CHAPITRE IL
Caractères distinctifs de la dégénération cancéreuse^ et de plusieurs autres dégénérations qui pourroiejit être confondues avec le cancer^ quoiqu'elles en diffèrent essentiellement.
Ce chapitre sera divisé en trois articles. Dans le premier, nous décrirons la dégénération cancéreuse en f»énéral , et abstraction faite de ses différentes espèces , sur lesquelles nous aurons occasion de revenir. Dans le second j nous ferons connoître successivement les diverses lésions organiques qui ont pu être confondues avec le cancer. Enfin ^ dans le troisième , nous mettrons en parallèle la dégénération cancéreuse avec les autres espèces d'indurations , afin de mieux faire sentir leurs rapports et leurs différences.
Article Pp^emieh.
Caractère distinctif de la dégénércdion cancéreuse.
IjSl substance cancéreuse , qu'on pourroit nommer aussi tissu ou parenchyme cancéreux, est blanche , luisante, et paroit au premier coup-d'œil d^une couleur uiiifonr.G. En l'cxaminaut avec plus de soin , on recon-
iioît qn^elle n'est pas parfaitement homogène, et en la regardant de très-près à l'œil nu , et mieux encore avec une loupe , on voit qu'elle préseute un parenchyme spécial formé par Punion de deux substances biillanles y l'une opaque, l'autre transpareu te ou demi-transparente. Celle ([ui est opaque, est formée par des lames disposées en filamens , en cellules, etc. L'autre ne paroît point organique , ou du mouis on n'y aperçoit aucune orgu" nisaliou. Elle est contenue, et en c^nirlque sorte dt'j)Osée dans des cellules ou aréoles foi niérs par la substance la» nielleuse. T*es lames de cette dciiuèrc sont quelquefois si Cries, qu'elles échappent à la vue 5 alors elles sont aussi transparentes. La substance inorganique est incolore , azurée, vert-de-mcr, bleuâtre , bb^j-de-ciel , etc. 5 quelquefois , mais très-rarement , elle est blanche ou rougeatre. C'est cette substance transparente ou dcmi-transj)arente qui donne au parenchyme cancéreux un aspect
analosue à celui du lard ou de toute autre substance
organupie formée par un réseau cellulaire rempli de sucs.
Aussi le tissu cancéreux est-il comparé , par la plupart de ceux qui l'observent pour la première fois-^ à la subst^Lnce intérieure d'une pêche , d'une orange, d'un radis y d'une pomme , du lard , etc.
Communément les lames du parenchyme cancéreux sont inégales , irré^uhères , de diverse largeur et de diverse épaisseur. Elles sont disposées sans ordre et en divers sens , de manière que la plupart d'entr'elles forment des aréoles très-irréguhères. Lorsque le tissu lamelîeux est très-fin et la substance inter-aréolaire d'un blanc de lait ou un peu rosé , le parenchyme cancéreux présente un aspect un peu analogue à celui du cerveau , d'autres fois à celui du thymus de veau ( riz de veau) , etc. Souvent alors toute la masse cancéreuse paroit uniforme , et on y aperçoit difiicilenient les deux
INTRODUCTION. sS
^ubstarjces.uistinctes 5 mais elle est à^un blanc cle laiton 4*un blanc rosé, et toujours fort luisante , quoiqu'elle ne soit presque point transparente.
Le parenchyme cancéreux forme quelquefois une seule masse parfaitement uniforme; (l"'autres fois cette masse est divisée irrégulièrement par Jes lames ou des bandes comme lli^ameuteuses, plus ou moins longues et épaisses, et quelquefois subdivisées. Ces bandes paraissent formées par la substance lamelleuse An parencliynje cancéreux. Dans bien des cas, une grosse masse cailcéreuse est formée par de plus petites masses entre les<juelles se trouvent des sortes de membranes séreuses sans ouverture qui recouvrent la surface correspondante des deux masses voisines, à-peu-près comme la membrane séreuse qui forme Tintérieur de la tunique vaginale et se réfléchit pour recouvrir la surface du testicule.
Les dégénérations cancéreuses sont toujours parcourues par des vaisseaux sanguins ; mais ces vaisseaux sont extrêmement fins , et ils sont d'autant moins abondans que la dégénération est plus luisante et qn^elle offre une plus grande quantité de points cristallins.
