‹ Traité des kystes congénitauxChapitre 63 sur 99 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — DIVISION DU SUJET · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — DIVISION DU SUJET

Sous le nom de kystes séreux congénitaux, nous décrirons une variété toute spéciale de tumeurs congénitales comprenant des kystes et des tumeurs kystiques dont les poches présentent les caractères extérieurs des kystes appelés communément séreux. Dans ces tumeurs, le contenu des loges est le plus souvent une sérosité plus ou moins modifiée; les parois kystiques offrent ce qu'on appelle, en anatomie descriptive, l'aspect séreux. On ne doit, par conséquent, chercher dans l'expression que nous employons aucune notion de structure ni aucune signification pathogénique , et il importe de ne faire aucune confusion entre ces tumeurs et les kystes dérivés des cavités auxquelles s'applique, en anatomie générale, le nom de séreuses.

U y a d'ailleurs une série de kystes congénitaux qui ne seront point décrits dans cette troisième partie et qui ont avec les membranes séreuses une parenté directe; ce sont ceux qui se développent dans des portions de séreuses isolées de la cavité principale et devenues le siège d'une hydropisie : tels sont les kystes du cordon spermatique, les sacs de méningocèles. Ces

kystes ou plutôt ces hydropisies enkystées trouveront place dans la quatrième partie de cet ouvrage. Elles diffèrent sous plusieurs rapports des tumeurs que nous allons maintenant étudier, et, sans parlçr de Torigine et de la structure, elles n'en présentent point le siège varié , le mode de développement, les tendances envahissantes. Si nous appliquons à ces tumeurs la dénomination de kystes séreux congénitaux, c'est parce qu'elle est généralement usitée, du moins en France; d'autre part, sans rien préjuger de leur nature et de leur origine, elle convient mieux à leurs caractères extérieurs que les autres expressions employées par les différents auteurs.

L'histoire des kystes séreux congénitaux est tout à fait moderne. C'est, en effet, dans le cours de ce siècle que ces tumeurs ont été isolées en un groupe indépendant. Une première et assez longue période a été exclusivement consacrée à rassembler et à classer les observations : à ce travail, en quelque sorte préparatoire, s'attachent surtout les noms de César Hawkins, Wemher, Joseph Gilles, Lorain, Virlet. La thèse importante de P. Boucher (1868), rassemblant tous ces matériaux, est le travail le plus complet qui, jusqu'à cette époque, ait paru sur la matière; on y trouve le résumé de toutes les recherches antérieures et l'élude clinique la plus sérieuse qui ait été faite de ces tumeurs.

Mais jusqu'alors la question de la structure restait confinée dans les données de Tanatomie macroscopique, et la pathogénie était à peine abordée. Il n'y a guère qu'une quinzaine d'années qu'on a fait intervenir dans le débat les notions fournies par l'analyse microscopique. A celte élude se rapporte une longue série de travaux, publiés surtout en Allemagne, sur le lymphangiome; nous citerons seulement les plus importants : le mémoire de Wegner (1877) et celui, plus récent, de Middeldorpf (1885)*. S'il reste encore actuellement des incertitudes

1. Pour les détails de cet historique nous renvoyons à la thèse de Boucher, à

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