‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 6 sur 223 · DU PRINCIPE DU VIDE · texte numérisé non relu

DU PRINCIPE DU VIDE

Le plus grand nombre des savants de l'autiqulté admettaient que l'existence du vide était une chose impossible et que la nature en avait horreur. Galilée fut le premier qui soupçonna cette prétendue horreur de la nature pour le vide de n’étre qu'imaginaire, ou de u'exister du moins qu'entre des limites fort restreintes. Lors de l'application d'une pompe ù un puits d'une très grande profondeur, qu'avait fait creuser à Florence le grand duc de Toscane, on reconnut que l’eau ne pouvait s'élever à plus de 32 pieds de hauteur, la partie supérieure du tuyau restant vide; Galilée conclut de là que celte grande horreur delà nature pour le vide n’allait pas au-delà de 32 pieds. Les recherches de Galilée furent continuées, apres sa mort, par son élève Torricelli, qui, en 1 643, découvrit que l'effort de tout fluide exposé a l'atmosphère, pour pénétrer dans un espace vide, est dû à la pression de l’air sur les corps, à la surface de la terre. Cette decouverte donna une grande impulsion aux études mécaniques, et l'on présenta bientôt plusieurs projets pour convertir ce nouvel agent en puissance motrice. Le premier de tous ces projets qui paraisse avoir quelque importance, est celui du capitaine Thomas Savoy. Dans la machine u feu de Savery le vide est produit par la condensation de la vapeur dans des vases fermés, et ainsi obtenu, il est appliqué à l'élévation de l'eau.

Savery obtint des lettres patentes de Guillaume TU en 1G98* ; et, durant plusieurs années, 11 chercha a introduire dans la pratique l’usage de sa machine. En 1 702, il publia une brochure, sous le titre de P Ami du Mineur , dans laquelle il flt la description de sa machine et de son mode d'action. Le dessin complet que nous donnons ci-dessus de la machine à feu de Savery suffira, avec les détails qui suivent, pour en faire bien comprendre toute l’importance.

AA (flg. I )j sont les fourneaux qui contiennent les chaudières; B,, B,, les deux foyers; C, est lâche* minée commune aux deux fourneaux. Dans ces deux fourneaux sont placés deux vaisseaux en cuivre, ou chaudières; lune de ces chaudières, L, est beaucoup plus grande que l’autre, D. E, tuyau et robinet pour faire entrer l’eau froide dans la petite chaudière et la remplir ; F, vis destinée à bien fixer le tuyau E sur le haut de la petite chaudière; G, petit robinet d’épreuve au haut d’un tuyau descendant jusqu’à H pouces du foud de la petite chaudière ; H, tuyau plus grand, allant jusqu'à la même profondeur; I, clapet on soupape nu sommet du tuyau H, s'ouvrant de bas en haut; K, tuyau se rendant de la boîte au-dessus dp ladite soupape dons la grande chaudière, en y pénétrant d’un pouce environ ; LL, grande chaudière contenue dans l'autre fourneau ; M, régulateur à vis, mû par la mauetteZ, ouvrant ou fermant les ouvertures par lesquelles la v apeur sort de la grande chaudière pour entrer dans les tuyaux à vapeur 0,0;

petit robinet d’épreuve, au haut d’un tuyau descendant jusqu'au milieu de la grande chaudière ; 0,, O*, tuyaux à vapeur, vissés d’un bout au régulateur, et de l’autre aux récipients PP, pour conduire la vapeur de la grande chaudière dnns ces récipients ; ces récipients, P„ P„ sont des vaisseaux de cuivre qui doivent recevoir l’eau à élever ; Q,Q, jointures à vis, par lesquelles les branches des tuyaux de conduite d’eau sont reliées avec le fond des récipients ; R,, R„ R», R4, clapets ou soupapes en cuivre, dont deux au-dessus des

cester. Las commentateurs anglais veulent absolument y voir la description de ce qu'il» appellent la première machine à vapeur effective i mai* il set incontestable qoe ce mérite doit rteter à Salomon de Cause, dont l’ioventio& est présentée, d'ailleurs, avec la plus grande clarté. Voyet, pour tout ce qui concerne oette partie de l’histoire de 1a machine à tapeur, l'ouvrage de R. Stuart (A detcripttvt tin tory of thr «front tngm*), dont la traduction française se trouve à la librairie de L- Mathias (Augustin). * Ce fut le premier exemple de patente donnée pour une machine k vapeur.

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