ATELIERS DE CONSTRUCTION
particulier ; mais elles pourront servir de type général, auquel on aura recours, et qu'on prendra pour guide quand les circonstances le permettront.
Un long bassin, à angle droit avec le rivage, s’étend jusqu’à une certaine distance dans l'intérieur des terres. Sur la gauche de ce bassin se trouvent des bâtiments disposés sous la forme d'un parallélogramme, faisant face au bassin par son plus petit côté, et partagé, par des chemins transversaux, en trois carrés à peu près réguliers.
Dans le premier carré, et faisant face au bassin, se trouve la porte d’entrée principale; vis-à-vis, et sur l'autre face, est l'atelier d'ajustage des grosses machines. A droite et A gauche de la porte sont les bureaux et les magasins, ainsi que l’habitation dn directeur des travaux. Le côté gauche du carré est occupé par une rangée de bâtiments qui contiennent, à rcz-de-chausséc, les machines à planer et A aléser, et d’autres outils de gros calibres. Aux étages supérieurs sont les petits tours et les machines destinées A parfaire le travail. L’aile droite, enfin, composée également d’une rangée de bâtiments, est réservée, au rez-de-chaussée, à l’ajustage et A l’établissement des machines locomotives, et, au-dessus, à l’atelier et à l’emmagasinement des modèles.
Telle est la disposition des constructions qui composent le premier carré des bâtiments. Le second carre est plus vaste que le premier. Sur la face est l’atelier d’ajustage, pour les machines ordinaires, lequel le sépare du premier carré. Par derrière est la fonderie. Les côtés comprennent les forges, les ateliers de construction de voitures et wagons, et ceux de peinture où les voitures sont peintes, rembourrées et terminées. Tous ces bâtiments ne sont qu’à un étage, présentent leurs pignons sur la face, et sont éclairés par en haut, à l'aide de châssis vitrés. Des chemins de fer les traversent dans certaines directions, et sont reliés par des plaques tournantes disposées à des Intervalles convenables, de manière à ce que l’on puisse transporter à volonté une voiture d’un hangar dans un autre. Des tours et des scies circulaires, ainsi que des machines à percer et à mortaiser, sont mis à la portée des ouvriers charrons, occupés à la construction des châssis de voitures, de façon à ce que le travail manuel ne consiste plus qu’à assembler et & réunir entre elles les diverses pièces.
A l’extrémité des bâtiments des forges sont placés les laminoirs et les marteaux de forge. Le soufflet est le meilleur moyen à employer pour activer les feux des forgerons. Les marteaux sont mis eu jeu par la pression de l'air. C’est aussi de ce moteur que l'on se sert pour faire fonctionner les machines placées dans le hangar des chaudières ; et il semble naturel de penser qu'il remplacera bientôt, dans beaucoup de cas, les anciens modes de communication de mouvement pour les machines.
Derrière la fonderie est placé le troisième carré, qui est principalement occupé par les bâtiments destinés aux fondeurs. Les siles, en effet, contiennent les ateliers des foudeurs de laiton, des ouvriers en cuivre, des modeleurs, des ouvriers fondeurs, etc. Enfin, A l’Arrière, est un espace libre destiné à recevoir les nouvelles constructions qu’il deviendrait nécessaire d'établir plus tard.
Entre le bassin et les constructions se trouve un quai contre lequel viennent s’amarrer les navires qui doivent recevoir leurs machines. L'extrémité de l'atelier d'ajustage est tournée vers le quoi. On remplace aujourd'hui les grues par des treuils que l'on dispose et que l'on fait manœuvrer sur des échafauds, comme le font les maçons. Ces échafauds se composent de grosses poutres, s'étendant depuis l'extrémité du bâtiment jusqu'au bassin et traversant le quai. De cette manière, une pièce quelconque peut être soulevée dans l’atelier d'ajustage et déposée directement dans le navire même, sans autre opération de transbordement. Des poteaux, placés sur le bord du quai, soutiennent les poutres transversales sur lesquelles se meuvent les treuils. La partie des poutres qui dépasse le quai est consolidée par des consoles en fer. Le toit sc continue au-dessus des poutres, et sert à mettre les ouvriers à l’abri, quand iis sont occupés à la translation des machines dans les navires.
