avec le doigt, on reconnaît que le frontal fait défaut à ce niveau et que la peau adhère à une membrane fibreuse tendue, qui remplace les os du criine. La surface où le squelette fait défaut a les dimensions d'une pièce de cinq francs. En bas, elle correspond à l'arcade sourcilière qui n'existe pas en son milieu ; en "*ut /c'est sur le frontal à gauche, k peu près vers le milieu de cet ^®» que s'arrête la perte de substance. 11 résulte de là que le crâne est *®y ïtiétrique ; sa partie latérale gauche parait plus développée par ^ ^ait du rebord osseux, et en arrière la bosse pariétale droite est *^*^B proéminente que la gauche.
Quand on dissèque la peau, on reconnaît qu'elle adhère, comme
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il a été dit plus haut, à toute la membrane fibreuse qui remplace les os, au moyen d'un tissu très serre; mais en bas, quand on arrive sur la paupière, on voit des trousseaux fibreux analogues au tissu cicatriciel qui réunissent le bord libre de la paupière à la membrane fibreuse précédente. Cette espèce de bride est formée de faisceaux conjonctifs avec des fibres élastiques et quelques fibres musculaires striées. Le bord libre est maintenu relevé par cette adhérence. Le cartilage tarse a complètement disparu ; il y a plus : la conjonctive, dans son milieu et au niveau de son cul-de-sac supérieur, adhère également; elle a aussi une brièveté beaucoup plus grande en ce point.
Le crâne est asymétrique ; sa partie frontale est plus développée <iu côté gauche que du côté droit. A gauche, le frontal présente une vaste perte de substance qui, à partir du point correspondant à Tarcade sourcilière, remonte à 6 centimètres de* hauteur. En travers, elle a en bas une largeur de 5 centimètres, et au niveau de la partie moyenne du frontal 4 centimètres. Un bord osseux saillant, sans hypertrophie considérable, limite cette perle de substance, et une membrane fibreuse adhérente, se continuant à la fois avec le périoste et la dure-mère, part de cette limite osseuse et remplit Fespace vide. Du côté de la cavité crânienne la perte de substance est plus étendue. Elle comprend, en effet, la presque totalité de la voûte orbitaire, c'est-à-dire qu'elle se prolonge en arrière et en dehors jusqu'à^ la grande aile du sphénoïde^ et sur la ligne médiane, jusqu*à la surface quadrilatère de cet os. En dedans, elle s arrête à Tethmoïde: en un mot, celte perte de substance ne porte que sur le frontal. Le (Tànc présente encore d'autres particularités. La suture bifrontale (»u métopique n'est pas soudée et forme une gouttière de plus d'un centimètre entre les deux os. De son extrémité antérieure part une suture latérale qui se dirige transversalement sur le frontal gauche, pour aboutir h la perte de substance déjà décrite et l'atteindre dans son milieu. Les sutures, fronto-pariétales sont déjà osseuses, ainsi <jue les sutures occipilo-pariélales.
La cavité du crâne est très asymétrique ; les fosses crâniennes sont très inégales. La fosse frontale gauche est beaucoup plus développée (jue la droite, à cause de l'absence du squelette. La' fosse moyenne gauche est plus large et moins profonde que la droite. Enfin la fosse postérieure droite est également moins développée que celle du côté opposé.
Enccpliak. — Les lobes antérieurs sont inégaux; le gauche est plus volumineux que le droit; sa portion latérale, qui correspond à
la perte de substance des os du crAne, s'est développée d*une façon très notable, ce qui donne au lobe frontal lelargissement transversal que nous venons d'indiquer. Ainsi Ton note, à la distance d'un pouce du sommet du lobe antérieur, une différence de 1 centimètre i/2 en faveur du coté gauche. De même, sur la face inférieure, la portion qui correspond à la voûte orbitaire absente est plus saillante, et les circonvolutions sont plus aplaties à ce niveau.
