CHAPITRE III
Description des espèces simples et coinposées de ta dêgénération ccuicéreuse,
Artici^e Premier.
'Distinction et dénomination des diverses espèces de tissus cancéreux,
Nous avons décrit les caractères distinctifs de la dégénération cancéreuse, dans ses divers degrés (cbap. II, art. i®J. ) 5 nous ne reYiendrons pas sur ces carac-.
tères généraux : nous ne nous occuperons ici que des différences spécifiques de la dégénération cancéreuse. Sous le rapport de ranatomie pathologique, nous distinguerons autant d'espèces de tissus cancéreux , que nous avons observé de modifications principales et biea distinctes dans la structure de la dégénération cancéreuse. Nous ajouterons à ces espèces celles qui sont formées de la réunion de deux ou plusieurs espèces simples de tissu cancéreux , et celles aussi qui résultent d'une distribution particulière du tissu cancéreux ^ qui peut être entrelardé, en quelque sorte, dans un tissu sain, ou situé tûut-à-fait superfi.ciellement.
Ce que nous appelons espèce, pourroit tout aussi bien être appelé sorte ou varictc. En adoptant le nom d'espèce^ nous avons voulu seulement éviter la confusion.
Le tissu ou parenchyme cancéreux, envisagé sous le point de vue que nous venons d'énoncer, comprend rieufespèces distinctes , d'après les descriptions consignées dans les observations particulières que nous avons recueillies. Parmi ces espèces, six nous paroissent simples et primitives. La septième est une affection composée qui résulte de la réunion de deux ou de plusieurs des six premières espèces. La huitième et la neuvième tiennent à une disposition particulière du tissu cancéreux , entremêlé avec un tissu sain, ou situé à la surface d'un© ulcération.
Dans les noms donnés aux espèces simples du tissu cancéreux, nous avons cherché à indiquer le rapport que la structure de chacun de ces tissus paroît avoir, au premier coup d'œil, avec des substances bien connues 5 mais c'est Tapparence du tissu que nous avons prétendu désigner, et non point saforme géométrique. Ainsi, le tissu cancéreux, qui présente une ressemblance frappanteavec l'intérieur de la racine d'un navet, ne présente pas la
môme forme géométrique que cettfe racine. Celui qui a des rapports de couleur et de consistance avec le corps vitré de l'oeil^ n'a , d'ailleurs, avec cette partie , aucune autre ressemblance. Nous n'avons pas, non plus, voulu indiquer^, par les dénominations que nous avons adoptées, une analogie de nature. Le tissu cancéreux que les auteurs ont nommé lardacé , et que nous nommons lardiforme, n'est pas de la même nature que le lard, il n'est point formé par une substance grasse, mais il présente, au premier coup d^œil , une structure analogue à celle du lard.
Ce n'est donc ni la forme géométrique , ni l'analogie de nature que nous voulons exprimer dans nos comparaisons , mais seulement une ressemblance extérieure de tissu qui frappe au premier coup d'œil, et qui donne une idée plus nette de l'objet qu^on veut faire connoître , qu'on ne pourro^!t Tespérer de la description la plus longue et la plus détaillée. Après cette explication , nous croyons que les noms significatifs que nous avons donnés aux diverses espèces de tissus cancéreux ne pourront entraîner aucun inconvénient. Les espèces de tissus cancéreux que nous avons observées sont les suivantes :
1**. Le tissu cancéreux chondroïde ou cartilagiuiforme j
a**. Le tissu cancéreux liyaloïde ou vitréiforme 5
3°. Le tissu cancéreux larinoïde (1) ou lardiforme ,
(i) Ce nom n''est pas précisément ce que j'aurois désiré , il indique un tissu gras et non le lard que je veux désigner j mais les Grecs n'avoient pas de nom substantif pour désigner le lard. Le nom ^e cancer sulipoïde seroit peut-être plus exact, mais il parleroit moins à Pimagination , et d^'ailleurs il ne distingue>oit pas nettement la graisse du cochon d'avec le lard. J'ai donc cru devoir préférer le mot gi'ec , qui , en rappelant la graisse , se rapproche le mieux du mot latin Inrium , et du mot francois lard.
A^. Le tissu cancéreux bunioïde ou napiforme : 5*. Le tissu cancéreux encéplialoïdc ou cérébriforrae : 6*. Le tissu cancéreux colloïde ou géiatiuiforme 5 n^. Le tissu cancéreux composé. — Cancer cojnpositus; 8*. Le tissu cancéreux entremêlé. — Cancer inter'
mixtus j
9°. Le tissu cancéreux superficieL
Les espèces de tissus cancéreux que nous Tenons de nommer ne différent pas seulement parleur structure ou par leur disposition anatomique. Chaque espèce influe d'une manière spéciale sur la marche de la maladie cancéreuse et sur les symptômes t[ui se manifestent pendant sa durée 5 mais nos connoisbances à cet égard sont encore trop imparfaites pour qu'on puisse étabhr la distinction des maladies cancéreuses, et leur traitement, sur Tespèce particulière du tissu cancéreux, qu'il est cependant indispensable de connoître et de distinguer , pour avoir une connoissance plus approfondie des maladies cancéreuses , et pour ne pas commeitre d'erreur nuisible aux malades , lorsqu'il s'agit de décider, après l'extirpation d'une tumeur , si elle étoit cancéreuse ou non.
Les six premières espèces de tissus cancéreux sont des lésions organiques primitives^ et elles sont en quelque sorte les élémens des dernières espèces : elles méritent d'être décrites avec soin , parce que les cancers des diyerses parties sont formés tantôt par un seul de ces élémens , tantôt par plusieurs d'entr'eux réunis-, or , on ne peut les décrire et les recoiinoîtro dans leur état de composition , que lorsqu'on a appris à les distinguer dans leur état de simplicité.
Comme il est rare de trouver des cancers formés par un tissu cancéreux simple, surtout dans les derniers temps de la maladie , ce n'est que par des recherches nombreuses et long-temps continuées qu'on peut parvenir à counoîtro
les espèces simples de tissu cancéreux 5 mais elles n'existect pas moins , et ce sont elles qui nous éclairent le mieux sur les nombreuses variétés du cancer. Et comme on a bien plus rarement l'occasion d'examiner des tissus cancéreux simples que des tissus cancéreux composés , nous avons cru devoir décrire aussi avec soin le tissu cancéreux composé comme s^ilconstituoit une espèce. C'est ce motif aussi qui nous a porté à lui donner une dénomination particulière. ÎTous espérons qu'on nous pardonnera cette sorte de redondance j en considérant que cette dégénération est en effet la dégénération cancéreuse la plus commune , nous oserions même dire celle qu'on rencontre presque toujours en examinant une masse cancéreuse d'un volume considérable , formée par la mamelle , le testicule^ etc.
Article II.
Description anatomique des neuf espèces de tissus cancéreux y suivie de ht désignation des organes dans lesquels chacun de ces tissus se développe le plus souvent y et des symptômes qu'il paroit déterminer plus particulièrement .
§. I*^"^. Tissu cancéreux chondroïde ou cartilaginiforme.
