MACHINE HYDRAULIQUE OU A ÉPUISEMENT
Dans un mémoire que firent imprimer, vert les années 1782 et 178S, Boulton et Watt pour le service de leur établissement particulier, nous trouvons quelques instructions pratiques excellentes touchant la construction et l'emménagement des machines hydrauliques. Toutes les données sont, eu grande partie,
(I) Non* Avons donné, pago 342, dss tables de logarithmes Lypcrboliqovs.
DÉTAILS RELATIFS A DIFFÉRENTES MACHINES
applicables encore de nos jours. Ce mémoire est devenu très rare aujourd’hui ; mais il nous a été permis d’en prendre une copie et nous en extrairons ici les passages les plus saillants. On aperçoit, dans ce travail, la main de James Watt, et dire qu’il est en tout digne de son auteur, c'est le plus grand éloge qu’on en puisse faire.
* Au chapitre des instructions générales, Watt indique les dispositions les plus convenables pour la construction de la chambre qui doit contenir la machine, ainsi que pour l'emplacement de eette machine elle-même. Arrivant ensuite au chapitre des chaudières, il fait les remarques suivantes, tant sur la construction de ces générateurs que sur le bftti qui doit les recevoir.
• Pour confectionner la chaudière d’une machine, il faut sc servir de rivets présentant un diamètre
• de I { à î centimètres environ. Dans le fond et sur les côtés de la chaudière, les têtes des rivets doi- « vent être larges et placées du côté du feu, c’est-à-dire en dehors ; dans la partie supérieure, au eon- « traire, les têtes des rivets sont à l’intérieur. I,es rivets doivent être pions à à centimètres de distance
• les uns des autres ; leurs centres à 3 j centimètres environ du bord de la plaque. Ces bords doivent
• être coupés suivant une ligne droite bien de niveau , tant à l’intérieur qu’à l'extérieur. Sans ces
• diverses précautions, il est impossible que le haut de la chaudière soit parfaitement étanche.
• Quand l'ensemble de la chaudière est constitué, au moyen de la réunion des différentes pièces qui
• la composent, on resserre avec force les bords des plaques les uns contre les autres, et on rend leurs
- joints imperméables à l'aide d’un ciseau émoussé, de 6 millimètres d'épaisseur environ, que l'on
• chasse avec un marteau pesant de 2 à 3 kilogrammes ou davantage. Un ouvrier tient le ciseau et le « fait avancer successivement pendant qu’un autre ouvrier rat occupé à frapper. Tous les joints qui se
• trouvent au dessus du niveau de l'eau doivent être humectes avec une dissolution de sel ammoniac,
• ou mieux encore avec de l’urine. Ce liquide, en oxydant légèrement les joints, contribue à les rendre
• étanches à la vapeur.
- Quand la chaudière est bien assise, on peut la sécher en la chauffant légèrement en dessons. On « applique alors, avec un pinceau, sur chaque joint et sur chaque rivet placés au dessus du niveau de « l'eau, une couche de mastic préparé avec du blanc d'Rspagne et de l'huile de lin. On continue à chauffer
• à petit feu jusqu’à ce que le mastic devienne assez dur pour n’être que diflicilemcnt entamé avec
• l'ongle. On doit avoir soin de ne pas brûler le mastic, et de ne pas laisser te feu devenir trop ar-
• dent.
• Dans la construction du massif en brique qui doit supporter la chaudière, il ne faut pas employer
- de chaux pour hourder les parties que la flamme peut atteindra; on sc sert de mortier, préparé avec
• de la terre glaise ou avec du sable mélangé avec l'argile C’est seulement vers les bords du massif
< que le mortier de chaux doit être employé. Au dessous de In chaudière, dans l’espace qui la sépare « des briques, on peut placer des pièces en fer, comme d'anciennes jantes de roues, ponr prévenir la
• corrosion trop rapide de cette partie dn générateur.
« La maçonnerie en briques , qnl recouvre le haut de la chaudière , doit être hourdéc en ex-
• cellente chaux, laquelle n'est plus nuisible en cette circonstance, mais sert, au cbntralre, à préser-
- ver cette partie. Le mortier doit être employé sans ndditlon d'eau ; et l'on recouvre la partie supé- « rieure de la chaudière d’une couche épaisse de ce mnrtJer, ce qui contribue considérablement à son > imperméabilité, si ee travail est exécuté quelque temps avant que la machine ne fonctionne. Quand la
• chaux n'est pas hydraulique, on la nmd telle par les procédés connus ; dans aucun ras elle ne doit « être employée nouvellement éteinte.
