‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 208 sur 223 · MACHINES LOCOMOTIVES. SOUPAPES ET HO.N BELLES · texte numérisé non relu

MACHINES LOCOMOTIVES. SOUPAPES ET HO.N BELLES

l'intervalle, et la machine peut continuer A inarelier, malgré la fermeture complète du régulateur.

Dans quelques machines de Stephcnson , à expansion variable , le régulateur consiste en un tiroir recouvrant une ouverture ou lumière pratiquée au haut du eoffre à valve. Une tige, partant de ce tiroir, passe a travers la boite a fumée, |mr dessous la chaudière, et, au moyen d'un levier parallèle au levier d'arrêt, est mise à lu portée du mécanicien. On s’est d’abord servi de robinets pour tenir lieu de régulateurs, mais on les a abandonnes, parce qu'on a reconnu qu'ils s’attachaient trop fortement.

Stephcnson s’est servi d'uu tiroir à gril , consistant en une plaque carrée , percée de trous, et mobile sur une autre surface percée d'un nombre égal de trous. Ce tiroir, par un léger mouvement, procure immédiatement une large ouverture.

Dans les machines de Bury, on emploie une es|iece de petite roudelle couiquc , qu’on soulève en tournaut la munette placée sur la boite à feu. Luc rainure en spirale , d’une grande dimension, est pratiquée dans la tige du tiroir.’ Dans cette rainure passe un bouton qui est fixé à la chaudière ; et, en tournant la tige, un mouvement est imprimé A ce bouton, lequel ouvre ou ferme le passage de la vapeur , suivant le sens dans lequel U a été tourné.

C'est vraisemblablement dans le tiroir A équilibré, semblable A celui dont on se sert dans les machines de Cornouailles, qu'on arrivera à trouver le meilleur régulateur.

Soupapes île sûreté et rondelles fusibles.

Les soupapes de sûreté, ainsi que nous l'avons fait remarquer, sont placées sur le déme, dans les machines de Bury et de Stephcnson. Mais on a trouvé préférable de les établir sur la partie cylindrique de la chaudière, et c'est cette demiere disposition qu'a adoptée M. Devvronce pour le chemiu de fer de Liverpool A Manchester. Le motif de cette préférence c'est que, quand une machine commence A produire des jets de vapeur mélaugée d'eau , le liquide , projeté de la tuyère , donne lieu A un développement inusité de vapeur, qui s'échappe par la soupape de sûreté, et engendre ainsi, lors de sou passage , un soulèvement d'eau et d’écume, en quelque point de la chaudière où se trouvent placées les soupapes. Des lors, plus ces soupapes seront éloignées du déme, et mieux cela vaudra ; car elles éloigneront, en même temps qu'elles, de l’endroit où se fait la prise de vapeur, les projections d'eau et de vapeur mélangées, qu’elles tendent au contraire A rapprocher, quand elles sont disposées sur le déme, comme dans les machines de Stephenson et de Bury.

Quoi qu’il en soit, dès que les soupapes de sùrete sont convenablement placées, le mécanicien est toujours en mesure de modérer ou même d’arrêter sur-le-champ les jets d'eau et de v apeur de la chaudière, en faisant souffler avec force ses soupapes.

Il est nécessaire de placer les soupapes de sûreté sur une petite colonne tubulaire, assez haute, cependant, pour que la vue tlu mécanicien ne soit pas obscurcie par le nuage de vapeur qui s’en échappe.

La machine de Bury, de 36 centimètres, contient une paire de soupapes dont le diamètre est de 6 j centimètres environ, hors-oeuvre de l’obturateur ; celle de Stephcuson, qui est de 38 centimètres, a deux soupapes dont le diamètre est de 10 centimètres. Cette dernière dimension est préférable, attendu que les grandes soupapes sont moins sujettes A adhérer dans leurs sièges que les petites.

On doit s'assurer de temps en temps que les soupapes de sûreté fonctionnent bien. Le meilleur moyen pour cela est d'attacher le bouton de la soupape a l'une des extrémités d’une paire d’échelles ordinaires, lorsque le contre-poids plucé A l'autre bord indique lu pression réelle de la vapeur sur la soupape. Cette pression excède la pression nominale de la chaudière, tant A cause du poids et du frottement du levier avec scs joints et sa balance a ressort, qu'a cause de l’adhésion même de la soupape dans son •Mge.

