CANCER DES GLANDES LYMPHATIQUES. ^Q
cer le squirrhe des glandes lymphatiques. Bientôt le tissu cellulaire environnant et même la peau prennent une consistance très-dure et ne forment plus avec les glandes qu'une même masse. Ces engorgemens inguinaux ont été d'abord syphilitiques ; mais dans la suite ils ont changé de nature. Nous avons vu celte maladie résister aux traitemens antivénériens intérieurs et extérieurs administrés successivement par les plus habiles praticiens. Ces engorgemens squirrheux ne s'ulcèrent pas toujours. Le malade meurt souvent sans qu'il soit survenu aucune ulcération. J'ai vu dans un cas de cette nature l'induration squirrheuse s'étendre en haut depuis le pli de l'aine jusqu'auprès du nombril, et se prolonger en bas jusque près du tiers moyen de la cuisse.
i ARTICLE II.
Résultat de la dissection des glandes lymphatiques devenues
squlrrheuses.
Les glandes lymphatiques squirrheuses se présentent dans trois états; elles sont encore tantôt endurcies, tantôt déjà ramollies à leur intérieur, ou bien enfin elles sont ulcérées.
Dans tous les cas, les parties de ces squirrhes qui n'ont point été exposées au contact de l'air, et qui ne sont colorées ni par de petites ecchymoses, ni par de petits épancliemens de sang, sont très-blanches, ou rosées et luisantes.
Si la glande est encore totalement endurcie, elle est quelquefois un peu semblable à du lard , mais plus ferme et quelquefois presqu'aussi dense que la couenne du lard; d'autres fuis elle est moins ferme, et elle ressemble un peu à la substance cérébrale ; mais toujours elle est d'une couleur blanche et elle a un aspect luisant.
4o4 Cl.yCE» DES GLA.5DES LTUTPHATIQrES.
Lorsque les glandes squirrheuses sont déjà ramollies à lear intérienr, si on les incise et qu'on les comprime, on en vmt sortir par un grand nombre de points un liquide quelquefois séreux et louche . plus souvent d'un blanc de lait; et pour Tordinaire assez ressemblant à de la crème-
Si le ramollissement est très-grand , presque toute la ^ande présente un tissu comme spongieux et mollasse, imbibé de cette matière comme laiteuse, mais il se fait quelquefois dans ces glmdes ramollies de petits épanchemens de saBg, surtout quand la tumeur a quelque ressemblance arec la substance cérébrale ; alors la matière qui est liquide présente une couleur rougeâtre. et le sang est quelquefois si bien confondu avec cette espèce de pus qu'on ne Toit plus qu'un liquide sanglant; mais on reconnoît toajoars aux environ?, d'autres parties, et mêmes d'autres grandes qui sont dans Tetat que nous avons décrit plus haut.
Lorsque la glande squirrheuse est ulcérée, la surface ulcérée est grise , brunâtre ou noirâtre ; mais en enlevant cette première couche, on voit au-dessous le tissu squirrheux déjà ranaolli auprès de la couche ulcérée^ et quelquefois encore très-dur un peu plus loin.
On trouve la lésion organique dans l'état que nous venons de décrire chez les individus dont les glandes ont été seules frappées de la dégénération cancéreuse comme chez ceux dùLit les glandes sont devenues squirrheuses, après le déTeloppement d'un cancer au sein ou à un autre organe. On pourra donc se faire une idée nette de cette dégénératien , en examinant les glandes du sein et des aisselles chez les femmes fjui ont succombé à un cancer du sein , ou bieu celles de la région iliaque ou du mésentère chez certains sujets qui ont été la victime d'un sarcocèle.
Dans tous les cas. le tissu ctllulaire environnant est or-
CàVCEl DES CLiVDES LHlPHA.TlQri$. ^|oS
dinairemenl endurci et squirrheni, et le tissa des muscles participe quelquefois à la même dégénératioc.
Nous avons tu aux aines, sous les aisscUes, au cou, etc., des tumeurs de cette nature formées par râ^lomératioa de plusieurs slandes lymphatiques dégénérées et intimement confondues avec le tissu cellulaire , la peau, et mènoe des portions musculaires. Toute la masse nous a paru quelquefois lardacée, et il y aToit à l'intérieur de petites excavations remplies d'un liquide très varié, séreux on filant , jaunâtre ou roogeâtre, ou brunâtre,, etc.
On trouve quelquefois dans ces tumeurs des portions frappées de la dégénérescence tuberculeuse . ou d'un autre mode d'altération , ce qui est toujours facile à reconnoitre à Taide des caractères que nous avons indiques ( Introd. , ch. a. ).
