‹ Traité des kystes congénitauxChapitre 64 sur 99 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

à dissiper, il n'en est pas moins vrai que de notables progrès t)nt été accomplis. Depuis qu'une enquête histologique est ouverte, en effet, Thistoire de ces tumeurs est entrée dans une phase nouvelle ; la question s'est élargie ; les rapports de ces kystes avec d'autres productions pathologiques ont été entrevus , et leur étude est devenue l'un des sujets les plus intéressants parmi les affections congénitales.

Nous avons été assez heureux pour en observer un certain nombre de cas dont plusieurs ont été l'objet d'un examen histologique ; c'est en ajoutant aux recherches des auteurs ce contingent de faits personnels que nous allons décrire cette variété de kystes congénitaux. Une étude d'ensemble sur ce sujet nous a paru présenter d'autant plus d'intérêt et d'utilité qu'en France la question ne semble guère être sortie jusqu'à ce jour du terrain clinique.

On divise communément les kystes séreux congénitaux, au moins ceux du cou, en deux espèces absolument distinctes que l'on décrit séparément : les kystes séreux simples ou uniloculaires et les kystes séreux composés ou multiloculaircs. Nous n'adopterons pas cette division : car ces deux sortes de kystes ne nous paraissent pas d'une nature différente. Sans doute la distinction a son importance pour le traitement, beaucoup plus simple, comme nous le verrons, dans le cas de kyste uniloculaire que dans le cas de tumeur polykys tique. Mais au point de vue anatomique les deux sortes de tumeurs semblent seulement répondre à deux états ou, si l'on veut, à deux degrés différents d'une même espèce pathologique.

En effet, si l'on n'envisage d'abord que les faits cliniques, on voit que, dans beaucoup de kystes séreux diagnostiqués sim-

Tarticle Cou par Gillette dans le Dictionn, encydop, des Sciences méd., t. XXI, p. 288 et suiv. (1877), enfin aux mémoires de Wegner et de Middeldorpf ;

Georg Wegner, Ueber Lymphangiome. Langenbeck's Archiv f» klin, Chir,, 1877, Bd. XX, s. 641.

GustaT Middeldorpf, Ueber Lymphangioma cavernosum, Ibid., 1885, Bd XXXI, 8. 590.

pies , on trouve après la ponction une masse indurée , une tumeur véritable que la collection liquide dissimulait; on reconnaît encore parfois, après l'évacuation d une première poche, la présence d'une seconde loge susceptible d'être vidée à son tour. Or, les examens anatomiques montrent que la loge supposée simple n'est pas toujours unique, qu'il y a en réalité souvent plusieurs poches communiquant entre elles, ou que la paroi présente des cavités secondaires incluses, des cloisonnements incomplets ou une disposition trabéculaire semblable à celle qu'on observe dans les loges principales des kystes composés. Enfin, dans une observation de Cazin, un kyste simple envoyait des prolongements diverticulaires dans les parties profondes. La distinction n'est donc pas nettement tranchée entre les kystes simples et les kystes composés; on observe toutes les variétés intermédiaires entre les uns et les autres.

D'autres productions kystiques prêtent d'ailleurs à des remarques semblables : les kystes de l'ovaire ne constituent pas deux espèces distinctes selon qu'ils sont uni- ou multiloculaires; les uns et les autres appartiennent à un même ordre de tumeurs dont ils représentent seulement deux formes extrêmes, et la différence qui les sépare réside simplement dans le nombre et les dimensions des loges kystiques.

Les tumeurs qui nous occupent forment dans la série des kystes un groupe tout particulier possédant une individualité propre. Elles se rattachent directement à l'état congénital, bien qu'elles présentent avec certaines altérations acquises des points de contact que nous signalerons à propos de la pathogénie. Le plus souvent leur existence est constatée sur le nouvcau-né ; quelquefois cependant, comme d'autres affections congénitales, on ne les découvre qu'un certain temps après la naissance, presque toujours dans les premières années de la vie. Elles se développent donc pendant la période intra-utérine et ce développement peut être très précoce : car on a rencontré ces kystes sur des fœtus de quatre mois (Morgan et Lorain),

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