Les vaisseaux variqueux qu'on observe aux environs de certaines tunieurs cancéreuses se portent jusqu'à la surface des parties endr.rcies et squirrheuses : mais ils ne pénètrent point dans leur inlériÉ'ur^ quoiqu'ils soient «ombreux et qifon les trouve en grande ([uautitédans les environs de la tumeur et même dans les portions de tumeur qui sont simplement enflammées sans être cancéreuses. Le parenchyme cancéreux peut former une masse isolée^ ou bien être entremêlé avec le tissu non dégénéré de la partie qui est le siège du cancer. Dans ce dernier cas elle forme des points , des linéamens , et quelque-, fois des sortes de filons cancéreux , disposés en plus ou ?noins grand nombre dans le tissu de i'oigane afïèclé»
La dégénéiation cancéreuse présente trois degrés. Le jyremier degré est celui tl'iiifliiration uniforme qui vient d'être décrit ; c'est ce qu'on peut appeler Pétat de crudité. Le second degré^ qu'on peut nommer V état de ramollissement^ est caractérisé par une sorte d'amollissement de la matière transparente, ou du moins par sa plus grande îibondance , son changement et la facilité d'exprimer un liquide en comprimant des portions isolées de la tumeur. Il est encore caractérisé par l'ulcération (jui procède tantôt de l'exténeur à l'intérieur ^ tantôt de l'intérieur à l'extérieur. Quand ce ramollissement an ive , si les points cristallins sont très-petits, et surtout si la dégénération squirrlieuse est presque homogène, et un peu semblable au tissu du lard , à celui du cerveau ou à celui du ris de veau^ le ramollissement détermine la formation d'une matière blanche , presque semblable à du lait ou à de la crème , qui imbibe le tissu cancéreux, de sorte que ce dernier semble alors transformé en un tissu spongieux rempli de cellules très-fines d'où l'on peut faire soitir par la compression un liquide épais , souvent aussi blanc que le lait ou la crème. Si le tissu cancéreux est très-dense, le liquide est alors séreux , mais louche et quelquefois aussi un peu blanchâtre.
Souvent la masse squirrheuse présente dans son intérieur, à l'époque du ramollissement , des foyers ou des excavations remplies de liquide séreux , sanieux , ichoreux, putride, filant, liquide, et comme gélatineux ou d'une autre nature > incolore , louche , rougeâtre , verdâtre , brunâtre, jaunâtre, mais presque toujours plus ou moins transparent 5 les parois de la cavité sont de différentes couleurs et de diverses formes. Le volume de ces excavations varie depuis celui qui seroit nécessaire pour loger un grain de blé, jusqu'à celui qui seroit suffisant pour contenir une fève de marais ou même un corps plus
IXT RODUCT lOX. 27
gros. Qneli|ucs excavations sont formées dans des sortes d« kystes. Mais la plupartd'entreellessontcrenséesdausle tissu cancéreux etsont de véritables ulcérations intérieures des tumeurs squirrheuses. En général, ces excavations sont d'autant plus considérables et d'autant plus nombreuses, (]ue le tissu de la tumeur est moins uniforme , et qu'il renferme des cellules plus grandes et une plus grande quantité de matière cristalline. Tout aux environs des excavations, le tissu squirrlieux est souvent ramolli dans divqrs points et imbibé du liquide séreux ou lactifornie dont il a été fait mention précédemment.
Quand l'ulcération cancéreuse procède de l'intérieur à l'extérieur, c'est presque toujours les excavations dont nous venons de pailer qnl s'élargissent jusqu'à ce qu'elles soient ouvertes à l'extérieur.
Le troisième degré , qu'on peut nommer Vétat de dé" composition , est facile à reconnoître par une ulcération dont les bords sont épais , inégaux , rarement taillés à pic , et souvent relevés ou même renversés , et dont la surface est inégale, plus on mou^s profondément sillonnce, et portée sur une tumeur squirrheuse. La portion qui est près de la surface , passe insensiblement du deuxième au troisième degré, et se détruit graduellement pendant que d'autres parties éloignées de cette snrface sont encore dans l'état de crudité.
Quant aux symptômes qui accompagnent ces affections cancéreuses dans leurs divers degrés, nous les indiquerons, en traitant en particulier de chaque affection cancéreuse 5 car ces symptômes sont extrêmement différens dans les divers organes 5 et dans les cancers qui ont leur siège dans la mérne partie, les douleurs sont fort différentes encore j lorsque la structure du cancer n'est point la même. Néanmoins on peut dire en général que la plupart des tumeurs cancéreuses sontindo'
2 8 TRAITÉ DES MALADIES CATCCÉrEUSES.
lentes dans leur état de crudité stationnaire5 donlourenses , dans Fétat de raniollissenient et dans celui d'ulcération.
Nous décrirons les différences de structure des diverses espèces ou variétés du tissu cancéreux dans le troisième chapitre de cette Introduction.
ArTI CLE II.
Lésions organiques qui peuvent être confondues avec la dégcnération cancéreuse.
Les lésions organiques qui peuvent être confondues dans quelcjues cas avec la dégénération cancer, use sont : 1° les dcgénérations tuberculeuses, 2° les phleguiasie5 chroniques 5 3** les indurations œdémateuses chroni([nes j 4° les dégénérations fibreuses, 5° les déoénérations composées. jS^ous tracerons les caractères distinctifs de chacune d'entr'elles dans les cinq paragraphes suivans :
§. I^"^. Caractères distinctifs de la dégénération tuberculeuse.