ARTICLE m.
Maladif j qui peuvent être confondues atee te squirrhê dej gttJtdts
lympkMiiqmes.
Comme la distinction des glandes squirrbeuses et de celles qui , bien que tuméfiées, ne sont point affectées de la même degéuération, est d'une importance majeure dans la pratique, nous donnerons quelque développement à cet objet. Ln peu de prolixité qui tend à éclaircir cette matière, nous paroît ici bien préférable à une concision qui lîisseroit quelque obscurité.
Les maladies des glandes qui peuvent être confondues avec Télat squirrheux de ces organes, sont : i' la dégénération tuberculeuse ; a' la phlegmasie aiguë; 5" laplil^masie chronique. Tour qu'on saisisse mieux la différence csseulielle de IVlat des gUmdes squirrbeuses et de celles qui ne le M>ut point, nous ferons coanoiîre d'abord la différence
4o6 CANCER DES GtÀKDES LYMPHATIQUES.
que la dissection montre constamment dans Tétat de ces glandes affectées de l'une ou de l'autre de ces altérations; nous indiquerons ensuite les signes qui , pendant le cours de la maladie , peuvent faire reconnoître le véritable caractère de la lésion dont la glande est affectée. Nous savons qu'il paroîtroit peut-être plus naturel de décrire ces maladies avant d'indiquer leurs effets ; mais nous savons aussi que lorsqu'il existe dans une maladie une lésion organique, rien n'est plus avantageux pour juger des symptômes et des signes de la maladie , que d'acquérir d'abord des notions précises sur la lésion organique qui la constitue.
ARTICLE IV
Caractères anatomiques qui distinguent la dégénèratiort squlrrheuse des glandes lymphatiques des autres lésions organiques des mêmes parties.
Lorsque les glandes lymphatiques sont tuméfiées , [elles deviennent grosses comme des pois, des noisettes, des amandes, etc. , et même plus grosses encore. Il est des cas dans lesquels plusieurs de ces glandes qui sont tuméfiées en même temps forment par leur agglomération des tumeurs plus grosses qu'un œuf de poule ; on a vu même des tumeurs de cette sorte qui étoient plus volumineuses que la tête d'un enfant.
Au premier abord , on seroît porté à croire que toutes ces tumeurs et que tous les engorgemens chroniques des glandes isolées sont de la même nature, et la plupart des auteurs ont en effet confondu sous la même dénomination de glandes squirrheuses, celles de ces tumeurs qui étoient formées par une dégénération de nature cancéreuse, celles qui étoient tuberculeuses , et même celles
CAKCER DES GLANDES LYMPHATIQtES. ^07
qui étoient seulement engorgées et dans nn état de phiegmasie chronique.
L'or'^anisation et la strucUire intime des glandes sont cependant très- différentes dans ces trois états.
Th. Sœmmering(i) remarque que les glandes seulement tuméfiées sont plus faciles à injecter avec le mercnre que les glandes saines, tandis qu'il n'en est pas de même des glandes obstruées. Cet auteur désigne sous le nom de tuméfaction des glandes un état dans lequel ces parties atteintes de phlegmasie sont plus volumineuses que dans l'élat naturel, sans être ni obstruées ni désorganisées. Mais les glandes tuberculeuses et les glandes squirrheuses ne présentent plus la même organisation que dans leur état naturel. Aussi, quoique les injections aient de grands avantages pour l'étude des lésions organiques, il n'est pas nécessaire de recourir à ce moyen poiu- distinguer la nature da la lésion organique des glandes lymphatiques. La dissection suffit pour montrer leur différence.
Les glandes tuberculeuses offrent tous les caractères de la dégénérescence tuberculeuse (Introd., ch. a, art. 2, § i ). Elles ne sont point luisantes, on n'y voit aucun point brillant ni transparent; tout est mat, tout présente une opacité remarquable.
Les glandes squirrheuses ont une couleur très-blanche et souvent d'un blanc de lait, elles sont luisantes à l'intérieur, on y voit presque toujours des points transparens (Introd., ch. 2, art. 1. ). Quand les glandes tuberculeuses se ramollissent , le ramollissement forme un seul foyer qui s'étend par degré du centre à la circonférence.
Quand les glandes squirrheuses se ramollissent, le ramollissement commence par un grand nombre de points
(i) De morhii vasorum absorbentium , Francf. 1795, iu-S".
4o8 CINCLR DES GLA.NDES LVMPHATIQrES.
à la fois, il n'y a pas un seul foyer, la matière ramollie est renfermée dans une sorte de tissu spongieux.