Obs. XXXVÏII. — Polygnnthie. Bec-de-Uèvre congénital de la lèvre inférieure occasionné par V interposition d'un maxillaire supplémentaire entre les bords de la solution de continuité (V. pi. Ilï, fig. i et 2) {Arch, gén. de médecine, avril £883, vol. I, p. 39i, obs. i — et BulL et Mém. de la Soc. de chirurgie^ 9 juill. 1879, t. V, p. C21). — Amélie Gaupin, âgée de deux ans et demi, nous est envoyée de la campagne à Thùpital Sainte-Eugénie, le 4 juin 1879, par les docteurs Dorez, de Villeneaux (Aube), et Clievallier, de Provins, àTobligeance desquels nous devons les renseignements suivants :
Quand cette enfant est venue au monde, la lèvre inférieure était complètement divisée, et celte division s'étendait du bord libre jusqu'au delà du bord adhérent, c'est-à-dire qu'elle empiétait un peu sur le cou; elle était, de plus, absolument médiane. Entre les lèvres de cette division s*insiauait une tumeur qui, selon Chevallier, semblait partir de l'os; cette tumeur était, d'après lui, une inclusion fœtale; elle fut adressée à Blot, membre de l'Académie de médecine. Derrière la tumeur on trouvait le maxillaire inférieur divisé dans toute sa hauteur, comme la lèvre.
Dans une première opération, faite le G janvier 1877, trois jours après la naissance de l'enfant, on excisa la plus grande partie de celle tumeur; un peu plus tard, le li février 1877, on excisa le reste, el on fit en même temps l'opération du bec-de-lièvre; mais on ne toucha qu'à la lèvre , et le maxillaire inférieur resta tel qu'il était quand l'enfant vint au monde.
Aujourd'hui, G juin 1879, nous trouvons notre petite malade dans
les conditions suivantes :
^tat actuel, — Elle est âgée de deux ans et demi et d'apparence
<^^^tiye.
^ ^ La lèvre inférieure est bien réunie jusqu'au menton, mais au '^'^''^au du menton il existe une fente verticale d'un demi-centimètre
^ longueur; la peau est froncée au-dessous de cette fente qui n'est,
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en somme, qu'une véritable fistule, communiquant avec la bouche et avec Tintervalle qui sépare les deux parties du maxillaire inférieur. Cette fistule résulte de ce que la réunion de la lèvre inférieure n'a réussi qu'incomplètement. Par elle se fait un écoulement incessant et abondant de salive qui irrite un peu les bords du trajet fistuleux et les fait rougir.
2® Le maxillaire inférieur présente une division verticale. Cette division est exactement médiane; elle est complète. Partie de Tintervalle compris entre les deux incisives moyennes, elle tombe droit sur le milieu de la symphyse. On peut faire jouer chaque moitié du maxillaire sur l'autre moitié, dans le sens vertical et dans le sens horizontal. Dans le sens vertical, les dents d'un coté remontent de plus d'un demi-centimètre au-dessus des dents de l'autre côté; dans le sens horizontal et anléro-postérieur, chaque moitié se place indifféremment en avant et en arrière ; enfin on peut facilement déterminer un écart de i centimètre h peu près entre chaque partie de l'os. Quand on produit cet écartement, on voit la muqueuse former des mamelons blanchâtres et recouvrir chaque moitié de la division verticale, en se continuant en avant et en arrière avec le plancher de la bouche et la muqueuse gingivale.
Il existe deux petites adhérences qui se traduisent par des brides entre la langue et la face postérieure de la muqueuse qui recouvre l'os. L'une de ces adhérences constitue le frein de la langue, et part du sommet de cet organe pour s'implanter à la fois sur le plancher de la bouche et sur la muqueuse qui recouvre la face postérieure de la moitié latérale gauche du maxillaire. Il en résulte que la langue est bridée et ne peut plus franchir l'enceinte limitée par l'arcade alvéolaire. 11 n'y a pas d'autres anomalies du maxillaire; les quatre dents incisives existent, de môme que les deux canines, et l'enfant porte une molaire de chaque côté.
Enfin on trouve dans le cou une bride anormale très volumineuse étendue du maxillaire au sternum ; cette bride forme un relief saillant sous la peau qui glisse au-devant d'elle; elle a 2 centimètres de largeur et elle oblige l'enfant à tenir sa tête fléchie.
