A VAPEUR EFFECTIVE
Les anciens paraissent n’avoir eu que des notions très vagues sur la nature de la vapeur. Ils ne croyaient à l’existence que de quatre éléments : le feu, l’air, la terre et l’eau ; et ib supposaient que l’eau se changeait en air par l’évaporation. Platou s'énonce ainsi : Ce qu’aujourd’hoi nous appelons de l’eau deviendra
1 Non» ne suivrons pas le* auteur* anglais don* de longue* récrimination», dont riqjoetioe a été d^à souvent démontrée, et qu’il» reproduisent ici contre le précis historique sur la machine à vapeur publié par M. Arago. Ce» récrimination» conservent cet esprit de partialité «t de patriotisme étroit que dénota cette première phrase , amenée , on ne sait comment , sur la bataille de Waterloo.
HISTOIRE DE LA MACHINE A VAPEUR
un solide, une pierre; mais, par l'expansion et la diffhsion, eette eau peut devenir aussi un par, de l’air. Pendant plusienrs siècles encore, on pensa généralement que la c lutteur faisait passer l’eau à Tétât d’air. La conséquence de cette erreur est qu’l! est fort difficile pour nous de savoir si c’est la vapeur ou Pair qui joue le rôle de moteur dans 1rs recherches pneumatiques des anciens. Il n’en existe pas moins des preuves évidentes que la vapeur et Pair dilaté par la chaleur ont été souvent employés par eux comme for» motrice, et quelques-unes de» machines qui ont été faîtes dans ce but sont d’une grand* élégance. Dans un ouvrage, dont ou a souvent parlé, Intitulé Spirilutin srw pneumaticn, Héron, philosophe d’Alexandrie, donnait, ta» ans avant Père chrétienne , la description des moyens employés pour ciever les liquides et produire un mouvement rotatoire à l’aide de Pair et de la vapeur.
L’instrument employé pour produire un mouvement rotatoire indique une grande sagacité et offre, a part les dimensions, toutes les qualités d’une véritable machine à vapeur’. f>t instrument, appelé éolipy le, et d'autres encore, que décrit Héron , servaient aux prêtres pour répandre et maintenir parmi les peuples les idées reiigteuses, onde superstition, en faisant parler et agir leurs statues. On conçoit dès lors que les écrits de Héron, en venant divulguer ces pieuses fraudes, dorait produire bien du scandale à cette époque.
A la renaissance des études classiques dans l’Europe gothique, l’ouvrage de Héron excita une vive attention et plusieurs traductions en furent faites. Les mécanismes employé» par les anciens reçurent une ass et grande publicité, et II est probable que ce fut l’un d’eux t[u ‘employ a, en 1443, un capitaine de navire espagnol, Klasco de Goray, pour la propulsion des vaisseaux. Sans vouloir apprécier la nature réelle de l’expérience faite par Bloseo de Garav, il parait qu’elle eut un plein succès. Les commissaire» nommés par l’empereur Charles V, constatèrent , A Barcelone, le 1 7 Juin 1443, qu’un navire de 300 tonneaux environ, fut propulsé par la machine avec une vitesse de trois milles à l'heure. On ne connaît aucun detail sur cet essai, sinon que le navire était mil par des roues à palettes, et que la forer motrice provenait d’une chaudière contenant «te l’eau, et susceptible, à ce qu'on disait, de faire explosion. Il est Incontestable d'ailleurs que, malgré l'heureux résultat de l’expérience, il n’y fut donné aucune suite. Garav fut récompensé par l’emperenr, qui l'éleva à de hautes dignités, mais sa découverte ne reçut aucune application pratique *.
Les différents ouvrages de mécanique, publiés à la llu du seixtème siècle, contiennent les descriptions d’une foule d'expédients pour élever Peau , semblables , moins Pélégancc, à ceux présentés par Héron. En moi, Baptistn Porta fit paraître, à Naples, un livre où II relate des expérience» curieuses qu’il fit pour mesurer les volumes relatifs de l'eau et de la vapeur d’eau. Un Ingénieur français, Salomon de Causs, publia, à Francfort, en mis, et à Paris, en i Sî3 , un ouvrage dont le titre était te suivant ; Le» misons des forces mournntes, nm diverses machines tant utiles que plaimntes. Cet ouvrage, date
1 La machine de Héron est du gar.ro de* rnacînoes dits» roues s réaction, dam lesquelles le mouvement rotatif est produit par !a réaction de in vapeur s'échappant tuAguuttvîieïfieot k In eircenfévenea da la roue. Le principal inconvénient de wt machine# oat de comporter aue v îtoase oxeessaive et d'exiger uoe dépense considérable de combustible. La ftg. A , eî-joîote.
éto, A. — EaiipjSe,
* Cette prétendue expérience de Bînscrt de Garsy paraît c’étre rien moins qu’apocryphe Elle fut publiée pour !a première fol* par un journal espagnol, qui prétendait en avoir extrait le* détails des archive* de Phistoire du royaume : mais , nmigre toutes iea recherciiea qui ont été faite# députa, ou u’a jamais pu trouver aucttue trace de cette ciroousistice.
repréeeotc , d'stHours , la ntncbinc , dite allemande, copiée sur Péoiipyîe de Héron, pour produire un mouvement rotatoire par te réaction de la vapeur. On introduit dans lr globe r une petit, quantité d’eau, qui sa résout en vupeur par l'effet du feu pin'cé au-dessous. La vapeur sort par les becs a et b disposée taoguntielleraent à la ctrponfdianee que ton ivt.ï à décrire les extrémités du diamètre oh ils aont percé*, et il se produit ainsi par suite de !a téaetiort de la vapeur, ntt mouvement de rotation continu autour de l'axe ec.
