‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 209 sur 223 · MACHINES LOCOMOTIVES. — CYLINDRES ET TIROIRS · texte numérisé non relu

MACHINES LOCOMOTIVES. — CYLINDRES ET TIROIRS

en fermant par le haut le tube en verre, que ce tube fût d’ailleurs disposé verticalement ou en syphon. De cette façon, le mercure, en s'élevant, serait obligé de comprimer l’air qui se trouverait au-dessus de lui, et l’on arriverait A des degrés égaux ou à peu prés, dans l’échelle de tension, en donnant de lu coniclté au tube.

Cylimlra et tiroirs.

Les cylindres sont en fonte, avec une épaisseur de 1 9 millimétrés environ. La fonte doit être très dure, pour qu elle résiste le mieux possible à la tendance que présente le cylindre à s’user en ovale, en raison du poids et du frottement du piston. Les deux extrémités du cy lindre ont une épaisseur de li a 26 millimétrés ; l'une et l'autre sont ordinairement établies de manière à pouvoir s'enlever à volonté. Enfin, ces deux parties se terminent généralement en congé, sur une profondeur d'environ lî à 13 millimètres. •

Le tiroir est invariablement de l’espèce de ceux A trois ouvertures, dont on a vu un dessin, page <77. Il est construit en laiton et n’est point pressé en dessus par la boite à tiroir. Il est indispensable, en effet, en l'absence de toute soupape de décharge pour le cylindre, que le tiroir puisse se soulever de la face sur laquelle il repose, afin de laisser un passage de sortie A la vapeur ou à l’air renfermé dans le cylindre, quand le convoi est entraîné en vertu de sa vitesse acquise. Il faut d’ailleurs trouver une issue à l'eau qui peut être projetée dans le tiroir, quand il se produit des jets d'eau et de vapeur mélungées.

Ces projections d'eau et de vapeur sont très funestes aux cylindres et aux tiroirs ; le gravier et les sédiments, qui sont constamment en suspension dans l'eau, usent avec rapidité les pistons, les cylindres et les faces des tiroirs ; au point que, quand l’eau contient beaucoup de sable et que la machine est sujette A ces projections d'eau et de vapeur, il ne faut qu'un espace de quelques mol» pour que les pistous et les tiroirs soient entièrement ruinés , et que les cylindres aient besoin d'être alésés de nouveau.

La boite à tiroir est quelquefois fondue d’un seul bloc avec le cylindre. La race du cylindre, sur laquelle glisse le tiroir, est légèrement exhaussée, afin que si quelques matières étrangères viennent à s’y déposer, elles puissent être aisément repoussées sur des parties moins élevées par le tiroir lui-même.

L’aire des lumières A vapeur est, dans certains cas, égale au neuvième, dans d’autres au douzième ou même au treiziéme de ceRe du cylindre. L’aire de la lumière de sortie est le sixième ou le huitième de celle du cylindre. Ces proportions conviennent à des vitesses moyennes de 30 A 40 kilomètres par heure, avec une pression peu différente de celle que possède la vapeur dans l'intérieur des tubes, four des vitesses phis grandes, les lamières doivent être relativement plus larges.

La boite A tiroir est couverte d'une porte, qu'on peut enlever quand on vent examiner les faces du tiroir ou du cylindre. Quelques boites, en outre de cette porte, qui est située dans le haut, en ont une seconde par derrière. Cette disposition permet d'enlever plus vivement le tiroir et son frein.

Un robinet est placé A chaque bout du cylindre pour faire évacuer l’eau qui s’y accumule, et qui provient des projections d'eau et de vapeur et de la condensation. Les quatre robinets des deux cylindres sont reliés entre eux, de sorte qu’en faisant mameuvrer une seule manette, ils sont tous ouverts ou fermés eu même temps. Dans les machines de Stephenson, à expansion variable, il n’y a qu’un seul robinet, qui est placé au fond de la botte A tiroir.