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DETAILS RELATIFS A DIFFÉRENTES MACHINES

Un bon procédé, pour rendre cette adhésion aussi faible que possible, consiste à donner aux bords du siège un peu moins de |>ente qu'à l'obturateur, c’est-à-dire à les établir sous un angle inférieur à 45", compté avec l’horizontale. Un angle de 30" parait très convenable.

La soupape de sûreté est pressée en dessous par un levier, uinsi qu’on le volt page 476. I. 'extrémité de ce levier porte une vis qui se rattache a une balance avec ressort en spirale. Pour trouver la pression par centimètre carré, on u'a qu'a multiplier le poids indiqué sur l'échelle par le rapport qui existe entre les deux bras du levier, et à diviser ce produit par le nombre de centimètres carrés contenus dans la surface de la soupape. Mais, pour éviter l’embarras du calcul, on a établi le levier de telle sorte que le rapport entre ses deux bras est précisément égal au nombre qui représente l'aire de la valve, d'où il résulte que le poids marque sur la balance représente exactement la pression, par centimètre carré, exercée contre la soupape.

On doit faire entrer pour quelque chose dans le calcul le poids de la soupape et celui d'una partie du levier. U est bon de mettre un arrêt à la vis du dessous du levier, laquelle sert à augmenter la force du ressort. On évite ainsi les dangers d'une tension excessive de la vapeur.

Les soupapes d'avertissement, qui ont été proposées comme une précaution contre l'insouciance ou la paresse du mécanicien, sont tombées eu discrédit. Ces soupapes, en effet, étant d'un accès difficile, et ne fonctionnant que dans des cas très rares, devenaient bientôt adhérentes dans leurs sièges. Mais rien n'est plus facile que de construire une sou(>ape susceptible de se lever d'ellè-même et que le mécanicien ne puisse pas atteindre. C'est, du reste, ce qui a lieu généralement dans les machines à v apeur pour la navigation. Dans les machines de Cave, Hick et Jackson, l'une des soupapes est constamment chargée un peu au-dessus de la pression ordinaire de la vapeur et renfermée dans lin coffre. Elle est habituellement faite avec des ressorts d'acier plats et tendus, pressant les uns contre les autres et serrés par des étalons vissés au siège de la soupape. L’une de ces soupapes est représentée figure 335.

Une rondelle de plomb est ordinairement fixée au haut du fourneau. Cette rondelle fond qnand la chaudière vient à manquer d'eau, et avertit du danger. Dans quelques machines, un robinet est attaché au haut du dôme. Contre ce robinet, et au moyen d'un anneau de laiton boulonné, se trouve retenu un petit disque en métal fusible, destiné à prévenir les explosions. Quand le robinet est ouvert, la vapeur a accès jusqu’à la face inférieure de la rondelle. Si cette rondelle fond, le métal coule, par un petit trou, dans In plaque annulaire, et le mécanicien , prévenu ainsi de l'excès de la tension , peut fermer le robinet et prendre les mesures nécessaires pour diminuer cette tension. Mais, c'est la un expédient sans valeur aucune, ear la vapeur seruit trop refroidie par sou passage à travers le robinet et le petit tuyau pour fondre le métal ; et lors même qu'on parviendrait à remédier a cet inconvénient, il resterait toujours, comme applicables ici, les objections que nous avons indiquées, page 176, contre l’emploi de toute espece de rondelles fusibles. L'Inconvénient augmente en outre de cette circonstance, que le mécanicien est tout naturellement disposé à s'en rapporter à une mesure de sûreté, absolument inefficace à l'heure du danger.

Les manomètres n’ont pas encore été appliqués, jusqu’à ce jour, aux locomotives, à cause de l'embarras inséparable de la grande hauteur de la colonne de mercure qui est nécessaire pour contre-balancer la pression de la vapeur ; mais il serait facile de construire un manomètre d’une dimension modérée.

Fio. 335 — Soupape de

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