Cette espèce se présente sous l'apparence du tissu cartilagineux qui recouvre les extrémités de l'humérus et du fémur , et quelquefois sous celle du cartilage qui unit les côtes au sternum. La tumeur est luisante , élastique j demi- transparente. Son volume est très- variable : il peut n'égaler qu'à peine un grain de millet , ou bien avoir la grosseur d'une noisette, d'unmarrûu,d''une pomme j etc. 5 il peut même acquérir un volume très-considérable. On. y voit distinctement des vaisseaux sanguins , surtout lorsqu'on l'examine à la loupe 5 en le coupant j il crie uu
INTRODUCTION. j^g
peu sons le scalpel. En rei;imiuant de près , on y découvre des points nombreux de couleur un peu différent© du tissu qu'un avoit d\ibord apeiçu. Ces points sont formés par mie matière qui ressemble à l'eau glacée , ou. bien à du verre fondu, (^ette matière est tantôt incolore et trans[)arente , tantùt bleuâtre ou azurée, et tantôt un. peu brune. Le tissu dans lecpul elle est contenue^ est luisant et quelquefois comme corné j quand ce tissu est abondant , la tumeur est juuins ressemblante à un cartilage qu'à de la corne fondue pareille à ccile dont on fait des lanternes. D'autres fois , elle ressemble à la couenne du lard.
Cette espèce présente donc plusieurs variétés, soit pour la consistance , soit pour la nuance de la couleur , qui varie depuis celle du cartilage , jusc[u à celle de la corne fondue. Dans le deuxième degré , (pielques cellules s'agrandissent 5 il s'y forme comme de très-petits abcès pleins d'une matière icboreuse ou visqueuse , etc. 5 les parties environnantes s'enflainment , rougissent et tendent à la destruction. Les douleurs n'existent point encore dans le piemier degré. Elles sont lancinantes dans le second.
Lorsque cette espèce est simple, le cancer ulcéré ne fait pas de progrès rapides ; mais il y a souvent beaucoup d'inflammation dauk le tissu cellulaire et dans la peau qui entonrent la dégénération cancéreuse.
C'est surtout au sein qu'on observe cette espèce. Nous l'avons aussi rencontrée dans le péritoine , dans le foie , dans le scrotum , dans le cerveau et dans d'autres parties : elle affecte quelquefois l'estomac, le rectum elle col(»n, et surtout la membrane muscnleuse de ces organes. jNous Pavons vue une fois à la langue dans un cancer entremêlé. Il paroît que J. L. Petit et Helvétius avoient vu dans le cancer du sein cette espèce de tissu cancéreux,
5o TRAITÉ BES MALADIES CANCEREUSES.
§. II. Tissu cancéreux hyaloïde ou vitré if or me.
Ce tissu cancéreux a quelque ressemblance avec le coi~ps vitré de l'œil.
Dans le tissu cancéreux liyaloïJe, la tumeur peut avoir un volume très-vaiiablo , depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'un œuf. Dans quelques cas elle devient tellement considérable j qu'elle surpasse en grosseur la tête d'un homme.
Lorsqu'on débarrasse la masse cancéreuse de toutes les parties qui lui sont adhérentes, la tumeur isolée est luisante, transparente, plus ou moins ferme, toute bosselée, et souvent lol>ée. Au premier aspect, elle ressemble il de l'eau réduite parla congélation à l'état de glace: elle n'offre cependant pas la dineté de l'eau glacée, elle est seulement assez iernic et plus ou moins élastique. En l'examinant avec attention, on y voit des membranes très- fines, transparentes, parcourues par des vaisseaux sanguins, extrêmement iiiis et très-peu nombreux. Ces membranes constituent ime sorte de tissu spongieux , formé de nombreuses cellules qui, pour la plupart, ne communiquent point enlr'elles , et c[ui renferment une matière transparente et incolore, qui, comme l'humeur du corps vitré de l'œil, paroît concrète an^premier abord. Mais lorsqu'on incise la tumeur , ou bien lorsqu'on l'exprime par une forte compression , il en sort un liquide ordinairement incolore et transparent , c^ui ressemble un peu à celui du corps viLié 5 seulement, il est pour l'ordinaire un peu moins aqueux , et très-souvent il est filant et pareil à du blanc d'œuf mêlé avec rrioitié d'eau.
Le tissu cancéreux hyaloïde offre diverses variétés. Dans plusieurs cas les cellules sont très-petites, dans fl'autres elles ont un volume considérable j mais on
INTRODUCTION. 5l
voit une foule d'états intermédiaires eiUre ces deux extrêmes. Les cellules dont il î»'agit , ponnoient , dans (jiieluiies circonstances, loger des lentilles et même des î'ois : mais souvent elles sont d'une petitesse telle, que leur cavité échappe à Tœil nu. Dans ce dernier cas , Taî^régation d'un très-grand nombre de petites cellules tu sinmle \\u^ grande ; mais si on veut la percer , ou n'en fait prei>([ue pas sortir de liquide.
En général ^ toute la tumeur paroît formée par l'agrégation d'un très - grand nombre de granulations arrondies, de dilferens volumes. Lorsque les cellules sont un peu grandes , il semble que la masse cancéreuse oit formée parla réunion d'un iiouibrc infnii de petits kystes: aussi, ceux (]ui ont observé celle variété, ont comparé la dégcnéralion à \u\t aglonaération de petites liydalides. Il en est même qui ont cru qu'elle étoit formée par de véritables byddtides.
Lorsque les lames celluleuses sont épaisses , blanches, ou un peu opaques , et qu'en mémo temps les cellules sont petites , ce cancer a beaucoup de rapport avec le cancer lardiforme , et on voit quebjues tumeurs qui semblent former la nuance entre ces deux cancers.
Tel est fétat du tissu cancéreux liyaloïde , dans sa première période.
Dans le deuxième degré de la maladie^ la matière lifjuidc devient plus abondante. 11 se forme dans la masse cancéreuse des foyers plus ou moins nombreux , plus ou moins volumineux, pleins d'un liquide qui est d'ordinaire filant , icboreux, sanieux , souvent limpide , et quebpiefois trouble. Les parois des foyers s'enflamment, deviennent rouges ou briniâtres , et sont frappées d'un commencement de décomposition. Les foyers s'élargissent progressivement.
' Dans le troisième degré , la matière ichoreuse de
quelques-uns des fbyeis s'échappe au dehors , et il s^établit une ou plusieurs ulcérations à la surface de la tumeur. Le tissu cellulaire est enflaniuié , engorgé , mais il n'est pas toujours cancéreux. La peau présente une ou plusieurs ouvertures : elle est quelquefois seulement amincie et érysipélateuse aux environs des ouvertures; mais elle devient cancéreuse, si le cancer n'est pas toutà-fait simple : c^est dans ce dernier cas seulement , que l'on voit les bords de la peau s'épaissir et même se renverser. L^ulcération étant ainsi établie , la maladie fait des progrès rapides , et les excavations du cancer deviennent chaque jour plus profondes et plus étendues.
La douleur est presque nulle dans celte espèce , tant qu'elle est à son prenuer degré. Dans le second degré ^ elle ne devient pas toujours lancinante, excepté lorsque déjà les foyers ichoreux sont très-avancés. Mais dans le troisième degré ^ les douleurs sont lancinantes, et elles deviennent atroces dans les derniers temps de la maladie.
Nous avons vu le cancer hyaloïde dans les mamelles, dans le scrotum, dans le cerveau, dans le foie; nous l'avons vu aussi dans les os , dans le mésentère et dans beaucoup d'autres parties.