La tumeur, extirpée par Chevallier et adressée à Blot, a été examinée avec soin en ma présence par Blot et Magitot. C'est un maxillaire surnuméraire avec ses dents incluses.
Obs. XXXIX. — Atrésie congénitale du rectum. — Infundibulum
périnéal congénital. (V. fig. 10, p. 121). — Jeanne Morîn, Agée de huit mois, nous est présentée le 8 décembre 1883.
Quand cette enfant est venue au monde , la mère s'est aperçue de Texistence d'une anomalie dans la région anale , et en particulier de la présence de deux orifices ; mais elle ne 8*en est pas autrement préoccupée. En elTet, dans les' premiers temps, les fonctions intestinales s'exécutaient assez bien : le méconium passait, quoique avec difficulté ; un peu plus tard , le passage des matières était de temps en temps un peu difficile. La mère donnait alors quelques lavements ; c'était en effet lorsque ces matières prenaient une consistance plus solide que cette difficulté se faisait sentir davantage.
Malgré ces obstacles à la défécation, l'enfant est d'assez belle venue et n'a eu ni vomissements ni autres troubles d'aucun genre.
Voici son état actuel : immédiatement au-dessous de la vulve , on remarque qu'il n'existe pas de périnée à proprement parler, mais une gouttière assez profonde qui conduit à l'orifice anal. Cette gouttière médiane est bordée par deux bourrelets latéraux qui se continuent en haut avec l'origine des petites lèvres. La gouttière a environ 2 millimètres de longueur d'avant en arrière cl autant de profondeur. Elle s'abouche dans un orifice qui est l'orifice rectal. On ne trouve pas en effet un anus comme à l'ordinaire, c'est-à-dire un orifice en forme d'entonnoir entouré de plis. L'orifice de l'intestin est circulaire et comme béant. Il n'est formé que par les deux plis latéraux qui se continuent avec les bords de la gouttière mentionnée plus haut. En outre, cet orifice est extrêmement étroit, c'est à peine s'il peut recevoir une sonde de femme. Il se continue avec un petit canal aussi étroit que lui au-dessus duquel se trouve Fampoule rectale. Quand on présente l'extrémité du doigt, on sent quil y a là un sphincter anal.
De plus, entre l'orifice dont je viens de parler et la pointe du coccyx, juste à égale distance des deux, se trouve un infundibulum de un demi-centimètre de long, dirigé un peu vers la partie antérieure du coccyx. Quand on explore avec soin cet infundibulum, on voit qu'il se termine en cul-dc-sac, et qu'il ne communique nullement avec l'intestin. La peau à son niveau est fine. Son orifice a environ 2 millimètres de diamètre. Jamais il n'a suinté par là aucun liquide. Comme l'anus est porté en avant, la pointe du coccyx est séparée par un pouce environ de cet orifice. L'infundibulum est placé à un demi-pouce du rectum, dans les parties molles du périnée.
Antécédents, ,-- Le4)ère et la mère sont bien constitués et de bonne
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santé. Ils ont eu deux autres enfants très bien portants. — L*enfant n'a eu aucune maladie.
•Obs. XL. — Fibro-chondromes préauriculaires. — Enfant de six mois, du sexe masculin, fils de parents jeunes qui ne sont atteints d'aucun vice de conformation. Lui-même est exempt de toute autre anomalie que celle-ci. A un demi-centimètre en avant du tragus, du côté gauche, existent deux appendices congénitaux parallèles entre eux et disposés sur une même ligne verticale. Une bandelette de peau d'un demi-centimètre environ les sépare. Ils ont l'un et l'autre environ 7 millimètres de hauteur. La conformation de l'oreille est normale. Excision; quelqu^es gouttes de sang s'écoulent à peine ; guérison prompte.
