I. Kystes dérivés du péritoine
Nous avons déjà signalé, à propos des kystes séreux congénitaux, une catégorie de kystes qu'il importe de ne point confondre avec eux : nous voulons parler de ceux dont l'origine réside dans une portion de membrane séreuse, isolée de la cavité principale, et résultant d'une malformation ou tout au moins d'une imperfection du développement.
Les kystes du cordon spermatique appartiennent à cette catégorie. Il est généralement admis aujourd'hui que ces kystes se développent dans les débris du canal péritonéo-vaginal qui fait communiquer chez le fœtus la vaginale avec la grande cavité du péritoine. Nous verrons que certains kystes, voisins de l'épididyme, peuvent recevoir une explication différente et dérivent peut-être de quelques restes du corps de Wolff. Mais pour ceux des autres parties du cordon, la première interprétation convient seule, et d'ailleurs les débris du conduit séreux ont été constatés fréquemment dans l'épaisseur du cordon. C'est une opinion classique; noua en avons déjà parlé en comparant la persistance de ces débris d'une membrane de revêtement à l'enclavement du tégument cutané qui donne naissance aux kystes dermoïdes. C'est d'ailleurs le seul côté qui nous intéresse dans l'histoire des kystes du cordon et nous ne nous appesantirons pas davantage sur une étude faite dans tous les traités de chirurgie.
Nous ajouterons seulement qu'on observe quelque chose d'analogue dans le sexe féminin. Le diverticule péritonéal qui,
chez le fœtus, constitue le canal de Nuck, peut persister chez Tadulte et subir la transformation kystique en donnant lieu à Vhydrocèle de la femme.
Enfin on a encore fait intervenir dans la formation de certains kystes de la cuisse Texistence anormale de prolongements congénitaux du péritoine *.
n. Méningocèles enkystées.
Une autre catégorie de kystes congénitaux dérivés de cavités séreuses est constituée par les sacs d'hydroméningocëles, isolés de la cavité arachnoïdienne par oblitération secondaire de la poche. Les faits de ce genre sont certainement très rares. On sait que quelques auteurs avaient autrefois rattaché au spina bifida toutes les tumeurs congénitales développées au niveau du rachis , principalement à la nuque et à l'extrémité inférieure de la colonne vertébrale : cette opinion exclusive est aujourd'hui abandonnée. Nous rappellerons seulement que^ dans les méningocèles spinales ou crâniennes, il existe parfois un pédicule assez resserré et une communication très étroite avec le crâne ou le rachis, en sorte qu'on s'explique aisément la séparation complète. L'observation LXXXVII fournit un exemple de spina bifida présentant cette particularité. Atlee ' a observé à la nuque une semblable' tumeur, qui paraissait bien indépendante et isolée, et il rapproche ce fait d'un cas de Billroth dans lequel la poche ne présentait aucune communication avec la cavité rachidienne. Mais ces observations cliniques ne sont pas suffisantes pour permettre de conclure à des kystes dérivés de la cavité arachnoïdienne : car elles n'établis-
1. Michel (de Charleston), Excision ofa large Fémoral Cyst; Genefic origin of such cysts from Congénital Peiitoneal Pouches. The Amer, Journ. of the med. Sciences, 1879, jan., new séries, vol. LXXVII, p. 78.
2. L.-W. Atlee, A case of congénital Cyst of the back of the head witk serons contents, ils cavity unconnected with that of the skulL The Amer. Journ. ofihe Med. Se, jan. 1883, vol. LXXXV, p. i2i.
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sent pas s'il s'agit simplement d'une hydroméningocèle ou si quelque portion du système nerveux ne pénètre pas dans la tumeur'.
11 existe néanmoins un petit nombre de faits qui semblent se rapporter à des poches de méningocèles enkystées. Virchow en cite quelques exemples à propos du spina bifida*. On a encore invoqué cette pathogénie pour certains kystes séreux de l'orbite.
i. Wemher parle de méningo-encéphalocèles qui se seraient isolées du cerveau. Wemher, Cysten ûber der grossen Fontanelle, aus ahgeschnûrten Meningo-Encepkaloeelen enlstanden, Deutsche Zeitschr, f. Chir., Bd. VllI, s. 507 ; — d'après Centralbl, f, Chir,, 1878, s. 383.
2. Virchow, Pathol. des tutneurs, trad. franc, par Aronssohn, t. !•', p. 188 et 189; Paris, 1867.