Ce tissu cancéreux a été observé et décrit depuis fort long-temps, de même que plusieurs autres espèces de tissu cancéreux ; mais chaque observateur avoit trop généralisé ce qu'il avoit vu ; et partant d'un fait bien observé , il s'en étoit servi pour étayer un système général conçu trop à la hâte , et appuyé d'un trop petit nombre d'observations.
§. III. Tissu cancéreux larinoïde ou lardiforme. Cette espèce ressemble beaucoup au lard du cochon.
On y voit un tissu lamelleux disposé en cellules plus ou moins irrégulières et inégales, de couleur blanche presque opaque. Il y a des vaisseaux sanguins très-déliés. On voit , dans plusieurs cellules j nne nialière luisante et transparente plus ou moins abondante , incolore y bleuâtre ou azurée , et qui présente un aspect assez analogue à colin de Teau glacée. En exprimant fortement la substance de ces tumeurs, on peuten faire sortir uneluuneur qui ressemble quelquefois à Peau pure, mais qui, plus souvent, est bien moins lupude, et qui est quelquefois très-iilante et presque semblable au blanc d'œuf ou à la svnovie.
Quoique ces tumeurs ressemblent au lard , si on les expose à la chaleur elles prennent une plus grand© densité et elles finissent bientôt par devenir blanches. Une partie de la matière ([ui étoit transparente , se liquéfie , et le reste prend une couleur analogue à celle du blanc d'œuf durci j la partie^^iquéûée est semblable à de l'eau très-pure.
Ces caractères sont bien suffîsans pour montrer que , malgré leurs apparences , ces cancers n'ont aucun rapport avec le lard auquel on les compare.
Le cancer lardifbrme présente une foule de variétés , dans lesquelles on voit les cellules plus ou moins grandes y et la substance lamelleuse en lames plus ou moins })lanches et denses, de sorte que , parim ces tumeurs, les unes ressemblent au lard, les autres k l'intérieur d'une poire , d'une pomme , d'une pèche ^ d'un radis y d'une petite rave. Or, toutes ces substances présentent, comme on sait , à leur intérieur, des cellules nombreuses qui renferment un suc transparent. Lorsque les cellules sont très-petites et peu nombreuses , le tissu de ce cancer est très-compacte, et il se rapproche du cancer chondroïde. Lorsque les cellules sont nombrauses et spacieuses , le
tissu est peu àense , et iî se lapproche de celui du ca.ncet hvaloïde.
Dans le deuxième degré du tissu cancéreux larinoïdey il se forme , d^ns la tumeur ^ un ou plusieurs foyers icboreux, plus ou moins éloignés les uns des autres , les parois des foyers s'enflamment , le foyer s'érend, s'élargit, les parties environnantes sont affectées d'une espèce j particulière de plilegmasie chronique j et à La fin l'ulcération se manifeste.
Dans le troisième degré , le tissu cancéreux lardiforme présente des inégalités et des anfractuosités remarquables. Les bords de l'ulcère sont renversés , inégaux et irréguliers. Il se détache de sa surface des flocons putrides , quelquefois assez volumineux 5 il s'y manifeste assez souvent des hémorragies plus ou moins abondantes. La peau est rouge 5 livide , et frappée d'une sorte d'érysipèle chronique aux environs des ulcérations.
Si l'on exprime le tissu cancéreux lardiforme qui ne suppure point encore et qui est arrivé au commencement du deuxième degré, et qu'on ramasse le liquide qui s'écoule des parties squirrhenses , ce liquide ne se coagule pas toujours par la chaleur, comme on pourroit s'y attendre: souvent il reste tout-à-fait liquide 5 s'il étoit trouble , il se clarifie quelquefois par la coagulation et la précipitation de la matière qui troubloit sa transparence. Dans quelques autres circonstances , le liquide dont il s^agit se coagule 5 mais il a bien moins de consistance que le coagulum fourni par le seruna du sang , ou par la sérosité des hydropiques.
Lorsqu'on examine le tissu cancéreux lardiforme , à la fin de son deuxième degré, ou dans son troisième degré, près des surfaces ulcérées , on en exprime une matière séreuse louche , ou bien un liquide lactiforme , et quelquefois une matière plus épaisse que de la crêriiej et d'un.
bknc de lait tourné 5 ce liquide est teint par une matière sanieiise.
Ce tissu cancéreux j le plus commun de tous et l'un des plus redoutables j occupe très-souvent les mamelles. On le voit encore à Testomac j aux testicules^ dans le cerveau , dans le foie , dans les glandes lym'phatiques y dans des masses développées spontanément à l'intérieur de l'abdomen ou du thorax. Il constitue aussi fréquemment les durillons cancéreux qu'on observe à la peau de quelques sujets qui ont un cancer au sein.
On l'avoit confondu dans le foie sous le nom de stéatome j avec les tubercules qui se développent dans le même organe, et on n'avoit pas fait attention que la structure du stéatome du foie est absolument la même que celle du cancer lardacé des mamelles. Seulement^ lorsque, ce cancer est dans le foie, il détermine presque toujours la mort avant d'être arrivé à son second degré 5 de sorte qu'il n'occasionne souvent alors presqu'aucune douleur locale.
En général 5 le cancer lardiforme suit une marche plus ou moins rapide j et occasionne plus ou moins de douleurs j selon que les cellules du tissu lardiforme sont plus grandes ou plus petites. La douleur est nulle dans le cancer lardiforme à son premier degré •j elle est lancinante dans le deuxième degré de la maladie 5 et dans le dernier degré elle est j de plus y brûlante , compressive eft gravative.
§. \Y . Tissu cancéreiiœ buniozJe ou napiforme, — ^ Cancer
napiformis.
Dans cette espèce , qui est fort rare , la dégénération cancéreuse a beaucoup de ressemblance avec l'intérieur d'une racine de navet coupée longitudinalement. La tu-
56 TRAITÉ DES MAT-ADIES CANCEREUSES,
meiir est très-fernie et très-compacte. Elle ressemble peu au lard 5 elle a plus de consistance. Luisante et niènie transparente dans divers points qui sont d'une couleur azurée , elle offre une luiillltiule de filamens ou de cordons flcxueux tout-à-faU ternes, opa([ues, d^in blaiic mat j ou cendré , ou gns , qni suivent diverses directions sans aucun ordre bien distinct, et (|u'on apeiroit facilement dans ce tissu transparent à la surface ducjuel ils semblent , au premier abo.d , former nue saillie. Le nombre de ces filamens flexnenx est (jnclcjuefois extrêmement considérable : plus il est abondant, plus la tumeur est 0])aque , dure , rémttente , compacte , et d\iii Liane mat. Quand les filamens sont excessivement nombreux , on n'aperroit, dans cette espèce de tissu cancéreux, qu'un très-petit nombre d'endroits luisans et transpareus.
Cette espèce de tissu cancéreux a des rapports marqués avec le tissu cancéreux lardiforme 5 mais elle est caractérisée par un tissu bien plus compacte et plus ferme, et surtout par les filamens flexueux qu'on y remarque. jNIoins ces filamens sont non;breux , plus le cancer se rapproclie du cancer lardiforme à petites cellules. Ou y aperçoit souvent de petits vaisseaux san-
guins.