Obs. XLI. — Fibro-chondromes préauriculaircs, — Petite fille âgée de trois mois. Parents indemnes de tout vice de conformation. Elle porte en avant de l'oreille droite quatre appendices, proéminant à la manière de quatre petites cornes ; leur saillie est de 3 millimètres environ. Elles sont disposées en deux groupes, un postérieur et un^ antérieur. Entre ces deux groupes existe un intervalle d'un demi-centimètre. Le groupe postérieur est placé sur la région massétérine d& la joue, immédiatement en avant du tragus; il est moins proéminent que le groupe antérieur. L'oreille est parfaitement bien développée et sans vice de conformation. Ces saillies ne seraient pas plus accusées qu'à la naissance, au dire de la mère. Il n'a été fait aucune opération.
Obs. XLII. — Flhro-chondromes pré auriculaires, — Garçon âgé de quinze jours. Aucune anomalie chez les parents. Il porte deux appendices sur la joue droite en avant et un peu au-dessous du tragus. Conformation de roreille normale.
Obs. XLIII. — Fibro-chondrome de la joue, — Malformation de l'oreille externe, — Nouvcau-né du sexe féminin, âgé de deuxjours. Il porte sur la joue droite, à 1 centimètre de la commissure des lèvres, sur le trajet d'une ligne qui se rendrait à l'orifice du conduit auditif externe, un appendice de 1 centimètre de long. Ha été excisé et
examiné au microscope. L*oreille, du même côté droit, est le siège d'un vice de conformation ; il existe une atrésie totale du conduit auditif. La cavité de la conque n'existe plus ; à sa place se trouve une masse cartilagineuse qui se relie au cartilage de la conque très jéduit dams ses dimensions et formant une saillie verticale mamelonnée. L'enfant ne présente pas d'autre vice de conformation. Les parents en sont aussi indemnes ; il est à noter que le père n*a que dix-huit ans et la mère dix-neuf ans.
Obs. XLIV. — Fibro-chondromes buccaux (V. fig. 19, p. 175). — Appendices muqueux de la cavité buccale. Le 9 mars 1881, on nous présente à l'hôpital une fillette âgée de cinq mois. Elle porte depuis sa naissance, dans la bouche, deux petites tumeurs qui présentent les caractères suivants : ce sont deux appendices en forme de cornes, de près de 1 centimètre de longueur, placés côte à côte sur un plan vertical ; on peut les comparer pour leur volume à un gros grain de riz; leur base est légèrement pédiculée et les deux pédicules sont » distants de 1 millimètre environ. Les sommets libres sont conoïdes. - La surface de ces appendices est rosée, unie et constituée par la muqueuse buccale. Les appendices sont très mobiles ; mais quand on les prend dans les doigts, ils offrent une consistance élastique qui ne permet pas de les aplatir.
Le siège de leur implantation est la face interne de la lèvre inférieure, à peu près h égale distance du bord libre et du bord adhérent, plus près pourtant du bord libre; ils sont distants de 1 centimètre de la ligne médiane. Ces corps sont très mobiles dans tous les sens et ils viennent se placer entre les deux maxillaires dépourvus de dents. Quand Tenfant ouvre la bouche, ils se présentent comme deux cornes parallèlement disposées. Ces deux appendices ont été excisés et étudiés histologiquement. L'enfant ne présente aucun autre vice de conformation et il n'y a rien à noter chez les parents.
Obs. XLV. — Fibro-chondrome de la joue, — Garçon de huit mois. n porte un appendice cutané sur la joue en avant de l'oreille ; 4 millimètres de saillie. Oreille normale. La mère est atteinte d'un attribut semblable. La mère dit que cet appendice s'accroît depuis la naissance.
Le reste de la conformation de l'enfant ne laisse pas à désirer.
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Obs. XLVI. — Fibro-chondromes préauriculaires symétriques. — Femme de vingt-trois ans. Elle porte quatre appendices cutanés, deux en avant de Toreille droite, deux en avant de Toreille gauche. Ces appendices sont symétriques et à peu près de même dimension. Leur hauteur est de 3 millimètres environ. Ses parents n'avaient rien de semblable.
Obs. XLVII. — Fibro-chondromes préauriculaires, — Le docteur S..., exempt, ainsi que toute sa famille, de toute anomalie congénitale, porte en avant de Toreille gauche deux petits appendices, situés lun au-dessous de l'autre, sur une même ligne verticale. Leur insertion se fait sur la peau du tragus, et il ma paru certain qu^ils étaient en continuité directe avec ce cartilage.
