‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 1 sur 223 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Quoiqu'il existe déjà plusieurs traités sur les machines à vapeur, il est certain qu'il n'y a encore aujourd’hui aucun ouvrage de ce genre capable de satisfaire aux besoins des praticiens et aux études de tous ceux qui veulent approfondir cette matière. I.es ouvrages qui ont été publiés jusqu'à présent, aussi bien en France qu'on Angleterre, ont été le plus souvent de savantes dissertations sur la théorie de la vapeur et des machines quelle fait fonctionner; et lorsque ces ouvrages sont entrés dans l'application, ils n’ont considéré d'une manière spéciale que tel ou tel détail de cette vaste science.

En Angleterre, où les développements plus rapides des machines à vapeur ont excité, plus que chez nous, l'attention des savants et des ingénieurs, de nombreux ouvrages ont été publiés sur la théorie et l'application de ces machines. Mais les uns, comme ceux de Tredgold et de Farev, sont plutôt des rapports académiques que dos traités spéciaux ; et les autres, comme celui du docteur Lardner, 11e vont pas au delà des premiers éléments delà scieuce. C’est pour combler cette lacune, qu'une réunion d'ingénieurs et de mécaniciens, sous le nom d AaTtzrs-Ci.i B, fait paraître, en ce moment même, à Londres, sous le patronugu du gouvernement, un nouveau traité de la machine à vapeur, comprenant tout ce qui est relatif à Yhtstotre, la théorie, la description et l'application des machines à vapeur, depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours. Cet ouvrage, qui est publié par livraisons mensuelles, obtient un immense succès, et compte parmi ses souscripteurs tous les savants et les ingénieurs éminents de l’Angleterre. Cependant, le traité de FAbtizan-Clcb, tout en venant combler la lacune importante que nous avons signalée, ne s'occupe d'une manière complète, comme nous l'avons déjà dit, que de ce qui concerne i'àittet'rc, lu théorie, la description et l’application des machines à vapeur. Une partie, qui est aujourd'hui du plus grand

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intérêt, la construction des machines à vapeur, n'y est pas examinée d'une manière générale et spéciale à la fois.

Les auteurs de la publication française s'étant proposé de réunir dans un seul ouvrage tout ce qui a rapport à l'emploi de la vapeur d’eau, comme force motrice, ont divisé leur travail en deux sections, dont l'une traite de la machine à vapeur eu général, et l'autre de la construction des machines. Nous n'avons pas à nous occuper de la seconde section, qui est comprise dans le second volume du présent ouvrage.

La première section, qui forme le premier volume, et dont nous voulons donner ici une idée générale, est empruntée en grande partie à l'ouvrage anglais de PArtizan- Clvb, que nous venons de citer. Sous le rajipert scientifique, la France n'a rien à envier à l'Angleterre ; de ce côté, elle est plus riche que sa rivale ; mais il n'en est point de même daus le domaine de l'application industrielle des données de la science; et c'est une conséquence toute naturelle des circonstances comparatives de production et de consommation dans les deux pays.

Nous commençons, il est vrai, à donner un développement remarquable à toutes les industries qui dé]>endent de la merveilleuse puissance de la vapeur ; mais, depuis longtemps, d'iiutombrables machines de tout genre couvrent le sol de la Grande-Bretagne ; et il est hors de doute que les ingénieurs anglais, qui ont ces machines sous les yeux, qui les font eux-mêmes fonctionner, dans des circonstances si diverses, sont plus aptes que nous à en présenter une description complète. Ce n'est que lorsque tous les faits, concernant les machines à vapeur actuellement existantes, seront parfaitement bien connus, que l'esprit français, éminemment positif et supérieur dans les résumés et les vues d'ensemble, pourra synthétiser toutes les lois qui régissent lu matière, et ouvrir aux progrès ultérieurs une voiefécondu, s'appuyant à la fois sur la théorie et la pratique.