Dans le premier degré de la maladie on ne peut faire sortir aiicim li(j[iiide de ce tissu iiapitorme , même en le comprimant entre les doigts. Mais dans le deuxième degré j c'est-à-dire lorsque la tumeur commence à se ramollir, on en fait sortir une sérosité incolore , transparente, souvent semblable à l'eau pure , d'atUres fois uu peu visqueuse. Dans le dernier degré de cette dégcnéiation , le tissu ramolli de la tumeur laisse exsuder , quand on le comprime , un fluide blanc semblable à du lait ou plutet à de la créniei
1 N T R(^DU CTIOX. 5j
Lorsque les filaniens flexiienx et opaques sont extrêmement aboiiJaus , cette espèce ue cancer [)asse très-difficilement an second dej^ié , et pent-ètre ne passe-t-elle jamais alors an troisième. On ne tronve jamais de foyer Je >>nppurati(5n dans celte espèce, exce(>lédans les cas où le* lilamens sont peu nombreux j et le tissu cancéicur tieb-analoiiue an ti^sn lai ditoiino.
La marciie des cancers formés cxchibivfmcnt par ce tissu est extraûidinalrement L'iile. Ils sVnilamment trèsdiificilement. QueUpiffois il siu vient à leur surface d<* petites nicérationb (|ni persistent pendant nn certain temps , et (jiii peuvent même occasionner quelcjues hémorragies.: ces ulcères ressemblent n des excoriations et se recouvrent souvent de petites crontes. Après nn laps de temps pinson moins lon*^, il nVst pas rare de voir un ou jUusieurs de ces ulcères se cicatriser , de sorte cpToa voit qnel([uefois plusieurs cicatrices sur une partie affectée de cette espèce de cancer.
D^autrc's fois , lorsqu'il est survenu une ulcération y elle ne s'élargit point j ses bords ne sont j)oint renversés 5 elle peisiste pendant dix , quinze , vingt , trente ans , et même au-delà , sans fane de progrès sensibles. Qiielf|nefois cet ulcère n'est qu'une sim[)Ie gerçure ou lin sillon profond ; ses bords semblent tendre à rentrer dans les chairs.
Les personnes qui succombent à cette maladie périssent par la fièvre hectique, par la suffocation , ou par d'autres maladies qui sont la suite du dérangement de quelque fonction importante , plutôt qu'elles ne meurent des suites de l'ulcération, qui est quelquefois à peine sensible , et d'autres fois complèlement cicatrisée à l'épocpie de la mort.
Lorsque ce tissu cancéreux est dans son premier degré, il est indolent. Dans le deuxième degré , surtout si les
fjlamens flexiieux sont très-al)on(^ans , la douleur n'est pas précisément lancinante , elle est plutôt compressive. D'autres fois elle n'existe pas. Mais dans les derniers temps de la maladie , il survient des douleurs insupporlables dans diverses parties , qui cependant ne sont pas le siège du cancer. Ces donlenrs sont extraordinairement pénibles , et les malades ne savent h quoi les comparer, ni co<nment s'exprinur pour i'aiie connoilre leur nature. Ces douleurs sont souvent accompagnées d'un mouvement fébrile.
i^'ious avons trouvé cette espèce de tissu cancéreux dans le sein , dans le foie , dans la rate , dans la membrane musculaire de l'estomac, et dans d'autres parties. Nous l'avons vue aussi occuper la peau , ou elle fornioit des durillons de la forme et du volume d'un pois partagé par le milieu.
Ce tissu cancéreux peut être isolé ou uni avec d'autres espèces. Il est le plus communément isolé 5 mais on {)eut voir cliez le même sujet le tissu napiformc dans uno partie, le tissu lardiforme dans une autre j le tissu cérébriforme dans une troisième j etc.
§. V. Tissu cancéreux cncéphaloïde ou céréhriforme.
Dans le tissu cancéreux cérébriforme , Fintérieur de la tumeur est d'un blanc de lait quelquefois légèrement nuancé de rose. Il est luisant, et n'a pas une transparence marquée 5 on y aperçoit seulement quelques petits points luisans, transparens et cristallins, et ces points sont quelquefois si petits , qu'on ne parvient à les distinguer qu'avec le secours d'une bonne loupe.
Ce tissu a communément un très-grand rapport de structure avec la substance cérébrale 5 mais il en a aussi quelquefois avec la graisse qui surcha'ge le mésentcre^
INTRODUCTIOX. 5c)
des cochons très-gras , et d'autres lois ce tissu se rapproche de celui du thymus de veau (ris de veau).
Sa consistance varie beaucoup. Nous l'avons vue quelquefois plus ferme que les granulations du thymus de veau 5 d'autres fois elle égale à peine celles du cerveau des adultes ; et daus quelques cas , où la masse cancéreuse avoit tin peu de ressemblance avec la colle tremblante de TamiJon, nous Tavons trouvée plus molU que le cerveau des jeunes enfaus.
Sa forme est très-variée 5 mais presque toujours sa surface extérieure est bosselée j ou lobée , ou même subdivisée. Les contours des grandes bosscliues sont doux y moelleux et arrondis j ceux des bosselures qui sont moins grandes, imitent les circonvolutions qu'on voit à la surlace du cerveau 5 et lorsque les lobes sont eux-mêmes lobules y la tumeur ressemble au ris de veau.
Lorsque ce cancer est contniu au tissu d'un organe , on n'aperçoit pas toujours les bosselures dont nous venons de faire mention j mais il est encore très-facile de le reconnoîlre , attendu que sa structure intime est toujours analogue à l'une des substances auxquelles nous Tavoiis comparée.
Il y a ordinairement beaucoup de vaisseaux sanguins dans le tissu de la tumeur. Lorsfju'ils sont assez gros pour qu'on puisse distinguer à I'omI nu leurs nombreuses ramiUcations , les parties de la tumeur où ils sont le plus nombreux sont d'une couleur rouge ou rosée. Lorsqu'ils sont tellement fins qu'ils ne peuvent être vus qu'à la loupe , la couleur est d'un blanc de lait, si les vaisseaux sanguins sont peu nombreux 5 elle est d'un blanc rose, s'ils sont excessivement abondans.
Lorsque le tissu cancéreux cérébrifbrme n'a encore subi aucune altération , il se présente dans l'état que nous venons de décrire. Il a quelquefois beaucoup de cou-
6o TRAITÉ DES MALADIES CAlXCEREUSES.
sistance , et mêmfevil résiste lorsqu'on le tiraille y d'antre» fois il est très-facile à déchirer ou à broyer par une légère pression. Il ne contient à cette époque aucun liquide particulier.
Dans le second degré , le ramollissement s'opère à-lafois dans un très-£^rand nombre de points. Il se forme quelquefois, dans diverses parties de latnme^r, de petites ecchymoses rosées , et même de petits épanchemens de sang aussi volumineux que des lentilles. Si on incise Is tumeur arrivée au deuxième degré , on voit que; sa consistance a beaucoup diminué : il suffit de la comprimer pour en faire sortir, par une infinité de pores presqu'imperceptibles , une matière très- blanche , qui ressemble parfaitement à de la crème épaisse ou à du lait. Une nuance rouoeàtre colore ce liquide, lorsque dans l'endroit qu'on exprime il y a un très-grand iiombie de vaisseaux sanguins ou de légères ecchymoses. Après qu'on a ainsi exprmié le liquide renfermé dans une portion de la tumeur, la partie solide qui a été c<)m{)rmiée est bien moins pesante , et elle semble avoir beaucoiq? moins de densité qu'avant qu'on en eût fait sortir le liquide qui l'imbiboit , ou plutôt qui étoit renfermé dans son tissu.