Obs. XL Vin . — Fibro-chondrome de la joue. — Malformations symétriques de Voreille externe. — Lenoble (Henriette), âgée de quinze mois, présentée à la consultation de Thôpital Trousseau en 1883.
Le père de cette enfant, âgé de trente et un ans, est vigoureux et bien portant ; il n*a jamais eu d accidents spécifiques et ne présente aucun vice de conformation congénital. La mère, âgée de vingtsix ans, se porte bien, quoique très nerveuse; elle ne présente aucun vice de conformation, mais un de ses frères aurait eu une affection congénitale indéterminée ; il est mort, paraît-il, des suites d'une opération qu'on lui aurait fait subir. Cette femme a fait une fausse couche de trois mois ; elle a eu un enfant mort-né à terme, un autre enfant qui mourut de convulsions à six semaines, enfin Tenfant qui nous occupe actuellement.
Chez cette enfant existe un vice de conformation symétrique, à peu près identique de chaque côté.
Le pavillon de Toreille ne se présente pas à la manière ordinaire, c'est-à-dire avec un cvasement. La partie supérieure du cartilage de la conque paraît comme rabattue sur elle-même, et vers sa partie moyenne elle se continue avec un pont cutané qui est de niveau avec la joue. En se repliant ainsi, le cartilage de la partie supérieure de la conque limite en haut un petit pertuis ; mais ce pertuis est superficiel ; le fond en est comblé par une peau amincie qui se recouvre d'écaillés épidermiques ; c'est en un mot un infundibulum. De même la partie inférieure du cartilage de la conque, au-dessous
du pont dont nous venons de parler, se recourbe en avant» ainsi que le lobule qui lui fait suite, et on trouve alors, au-dessous du pont précédent, un entonnoir plus large dont le fond est également fermé par une peau amincie. Immédiatement au-dessous du pont cutané se trouve une petite saillie comparable à Tantitragus et qui s'oppose à la conque repliée.
Au toucher, on reconnaît bien la présence du cartilage de la conque, au moins dans la partie supérieure. En le suivant avec le doigt, on sent qu'il se recourbe vers la partie étranglée pour aller s unir dans le petit pont cutané avec les tissus sous-jacents. On ne peut dire si ce cartilage existe dans la partie inférieure qui se continue avec le lobule.
L*enfant porte en outre sur la partie inférieure de la joue gauche, à 3 centimètres en arrière de la commissure labiale, un petit appendice dur et saillant, entouré par une zone de peau déprimée. Cet appendice était encore plus saillant à la naissance ; le père l'a coupé en partie avec un fil d'argent ; il en reste la portion fibro-cartilagineuse qui fait saillie.
Du côté opposé, l'oreille présente une disposition presque identique. L'ouïe est conservée de chaque côté.
Obs. XLIX. — FibrO'Chondromes préauriculaires, — Rossage (Laurence), âgée de trois mois, est présentée à la consultation de l'hôpital Trousseau le ï\ février 1883.
Le père, âgé de vingt-neuf ans, se porte bien et ne semble nullement syphilitique. La mère, âgée de vingt-sept ans, ne semble pas non plus syphilitique. Elle a eu deux enfants bien conformés, mais présentant des nœvi, l'un â la fesse et l'autre au jarret.
L'enfant qui nous occupe se porte bien ; il présente les particularités suivantes;
Du côté gauche :
!• A 1 centimètre en avant du tragus se trouve un appendice isolé, de plus d'un demi-centimètre de hauteur et étranglé à sa base.
2* A l'extrémité libre du tragus s'implante un second appendice, haut de plus de 1 centimètre ; il n'est pas droit comme les autres, mais inûéchi â sa partie moyenne; il est résistant et atteint les dimensions d un petit haricot ; sa forme donne l'idée d'un appendice qui aurait été sur le point de se bilober.
3^ En avant du cartilage de la conque se voit un autre petit appen-
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dice qui semble tout & fait comparable aux précédents, mais qui n'est pas plus gros qu'une tête d'épingle.