Dans la dégénération tuberculeuse, la partie altérée est uniforme , opaque , ordinairement d'un blanc cendré ou légèrement citrin , ou un peu gris , on même noirâtre 5 elle n^est jamais luisante. La couleur peut varier depuis le blanc mat et le jaune serin jusqu'au brun j mais toujours l'opacité est absolue, et la structure intime homogène.
Cette altération présente trois degrés. 'Da.nsXe premier degré , la portion o^ffectée semble ne s'éloigner de l'état naturel que par une couleur accidentelle blanche, blan-« çliâti-e j cendrée j grise ^ ou même noirâtre. La coule luf-
INTRODLCTION. 2g
accicîentelîe dont nous pailoiis est reconnoissable clans tous les organes qui sont naturellement blancs , parce que les parties affeclées de la dv^gv^nérescence que nous décrivons , sont d'un blanc mat et opaque ^ qui a quelque rapport avec la couleur du fiomage ou d'un morceau de plâtre, tandis que le reste de l'organe présente une couleur et des nuances tout-à-fait différentes. Dans le deuxième degré, la portion altérée devient encore plus opaque , pluà cendrée que dans le premier degré. Elle acquiert beaucoup plus de densité que le reste de l'organe, en même temps qu'elle devient moins élastique 5 moins ferme , moins tenace , et })lus facile à diviser. Elle est cependant encore manifestement organisée, et lorsqu'on la comprime fortement on la divise en petites niasses très-irrégulières , entre lesquelles on aperçoit, avant leur entière séparation , un tissu cellulaire plus on moins abondant et serré , et en outre de petits vaisseaux, quelquefois très-manifestes. A cet état succède le troisième degré ^ caractérisé par la disparition de toute apparence organique, et par l'amollissement qui procède de l'intérieur à l'extérieur, en transformant la portion aîtél'ée . en pus plus ou moins épais , dans lequel se trouvent ordinairement des grumeaux pundens , ou de petits flocons solides , molla^bes , irréguliers , gtis ou blanchâtres, et caséiformes.
Les parties environnantes se durcissent fréquemment , et peuvent même s'ulcérer à la longue 5 mais elles ne deviennent Jamais tuberculeuses par suite de cet endurcissement.
La dégénération tuberculeuse présente trois variétés remarquables, savoir : 1^ les tubercules enkystés: 2^ lès dégénérescences tuberculeuses non enkystées 5 3^ 1 accumulation de matière tuberculeuse.
Les tuberculss enkvsîés sont blancs, cendrés j jaunes j,
5o TRAITÉ DES MALADIES CANCEREUSES,
gris OU bruns 5 ils ont un kyste ordîuairenient niemliraneui , qui adlière d'une manière plus ou moins intime avec le tissu de l'organe dans lequel le tubercule s'est m développé. Le kyste peut devenir cartilagineux et même osseux. La substance renfermée dans le kyste peut être semblable h du plâtre ou à des graviers ; mais on trouve rarement cette matière crétacée, et la substance qu'on trouve à Tinténaur des tubercules enkystés est presque toujours parfaitement semblable à celle que nous avons décrite précédemment, et qui devient assez semblable à du fromage ramolli, ou à un pus grumeleux, dans les derniers temps.
Les dégcncrescences tuberculeuses non enkystées présentent le même aspect que la matière intérieure des tuberculesj elles affectent l'organe dans sa continuité , et aucune substance intermédiaire, aucun kyste ne sépare le tissu sain du tissu altéré.
L' accumulation de matière tuberculeuse forme un corps solide , non organisé , presque semblable à du fromage , et composé d'une matière albumineuse, opaque, blanche ou g^rise , qui écarte le tissu de l'organe dans lequel la matièie tuberculeuse est renfermée. Cette matière finit par se ramollir du centre à la circonférence , et par être transformée en un pus grumeleux.
Les indurations tuberculeuses ont ét'i souvent désignées dans les auteurs, par le nom de squinhes.
Nous avons trouvé ces dégénérations tuberculeuses dans les poumons , dans les glandes lymphatiques, dans le mésentère , dans le foie , dans la rate , dans les reins y dans le cerveau , dans le tissu cellulaire, dans les épididymes , dans la prostate , dans le tissu des membranes muqueuses , dans celui des muscles de la locomotion , et aussi dans le tissu du cœur.
La phthisie tuberculeuse , le carreau , quelques ulcéra-
tionsscropliuîeusesj certaines cépiialalgies incurables jetc. y en sont le résultat.