Lorsque la dégénération est arrivée au troisième degré j ces tumeurs sont extrêmement molles. Lors mêmeque leur tissu étoit ferme dans le premier degré , il tombe quelquefois alors en une sorte de bouillie, et ce ramollissement extrême s^étend quelquefois de la surface au centre y et communément du centre à la circonférence. C'est alors qu'il survient quelquefois, dans la tumeur^ des hémorragies , qui, lorsque la peau n'est pas ulcérée^ peuvent former une collection de sang très-abondante qui masque la maladie principale , au point de la rendre méconnoissable à ceux qui ne l'auroient point encore
INTRODUCTION. 6l
vue. Chez d'antres sujets le sang est pur dans le foyer àe répanchenient 5 mais on trouve j k la circonférence , des restes du tissu cancéreux ce réb ri forme , qui n'a aucun, rapport avec les couches sanguines de couleur sciure de bois , qu'on observe sur les parois des poches ané- Trisraales.
Ljcs douleurs produites par ce tissu j lorsqu'il est simple et qu'il n'occupe point la mamelle, ne sont point lancinantes 5 elles sont plutôt gravatives et compressives. Si la tumeur occupe la mamelle , elle peut acquérir un volume énorme , et incommoder plus encore par son poids que par les douleurs qui l'accompagnent. Les cancers formés par le tissu cérébriforme déterminent des ulcères horribles , excessivement sordides y et ils occasionnent quelquefois des hémorragies effrayantes. Les bords de l'ulcération ne sont pas fort épaissis j ils peuvent même être très-minces.
Nous avons trouvé le tissu cancéreux cérébriforme dans les mamelles, dans les testicules, dans les glandes lymphatiques , dans les poumons , dans le mésentère , dans le foie, dans les os, dans la dure-mère, dans le cerveau , dans les membres et dans presque toutes les parties du corps.
§. VI. Tissu cajicéreux gélatiiiiforme , ou colloïde.
Ce tissu ressemble un peu à la corne fondue, A la gela-» tine pure très-rapprochée et presque desséchée; il est luisant et un peu Liansparent lorsqu'il forme de î^rosses niasses distinctes. La substance gélatiiiiforrae se ramollit surtou t à l'intérieur^ et les parties moins ramollies , moins désorganisées, sécrètent un liquide séreux abondant, qui se ramasse en un foyer commun et se confond avec les portions désorganisées de la masse cancéreuse. Il peut ss
62 TRAITÉ DES MALADIES CA^Cl:RrUSES.
former ainsi plusieurs foyers distincts qui n'ont entreux aucune coniniunicatiôn. Quand le foyer est vidé, ou trouve un tissu gélatinifonne autour de ses parois 5 on pourroit comparer ce tissu à celui de la plante décrile par Linné, sous le nom de trumella gelatinosa^ qui croît principalement sur le genièvre {^juniptrus , Linné). Mais ilest très-raie que le tissu cancéreuxgélatinilorme soit disposé en grosses masses : il se présente, pour l'ordinaire , sous la forme de petits fdamens , de boiiigeons, ou de petites masses irrégulicres qui sont cntremcléfs avec des parties charnues non dégénérées. Ces bourgeons, ces filamensetces masses gélatiniformes lenfermentsouvent dans leurintérieur de très-petits vaisseaux sanguins très-minces, et d'autant plus manifestes que leur couleur rouge est Irès-facile à apercevoir, à cause de la transparence de la dégénération gélatinifonne. Ce tissu paraît très-mou à la vuej mais souvent, lorsqu'on le touche, on est surpris de trouver qu'il est ferme , résistant et fort difficile à écraser ou à déchirer.
Nous avons vu cette espèce dans plusieurs cancers cutanés, dans quelques cancers de la matrice, dans un trèspetit nombre de cancers de l'estomac, et dans quelques antres parties telles que le sein, etc. Elle occasionne des douleurs i/ti//a72 les, c'est-à-dire semblables à la titillation qu'occasionneroit un petit insecte qui marcheroit sur la peau. Lorsqu'elle a son siège dans la mamelle et qu'elle forme une masse considérable, les douleurs sont plus violentes 5 on voit survenir tous les symptômes de la cachexie cancéreuse. Il se forme souvent dans la mamelle un épanchement de sérosité sanguinolente : et dès que cette sérosité est évacuée et que l'ulcère est en contact avec Tair extérieur, les malades ne tardent pas à succomber.
Les six espèces de tissus cancéreux que nous avons décrites précédemment constituent véritablement des es-
pèces simples. Il u'eii est pas tout-à-fait de même des trois autres espèces qui nous restent à décrire.
§. VIL Tissu cancéreux compose,
Les tumeurs cancéreuses composées présentent un trcscrand nombre devariétés. Les unes sont composées de plusieurs des espèces précédentes ; les autres ne sont pas seulement formées par plubieurs dégénérations cancéreuses, mais elles sontintnuement mêlées avec des dégénérations tuberculeuses , ou avec des développetnens de corps fibreux, ou avec des substances véritablement cartilagineuses ou osseuses: (juelquefois aussi elles sont combinées avec une véritable plilegma^ie cbroni(pie.
Dans ces diverses combinaisons, tant (jue la tumeur n'est pas dans un état de siip[)uralioii ou de destruction , il est faciU, en l'examinant avec soin , de reconnoître ses divers caractères. *
Celle qui est composée de plusieurs des dégénérations cancéreuses que nous avons décrites précédemment est facile à reconnaître, en examinant séparément ses di- Ycrses parties d'après les règles que nous avons tâché d'é tabl ir précédem men t .
Quand la tumeurcancéreuse est combinée aveeune dégénération tuberculeuse , ce qui est très-fiéquent , on voit , après avoir incisé la tumeur , cpie les parties cancéreuses sont blanches et luisantes» taudis que la dégénérescence , ou riufihratiou tuberculeuse , est d'un blanc terne et tout-à-fait opa(|Uû , qui tranche d'une manière remarquable avec l'aspect luisant des parties purement cancéreuses.
Lorsqu'un développement cartilagineux a. heu dans une tumeur cancéreuse, on reconnoît aisément le cartilage , quoiqu'il ne soit jamais luisant et poli comme les
cartilages qui recouvrent les extrémités fies os longs. On y aperçoit clistiiicten)ent une structure fibreuse que n'a pas le cancer cartilaginilorme 5 ce dernier présente d'ailleurs de petits points transpar*?nts et conune cristallins. Dans les cartilages accidentt-ls il se forme aussi des points d'ossification, ce qui n'arrive jamais au cancer cartilaginiforme , c[iii tend an ramollissemt'nt et à la destruction, tandis que les cartilages accidentels tendent à s'ossiiior.
Quant aux tumeurs cancéreuses qui sont combinées avec les corps fibreux accidentellement développés dans l'économie,, elles sont faciles à reconnoître dès qu'on a iru dos corps fibreux et des, lumeius cancéreuses dans leur état de simplicité. Les substances fibreuses ont une structure uniforme bien distinctement fibreuse 5 et cette structine , que nous avons décrite ci-dossus , chap. IV, §.1I, art. 2, ne ressemble en aucune nianière h celle des tumeurs cancéreuses. Ainïii donc , dans les tumeurs composées en partie iViin dévelopj)enient fibreux^ et en partie d'un développement squirrbeux , on reconnoît,dans cliaque portion qu'on examine, à quel mode Je dégénération elle doit être rapportée.