La tige du tiroir est ordinairement plus longue que le levier de l'excentrique, afin d'augmenter la course. Les tournions du levier de l’excentrique s’usent avec rapidité. Stephenson met une virole de laiton sur ces tourillons. Celte virole agit comme an rouleau a jeu libre et facilite le travail du mécanisme. On peut d'ailleurs l’enlever aisément quand elle vient A s'user, et il n'en résulte aucun dérangement réel dans la marche du tiroir.

Le levier de mise en train fonctionne entre deux segments en fer. U peut être fixé a volonté, soit au

DÉTAILS RELATIFS A DIFFÉRENTES MACHINES

point d'arrêt, soit de manière à faire avancer ou reculer la machine. Cela a lieu à l’aide d’une espèce de petit loquet ou crampon relié au bout de la manette, à l’extrémité du levier. Ce loquet, qui est naturellement comprimé par un ressort, est forcé en avant par le bord de la manette. Le petit bras se rattache À un boulon qui pénètre dans des crans pratiqués sur l’un des segments entre lesquels le levier se meut. En pressant le loquet contre la manette du levier, le boulon s’enlève et le levier peut être mis en un autre endroit. Quand on laisse le ressort reprendre son effet , le boulon retombe dans le cran le plus voisin.

Nous avons déjà traité le sujet des pistons pour locomotives, aux pages 465 et suivantes. Nous ajouterons seulement que les pistons qui consistent en un simple anneau enveloppant une pièce assemblée à languettes, ou bien en deux anneaux placés en recouvrement l’un sur l’autre, de manière A rompre le joint, sont préférables à ceux dont la disposition est plus compliquée.

Dans le piston de Stepheason, il arrive souvent que les vis fonctionnent mal et que les ressorts se brisent. Les tiges des pistons sont en acier; leur diamètre varie entre le septième et le huitième de celui du cylindre. Elles sont coniques à l’intérieur du piston et y sont eu outre maintenues par une clavette. Leur extrémité supérieure est fixée, par une clavette, dans un coussinet à mâchoires, dans les ouvertures duquel passe une traverse. Cette traverse est saisie entre les mâchoires par le petit bout de la bielle, tandis que les extrémités de la traverse se meuvent dans les guides.

Les guides sont formés de plaques d'acier attachées au châssis de la machine. Entre les guides fonctionnent les coussinets fixés aux extrémités de la traverse, et présentant des saillies portant contre les rebonis intérieurs des guides. Les guides en acier ou eh laiton valent mieux que ceux en fer. Stephenson et Hawthorn attachent leurs guides par un bout à une entretoise, et par l’autre bout à des oreilles placées sur le couvercle du cylindre. Ils sont plus forts au milieu qu’aux bouts. l)e forts guides en acier, entourés de bottes à étoupes, aux extrémités de la traverse, sont vraisemblablement le meilleur arrangement auquel on puisse s’arrêter. Les boites à étoupes pourraient contenir des viroles coniques, coupées en spirale, en sus de la garniture. On pourrait aussi diposer un anneau, coupé en spirale, sur la tige même, eu le faisant précéder la botte à étoupes et en lui donnant du jeu latéralement. On arriverait ainsi a essuyer la tige avant son entrée dans la boite, et à prévenir les éraflures déterminées par l’adhérence de la poussière.

Appareil alimentaire.

Les pompes d’alimentation sont en laiton , mais les plongeurs sont quelquefois en fer. Ces pistons sont ordinairement attachés à la traverse de la tige du piston. Cependant , dans les machines de Stephen son, ils sont mis en Jeu par des tiges reliées à des œlfs pratiqués dans le cercle de l’excentrique.

IJ existe nue soupape à boule entre la pompe et le tender. Deux autres soupapes sont ordinairement établies dans le tube qui conduit de la pompe à la chaudière. Il y a, en outre, auprès de la chaudière, un robinet au moyen duquel on peut couper la communication entre la pompe et la chaudière, dans le cas où un accideut viendrait à arriver aux soupapes.

Les soupapes à boule sont guidées par quatre branches qui s’élèvent verticalement et se rejoignent au sommet en forme d’hémisphère, comme on le volt figure 336. Les chocs répétés de la boule contre ces branches ont suffi, dans certains cas, pour la briser dans l'espace d'une semaine. Cela provenait

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