§. II. Caractères dlsLlftciifs de Vinduration inflammatoire
chronique»
Presque tous nos organes peuvent être affectés d'une phlegmasieclironK|ue, primitive ou consécutive, quiangnienlelenr volume, et souvent les rend plus durs qu^ils ne le sont dans l'état naturel. Quand ces pLlegmasies chroniques afïectent des organes qui n'ont pas naturellement nne couleur blanche , elles ne peuvent pas être confondues j »\ l'ouverture du cadavre j avec les dcgénérations squirrheuses j car les squirrhcs , c'est-à-dire les tunieuis qui dans leur dernier degré passent à l'état de cancer ulcéré, ont toujours inie couleur blanche, quel que soit l'organe dans lequel on les rencontre : les squirrhes dti foie sont d'une couleur aussi blanche que ceux de l'estomac ou des mamelles.
Mais lorsque les phlegmasies chroniques ont leur sié^re dans des organes qui ont naturellement ime couleur blanche , comme les glandes lymphatiques, le pancréas 5 la thyroïde, la mamelle, etc. , on peut très-souvent les confondre avec la dégénération squirrheuse.
Nous ne connoissous pas de signes qui puissent , pendant la vie des malades , apprendre à distinguer dans tous les cas , et infailliblement , la phlegmasie chronique de certains organes , d'avec leur induration squirrlieusc. Ou verra cependant , lorsque nous décrirons les cancers des divers organes, que cette distinction est souvent possible , et quelquefois même très-lacile 5 mais lors mémo qu'on ne pourroit jamais , sans la dissection de la tumeur , parvenir à distinguer la phlegmasie chronique d'avec le squirrhe cancéreux, il ne faudroit pas regardai:
02 TRAITE DES 3ÎALADIES CANCEP^EUSES,
ces deux altérations organiques comme étant de mém^ nature. Leur structure intime , leurs effets consécutifs , et la différence de la marche des maladies qu'elles déterminent ne le permettent pas. Les plilegmasies chroniques, même après une longue durée, se dissipent assez souvent soit d'elles-mêmes , soit à Paide des médicamens convenables. Les tumeurs squirrheuses ne se terminent jamais par résolution j et elles forment constamment un cancer ulcéré lorsque la nature ou Tart y déterminent quelque changement j toutes ces différences montrent que malgré quelques apparences analogues j ces maladies sont d'une nature bien différente.
L'anatomie pathologique confirme parfaitement celte distinction , et elle prouve incontestablement qu'il y a une différence totale entre la structure intime des parties squirrheuses y et celle des mêmes parties affectées d'une phlegmasie chronique.
L'observation j éclairée par l'anatomie pathologique 5 apprend même à distinguer très - fréquemment les tumeurs squii'rheuses dé celles qui sont seulement dans un état de phleguiasie chronique. ÎSTous indiquerons ces différenc€S relativeuîent à chaque orj^ane , en traitant en particulier du squirrhe des diverses parties, xvlais nous tracerons ici les caractères généraux qui , sous le rapport de l'anatomie pathologique , distinguent les indurations inflammatoires chroniques , d'avec les indurations squirrheuses.
Les tumeurs inflammatoires chroniques laissent apercevoir 5 lorsqu'on les incise , le tissu propre des parties qui ont été le siège de l'inflammation. On y voit seulement les vaisseaux sanguins plus nombreux, ou du moins plus volumineux que dans l'état naturel. Le parenchyme ^ ou tissu propre de l'organe y paroît plus abon-
INTRODUCTIOîSr. 55
Jant; il a quelquefois considérablement augmenté Je vo* lume j mais il est encore bien reconnoissable. On no trouve jamais ces parties transformées en une substance semblable à au lard j à l'intérieur des radis , des pommes , des poires , des courges , etc. On ne trouve pas leur couleur plus blanche ^ plus brillante que dans l'état naturel 5 elle est même communément moins blanche j à cause du développement considérable des vaisseaux sanguins qui lui donnent quelquefois une teinte légèrement rosée. On ne voit pas dans le tissu de la tumeur , de petites aréoles remplies d'une matière brillante , transparente. Le tissu de l'organe lésé ne prend pas un aspect qui lui donne une ressemblance frappante avec le parenchyme d\in autre organe de couleur blanche , qui dans l'état sain ne lui ressemble en aucune manière. Si l'on, comprime la tumeur, on ii^en fait pas sortir, par un grand nombre de points, ce liquide épais et d'un blanc de lait qu'on exprime toujours des tumeurs squir-
rheuses.
Lorsqu'on examine les mêmes organes tuméfiés par une phlcgmasie aiguë^ on les trouve dans l'état que nous venons de décrire 5 ils sont seulement moins durs , et sur* tout ils offrent un nombre bien plus considérable de vaisseaux sanguins, de sorte que leur couleur est ordinairement rosée ou même rouge.
