C«»!IIPO.SITI<)N DRS API>.\I1EIL.S MOTEIRS POI R BATEAUX
Les appareils moteurs emplovés dans la navigation doivent , à notre avis , être à condensation pour deux motifs principaux savoir :
I» L'eau est en abondaiiee et ne coûte rien à amener dans la liâclic d'eau fraîche ;
!" Les chaudières les plus convenables étant celles à foyers Intérieurs , la pression ne peut y être très élevée.
.Malgré ees detix motifs , on a construit et on construit encore beaucoup d'appareils moteurs sans rondensation et à foyers extérieurs.
fa» appareils sont généralement moins lourds que les premiers, en ce qui ronceme les marhines : I" parce qu'ils ont de moins le condenseur et les accessoires; !" parce qu'ils peuvent affecter des formes qui nécessitent moins de matériaux.
En ce qui concerne les chaudières , ils sont sensiblement aussi lourds, s'ils ne le sont pas plus, & cause des foyers en télé et mai^nnerie doul il faut les munir. En outre, ils sont plus sujets à occasionner le feu a Iwrd.
En général, on peut sans inconvénient employer des machines sans condensation pour des forces totales ne dépassant pas 50 chevaux. Au-delà, nous pensons qu'il y a toujours plus d'avantage à employer la condensation.
Dans l'origine de la navigation à vapeur, le mouvement était transmis à l’arbre moteur par une seule machine a volant. Cette disposition, gênante pour la manœuvre, présentait l'avantage d'e.xiger peu de matériaux.
On l'a remplacée par deux machines Bcconpiées, de forces égales , dont les manivelles sont à angle droit entre elles, sur l'arbre moteur ; cet arbre, pour roues à pales, se trouve à une hauteur, au-dessus des carlingues, variant entre quatre et cinq fois le rayon de la manivelle des machines à rotation de mêmes farces.
Il résulte de cette position de l'arhre moteur que , si l'on veut foire usage des machines à rotation ordinaires , on a A choisir entre les cinq dUpositions suivantes , savoir :
I “ Les machines à tige-bielle ;
ï" Les machines à bielle en retour ;
3" Les machines inclinées , fixes ;
4° Les marhines oscillantes ;
S" Les machines à cylindre tournant.
Ces dispositions présentent toutes , plus ou moins , l'avantage d'être peu pesantes , mais elles ne sont applicables régulièrement qu'aux appareils sans condensatioo.
Par ce motif, il a fallu trouver une disposition d'appareil moteur, pour la navigation , qui se prêtât facilement a la condensation. La machine A balancier étant la plus convenable pour ee genre , les idées se sont portées naturellement vers elles, et, par une st rie de transformations et modifications, on est orrivé a composer la disposition représentée dans les planches 39 et 40, qui est presque exclusivement employée pour les bâtiments de quelque importance.
La machine à balancier pour bateaux est montée sur une plaque de fondation A , d'une seule pièce , recevant tout le système.
APPAREILS MOTEURS POUR LA NAVIGATION
Au beu d'un seul balancier situé à une certaine hauteur au-dessus du sol, elle eu possède deux B, B, placés le plus près possible de la plaque de fondation , de chaque cAté.
La communication entre la Uge du piston et les balanciers a lieu par l'intermédiaire d'une traverse C. d’un parallélogramme D, D, renversé , dont on port voir dans la ligure A ci-Jointe le tracé , sur leq uel du reste nous reviendrons.
Fio. A-
Des balanciers A la manivelle, la communication a lieu par l'intermédiaire d'une bielle E, dite en T renversé on à traverse.
L arbre moteur est porté sur un biti composé de deux cheyalets FF, qui vont se relier au cjllrtdre afln d'être plus rigides. Ces chevalets sont , en outre , reliés entre eux au moyen de croix de Saint-André.
L'appareil de condensation présente une disposition remarquable. Au lieu d’une capacité particulière pour le condenseur, on met à prollt la plaque do fondation et les hautes nervures longitudinales inférieures dont elle doit être munie pour ne pas casser sous l’influence des actions opposées de la paissance et de la résistance. On forme ainsi un assez grand espace G , à l'extrémité duquel est le premier dapet H de la pompe A air I , ouvrant dans une autre capacité où plonge cette dernière aussi profondément que possible.