Les glandes tuméfiées qui sont dans un état de phlegmasle chronique ne sont point opaques comme les glandes tuberculeuses, ni d'un blanc de lait comme les glandes squir^ rlieuses. Souvent elles n'ont pas non plus cet aspect brillant qu'on remarque à l'intérieur des glandes squirrheuses» Enfin lorsqu'on les incise, elles semblent ne s'éloigner de l'état naturel que parce qu'elles ont plus de volume et quelquefois une légère teinte rosée ( Introd. , ch. i, art. 2, § 2.). Les glandes tuméfiées qui sont dans un état de p/ilcgmasu aiguë ont une mollesse remarquable, elles sont quelquefois d'un blanc rosé, plus souvent encore tout-à-fait rouges, et même d'un rouge brun ; et on y aperçoit un nombre infini de très-petits vaisseaux capillaires sanguins plus ou moins ramifiés.
Lorsqu'on a comparé un grand nombre de fois ces diverses altérations en ayant en même temps sous les yeux celles qui sont de nature différente , on finit par les distinguer au premier coup d'œil , presqu'avec autant de facilité qu'on distingue le parenchyme du cerveau d'avec celui du pancréas.
Cependant après avoir vu dans les glandes les quatre sortes de lésions que nous venons de décrire, on pourroit rester dans l'incertitude, ou du moins ne pas être pleinement convaincu que ces lésions soient d'une nature aussi différente que nous l'avançons ici. On pourroit croire par exemple que les glandes squirrheuses sont seulement une variété de la phlegmasie chronique ou de la dégénération tuberculeuse ; aussi, pour acquérir une conviction parfaite, il ne suffit pas d'examiner ces lésions chez les sujet* qui n'ont qu'une ou deux glandes dans l'un ou l'autre des états ci-dessus mentionnés, il faut les examiner dans ceux qui ont en même tems dans d'autres organes une dégénères-
CiNCER DES GLANDES LVMPHAïJQtES. 4^9
cciice de même nature que celle de la lésion des glandes. Ainsi il faut d'abord examiner les glandes squirrheuses chez des individus qui ont en même temps un cancer ulcéré et des glandes squirrheuses.
On voit alors que la structure de la base du cancer, c'est-à-dire la partie squirrheuse située au-dessous de l'ulcère, présente le même aspect et la même altération que la glande squirrheuse, et cela non seulement quand la glande se trouve dans le voisinage du squirrhe, mais encore lorsqu'elle est située dans un endroit très-éloigné, qui n'a avec le cancer ulcéré aucune coniniunicalion immédiate.
Il faut étudier de la même manière les glandes frappées de la dégénération tuberculeuse. Celles du col sont souvent dans cet état chez les sujets affectés de carreau ou de phthisic tuberculeuse. On trouvera donc avec facilité l'occasion de vérifier ce que j'avance ici.
Quant aux glandes affectées de phlegmasie, il n'y a guère de lésion plus frappante. On en trouve qui sont dans un état de phlcgniasie aiguë chez un gi-and nombre de suicts qui succombent à une fièvre gastro-adynamique avec ballonnement du ventre , et ulcération de l'intérieur des intestins. Le mésentère est alors souvent rempli de glandes volumineuses, rouges et mollasses.
On trouve des glandes qui sont dans un état de phlegmasic chronique j chez presque tous les sujets qui ont des glandes tuméfiées par l'effet d'une phlegmasic cutanée. La plupart des glandes du col des enfans qui meurent avec la teigne, sont aussi pour l'ordinaire dans un état de phlegmasic chronique. Parmi les glandes de l'aisselle, il en est souvent qui sont seulement enflammées chez les femmes qui ont un cancer douloureux au sein. Mais dans ces cas l'examen analomiquc des glandes qui ne présentent pas la structure cancéreuse ne seroit peut-être pas suifisant pour
4lO CANCER DES GtàNDÊS LYMPHATIQUES.
faire connoître la phlegmasie des glandes à ceux qui déjà n'auroient pas vu d'ailleurs cette inflammation. Ils seroient portés à croire que ces glandes sont squirrlieuses plutôt qu'enflammées.
Lorsqu'on a bien examiné les glandes dans les quatre états que nous venons de décrire, on ne confond plus ces états les uns avec les autres en disséquant les tumeurs glanduleuses après qu'elles ont été extirpées, ou bien lorsqu'on ouvre le cadavre des sujets qui avoient l'une ou l'autre de ces lésions organiques.