On a évité, dans la traduction, de reproduire certains développements théoriques par trop diffus ; nous n'avons pas, en effet, besoin de recourir a nos voisins pour tout ce qui concerne la méthode. Ainsi, cette première section, bien que traduction de l'ouvrage anglais, est loiu d’en être une reproduction servile, et les auteurs n'ont pas hésité à y effectuer tous changements, additions et suppressions, n'altérant point cependant l'esprit et la portée d'un livre remarquable. Ils ont même préféré, dans certains cas, ajouter des notes distinctes à la fin des pages, pour ne point nuire il l'ordre de l'ouvrage anglais et à la manière dont les faits sont présentés.

L'ouvrage commence par un précis historique sur la machine à vapeur. La naissanet et les progrès de l'invention y sont présentés avec ordre et concision. Ainsi, on a évité de reproduire ces développements fastidieux et interminables sur d'anciennes machines de Savery, Newcoroen et autres, qui ont été répétés déjà tant de fois, et qui n'intéressent plus personne maintenant. On a préfère s'étendre un peu plus sur les améliorations apportées aux machines à vapeur par la pratique moderne. Il entre nécessai-

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rement un peu de description dans cette partie historique, ce système étant plus conforme à la nature même et à l'ordre des faits.

On expose ensuite les propriétés de la vapeur, les effets de la chaleur, les lois du repos et du mouvement, la nature des forces centrales, et en général les principes de mécanique, de chimie, et de physique, qui concernent plus spécialement la théorie de la machine à vapeur, et qu'il est important de bien posséder pour acquérir une connaissance parfaite de la matière. Cette exposition ne saurait offrir beaucoup d’apergus nouveaux ; mais il était nécessaire de rappeler au début certains principes élémentaires, auxquels on peut avoir recours, comme à des axiomes, dans les parties plus avancées de l'ouvrage. On évite ainsi le double inconvénient de répéter continuellement des vérités élémentaires, ou de présenter comme évidentes des considérations au delà de lu portée de certains esprits.

L'ouvrage continue par la description des variétés les plus célèbres de la machine à vapeur, telle qu'elle est appliquée aux épuisements, et l'on y trouve les dessins complets et très soignés des meilleures machines d'épuisement qui aient été construites jusqu'à présent.

On traite ensuite des machines à rotation, à haute et à basse pression, telles qu elles sont appliquées dans les fabriques et les manufactures. Puis, on donne la description complète des meilleures espèces de machines de bateaux à vapeur et des locomotives les plus perfectionnées de la Grande-Bretagne et des autres pays. Chacun de ces exemples est suivi de l'exposition de la méthode, d'après laquelle les proportions de chaque variété de machine doivent être déterminées, ainsi que des tableaux, dressés avec le plus grand soin, des dimensions adoptées par différents ingénieurs dans la pratique. D'après ces données, on établit des règles pratiques, les plus simples possibles, pour déterminer les dimensions de chacune des parties de toutes les espèces de machines ; de sorte que, le diamètre du cylindre et lu pression de la vapeur sur le piston étant donnés, les dimensions exactes de chacune des autres parties puissent en être immédiatement déduites.

Les méthodes pour élever les machines dans les ateliers, pour les établir à bord des navires, pour disposer les tiroirs et les soupapes, pour ajuster les parallélogrammes articulés, etc., sont développées de la manière la plus complète; et l’on indique Ips détails de construction les plus utiles et les meilleures dispositions de travail. La partie des chaudières est aussi traitée avec le plus grand soin ; et l'on donne les règles à suivre et les précautions à prendre pour prévenir les accidents et déterminer, à l'avance, les effets de certains modes de construction.

On voit que le cadre que se sont proposé de remplir les auteurs de la publication de I'Artixas-Clcb est assez vaste; et, si l'on considère l’aptitude spéciale des auteurs, pour remplir une telle tâche , ainsi que les circonstances particulières, qui en assuraient le succès, tout le monde conviendra que eet ouvrage est un événement dans

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