La bêche d’eau chaude J consiste alois en une colonne sur laquelle on prend quelquefois pour augmenter la capacité du condenseur, comme le moutre la figure. Cette colonne s’élève suffisamment haut pour venir jeter son eau de condensation A une hauteur plus élevée que le niveau de l’eau dans laquelle navigue le bateau.
Non seulement cette colonne sert de bêche A eau chaude et de condenseur, mais encore elle sert de support A I axe des balanciers, qui est fixe, pour raisons que nous indiquerons plus loin , et de point d’appui aux chevalets formant le béti.
Dfuxièm StvtiM, ,,
œsiPOsmoN des machines a vapei:r.
Les pompes alimeataires prennent leur eau en K de la boite d'eau ehaude; elles sont tanUt simples, InntAt doubles, et mises en moorenient par le tourillon L des balanciers.
Outre les pompe.s alimentaires, les appareils moteurs (|ui vont sur mer possèdent des pompes dites a eau saturée, servant <t purger les chaudières des eaux-mères, saturées de sel prêt à se déposer. Aflu de perdre le moins possible du calorique qn’rntnilnent ces eaux avec elles, on les tait circuler dans des senpentins au travers de l'eau qui doit servir à l'alimentation des chaudières. Ils contiennent encore une ou deux autres pompes destinées a épuiser les eaux qui se trouvent à la partie inférieure des bateaux.
Comme on le voit, il ne manque pas de pompes pour les appareils moteurs des bateaux, et la machine a balancier seule peut sufllre facilement à leur mise en mouvement. .Aussi est-elle, comme nous l'avons déjà dit, prestpie universellement cmplovéc, malgré quelques inconvénients graves qu'elle présente, savoir :
I " l'n poids eonsidéi-able de matière, même abstraction faite de celle necessaire pour la condensation ;
S" Des ehnnees de rupture fré<|iiente dans les pièces de la transmission du mouvement , par suite de la difllculté que l'on éprouve à cim«erver le système dons le plan théorique du mouvement.
Aussi quelque admiration que nous professions pour ces mocliines, tious sommes eonvaineusquetùtou tard elles feront place à d'autres, puisé'es dans l'un des cinq systt'mes, dont nous avons parlé plus haut, convenablement moditié.
Pour roues à hélices , on n'a pas encore de système positivement adopté. L'arbre moteur des machines n'étant pas l'arbre de In roue , Il faut trausniettre le mouvement à ce dernier nu moyen d’engrenages. A cet effet , comme c’est l'arbre de la roue qui tourne le plus vite , on mnnit l’arbre moteur d’une roue d'engrenage ù dents de bois, l'autre étant muni d'un pignon en fonte.
Quelque bien eonstruits que soient les engrenages , Us ne valent pas une transmission directe de mouvement ; aussi y a-t-il là un v Ice qui a été év lté par M. Cavé dans la constmetioa de l'appareil moteur du Chaplul.
Cet habile constructeur remarquant que, dans les locomotives, on donne, sans difficulté, lao tours à l'essieu moteur, sans que le fonrtionnement des machines souffre sensiblement, a supprimé totalement les engrenages et les a remplacés par deux coudes analogues à ceux des essieux des anciennes locomotives, puis a transmis directement le mouvement ml moyen de quatre cylindres horizootanx flics dont les bielles sont assemblées deux à deux avec le même coude.
Les machines ainsi construites différent peu des machines horizontales ordinaires ; leur course seule est beaucoup plus petite, tant à eau» des coudes de l'arbre, que pour diminuer la course des pistons, ce (lui diminue leur vitesse; enfin, pour rendre les cyllmlrc.s aussi courts que possible , attendu que la largeur du bnleau , A l'endroit ou Ils sont placés , n’est pas considérable.
En résumé, de toutes les machines employées |)our la navigation, les machines à balanciers seules diffèrent, d'une manière notable , des marhines à rotation fixes.
C’est donc à l'étude de ces dernières machines que nous consacrerons ce que noos avous à dire sur les appareils moteurs employés dans la navigation.