DEPUIS LES TEMPS LF.S PLUS A.NCIEISS.
de Heidelberg, parmi de» théorèmes d’nne égale insignifiance contient celui-ci : * Soit un ballon de
- enivre bien soudé tout à l'entour ; à la paroi supérieure il se trouve un soupirail pour recevoir l’eau, ainsi
- qu’un tube, soudé â cette même paroi , qu’il traverse pour s’approcher tout près du fond , mais sans y
• toucher. Après avoir rempli le ballon ave* de l’eau au moyen du soupirail , il faut le reboucher et le
- mettre sur le feu, La chaleur donnant alors contre le ballon forcera toute l’eau à monter par le tube *. Salomon de Causs décrit aussi de la manière suivante les effets de la force explosive de la vapeur : « Soit
< une Italie de enivre de un ou deux pieds de diamètre, et épaisse d’un pouce. Si l’on remplit cette halle
- d'eau par un petit trou , bouché ensuite hermétiquement avec un clou, de manière à ne laisser passage ni « i l'eau, ni 4 l'air, il est certain qu’en exposant cette balle a un grand feu, capable de la chauffer forte-
• ment, il se produira une compression tellement violente que la balte éclatera en pièces. »
Le premier nom (fui se présente à nous maintenant est celui du marquis de Worccster. Eu 1063, il publia un opuscule adressé au roi Charles 11 et au parlement anglais, ayant pour titre : Centurie île litres et de descriptions (Vinrent ions du marquis (ta li orceslrr. Parmi un grand nombre de découvertes quelquefois Ingénieuses, quelquefois impraticables, ou déjà connues, uous avons de lui une pompe a feu qu’il décrit ainsi :
■ Moyen admirable et puissant pour élever l'eau par le feu, et non pour la tirer de bas en haut pat
• aspiration; car ce dernier moyen ne peut avoir lieu, comme disent les physiciens, que infra tphtrram ucliritalis, c’est-à-dire seulement à uue ecrtainc distance. Ma méthode n'a aucune limite si lés vases
■ sont assez forts; car, ayant pris un canon dont la voiée avait été brisée, je le remplis d’eau aux trois
• quarts, et après avoir fermé à vis la bouche ainsi que la lumière, je le plaçai au-dessus d’un feu aelii et bien entretenu ; au bout de H heures, il creva avec un grand fracas. Ayant un moyen de faire mes
• vases assez forts pour résister à la pression intérieure, et de les remplir l’un après l’autre, J’ai vu l’eau s'élever à 40 pieds de hauteur et jaillir en jet continu : un vase d'eau raréfiée par le feu en enlève 40 d'eau froide. La personne qui dirige la machine n'a qu'à tourner deux robinets, afin qu'un vase étant
■ épuisé, un autre recommence à agir et a se remplir de nouveau d’eau froide, et ainsi de suite, pourvu
• que le feu soit toujours maintenu à un haut degré d'activité , tâche que la même personne peut remplir
• pendant les intervalles de son service pour tourner lesdits robinets. »
Telle est ta description du premier moyeu sérieux, que nous trouvons dans l’histoire, pour élever l’eau par la puissance de. la vapeur. C’est, sans aucun doute, à la conception du marquis de W orccster que nous devons rapporter l’origine des machines è vapeur susceptibles d’application K
1 tàt recoajixtt, aa contraire, qqa ît théorème de ëaiQaiCïi do Csa», cité par i1 auteur ooghtix, douas uaa exposition trr. »«uc de ridifo d’élever Peau au moyen de la force élastique de la vapeur
* Nous no reproduirons point les reproches quo l'auteur anglais fait à oelt« description et à eeiie qui suit, do n’ftrc qu’au* copie de fait* connus anciennement, et expliquas par Héron. Il n’ttt pas douteux quo l'auteur veut réserver ici, contre tonte évidence, au marquis d« Worccster, l'honneur d’avoir donné U premier* machine â vapeur effective. La fig. B représente lu machine qui résulterait de la conception de Salomon de Causs Au-dessous du ballon ou du vase sphérique ou» se trouve d>i fou. L'eau, versée dans l'entonnoir 9, pénétre par 1* tuyau a dans U ballon, lorsque le robinet o est ouvert. Bientôt il se ferma de la vapeur au-dessus du niveau de l’eau dans le ballon ; oette vapeur, dont 1a tension augmente de plus en plue , comprime l'eau , qui s'échappe alors par le tuyau mb, disposé dans le vase sphérique, oomme l'explique Salomon de Causa lui -même - 1 On n'a jamais pu parvenir h s'entendre sur la machine qui résulterait de la description si confuse du ouirqais de Wnr
HISTOIRE DE LA MACHINE A VAPEUR