De l’antre côté du bassin est le hangar des chaudières ; plus loin, et dans la même direction, le chantier de construction. Le hangar des chaudières est uu bâtiment d’uDe vaste dimension. D contient les ateliers
ATCUEB3 DE CON9TBÜCTION.
de serrurerie où les ouvriers préparent la métal nécessaire aux chaudière* et aux navires en 1er. Oo y trouve des machines à emporte-pièce, des machines à river, et antres outillages nécessaires. Le hangar est éclairé par en haut. Les chaudières sont soulevées nu moyen d’un chariot mobile roulnot sur des modrlers placés près de la toiture. Les madriers sont disposés comme ceux de l'atelier d’ajustage, lia s’étendent comme eux jusqu’au lussin, de manière à amener directement les chaudières a bord dn navire qnl les attend.
Les combles de tous ces bâtiments sont entièrement eo fer ; ces combles, en effet, ne sont guère plus coûteux que les combles en bois, et sont sous tous les rapports bien préférables,
Il existe un chemin de fer tout autour dn bassin.
Des baies, faisant face au quai, sont pratiquées dans la fonderie, l’atelier des voitures et celui des locomotives.
De cette façon, toutes les diverses pièces de mécanisme, les machines, chaudières, locomotives, voitures ou grosses fontes, peuvent être placées soit à boni d’un navire, soit sur un chemin de fer, sans entraîner les embarras et les dépenses de déplacements répétés.
L'outillage employé dans la construction des machines locomotives est susceptible de grands perfectionnements, U faut, d’ailleurs, quand on établit le [dan d’une locomotive, avoir égard A la plus ou moins grande facilité avec laquelle ce plan pourra être mis à exécution.
La metbode de construction actuelle des navires en fer est grossière et prbnitive. Si la forme d’un navire pouvait être exactement déterminée par une expresaion algébrique, on pourrait aussi établir une machine ù contours réguliers et fixes, et assigner aux plaques en télé le degré de courbure et les dimensions convenables. Les plaques A rebords renflés, proposées par M. Falrbairn, amèneront vraisemblablement de grandes facilités dans la construction des nav ires en fer ; et si Ion parvient à établir une machine qui puisse confectionner les diverses pièces avec précision, il sera possible d’exécuter de grandes parties de navires avec la machine à river. Le seul travail manuel qui restera alors à faire consistera A réunir ces pièces l’une A l'autre, une fois mises en place. Il y a lieu d’espérer, cependant, qu’on découvrira une machine pour river ces pièces les unes aux autres, et si celles-ci sont taillées avec précision et bien mises en place, l’application n’offrira plus de difficultés sérieuses. Deux forts rouleaux, susceptibles de se mouvoir sur le chAssis auquel sont attachées les plaques à river, suffiraient, en les supposant bien établis et bien dirigés, A accomplir ce travail. Ces rouleaux seraient guidés au moyen d’un chariot monté sur quatre roues, dont l’une serait la roue à river elle-même, et qui serait placé sur le ehisais. Au-dessus du châssis, serait un petit cylindre mis eu communication , au moyeu d’ua petit tube flexible, avec un autre tube où l’on ferait kj vide. Aussitét que le cylindre fonctionnerait , le chariot s'avancerait sur le châssis. Les roues seraient armées d’éperons en saillie, qui entreraient dans les trous des rivets, et feraient ainsi avancer le chariot.
Cet instrument ne serait plus applicable aux extrémités du navire, A cause des courbes qui s’y rencontrent. Les plaques destinées A ces parties seraient faites soit A la main, soit séparément au moyen de la machine A river ordinaire ; puis on les disposerait aux emplacements qu'elles doivent occuper.
Pour les forts navires formés de plaques épaisses, il est surtout nécessaire d'employer la machine A river, parce qu’en rivant A ta main la force développée est généralement insuffisante pour forcer les rivets A remplir complètement les trous.
L’habitude où l'on est, dans certains ateliers, de laisser à des contre-maîtres ou ù des agents subalternes le soin de fixer les formes et les dimensions de certaines pièces accessoires, telles que robinets, boulons, etc., peut être la cause de désagréments ou même d'accidents plus ou moins graves. Aussi doitcm s’en affranchir le pins possible. Tontes les pièces doivent être dessinées et arrêtées A l'avance, même les clavettes, les coupes à huile, les robinets d’épreuve ; et, pour éviter toute erreur, il sera bou de rendre responsable la personne même qui aura donné les plans, A la condition que ses ordres auront été exécutés.