‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 182 sur 223 · INDICATEUBS DU NIVEAU DB L’EAU DANS LA CHAUOI&BE · texte numérisé non relu

INDICATEUBS DU NIVEAU DB L’EAU DANS LA CHAUOI&BE

Il existe, pour la vérifleation du niveau de l'eau des chaudières, trois espèces d'mniCATEtias, savoir ; le robinet indicateur ordinaire , le tube indicateur en verre et le flotteur.

Le robinet indicateur constate, lorsqu'on l’ouvre, si le niveau de la chaudière, auquel il correspond, est occupé par la vapeur ou bien par l'eau. Chaque chaudière est ordinairement pourvue de trois robi-

TRAVAIL CES MACHINES

nets, placés à differentes hauteurs. La règle générale consiste à alimenter le générateur, de manière à ce que le premier robinet donne issue à la tapeur et les deux autres A l'eau.

Le tube indicateur en verre est placé sur le devant de la chaudière. Il communiqué, par sa partie supérieure, avec la vapeur, et par sa partie inférieure avec l'eau de la chaudière. Le tube doit être disposé de manière a ce que le niveau convenable de l'eau corresponde à peu près au milieu de sa longueur. Las deux extrémités supérieure et inférieure reposent sur des emboltures munies de robinets, lesquels servent non seulemeut il nettoyer le tube lorsqu'il est engorgé, en livrant passage à un jet de vapeur, mais aussi à fermer toute issue à l'eau et è la vapeur dans le cas ou le tube viendrait è être brisé.

Il serait dangereux de se reposer entièrement sur l'indication du tube pour la hauteur du niveau de l'eau de la chaudière. Souvent, en effet, le tube s'engorge, et le liquide continue à se tenir élevé Intérieurement, bien qu'il ait considérablement baissé dans la chaudière. Ixirsque la vapeur vient « manquer, il se produit dans l’intérieur de la chaudière un vide partiel, et le tube devient alors d'un sers icc essentiel. En effet, dans oette circonstance, les trois robinets ordinaires ne fonctionnent plus, c'est-a-dire qu'lis ne donnent plus, étant ouverts, issue è l'eau ou a la vapeur, puisque la pressiou Intérieure étant moindre que la pression de l'air, e'est l'air lui-méme qui pénètre dans le générateur. Ce cas se présente quelquefois dans la pratique, et les tubes en verre sont alors du plus grand secours. Nous devons faire observer qu'on doit s’arranger de manière à ce qu’il n'y ait jamais dans la chaudière une pression inférieure a la pression atmosphérique ordinaire. Du moment que le générateur ne peut produire la vapeur qu’en petite quantité, il faudrait que la soupape à gorge fût fermée en partie, pour donner le temps à la vapeur de reprendre une pression convenable, ou bien il faudrait employer la vapeur è un degré d'expansion plus considérable, de manière a ce que la pression de la vapeur pût être maintenue a un degré de force suflisante. Cette maniéré d'opérer serait en délinitive plus économique, que si l'on persistait a faire marcher la machine avec une vapeur dans un état de tension trop faible. Dans les navires a vapeur, l'opération du nettoyage, pur l’action expulsive de la vapeur, ne peut se foire qu autant que la pression intérieure est notablement supérieure à celle de l’atmosphère. On sait, d’ailleurs, a quels dangers peut exposer l'oubli ou l’omission de ce soin de propreté.

Le flotteur est un corps qui flotte è la surface de l'eau, et qui fait jouer un index indiquant extérieurement les fluctuations du uivcau de l'eau dans la chaudière. Le flotteur est ordinairement en pierre ou en fonte ; mais U est maintenu en équilibre à la surface de l’eau par un contre-poids, de maulerc à agir à l'instar d'nu flotteur en bois.

Dans les chaudières de terre, on emploie ordinairement un flotteur pour régler l'admission de l’eau d’attmeutation ; le même flotteur peut aussi servir a indiquer la hauteur de l’eau dans l'intérieur de la chaudière. L'eau alimentaire est fournie par une petite cuve ouverte placée au haut du tuyau vertical d'alimentation. Une soupape, placée au fond de la cuve, s'ouvre ou se ferme pur le moyen du flotteur, et l’eau est fournie a la cuve par la pompe alimentaire. Quand la soupape est ouverte, l'eau tombe dans la chaudière; quand elle est fermée, l'eau s’échappe par un dégorgeoir. La partie inférieure du tuyau d'alimentation se prolonge jusqu’auprès du fond de la chaudière, de maniéré à ce que la vapeur ne puisse y monter; mais l’eau s’élève nécessairement dans ce tuyau à une hauteur déterminée par la pression de la vapeur. On possédé ainsi une soupape de sûreté d'une grande efficacité, pouvant livrer une issue à l'eau et è la vapeur dans le cas ou la pression deviendrait dangereuse. Dans l'intérieur du tuyau d'alimentation on dispose un flotteur, qui monte ou qui descend, suivant que ta pression de 1a vapeur augmente ou diminue, et qui sert à fermer ou è ouvrir plus ou moins le registre placé dans le conduit qui sépare le foyer de la cheminée.

Quelquefois les tuyaux d’injection diminuent de diamètre dans la partie située an-dessous du niveau auquel le flotteur, qui sert è régler le registre, fonctionne ordinairement ; mais fl en est résulté de graves inconvénients, le flotteur étant descendu, dans quelques cas de faible pression, jusqu’à cette portion du

SATUROMtTRES. — MANOMÈTRES.

tube, et ayant ainsi fermé hermétiquement le passage, de manière à empêcher l'entrée de l’eau d’alimentation. La chaîne qui retient le flotteur doit avoir nne longueur telle que ce» accidenta ne puissent se produire. Ils pourraient, en effet, déterminer l'explosion de la chaudière, ou du moins des crevasses, le fond de cette chaudière étant & sec et demeurant ainsi exposé à s'échauffer jusqu'à la chaleur rouge.

f ATUioairrsHS.

Dans les navire* à vapeur, il est important de munir les chaudières d'instruments destinés à faire connaître le degré de saturation des matières salines qui entrent dans l'eau de ces chaudières. Ces saturomètres ne sont ordinairement autre chose que des boules en verre, fonctionnant d'après le principe de l’hj dromètre , c'est-à-dire s'élevant à la surfaoe lorsque l’eeu atteint un haut degré de saturation et devient ainsi plus dense. Dans certains cas, on dispose une boule iudicatrioe de cette espèce, dans un large tube en verre placé sur le devant de la chaudière , avec laquelle il communique. Mais, le plus souvent, on fait entrer i’eau de la chaudière dans on vaisseau séparé, et c'est là qu’on mesure son degré de saturation avec l'instrument indicateur.

Les chaudières du steamer le Don Juan sont munies de deux grosses boules en cuivre qui servent à déterminer le degré de saturation de l’eau. Ces boules sont ooniplétenient immergées dans l’eau, et lorsque la densité de l'eau augmente, elles s'élèvent naturellement, et, en montant, ouvrent la soupape de dégorgement , qui est construite de manière à pouvoir s'ouvrir aisément. Ce procédé parait d'une application un peu délicate. Les boules doivent être d'un grand diamètre, pour qu'elles remontent avec la force nécessaire à la mise en jeu de la soupape par laquelle l'eau saturée est expulsée de la chaudière. En théorie, cet appareil ne peut soulever aucune objection, surtout lorsqu’il fait agir en même temps la soupape d'alimentation, nlnsi que cela a lieu sur le steamer dont il est question. Mois, en pratique, il est douteux que son application soit toujours parfaitement régulière.

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