Enfin , quand on examine les mêmes parties dans l'état de suppuration , comme cette dernière est toujours venue à la suite d'une inflammation aiguë, ou bien d'une phlegmasie chronique qui a repris dans les derniers temps quelques-uns des caractères de la phlcgmasie aiguë , on trouve un ou plusieurs foyers de suppuration , isolés ou réunis , et le tissu de la partie malade est dans Pétat qui a été décrit précédemment 5 mais il est plus rosé que dans les phlegmasies chroniques, et ii I. f
l'est moins que dans le plus haut degré de la plilegmasie
aiguë.
Si déjà la matière de la suppuration s'est ouyert une issue au-dehors^ les parties situées au-dessous de l'ulcération ne sont pas dans un état squirrheux , lors même qu'elles sont très-endurcies: elles ne présentent ni le brillant des squirrhes non suppures j ni ce tissu spongieux rempli d'un liquide blanc et comme laiteux, qu'on observe dans les squirrhes suppures et dans les portions squirrheuses qui sont placées immédiatement au-dessous de la plupart des ulcérations cancéreuses.
§. III. Caractères distinctifs des indurations œdémateuses
chroniques.
Il ne s'agit point ici de l'œdème qui présente une assez grande mollesse , et qui conserve l'impression du doigt qui le comprime.
Les indurations œdémateuses dont nous parlons présentent une dureté remarquable; elles sont plus ou moins élastiques , et la plupart d'entr'elles , lorsqu'on les comprime, offrent une résistance presqu'aussi grande que les tumeurs squirrheuses. Cependant il ne nous paroît pas nécessaire de parler en détail de ces diverses sortes d'indurations : quoiqu'on les ait quelquefois confondues avec les squirrhes , elles en sont tellement distinctes qu'il suffît d'un examen superficiel pour reconnoître qu'elles sont d'une nature différente. Parmi ces indurations œdémateuses y nous nous contenterons d'en citer quelques-unes, savoir: i° l'endurcissement du tissu cellulaire chez les enfans 5 a** celui qu'on observe à la peau et au tissu cellulaire dans l'éléphantiasis des Arabes (i): 3** enfin, celui qu'où
(i) Histoire de VÉléphantiasis des y^rahes , par M. Alard, Paris^ »Su6 • et^oufclles Observations sur l'Eléphantiasig ^ i8ii.
remarque autour des articulations affectées de la maladi© qu'on a désignée par le iioai de tumeur blanche des arti^, cuîations.
Dans ces diverses indurations , quelle que soit la dureté de la tumeur, lorsqu^on l'incise et qu^on la comprime^ on en fait sortir une matière séreuse analogue à celle qui se trouve dans le tissu cellulaire à la suite des maladies qui ont déterminé un œdème y de sorte que ces indurations sont en partie formées par une infiltration séreuse. Les tumeurs blanches paroissent être une combinaison de la phlegmasic chronique et de Tœdèniej mais elles tiennent d'ailleurs presque constamment à une lésion profonde des extrémités osseuses et des ligamens articulaires. Or, il est facile de voir qu'en effet toutes ces indurations n'ont aucua rapport avec les tumeurs squirrheuses.
§. IV. Caractères distinctifs des dégénérations fibreusesi
II est des parties douées de la vie, qui n'entrent pas naturellement dans la structure du corps humain, mais qui peuvent s'y développer accidentellement : telles sont diverses excroissances, comme les loupes, les verrues^ certaines parties fibreuses , et notamment les corps Jibreux de la matrice^ etc.
Tous les tissus fibreux qui peuvent se rencontrer accidentellement dans le corps humain , n'ont pas la même origine. Il en est qui paroissent tenir à la transformation d'une partie non fibreuse qui a subi une altération particulière 5 c'est ce qui arrive quelquefois à certaines membranes séreuses, telles que le péricarde, la plèvre, etc. ; mais il se forme, dans quelques circonstances, des corps fibreux qui sont des productions parasites , et non des transformations.
Nous réunirons ici , sous le nom de dégénérations
56 TRAITÉ DFS MALAt)lE5 CANCEREUSES.
fibreuses y tous les tissus fibreux accidentels qu'on rencontre dans le corps humain.
Il y a peu cl© dégénérations organiques plus frétjuenles que les dégénérations fibreuses : on en trouve dans presque toutes les parties du corps. Quoicju'elles n'aient aucun rapport avec les dégénérations squirrheuses ou cancéreuses , on les a confondues avec elles y et celte confusion a jeté une grande obscurité dans plusieurs ouvrages d'ailleurs très-recommandables.
Les dégénérations fibreuses «e présentent dans troi? ^tats ^ itiais ces trois états sont trois degrés diflércns àû la même altération organique.