• Dans la construction des carneaux, on établit plusieurs chaînes en fer, afin d’empêcher le briqrto-
< tage de se rompre. On ménage également dans l'Intérieur des carneaux, et aux endroits convenables,
• quatre trous assez larges pour qu’un manœuvre puisse y entrer et les nettoyer. L'un de ces trop»
• peut être placé au dessus de la porte par laquelle on jette le combustible ; l'autre, directement ders
MACHINE HA DRAULIQUK.
• rière le registre, clan» la languette Inférieure de la cheminée, et a la même hauteur que les carneaux
• eux-mêmes. Quand ce* trous ne servent pas, il faut en opérer le remplissage eu briques de 23 eenti-
■ métrés, et avoir soin de les rendre absolument imperméables a l’air.
• Immédiatement au dessus du massif qui supporte la chaudière, et dans la paroi de la cheminée la
■ plus voisine de lu chaudière, une nouvelle ouverture doit être ménagée. La largeur de cette ouverture
• sera égide a celle de la cheminée, sa hauteur de 3 à 4 ; décimètres. Sa fermeture s’opérera au moyen
• d'une porte à tiroir qu'on ouvrira plus ou moins suivant les besoins. Cette disposition a pour but de
• modérer I*' tirage de la cheminée, et d’empècher que la flamme ne puisse s’échapper avant que le
• calorique u'ait suffisamment agi sur la chaudière.
• Enfin, on établit encore une ouverture dans la brique, pour permettre nu registre de monter ou de
• descendre avec facilite ; la largeur de cette ouverture est égale A lu face même du registre. Le registre
■ doit pouvoir se mouvoir librement de haut en bas; ce que l'on obtient au moyen d'un bulaucier ou
• d'une roue, portant un contrepoids égal au poids du registfe.
• Les dimensions les plus convenables A donner A la porte qui sert à l’introduction du combustible
• sont C décimètres de longueur et a décimètres de hauteur, mesures prises dans œuvre. On replie,
• ensuite, sur les deux cèles, pour former feuillure, les rebords de deux plaques de In chaudière, les-
• quelles viennent en recouvrement l’une sur l'autre de 2 i centimètres environ. La feuillure doit pré-
■ senter une largeur de 7 centimètres sur une épaisseur de 6 centimètres. •
Watt donne ensuite quelques instructions touchant l’étalHissenient d’un réservoir réfrigérant pour l'eau chaude. Il observe que la projection du liquide dans l'air, sous la forme de Jets d'eau, pour le refroidir, est un procédé désavantageux, en ce qu’il charge l’eau d'air, ce qui tend u rendre le ville moins parfait.
• Lorsque la localité ne fournit point naturellement de l'eau pour remplir le réservoir servant de con-
• dcnscur, Il faut choisir dans le voisinage un bassin pour recevoir l'eau qui provient de la pompe a . eau chaude. Ce bassin sert ensuite à l'alimentation de la chaudière et du condenseur, lorsque la ma- « chine est en repos. Sa longueur peut être portée à 1,30 mètre au moins, et sa largeur à la moitié, avec
• une profondeur de prés de I métra. Des tuyaux ou des rigoles font communiquer le fond de ce bassin
• à la chaudière, au tuyau d’alimentation et à la citerne servant de condenseur. Le eouduit qui com-
• munique au tuyau d'alimentation porte un robinet dont on comprend l’usage. Il est inutile de dire
■ que ce bassin doit être tout simplement creusé en terre, et garui soit avec de la tourbe, soit avec des
■ résidus de puddloge, ou avec toute autre matière Imperméable A l'eau. Lorsqu'il n'existe, dans un » rayon circonvoisin , aucun emplacement assez élevé pour permettre A l’eau qu’on y recueille de s’é- - couler jusqu’A la chaudière, il faut creuser un bassin dans un endroit bas, et établir une pompe A main
• pour alimenter la chaudière et le condenseur. Mois ce n’est qu'en cas de nécessité absolue qu'il faut « avoir recours A cet expédient.
Viennent ensuite quelques recommandations pour l’assemblage des différentes pièces de la machine ;
• Après avoir bien lié ensemble les diverses parties du balancier, et y avoir flxé l'axe central, placez
• eet axe sur les coussiuets des supports ; mais ne fixez definitivement ces supports que lorsque la
• position du cylindre sera elle-même arrêtée définitivement.
. • Nivelez le dessus de la plate-forme en pierre, et mettez en place le fond du cylindre, en ayant soin
• de le bien établir de niveau, et en le faisant correspondre aux bottes A vis qui doivent le main-
• tenir.
« Placez le fond Interne du cylindre sur celui-ci, de manière A ce que les bords supérieurs soient bien
• de niveau, en disposant des cales entra les deux fonds, si cela est nécessaire. Coupez ensuite des
• segments de carton, semblable A celui dont ou se sert pour relier les livres, c’est-A-dire sans collage,
• eu leur laissant l’épaisseur convenable pour les divers emplacements du joint (en supposant que l'é-