Mais il seroit important de reconnoître la nature de ces diverses lésions pendant la vie et sans en venir à l'extirpation de la tumeur. Cette connoissance seroit surtout essentielle dans les cas où l'on est appelé pour donner des conseils à un individu qui a une ou plusieurs glandes lymphatiques tuméfiées , sans que la santé soit dérangée ou menacée d'un dérangement prochain par une lésion organique interne»
ARTICLE Y
Diagnostic ou signes q ai peuvent , dans la plupart des cas^ faire distinguer le squlrrhe des glandes lymphatiques des autres tu^ méfactlons des mêmes glandes.
Nous avons vu précédemment que les tumeurs des glandes lymphatiques pouvoient être produittîs i" par une dégénération cancéreuse, 2° par une affection tuberculeuse, 3« par une phlegmasie chronique , 4' par une phlegmasie aiguë.
Ces tuméfactions n'étant donc pas de même nature, on ne peut pas en porter le même pronostic; elles n'exigent pas le même traitement. Il est donc important de les distinguer.
CIN'CER DÏS CtANDES LYMPHATIQUES. ^11
La pfdepnasïe ai^uë des glandes est facile à reconnoître parce que la marche de la inaladie est prompte et la tumeur douloureuse.
La phlei^masie chronu/ue ne peut pas être confondue avec la ^ dégénération tuberculeuse ou cancéreuse, tant que la glande conserve un peu de sensibilité, pviisqu'il suffit de la comprimer légèrement pour reconnoître le caractère inflammatoire de la maladie. Il est plus facile de se tromper quand la tumeur est tout-à-fait indolente. Néanmoins il y a quelques signes qui peuvent mettre à l'abri de Terreur. Les tumeurs Indolentes qui sont dans un état de pldegmasïe chronique sont mobiles, élastiques, un peu molles, bien lisses ou arrondies, parfaitement circonscrites. Elles offrent quelque chose de moelleux au toucher, elles ne sont adhérentes ni à la peau ni aux parties sousjacentes. Le tissu cellulaire qui les entoure n'est point durci. Si elles repassent à l'état aigu , elles redeviennent douloureuses. Si le tissu cellulaire qui les entoure s'enflamme, il est douloureux, de sorte que leur immobilité et leur adhérence ne peuvent pas induire en erreur.
Les glandes tuberculeuses tout-à-fait stalionnaires sont très-nettement circonscrites, très-lisses, très-dures, etlorsqu'on les comprime, elles présentent une dureté remarquable ; elles sont bien plus denses et plus rénittentes que les glandes qui sont seulement atteintes de phlegmasie chronique. Elles sont très -mobiles; le tissu cellulaire qui les entoure n'est point endurci. Pendant que le tubercule grossit, et à l'époque ou il tend à la suppuration , le tissu cellulaire qui entoure la tumeur est un peu gonflé ou durci , mais c'est parce qu'il est alors dans un état de phlegmasie.
Les glandes squlrrheuses sont très-dures, elles ne sont pas nettement circonscrites , parce que le tissu cellulaire qui les entoure est presque toujours un peu durci. E.Ues na
4lS CâBCB ftis GL&VbtS ITMFBinQrCS.
sont pcHnt lisses comme les £:landes tiiberculen«C5. Elles ne p*«i€ntent pas aa toacher quelqce chose de moelleux les giandes qui sont seulement frappées de phle^clironiq[ae. Elles offrent au contraire lorsqu'on les oodBprime une rênîttence remarquable, jointe à une sorte de sécheresse et d'àpretê , et en outre elles sont dans bien des cas j^os ou moins inégales on même anguleuses.
Lors donc qu'une tumeur silacdulcusc est tout-à-fait indolente, même letsqu'oo la comprime, et qu'en même temps elle est fort dure et entourée d'une sorte d'atmosphère cellulaire endnreie . on peut être à peu près certain qu'elle présente à son intérienr le tissn squirrheui lardifetme ; et si . offrant d'ailleurs les mêmes apparences , elle presente moins de dureté, le tissu est squirrheux aussi, mais cér^riforme.
Pour se familiariser ayec les signes distinctils des diverses sortes de tnmeiirs des glandes « il faut examiner à diverses reprises, i* les giasdes tuméfiées par l'effet d'une irritation sympathique : 3* les siandes axillaires qui ont subi une dégénération canccreuse dans les cas de cancer ulcéré des mamelles; 5* les ^andes cerricales qui sont devenues tubercolmirs cbtez les indiridos affectés de carreau ou de phlhiae tobercnlense. Mais il ne faut pas prononcer d'après un examen superficiel . parce que dans les deux derniers cas dont il s'a^t ici toutes les glandes tnméfîées n'ont pais subi la d^éaération cancéreuse ou tuberculeuse . ei il n\ a que celles qui ont subi l'une ou l'autre de ces dégénéralions qui présentent les signes qne nous avons dit appartenir à chacune d'entre elles.