Dans le premier degré, les dégénéralions fibreuses sont molles , flexibles , difhcilcs à rompre ou à décliirer , et charnues. Elles sont composées de iibics distinctes , tant(3t entrelacées et étendues en membrane , tantôt tlisposées en faisceaux , contournées en toutes sortes de sens, et formant un corps solide , sphéroïde, arrondi, ovoïde, anguleux, etc., ou de tout« autte forme. Ceux de ces corps qui constituent des tumeurs volumineuses , présentent nn tissu dense et fibreux , communément blanc , mais quelquefois rouge comme celui des muscles. Lorsqu'on les incise, on n'y observe ni points cristallins , m cellules , ni rien qui ressemble au tissu du lard ou de la substance cérébrale^ etc. On voit dans les membranes fibreuses accidentelles , des vaisseaux sanguins plus ou moins nombreux , mais toujours bien distincts.
Dans le deuxième degré , les dégénérations fibreuses prennent plus de densité 5 elles perdent une partie de leur flexibilité *, elles deviennent fibro-cartiiagineuses , d'abord dans quelques points , et à la fin elles sont en entier transformées en une substance fibro-cartilagineuse. Dans k troisième degré ^ les parties , déjà devenues
iibro-cartilagineijses , s'ossifient Jans quelques points. L'ossilication fait des progrès en s'éteiidant aux environs des points primitivcnicut ossiliés j et insensiblement tout* la partie devient osseuse. On peut toujours^ cependant , y distinguer la structure fibreuse.
Les dé^énératious fibreuses sont indolentes. Elles ne sont point nuisibles , par leur naluie ; mais elles peuvonb le devenir, à raison de leur position , de sorte (jif elles deviennent quelquefois , accideutelloinent , des causes do mort. Mais cela est asseK rare , excepté dans les cas oii ces corps fibreux ou osseux se sont développés dans les organes de la circuLition ou de la respiration 5 ou bien ^ lorsque , sVlaiit développes dans la matrice , ils font saillie dans la cavité de ce viscère, dont ils dérangent les fonctions.
Je ne décrirai point ici, en particulier, toutes les dégénérations fibreuses ; je me contenterai d'iiidi(jner Ie3 parties dans lesf[uelles on les observe, et je noterai celles de ces indurations qui ont été quelquefois regardées comme des squirrlies.
Il est qu«l<|ues dîgénérations fibreuses qui peuvent se montrer dans presque toutes les parties du corps 5 tels sont en particulier la plupart des kystes , qui se développent fréquemment dans les ovaires et dans les yiscères parencliymateiix , tels que le foie, la rate, les reins, les poumons, le cerveau, etc. Ces kystes étant presque toujuiirs fibreux , ils deviennent assez souvent fibio-cartilagiufux ou niénie osseux. 13ans une partie de leuîT étendue on a observé, sous la peau de la face, au-dessus de la parolid« , d'autres tumeurs £breuses enkystées. Nous rapporterons, dans la suite , un exemple de ce cas singulier.
Il y a d'autres dégénératicns fibreuses qui se forment plus parliculièreincnt dans l'une ou l'autre des gvandt^i*
cavités splanchniques. Nous allons désigner celles de ces productions accidentelles qu'on observe le plus communément dans chaque partie.
1°. Dans le crâne , on rencontre souvent des dégénérations de cette nature , qui sont devenues osseuses et anguleuses j et qui sont situées sur le repli de la dure-mère qu'on appelle la faux. On en trouve aussi quelquefois sur d'autres parties de la dure-mère.
a"*. Au col, il y a souvent des ossifications commençantes dans les thyroïdes y qui'sont alors tuméfiées.
3''. Dans la poitrine y on trouve souvent des membranes fibreuses accidentelles épaisses de plusieurs lignes , et placées immédiatement au-dessus de la plèvre , avec laquelle on les confond. Ces membranes sont quelquefois étendues sur tout un côté de la poitrine, et presqu'entièrement ossifiées. D'autres fois elles recouvrent un poumon ou une partie d'un des lobes de ce viscère. On a cru alors quelquefois que le poumon étoit squirrheux. Nous avons été plusieurs ibis témoins de pareilles méprises y et on en trouve de nombreux exemples dans les auteurs. C'est ainsi que des personnes, d'ailleurs très-instruites , en faisant une opération de l'empyème , ont trouvé des adhérences très-fortes et le poumon dur, résistant et squirrheux. Ce qui paroît un squirrlie en pareil cas , n'est autre chose qu'une membrane fibreuse, devenue cartilagineuse.
On voit encore quelquefois de petites dégénérations cartilagineuses dans le poumon, et on trouve d'autres fois des membranes fibreuses , cartilagineuses, ou même osseuses, à la surface interne du péricarde, et plus so«*venfc encore sur le cœur 5 mais ces dernières sont très-rarement cartilagineuses ou osseuses.
4°. Dans l'abdomen , la rate présente très-fréquemment ^ sur-tout chez les personnes âgées, des portions
introduction: 09
plus ou moins étendues de membranes fibreuses , dont quelques points sont cartilagineux ou même osseux. Quand toute la rate est recouverte d'une membrane fibro-cartilagineuse , elle est très-blancbe , et elle paroît même squirrheuse au premier coup-d'œilj mais, au moyen de la dissection , on reconnoît facilement la membrane fibro-cartilagineuse , qu'on peut enlever 5 et au-dessous on trouve le tissu de la rate parfaitement sain.