Il seroit inutile d'entrer dans un plus long détail sur les tumeurs cancéreuses composées 5 nous devons seulement avertir que la plupart des cancers sont formés par ces tumeurs composées, et que c'est là peut-être ce qui rend si différentes les descriptions particulières que les auteurs ont données du squirrbe et de la base dure qui soutientlesulcérationscancéreuses. Chacun a décritl' exemple qu'il avoit sous les yeux 5 et n'ayant pas examiné assez de cancers pour connoitre la diversité de leur structure intérieure, il a attribué à tous ce qui n'appartient qu'a. certaines variétés. Les observateurs ont encore confon<iu avec le cancer la pblegmasie chronique des parties environnantes , ou des parties non cancéieuses d'une tumeur
composée ; c'est ainsi qu'en partant d'une observation exacte^ mais isolée, on peut arriver à de faux résultatsf lorsqu'on se hâte trop de généraliser ses idées.
§. VIII. Tissu cancéreux entremêlé, — Cancer intermixtuso
Le tissu cancéreux entremêlé est moins une espèce distincte de dégénérescence cancéreuse qu'un mode particulier de distribution du tissu cancéreux, de l'une ou l'autre des six premières espèces. Dans ce cancer la dégénération cancéreuse est d'abord sous la forme de petits points , de filaniens ou de filons distincts. Elle est véritablement entremêlée dans le tissu encore sain de la partie qui est le siège du caïicer. Ces points , ces filamens , ou ces filons irréguliers, sont plus ou moins gros, plus ou moins nond^reux, plus ou moins rapprochés les uns des autres. Quand les points sont très-petits , on ne les aperçoit pas à Toeil nu. Le tissu enviroiiiiant est dur, rouoe. gonflé , calleux. En incisant ce tissu durci et en l'examinant à la loupe, on aperçoit les petits points luisans et cancéreux. Lorsque la maladie a fait plus de progrès, on reconnoit ordinairement, par la dissection de la parti© malade , que les filamens et les filons cancéreux ont: complètement envahi certaines portions qui forment do petites niasses devenues en totalité cancéreuses , c'est-àdire semblables à un des tissus cancéreux simples. Mais on aperçoit un peu plus loin des parties dans lesquelles lo tissu cancéreux est encore entremêlé avec le tissu sain: ec les portions cancéreuses sont d'autant pliis- petites eC d'autant moins nombreuses qu'on s'éloigne davantage de la partie déjà totalement devenue cancéreuse.
Dans le tissu cancéreux entremêlé , la dégénération peut ressembler au tissu du lard , à celui d'une substanct^ gélatineuse j ou de la jcome fondue^ ou bien encore au
66 TRAITÉ DLS MALADIES CANCEREUSES.
cerveau, à un cartilage, ou à la substance d'un na- Tet, etc. Elle peut aussi être composée de plusieurs de ces allérations primitives, de sorte que le cancer entremêlé offre un très-grand nombre de variétés.
Le tissu cancéreux peut se présenter dans trois états différens, savoir ; dans l'état de consistance très-solide, dans l'état de ramollissement commençant, et enfin dans un état de destruction et de décomposition plus ou moins complète.
La douleur qu'occasionne le cancer formé par cette distribution du tissu cancéreux, varie selon l'espèce de la dégénération organique et selon l'organe qui est le siège de la maladie. Il n'y a quelquefois aucune douleur, surtout quand le tissu cancéreux est cérébriforme. Dans d'autres cas, la douleur existe avec plus ou moins d^intensité : elle peut alors être gravative , ou brûlante, ou lancinante , ou prurigineuse , ou semblable à une trèslégère titillation comme celle que produiroit une fourmi qui marclieroit sur la peau du visage.
On observe "principalement le cancer entremêlé h la matrice , à la langue , à la lèvre inférieure , aux diverses régions de la face, et en général dans toutes les parties qui peuvent être affectées des ulcères rongeans nommés cancers cutanés , ou ulcérations cancéreuses primitives,
§. IX. Tissu cancéreux superficiel.
Cette espèce ne diffère de la précédente qu'en ce que le tissu cancéreux, au lieu d'être enfoncé et en quelque sorte entre" lardé dans le tissu sain, se trouve seulement à la superficie de l'ulcération cancéreuse ou ne pénètre pas à une grande profondeur de la surface nlcérée. La maladie a d'abord son siège dans le tissu situé immédiatement au-dessous de l'épiderme ou de l'épithélium , ou bien dans quelque excroissance qui prend sa racine au même endroit.
ÎIMTRODUCTION. G^
Lorsqu'on dissèque ces sortes d'ulcérations , on ne Toit aucun point , aucun filament cancéreux qui soit en entiei" situé dans le tissu sain , de manière à n'être point visible a Textérieur. Jamais, dans le cancer superficiel, le tissu cancéreux ne (orme une masse qui devienne cancéreuse dans sa totalité. Les points cancéreux ne sont quelquefois visibles qu'à l'aide d'une forte loupe.
Nous avons vu le tissu cancéreux superficiel à la fiace , à l'intérieur de la bouche, à la gorge, et à la matrice.
Cette espèce de cancer n'est peut-être qu^une variété du cancer entremêlé 5 car nous avons vu des caucers superficiels , ou du moins qui paroissoient tels, acquérir, après une lougue durée , tous les caractères du cancer entremêlé.
Dans quelques cas où Ton ne peut apercevoir à l'œil nu aucun point cancéreux à la surface de l'ulcère ^ on trouve les glandes lymphatiques voisines tuméfiées et trèsévidemment cancéreuses : souvent elles ont acquis la structure du tissu cancéreux lardifoiTne ou du tissu cérébriforme.
CHAPITPlE IV.
Des différentes formes de la dégénération cancéreuse.
Après avoir décrit en particulier les neuf espèces de tissus cancéreux qui constituent parleurs diverses combinaisons toutes les dégénérations cancéreuses, nous devons parler ici des différentes formes sous lesquelles ces dégénérations se présentent à l'observateur, abstraction faite du siège qu'elles occupent et des tissus qui les composent. Considérées sous ce rapport ^ les dégénérations
68 TRAITE DES MALADIES CAlVCEREUSES.
cancéreuses peuvent être divisées en quatre grandes sec-» lions , savoir :
lO. Les corps cancéreux 5
a*^. Les transformations cancéreuses 5
3°. lies végétations cancéreuses 5
Nous allons entrer dans quelques détails sur ces quatrç formes de la dégénération cancéreuse.
§. I^"". Corps cancéreux*
Les corps cancéreux, ou masses cancéreuses, sont des tumeurs isolées plus ou moins volumineuses , d^in blanc luisant, d'une consistance plus ou moins ferme, et d'une structure intime particulière, qui varie selon que la masse cancéreuse appartient à l'une ou à l'autre des six espèces simples de tissu cancéreux qui ont été précédemment décrites.
Nous ignorons si ces corps cancéreux sont en entier une production nouvelle qui s'engendre spontanément dans nos organes , ou bien s'ils sont produits par le développement d'un germe préexistant : les recherches que nous avons faites sur ce point ont été totalement infructueuses. Ils peuvent se développer dans presque toutes les parties du corps , et particulièrement dans les organes parencliymateux , dans le tissu cellulaire intermusculaire , et dans celui qui est situé sous la peau ou sous les membranes séreuses. Leur forme est très-variée. Ils sont contigus et non continus au tissu des parties dans lesquelles ils se développent. Ils sont rarement enkystés. Ilg ne passent jamais à l'état fibreux ni à l'étatcartilagineux pu osseux , et ils tendent, pa.r leur développement pro» gressif , à une suppuration et à une destruction plus pi^ /^oins complètes.
tXTROÙUCTION. 6g|
il nVst pas rare de trouver chez le même sujet plusieurs cocps cancéreux développés dans le même organe ou même dans des parties différentes.