Les caractàes qne nous venons d'indiquer sont presque too)<Kxrs soffîsans pour distinguer si une glande engorgée au coa. sons le menton, aux aines, «ons les ai<*elle.s etc. , est sqnirrbeose. tubermleoâe ou seulement enflammée. Mais npos croyons qu'Q seroil Irès-improéent d'ea couclurs
qD*eD fskif^^nt ropération dn cancer de scio , on peut saatf danger Iai«er loos raisselle les g^4es qui paroûécot paiement tnioéfiées par Tiiiflaiiiiiiation. Noos aToof iBdM|iié ( ch. 1* , art- 7 , S 2 , n* 17) ce que la pradeoce cooseOloit dans ces cas.
ARTICLE VI
TnuiimtJU an t^mirrlu d£S gléuuie» ijmpkaîifmu.
Lorsqu'une giandc lymphâî. ^zt eît devenae sqnîrrbease, rnlirpatioo est le seol moyen auquel on poisse recoorir pour guérir le malade. Mai» cette opéralkm B*est pas tonioarspoanble.etdanslescasoù rien ne s y oppose , flseroif sonreot inutile d'y recoorir. parce que le malade porte dans d'autres endroits des tumeurs de même ontofe qui oe peu- Tenl pa» être enlerées.
Noos ne donnerons ici aacim précepte particolier ua le traitement présenatif^ curatif ou palliatif du sqnirriie des glandes. Ce traitement est le même que celui du cancer des mamelles (ch. 1, art. 7 ). Nous aTons parié aus^ dans le même chapitre ( art. 4 ^t art. 7? S ' ) ^'^ moyens conrenables panr opérer la rêsololion des tomenrs glandiileoses qui sont dans un état de pUcçmasie chronique et qui abandonnées à elles-mêmes poorroient contrtbner à iaire développer une maladie cancéreuse.
On pourra consulter ce qui a été dit à ce sofet ( d. 1*^ art. 6, et art. ;? S *)•
4l4 CANCER DES GLANDES LYMPHATIQUES.
ARTICLE VII
OBSERYATIOÎÎS PARTICULIÈRES.
i" Observation. — Squlrrhe des glandes cervicales.
Nicolas Bruchet, tailleur de pierres, âgé de 4i ans, d'un tempérament bilieux, sanguin , avoit depuis 18 mois les glandes cervicales droites engorgées, une douleur à la gorge^ la voix aiguë, et une toux sèche; il éprouvoit un embarras plutôt qu'une douleur à la poitrine. Depuis quelque temps il avoit aussi des douleurs aux genoux et des maux de tête très-violens. Ces symptômes redoubloient le soir; le pouls étoit fréquent quand ce malade entra à la Charité, le 1^' août 1807, la voix aiguë, glapissante. Pendant son séjour à l'hôpital, la toux, jusques là sèche, fut accompagnée pendant neuf à dix jours de crachats blancs^ opaques, purulens ou puriformes ; puis elle redevint sèche. Il se déclara bientôt un dévoiement très-abondant, qui, dans l'espace de huit à dix jours, épuisa les forces et amena le marasme. Les glandes cervicales qui formoient un chapelet étendu de l'angle de la mâchoire à la clavicule étoient toujours très-dures , indolentes, et grosses comme des pois et des amandes. Le malade qui pàroissoit encore assez vivant le 25 août , mourut le 26 à deux heures du malin.
Autopsie. Cadavre médiocrement décharné. Les glandes cervicales du côté droit , grosses comme des amandes et des pois, étoient durcies; elles offroient à l'intérieur une couleur d'un blanc luisant, et laissoient sortir un pus trèsblanc par un grand nombre de points lorsqu'on les comprimoit. On trouva une glande de même nature, et plus grosse, sous le sterno-mastoïdien gauche. ^
La trachée-artère, depuis la glande thyroïde jusqu'aux
CANCER DES GtàîïfiES LYMPHÀTlQi^ES. 4lS
bronches, étoit entourée par une sorte de tuyau épais de trois à sept lignes, formé par des glandes et des végétations squirrheuses qui présentoient dans leur tissu le même état que les glandes cervicales. Le larynx étoit bien sain à l'intérieur. La substance du poumon étoit saine et non ulcérée. Le cœur étoit dans l'état naturel.
Tous les viscères abdominaux étoient sains.