Dans les péritonites chroniques , il se forme aussi quel^ quefois, sur la portion du péritoine qui tapisse les parois de Tabdomen y des plaques fibro-membraneuses plus ou moins ét«ndues , qui passent ensuite à Tétat fibrocartilagineux , et qui finissent même à la longue par s'ossifier.
Il se forme encore quelquefois de pareilles membranes sur d'autres portions du péritoine.
Lorsque les ovaires sont gonflés , volumineux , vésiculeux , presqu'en entier fibro-cartilagiueux , on désigne presque toujours cette dégénération par le nom à^ovaires endurcis et sqiiirrheux. La même qualification a été appliquée aux corps fibreux qui se développent très-fréquemnient dans la matrice et qui deviennent successivement fibro-cartilagineux et osseux ; nous les avons décrits dans le tome V du Journal de Médecine. On a presque toujours regardé ces corps comme sqiiirrlieux quand ils sont renfermés dans les parois de la matrice, ce qui a été une cause fréquente d'erreurs relativement au squirrlie de la matrice. Koiis parlerons de ces prétendus squirrhes avec quelque détail , en traitant du cancer de la'nialrice.
5°. On voit encore souvent des fibro-cartilagés dans la tunique vaginale des testicules , et quelquefois aussi dans les articulations , surtout dans celle du ^enou.
Nous ne parlons ici que des productions fibreuses spontanées, et nous passons sous silence l'ossification da
4o TRAITÉ CES MALADIES CANCEREUSES,
quelques parties qui sont fibreuses de leur nature y et qui passent avec facilité à Tétat osseux. Telles sont en particulier les dégénérations fibreuses ou osseuses qu'on trouve si fi-équemment daas les artères, aux orifices du cœur j et même dans quelques veines. Ces ossifications sont placées au-dessous d'une membrane très-mince qui tapisse l'intérieur des vaisseaux sansjuins et les orifices des cavités du cœur 5 mais assez souvent il n'y a pas seulement dans ces circonstances une simple dégénération osseuse , il y a de plus une production osseuse qui résulte d'un développement fibreux accidentel.
Nous ne parlerons pas non plus de l'ossification de certains tendons, et de quelques autres parties fibreuses qui deviennent quelqu«fois fibro-cartilagineuses ou même osseuses, parce qu'on n'a jamais pris ces dégénérations pour des squirrhes. Or, c'est surtout pour prévenir les erreurs commises à l'occasion des squirrhes, que nous avons traité ici des dégénérations fibreuses. Si nous avons donné à cet article une étendue plus grande qu'il n'auroit paru rigoureusement l'exiger, c'est dans la vue d'être utile à ceux qui voudront vérifier ce que nous avançons , en leur indiquant avec précision les parties où ils doivent chercher les dégénérations fibreuses pour les comparer entr'elles , pour se convaincre de leurs rapports de structure intime et de leur marche vers l'ossification, quelle que'soit d'ailleurs leur forme , et enfin pour connoître parfaitement les caractères qui distinguent les dégénératjoris fibreuses d'avec celles qui sont véritablement squirrlieuses.
§. V. Caractères distinctifs des indurations composées.
On trouve assez souvent dans nos organes des tumeurs composées. Toutes ne présentent pas une dégcucratioii
squirrheuse ^ indépendamment des autres différences 5 mais il en est qui sont squirrheuses dans certaines parties , et tuberculeuses , fibreuses , ou fibro-cartilagineuses dans d'autres. A ces quatre espèces de dégénérations peuvent encore se joindre j dans la même tumeur et dans des proportions très-variables , la phlegmasie chronique y rinduration œdémateuse chronique j en un mot presque toutes les dégénérescences dont nous avons parlé jusqu'ici. Il n'est pas difficile de distinguer ces tumeurs composées ^ puisque leurs diverses parties ne se ressemblent point ; et on parvient assez facilement à reconnohre le mode de dégénération de chaque partie en l'examinant avec soin j surtout lorsqu'on a déjà bien étudié séparément chacune de ces différentes altérations.
La plupart des loupes sont des tumeurs composées 5 mais il est un caractère qui distingue assez bien les loupes des autres sortes de tumeurs. Quelle que soit leur composition, toutes sont renfermées dans un kyste , et généralement elles ont leur siège dans le tissu cellulaire, sous-cutané.
Article III.
Pcuxdlèle de la dégénéraiion cancéreuse avec les autres espèces d'induration.
Toutes les lésions organiques dont nous avons parlé dans ce chapitre , peuvent être comprises sous le nom di indurations blanches des organes ; mais cette dénommation commune n^exprime autre chose qu'une certaine analogie de couleur et de consistance.