La plupart des corps cancéreux sont lardiforraes ou cérébriformes j nous en avons vu aussi qui étoient formés par le tissu byaloïde. Il en est qui sont laVdiformes dans leur intérieur^ et cartilaginiformes à leur surface. Souvent ils laissent npercevoir dans leur tissu quelques portions infiltrées de matière tuberculeuse.
Lorsque ces tumeurs sont situées dans des viscères parencliymateux d\ine grande importance j elles en altèrent Ips fonctions , et la mort arrive communément avant que le cancer ait parcouru toutes ses périodes , de Sorte qu'au moment de la mort la masse cancéreuse est encore très-ferme 5 d'autres fois elle est déjà ramollie dans divers endroits , et on en exprime un suc différent selon l'espèce du cancer et la période de la dégénération» Il est très-rare que ces masses cancéreuses soient ulcérées dans les cas dont il s'agit ici.
Mais il n'en est pas de même lorsque la maladie est située dans le scrotum , à la mamelle , dans le tissu cellulaire intermusculaire ou sous-cutané , etc. Si l'on, n'en fait pas l'extirpation j elle parcourt toutes ses périodes j elle devient douloureuse dans son second degré, et à la fin elle occasionne une ulcération cancéreuse dont la forme varie selon l'espèce du cancer*.
En général , lorsque la dégénérescence cancéreuse dont il s'agit passe du second au troisième degré , la peau devient adhérente à la tumeur j si déjà elle ne l'étoit. Elle subit dès-lors la dégénération cancéreuse et elle s'ulcère.
C'est vers cette époque qu'on voitparoître les hémorragies , les fongosités j et les divers accidens inséparable^ des maladies cancéreuses.
70 traitl: dt.s màu^dies cancu:reuses.
Le caractère de la douleur varie selon Fespèce du tissu cancéreux j elle devient quelquefois atroce lorsqtic le cancer est lardacé, tandis qu'elle peut rester irès-moàéièe dans le cancer cérébrifomie.
Nous avons trouvé des corps cancéieux dans le foie , dans le cerveau, dans le tissu cellulaire des mamelles , du scrotum, dans celui qui recouvre les parotides, le pancréas, dans le tissu cellulaire situé sous les membranes séreuses qui tapissent les grandes cavités splancliniques. Nous en avons vu d'.iutrcs dans le tissu cellulaire intermusculaire , et dans le tissu cellulaire souscutané.
En traitant du cancer des divers organes , nous indiquerons les espèces particulières de corps cancéreux que nous avons trouvés dans cliaque partie.
§. II. Transformât ions cancéreuses.
Nous nommons transformation cancéreuse ^ une dégéiiération spéciale du tissu des oi'ganes , qui subit une véritable métamorphose et acquiert une structure intime nouvelle , qui ne ressemble plus au tissu primitif de l'organe, mais à celui d'une des espèces de tissus cancéreux que nous avons décrites.
Les transformations cancéreuses diffèrent des corps cancéreux, en ce que ces derniers sont contigus au tissu des organes dans lesquels ils se développent, tandis que les transformations cancéreuses sont une dégénération du tissu propre de l'organe qui est affecté d'une maladie cancéreuse.
Les transformations cancéreuses n'ont pas précisément la même forme que les corps cancéreux 5 mais elles présentent absolument la même structure intime que l'espèce de cancer auquel elles appartiennent. Leur forme
INTRODUCTION. fj 1
est diflféiente selon le siège et la période de la maladie. INfais presque toujours , dans le premier et le second degré j on reconnoît encore, au nioms dans certains endroits , la structure primitive de Porgane affeclé.
Parmi les neuf espèces de dégénérations cancéreuses que nous avons reconnues , il en est qui affectent plus particulièrement tels ou tels organes. Ainsi la matrice présente presque toujours le cancer lardacé et entremêlé 5 le poumon 5 le cancer cérébrilorme j les os, le cancer hyaloïde ou le cancer cérébriforme 5 les glandes y le cancer lardacé ou le cérébriforme, etc. Le tissu graisseux qui entoure la mamelle , est pailiculièreinent sujet au cancer lardiforme. La glande mammaire présente une foule de variétés 5 mais la marche du cancer mammaire est d'autant plus lente (jue la dégénération cancéreui>e se rapproche plus du cancer napiiorme et du cancer cartilaginiforme , ou du cancer lardiforme à très-pelites cellules.
Dans les organes composés de tissus dilférens, le cancer est très-souvftnt d^une espèce différente dans chaque tissu. Ainsi , dans le cancer de l'estomac , la membrane musculaire présente souvent le cancer cartilaginiforme, tandis que la membrane muqueuse est aliectée , soit du cancer lardacé , soit du cancer cérébriforme j et la membrane séreuse reste ordinairement saine, ou bien elle présente des végétations tantôt cartilaginiformes , tantôt hyaloïdes.
Il n'est point rare de rencontrer à-la-fois , dans le même organe , des tumeurs , des transformations et des végétations cancéreuses. On reconnoitra d'autant plus facilement ces altérations composées, qu'on aura mieux étudié chacun de leurs élémens.
Nous avons trouvé un grand nombre de parties affectées de transformations cancéreuses. Celles qui se sont
72 TRAITE DE§ MALADIES CA^-'cÉrEUSES.
présentées a. nous dans cet état, isolément, c'est-à-cliré aucune autre partie n'étant affectée en même temps y sont la. peau , le tissu cellulaire , le pancréas , les mamelles , les glandes sublinajuales j cervicales, axillaireS, înésentériques , inguinales et sous-cutanées des diverses parties , la glande thyroïde , les poumons , te pharynx > l'œsophage, Pestomac, les intestins grêles, le cœcum j le colon, le rectum, le mésentère , la plèvre, les reins, la vessie, le Vagin , la matrice , les ovaires, les testicules, la prostate, la dure-mère , le cerveau , les nerfs et les os.
Nous n'avons vu aucun cancer primitif du tissu diï cœur, ni de celui des muscles de la locomotion. La transformation cancéreuse du tissu du loie et de la raté est assez rare , tandis que le foie renferme très-souvent des corps cancéreux.
Les transformations cancéreuses s'élargissent progressivement : mais elles semblent quelquefois s'arrêter, lorsqu'elles sont arnvées sur les confins d'un organe qui n'a pas précisément le même mode de sensibilité que celui dans lequel elles ont pris naissance. C'est ainsi que souvent les cancers de l'estomac ne dépassent point le pylore ou le cardia.
Mais si une grande quantité de tissu cellulaire entre dans la composition de l'organe qui a subi la transformation cancéreuse, on voit cette dégénérescence se propager , avec une très-grande facilité, dans toutes les parties environnantes. On peut en trouver des exemples nombreux dans les cas de transformation cancéreuse des glandes mammaires, et dans celle des testicules.