Tout parut sain dans le crâne.
2» Observation, (i) Squirrhe des glandes axlllaires. Cancer d4
l'estomac,
Louis Pomard, fondeur, âgé de 65 ans^ d'une grande taille, ayant la poitrine large, le visage maigre, le teint pâle et les chairs molles, entra à l'hôpital de la Charité y présentant quelques symptômes de la colique de plomb , tels que la constipation et des douleurs dans le ventre qui n'augmentoient pas par la pression; ces symptômes dévoient être attribués bien plus à la maladie de l'estomac. Il portoit sous l'aisselle gauche\ine tumeur à peu près du volume du poing, dure, bosselée et tout-à-fait indolente. Cette tumeur avoit commencé depuis environ un an, par un noyau trèspetit qui s'étoit progressivement accru sans avoir jamais causé la moindre douleur. Après vingt jours de séjour dans l'hôpital , il survint au bras gauche du gonflement et de l'œdème dans toute son étendue , de même qu'à l'avantbras et au dos de la main. Cependant les mouvemens du bras n'étoient pas gênés. La tumeur paroissoit un peu plus volumineuse et plus dure, elle n'étoit douloureuse dans aucune circonstance, pas même par la pression. Le ventre étoit uniformément gonflé , volumineux ; des douleurs
(i) Kccueillie par M. GayoL
4lG CiNCER £»ES GLANDES LVMPHmQtEfî.
sourdes et profondes se faisoient sentir vers Tépigastre et rhypocondre gauche. On sentoit dans le ventre une fluctuation obscure., et on pouvoit le comprimer sans occasioner de douleur. Un dévoiement abondant et accompagné de coliques avoit succédé à la constipation. L'appétit avoit entièrement disparu. Bientôt l'enflure gagna les membres inférieurs, et elle y devint très-considérable. Le volume du ventre s'accrut, les forces s'épuisèrent. Le malade se trouva dans un état d'anxiété et de malaise extrême. La respiration devint gênée et bruyante, le pouls petit et intermittent. Enfin le malade succomba un mois après sonentrée à l'hôpital, et sans avoir jamais eu de vomissemens depuis le principe de la maladie.
Ouverture du cadavre.
OEdèmc considérable des membres inférieurs et du membre supérieur droit. Flaccidité et mollesse extrême des chairs de tout le reste du corps.
Tête. Après avoir soulevé la dure-mère, on voyoit à la surface de l'hémisphère droit du cerveau une concrétion albumineuse membraniforme, assez large, épaisse de plus d'une demi-ligne, jaunâtre, molle et demi -transparente. Elle n'adlîéroit presque point à l'arachnoïde de la surface du cerveau. Au-dessous de l'arachnoïde et dans le tissu de la pie- mère il y avoit beaucoup de sérosité infiltrée qui masquoit un peu les circonvolutions. Toute la substance cérébrale étoit très-humide. Dans chacun des ventricules latéraux il y avoit à peu près un gros de sérosité limpide. Les plexus-choroïdes contenoient beaucoup de kystes réunis en forme de grappe. Ils contenoient une sérosité blanchâtre , un peu trouble. Il se trouvoit à la bas du crâne à peu près demi-once de sérosité de même nature.
Tlioraœ. Les poumons étoient très-volumineux et noirâtres, comme on les trouve chez les vieillards. Celui du côté
Cancer des glandes lymphatiques.. 4i7
droit avoit quelques adhéreaces par son sommet, et dans cet endroit il y avoil une portion durcie qui égaloit à peu près le volume d'un œuf. Cette partie incisée éloit noire comme du charbon, et d'une consistance presque fibreuse dans tous ses points. On n'y voyoit aucune trace de l'organisation du poumon, ni aucun vaisseau sanguin; dans le centre de ce corps dur il y avoit quelques petites portions blanches qui fornioient comme des stries sur le tissu noir: ces portions blanches ne pouvoient s'isoler de la mélanose; elles étoient d'une consistance presque cartilagineuse et d'un aspect luisant. La tumeur noire pouvoit être séparée du rcite du tissu pulmonaire auquel elle ne paroissoit pas seulement contiguë, mais continue; tout le reste du poumon étoit sain, de même que le poumon gauche.
Le cœur étoit volumineux dans toutes ses parties, les cavités droites éloicnt surtout très-dilatées.
Elles contenoient beaucoup de caillots noirâtres, les cavités gauches paroissoient dans l'état naturel.