On a vu d^ailleurs que ces indurations présentent des différences essentielles d^organisation ^ d'après lesquelles
'43 TRAITÉ DES MALADIES CATs^CEREUSES.
on les divise en six ordres parfaitement distincts. Ainsi donc les indurations blanches peuvent être cancéreuses , tuberculeuses, inflammatoires, œdémateuses^ fibreuses^ ou composées.
Comme il est très-important , sous le rapport de la pathologie et sous celui de la médecine-pratique, de ne pas confondre ces différens ordres de lésions, nous avons recherché dans leur structure intime , et dans leur marche constante , les moyens de les distinguer les unes des autres. Ce sont leurs caractères communs et leurs différences particulières que nous allons rappeler ici.
Quoique ces altérations soient en effet très-différentes y elles se présentent assez souvent j pendant la vie , sous les mêmes apparences. On observe un changement remar- <{uable dans la consistance, et quelquefois dans le volume delà partie altérée. La peau n'a point changé de couleur, la tumeur est communément indolente et lénitteute. Le même organe peut être le siège de l'une ou de l'autre de ces indurations , et pendant long-temps les syniptômes de la maladie sont à-peu-près les mêmes, soit que l'altération appartienne à l'ordre des maladies cancéreuses , à celui des maladies tuberculeuses , ou même à celui des phlegmasies chroniques , etc. Cependant , par le laps du temps on parvient à distinguer le caractère de ces tumeurs , parce que les changemens qu'elles subissent amènent des résultats très-différens.
Les dégénéra tions cancéreuses et tuberculeuses finissent également par détruire la partie dégénérée. Mais la dégénération tuberculeuse qui suppure ne se propage pas dans les environs , et ne s'élargit pas continuellement 5 tandis que la dégénération cancéreuse ulcérée s'étend presque constamment. Les parties voisines des bords de l'ulcération , et celles qui sont situées au-dessous de sa base p s'endurcissent j changent de nature^ et deviennenî
cancéreuses^ ce qui rend effroyables, au bout d'un certain temps , les progrès de la plupart des ulcères cancéreux.
Les indurations inflammatoires chroniques peuvent suppurer, se résoudre, passer à l'état fibreui, et quelquefois devenir squirrheuses, c'est-à-dire cancéreuses.
La plupart des indurations œdémateuses chroniques et rénittentes ont une durée extrêmement longue 5 elles n© suppurent point , et ne sont point mortelles par leur nature , quoiqu'elles puissent accidentellement occasionner la mort par leurs propriétés physiques.
Les indurations fibreuses passent à l'état fibro-cartilaglneux et à Tétat osseux. Elles n^entraînent aucun danger par elles-mêmes 5 elles ne peuvent nuire qu'à raison, de leur situation ou de leur volume. Quant aux tumeurs composées, leurs eRèts varient selon la nature des dégénérescences qui les constituent.
Parmi ces indurations, celles qu'il importe le plus de bien distinguer , parce qu'elles sont les plus communes et les plus fiéquemment unies , sont les indurations cancéreuses et les indurations tuberculeuses. Nous les avons décrites ci-dessus, art. 1^"^. , et art. 2, §. i®"^. 5 comparons-les maintenant , et voyons leurs analogies et leurs différences les plus saillantes.
Leur caractère commun est de présenter une altéra ! tion particulière du tissu des organes , qui est remar ! quable par une couleur blanche ou grise , et qui durcit par l'action du feu , par l'ébullition dans l'eau , par rimmersion dans les acides. Mais dans les dégénérations tuberculeuses , tout acquiert par ces différens réactifs une consistance solide , tandis que dans les tumeurs cancéreuses il y a , à une certaine époque , un liquide <jui ne se coagule pas par l'action de la chaleur. La différence la plus remarquable dans leur marche consiste eu ce que la dégénérescence tuberculeuse tend à une sup-
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puration plus ou moins grunielée et ramassée en un seul foyer ; tandis que la dégénérescence cancéreuse tend à une suppuration qui ne forme pas un seul foyer y mais qui est disséminée dans la masse squirrheuse.
Nous avons indiqué précédemment les caractères distinctifs des affections cancéreuses (art. i*'")^ et ceux des affections tuberculeuses ( art. 2 ^ §. 1*^ ). Ces maladies étant extrêmement fréquentes , et présentant les unes et les autres trois décorés, nous avons pu les observer un très-grand nombre de fois et les comparer dans tous leurs degrés , ce qui nous a permis de bien reconnoître leur marche spéciale , les caractères qui les distinguent des autres modes d'altération des organes , et ceux par lesquels la dégénérescence tuberculeuse diffère de la dégénérescence cancéreuse. On a pu saisir facilement ces caractères par la description sommaire de ces deux sortes de lésions organiques , et par l'exposition de la marche propre à chacune d'elles.