Les deux premiers sont situés sur une môme ligne transversale; Je dernier est implanté à 1 millimètre au-dessus environ.
Du côté droit :
i" Sur la peau du talus facial du tragus, k trois quarts de centimètre environ de sa pointe, s'insère un gros appendice btlobé; sa base offre environ 1 centimètre d'implantation et est un peu étranglée; l'appendice s'élargit en devenant vertical et ne tarde pas àse bifurquer, mais les branches de bifurcation sont très courtes et se terminent par une extrémité conoïde.
2° Un peu en avant existe une dépression large comme une pièce de vingt centimes. A son niveau la peau est amincie et l'on voit au centre une petite cicatrice blanchâtre. La mère raconte qu'à la naissance de l'enfant il existait à ce niveau un très petit orifice, qui ne tarda pas à se fermer sans suppuration.
On ne trouve aucune autre particularité sur le reste du corps.
La mère prétend que les appendices ont grossi depuis la naissance et qu'ils suivent le développement de l'enfant.
Obs. L. — Fibro-chondrome du cou. (V. fig. 22, p. 177). — Tiolet (Auguste), garçon ùgé de deuxmoîs et demi, est apporté 4 la consultation de l'hôpital Trousseau en mars I88G. Il porte sur la partie latérale gauche du cou, juste au niveau de la face externe du sternocléido- mastoïdien, en regard du faisceau sternal et à l'union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs, une petite tumeur dont les caractères sont les suivants. Elle a la forme d'un appendice cutané saillant, comparable au molluscum et proéminant de ) centimèlre 1/2 environ. Elle est formée de deux parties : l'une régulière . pèdiforme; l'autre irrégulière; cclie-ci se confond avec la base de la tumeur, qui n'est pas pédiculée. Quand on la prend avec les doigts, on reconnaît qu'elle se compose d'un revélement cutané comparable A la peau normale et glissant sur la tumeur; elle porte à sa surface quelques poils follets; on n'y voit pas de trace de cicatrice, sauf en un point où la peau semble un peu amincie et déprimée. Ce point déprimé correspond à la partie irrégulière de la tumeur. Sous le revêtement cutané le doigt qui explore la tumeur trouve une production dure et résistante, qui donne l'impression des cartilages de l'ereille. Cette lame cartilagineuse gbsse sur les parties profondes;
on ne peut dire qu'elle se détache de la gaine du 8terno-cléido-mastoîdien, mais elle ne tient que faiblement à elle.
Rien à noter du côté de la mère; la grossesse a été bonne et Taccouchement facile. Des cinq enfants de la mère, deux seulement sont vivants ; les trois autres sont morts du croup, de méningite et de phthisie. Aucun vice de conformation dans la famille.
Opération, le 9 mars 1886. — La tumeur a été excisée k sa base et on a reconnu, en effet, qu'elle adhérait par quelques tractus fibreux à la gaine du sterno-cléido-mastoïdien. Elle a été extirpée sans hémorrhagie. La tumeur excisée, on trouve, partant de sa base, une petite tige cartilagineuse, unique d'abord, qui bientôt se bifurque. Une des branches de bifurcation est courte, un peu inégale et présente comme des saillies irrégulières du cartilage; c'est elle qui soulève la peau à la base de la tumeur. La seconde branche monte jusqu'au sommet de la tumeur; elle a 1 centimètre 1/2 de long; elle est en forme de lame et présente aussi des inégalités à sa surface ; elle se compose d*un tissu fibro-cartilagineux, et une couche de périchondre la recouvre. Tout à fait à son extrémité, cette lame présente quelques tractus fibreux qui vont à la peau.
L'examen histologique, après durcissement dans Tacide picrique, montre que la tige centrale de la tumeur est formée par des îlots de cartilage réticulé séparés par des travées conjonctives.
La peau qui recouvre la tumeur offre de petites papilles et des follicules pileux nombreux, les uns complètement développés, les autres à différents stades de leur évolution.
Le derme est séparé du cartilage central par un pannicule adi^ peux.