Abdomen. L'extrémité pylorique de l'estomac formoit une tumeur dure, bosselée, de forme très-irrégolière, et du volume d'un œuf de canne à peu près; en ouvrant cette portion, on voyoit à l'intérieur de l'estomac une sorte de végétation semblable, au premier aspect, aux cancers du sein ulcérés depuis long-temps; elle étoit à peu près de la largeur de la paume de la main et d'une hauteur très-variable, parce que toute sa surface étoit très-inégale et anfractueuse. Mais dans les endroits les plus élevés elle avoit tout au plus neuf à douze lignes; vers le milieu et à peu de distance du pylore, elle présentoit une dépression profonde qui auroit pu loger facilement le pouce d'un adulte jusqu'à la première articulation. Cette dépression étoit comparable à celle que produit un coup de marteau sur un morceau de plomb. Toute la surface de la turheur étoit enduite d'un mucus ^\X' tineux, grisâtre et opaque. Après qu'on eut enlevé cet enduit, I. 27
4l8 CANCER DES CL'.SDES LVMPHATlQtES.
celle même surfjcs avoit un aspect bien manifestement cancéreux, elle éloit d'un blanc grisâtre et rougeâlre par enclroils; en la ratissant, même légèrement, on formoit une pulpe grisâtre, homogène et molle. Dans plusieurs endroits, la membrane muqueuse étoit évidemment ulcérée, et l'on voyoit ses bords coupés d'une manière trèsinégale. Dans les endroils même où elle ne sembloit pas détruite, on ne distingnoit pas son organisation. En faisant sur la partie squirrheuse une coupe bien nette qui se prolongeât sur les portions saines, on dislinguoit encore sur les bords du squirrhe les deux membranes de l'eslomac extrêmement épaisses, et comme lardacécs. La musculeuse étoit un peu moins épaisse, et d'une couleur blanchâtre; la membrane muqueuse concouroit plus parliculièrement à la dégénération, et c'étoit à elle que paroissoit appartenir exclusivement la végétation cancéreuse qui i'aisoit saillie à l'intérieur de l'estomac. Au centre de la tiuneur on ne distinguoit plus les deux membranes; la tumeur s'étendoit jusqu'au pylore inclusivement, et elle finissoit tout-à-coup. Tout le reste de l'estomac étoit parfaitement sain, de même que le duodénum, et tout le canal intestinal. — Au-dessous du pylore et du duodénum, on sentoit une dureté assez considérable : elle étoit formée par l'induration, je veux désigner par là cet état du tissu cellulaire, dans lequel il est d'un blanc grisâtre luisant, et d'une consistance presque cartilagineuse. La portion du tissu cellulaire dégénéré pouvoit égaler le volume d'un œuf, mais elle n'avoit pas de forme déterminée et circonscrite.
Plusieurs glandes lymphatiques affectées de la même dégénération et ayant acquis le volume de petites noisettes , étoient situées autour du pancréas et s'enfonçoient dans ses interstices interlobulaires, ce qui auremier coup d'œil pouvoit faire regarder le pancréas comme squirrheux et trèsvolumineux. Après qu'on l'eut isolé de toutes ces tumeurs.
Cancer des glandes LVMpniTiQrES. 4'f)
on vit qu'en effet il étoil plus volumineux qu*il ne Test communément, mais du reste son tissu étoit parfaitement sain. — Le foie, la rate, et le mésentère, éloient dans Tétat naturel; il n'y avoit pas même de la rougeur à Tinlérieur des intestins, quoique le sujet eût eu un dévoicment trèsabondant depui*^ plus de dix jours avant sa mort.
Tumeur de Caisselle, Cette tumeur paroissoit peu volumineuse à cause de Toedème du tissu cellulaire environnant, et de tout le membre. Apres l'avoir isolée, ce qui fut trèsfacile parce qu'elle n'adhéroit presque pas au tissu cellulaire de l'aisselle, on vit qu'elle avoit au moins le volume du poingt d'un homme fortement constitué. Elle étoit toute bosselée, parce qu'elle étoit formée par la réunion de huit à dix tumeurs dures, de forme sphéroïde, ovoïde ou irrégulière, et d'une grosseur qui varioit, depuis le volume d'une noix muscade, jusqu'à celui d'un gros marron; toutes ces tumeurs étoient dures, bien distinctes, et réunies entrelles par du tissu cellulaire; en les incisant on vit qu'elles étoient formées par une matière dure, d'un blanc un peu jaunâtre, opaque, et très-peu luisante, dans laquelle on apercevoit à [)eine, en examinant de très-près, qucl((ues vaisseaux sanguins d'une exiréme ténuité; ces tumeurs toutes enkystées, paroissoient être de nature squirrheuse, mais avec un mélange d'une très-petite quantité de matière tuberculeuse; elles étoient parfaitement semblables aux corps squirrheux et tuberculeux qu'on rencontre assez souvent dans le foie.