Souvent un organe , qui n'avoit d'abord subi qu'imparfaitement la transformation cancéreuse , finit par devenir totalement cancéreux , au moins dans une partie de son étendue, parce que la dégénération cancéreuse envahit les portions restées primitivement intactes. Le
INTRODUCTION. i^t
canc«r de la matrice en fournit un exemple fi.ippant. Au moment de son début, il appartient à Tordre des éruptions cancéreuses , et à l'espèce des cancers entremêlés ou des cancers superficiels j mais , dans les derniers temps , toute la portion de la matrice qui est le siège immédiat de Pulcération , a communément subi , en totalité , la transformation cancéreuse. On ne voit plus les filamens cancéreux que dans les endroits un peu éloignés de la surface ulcérée.
Les ulcérations qui d'abord n'étoient point cancéreuses , et qui le deviennent à une certaine époque, comme certaines ulcérations siphilitupiescpii passent à l'état cancéreux, forment des transformations cancéreuses ^ dans lesquelles tout le tissu altéré devient cancéreux.
§. III. Végétations cancéreuses*
On a donné le nom de végétations , à des excroissances dont la base est implantée à l'intérieur de la matrice^ 6nr les membranes muqueuses , et même à la surface du corps ^ et qui sont de diverse nature , savou' : i". fongueuses ou analogues à la structure des membran3s muqueuses 5 2°. fibreuses ou de la même nature que Jej? corps fibreux de la matrice j 3°. vésiculaires ou formées par un amas de petites vésicules 5 4°* vasculaires on formées par une multitude de vaisseaux sanguins ; 5°. caverneuses ou d'une structure analogue à celle des corps caverneux de la verge , ou bien à celle du. parenchyme de la rate 5 6°. verruqueuses ou semblables à de petites verrues , etc.
Tant que ces végétations présentent un tissu uni-» forme et semblable à ceux dont il vient d'êti'e fait mention , elles n'ont aucun rapport avec les maladies cancéreuses. Mais elles n'ont pas toujours une struclHr-s
aussi simple. Il en est qui sont , dès leur origine , de Teritables tumeurs cancéreuses. Quelques autres , sans être cancéreuses en totalité , renferment , çà et là , de petites portions de dégénérations cancéreuses entremêlées •avec leur tissu. Lorsque la végétation est totalement cancéreuse, elle présente , assez souvent, dans son principe, les mêmes ap[>arences que les autres excroissances polypeuses 5 mais elle ne conserve pas jusqu'à la fin ce caractère de bénignité. Dès que le sqnirrhe passe du premier au deuxième degré , ce^ végétations qni , jusques-là, n'avoicnt rien eu d'elfrayant , prennent, tout-à-coup ou insensiblement , un caractère et des apparences évidemment analogues aux antres dégénéra tions cancéreuses. La végétation s'accroît, l'ulcération détermine des hémorragies quelquefois effrayantes , ou bien la dégénération cancéreuse gagne les parties voisines, les durcit, puis les ulcère , les détruit successivement, et occasionne enfin des accidens mortels. Lorsque la substance du polype est seulement entremêlée de quelque portion de substance cancéreuse , la maladie présente les sympt«3mes et suit la marche des cancers entremêlés , c'est-à-dire de la plupart des cancers cutanés et des ulcères cancéreux de Ici matrice.
Les végétations cancéreuses affectent les membranes muqueuses , et en particulier l'intérieur du nez , la sur^ face interne de l'estomac , du rectum , la conjonctive , la caroncule lacrymale , l'intérieur de Poreille j on les a vues implantées au vagin , dans l'intérieur de la matrice, à la dure-mère , à la peau , et notamment au nombril.
Les dégénérescences qui constituent le plus souvent les végétations cancéreuses , sont : 1^. le tissu cérébrifbrmej 2°. le tissu lardiforrae 5 3°. le tissu entremêlé 5 4°. le tissu composé.
C'est à la transformation cancéreuse qu'on doî!: rap-
INTRODUCTION. r;^
norter les polypes, qui n'étant pas pnmitivement cancéreux , viennent à subir cette dégénération.
§. IV. Eruptions cancéreuses ,
Les éruptions cancéreuses sont de très-petites parties de tissu cancéreux (jiii se forment à la buiface ou. près de la surface de la peau ou d'une autre partie exposée au contact de Fau'. Elles prodmsent dans l'eiidioit où elles bont situées une très-légère altération, à peine perceptible dans les premiers temps, mais qui déterunne à la longue une ulcération plus ou moins étendue. Celte ulcération finit ordinairement par devenu- mortelle lorsqu'elle e^t livrée à elle-même ou combattue par des médicamcns insuffisans ou mopportuns.
Les éruptions cancéreuses forment les cancers cutanés primitifs. Les ulcérations qui sont le résultat de ce» éruptions j appartiennent au tissu cancéreux entremêlé , ou au tissu cancéreux superficiel.
Les éruptions cancéreuses peuvent affecter le nez, les paupières, les pommettes , les lèvres, les gencives, la voûte palatine , la langue , le pliarynx , la matrice, le scrotum , la verge . le nombril , l'extérieur des mamelles , et la peau des diverses parties du corps.
Il paroîtra surprenant, au premier aperçu, que nous ayons présenté , sous le point de vue de l'anatomie patbologujue , deux divisions générales des affections cancéreuses qui ne semblent avoir entr'elles aucun rapport 5 mais, après une mûre réflexion , on verra que la description des neuf espèces de tissus cancéreux , et celle des différentes formes qu'ils peuvent prendre , étoient indispensables pour bien entendre les généralités relatives aux maladies cancéreuses qui seront l'objet de la premi' re partie. Ces divisions et ces subdivisions , très-Iu-
^6 TRAITE DES MALAbiES CA^'CEREUSES.
tnineuses sons le rapport de Faiiatomie pathologique^ n'étoient pas moins uécessàires pour éclaircir l'histoire particulière du cancer de chaque organe. On sait, par exemple, que tous les cancers du sein ne présentent pas les mêmes symptômes, ne suivent pas la même marche, île se terminent pas de la même manière, etc. Il sera bien plus facile de les étudier et de les décrire , lorsqu'on isaura que la structure intime de ce cancer n'est pas toujours la même , et que ces différences de structure peu- Vent déterminer des symptômes différens j que la glande tnammaire est quelquefois le siège de la maladie , et que dans d^autres cas elle est Saine 5 qu'enfin la maladie peut présenter une combinaison de diverses espèces de tissus cancéreux, ou la complication du cancer avec d'autres dégénérations organiques d'une nature diffé-^ tente.
Ce que nous disons du cancer du sein, nous pourrions l'appliquer au cancer des autres parties. Mais nous croyons en avoir dit assez pour faire sentir quo les détails d'anatomie pathologique dans lesquels nous sommes entrés , dévoient nécessairement servir d'intro-' ductiou à Phistoire générale du cancer , comme à celle des maladies cancéreuses en particulier.
DES
JMALADIES CANCEREUSES.
VJ ET ouvrage sera divisé en quatre parties.
La première renfermera les généralités relatives au squirrhe , au cancer, à la cachexie cancéreuse^ et au caractère tlistinctif des maladies cancéreuses.
La seconde traitera des maladies cancéreuses en particulier y du traitement spécial qu"'elles exigent , et des maladies qui peuvent les simuler.
La troisième aina pour objet l'histoire générale des maladies cancéreuses^ et la discussion de diverses ques^ tions générales relatives au cancer.
Eniiri la quatrième fera connoître les moyens curatifs qui ont été proposés pour le traitement des maladies can-: cérenses , la manière de faire usage du ces moyens , et les effets qu'on en peut obtenir.