‹ Traité des machines a vapeur ouvrage divisé en deux grandes sections ... E. M. Bataille, C. E. Jullien De la machine a vapeur en general ... texteChapitre 72 sur 223 · INCRUSTATIONS · texte numérisé non relu

INCRUSTATIONS

Les incrustations des dépôts salins sur la tôle des chaudières ont été, à une certaine époque, uu sujet

Prtmin faiion. 2J

CHAUDIÈRES

d’une toute autre importance qu’il nYst aujourd’hui. Il a été établi, en effet, durant ces dernières années, d'une manière irréfragable, que les parois des chaudières pouvaient être préservées de toute incrustation dommageable par des nettoyages assez fréquents. On emploie généralement aujourd’hui des pompes de refoulement, qu’on désigne sous le nom de pompes d'eau saumdtrc ( brine pvmps ), pour chasser une certaine quantité d’eau à chaque coup de piston de la machine. Lorsque cette eau plus ou moins chargée de sels est refoulée par les pompes, elle est obligée de traverser des tuyaux intérieurs à ceux par lesquels arrive è la chaudière l’eau d’alimentation, de manière qu’il se produit ainsi un échange de calorique, qui compense un peu la perte produite par la sortie d'une certaine quantité d’eau chaude. Cependant ces rèjrû géniteurs , comme on les appelle assez improprement, ont une utilité fort contestable, sous certains rapports. La quantité de chaleur qu’ils utilisent est, à notre avis, inappréciable, et les petits tuyaux, dont ils sont formés, sont susceptibles de s’engorger, exposant ainsi la chaudière à un trop pleiny dont rien ne ferait soupçonner l’existence.

Pour se garantir de ce danger, on doit introduire un hydromètre lions les chaudières munies de pompes de refoulement. Cet hydromètre ou aréomètre sert à indiquer La pesanteur spécifique de l’eau, de manière à ce que le mécanicien ne puisse être induit en erreur sur le mauvais travail des pompes et qu’il ne puisse supposer qu'elles fonctionnent, Iorsqu’en réalité elles sont inactives.

Quand on fait sortir violemment l’eau, sous l’action de la pression intérieure de la vapeur d’après le procédé habituel, pour chasser les matières terreuses au dehors, le mécauicieu observe son manomètre, et ouvre le robinet de décharge qu’il tient ainsi ouvert jusqu'à ce qu’il voie le niveau de l’eau descendre dans le tube en verre de son manomètre au point convenable. De cette façon il n’y a pas de doute que la chaudière ne se soit vidée d’une certaine quantité d'eau. Mais, il n’en est plus ainsi, lorsque l’eau est chassée d’une manière continue dans les tuyaux de décharge, soit par les pompes ordinaires, soit par In pression directe de la vapeur dans la chaudière. Aussi, toutes les chaudières, dans lesquelles l’un de ces deux expédients est en usage, doivent-elles être munies d’un hydromètre indicateur, pour le# garantir contre une concentration de matières salines qui pourrait devenir dangereuse.

Oii a donné, à diverses époques, de nombreuses recettes pour combattre les dangers des incrustations des plaques. Ainsi, on a proposé de mettre dans la chaudière des pommes de terre, ou d’autres végétaux mucilagineux ; et , dans les navires à vapeur, on a cru obtenir un excellent résultat en tirant l’eau d’alimentation de la cale du bâtiment. On a aussi recommandé l'emploi de l’huile dans l’intérieur des carneaux. Quelques chaudières ont même été munies d'un appareil destiné à y Injecter de l’huile au moment même ou on veut faire tomber la vapeur.

Noos considérons tous ces expédients comme parfaitement inutiles , et nous sommes convaincu que les chaudières ne sauraient être mieux préservées des incrustations que par des lavages souvent renouvelé^. Les vases purgeurs sont cependant fort utiles, en ce qu’ils ne nécessitent que des lavages partiels èt moins fréquents. Lorsque l’eau d'alimentation est bourbeuse , ces vases sont d’un très grand secours, et économisent du combustible en s'opposant à l’entrainement de l'eau par la vapeur qui se dégage.

Uot* erreur très générale parmi les mécaniciens consiste à lie recourir que rarement à l'emploi des po npes de nettoyage. Ils supposent probablement que l’on perd ainsi une grande quantité de chaleur, par suite de l'introduction de l'pau froide qui vient remplacer l’eau chaude, après son expulsion. Mais ï'ette perte de chaleur n’est certainement pas considérable, et elle est beaucoup moindre que celle produite par l’excès de température à laquelle a lieu la vaporisation d’une eau chargée de matières salines. Elle est encore moindre que cette autre perte de chaleur duc au passage de la flamme dans des carneanx sur les parois desquels s’est incrustée unecouthe de sédiments, ce qui fait qu’une grande partie du calorique s’échappe par la cheminée sans avoir servi. Il n’v a donc rien à gagner, sous tous es rapports, a ne pas recourir souvent aux divers procédés de nettoyage; il y a» au contraire, beaucoup h

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