Le foie étoit parfaitement sain, de même que la rate, et les autres viscères abdominaux.
4aO CIKCER DES GÎ.AÏfDES iTMPHlTIQrES^
3* oBSERVATio>'. — Tumeurs squirrheuses formées par les glandes mèscntériques. Tumeurs squirrheuses dam les poumons et dans le foie.
Un cuisinier, âgé de trente-huit ans, d'un tempérament lymphatico-sanguin, et d'une stature assez élevée, avoit toujours )oui d'une bonne santé jusqu'à l'hiver de 1804. Il commença alors à éprouver des faiblesses d'estomac, une faim continuelle et de légères douleurs dans le trajet du colon avec tension considérable de l'abdomen. Le malade passoit quelquefois cinq ou six jours sans aller à la selle, et quand la constipation cessoit. la tension du ventre se dissipoit. La faim et les douleurs d'estomac se piolongèrent pendant environ quatre mois. Ces symptômes furent suivis d'une toux qui revenoit par intcr\ ailes, sans douleur et sans gène de la respiration. Il survint en même temps des douleurs de rein!^ violentes, et avec un sentiment de déchirement; avant que la toux eût lieu, le malade fut pris de vomissemens aussitôt après ses repas, il y resta sujet pendant six semaines, et depuis ils ne revinrent plus. Huit mois après le commencement de sa maladie, le malade entra à l'hôpital de la Charité; il étoit alors Irès-amaigri, une légère coloration étoit également répandue sur toute la face, qui n'étoit pas crispée, comme elle l'est souvent dans les affections abdominales; les lèvres étoient pâles, et la langue blanchâtre; il avoit de l'appétit, et n'osoit le satisfaire parce que les alimens ne pouvant passer lui occasionnoient une anxiété très-vi^e. La toux étoit suivie d'une expectoration muqueuse et épaisse; depuis huit jours elle étoit accompagnée de douleurs et de gène de la respiration. Les douleurs des reins continuoient à se faire sentir, et le coucher ne pouvoit avoir lieu que sur l'un ou l'autre côté. Le ventre
CA5CEE DES CL15DES LTMPHATlQrES. ^ai
éfoil un peu distendu el rénitenl, on y senloit une tumeur qui occupoil toute la région épigastrique, s'étendoit jusqu'à deux travers de doigt de l'ombilic, et se prolongeoit plus versThypocoodre droit que vers le gauche; en palpant celte tumeur, on ne faisoit éprouver au malade qu'une douleur très-supportable. La région lombaire à droite et à gauche étoit douloureuse par la pression . quoiqu'on n*y sentit aucune tumeur. Eu percutant l'abdomen, on croyoit y sentir une légère fluctuation; les selles étoient rares, et les matières ni dures, ni liqiiides; les urines étoient peu abondantes, rouges, et leur émission douloureuse; la douleur se faisoit ressentir au-dessus du pubis. On apercevoit un commencement d'infdtratioo des extrémités inférieures; la peau étoit haliiueusc, et le poids petit, fréquent, el un peu dur.
Durant son séjour à l'hôpital, qui fut d'un mois environ, le malade eut constamment de la constipation, de l'insomnie; le ventre devint très-volumineux. Tout-à-coup la face devint hippocratique, et il mourut deux jours après.
Ouverture. Amaigrissement considérable de tout le corps, et remarquable surtout à la face, qui scmbloil exprimer encore les douleurs du malade. Belle coloration blanche de toute la peau.
Les poumons étoient infiltrés de matière sanguinolente, le droit conlenoit dans son épaisseur des tubercules blancs, luisants, fermes, d'une couleur qui se rapprochoit de celle du lard. En comprimant deux de ces tubercules, il sortit eu mamelons par divers endroits, un liquide blanchâtre e! épais; il y a voit de pareils tubercules fort gros à la racine df»s deux pojcions. Dans chaque cavité de la poitrine on trouva environ une chopine d'un liquide dune couleur rouge foncé; le péricarde confcnoit un liquide moins coloré. Le cœur étoit dans son état ordinaire.
A roîîverlure de l'abdomen il s'ccoiila environ quatre
Zj2 2 CANCER DES GLANDES LYMPHATIQUES.
pintes cVun licjuide épais, d'un ronge fonctS absolument semblable à celui des cavités Ihorachiques. Toutes les glandes mésentériques étoieut très-grosses; leur engorgement, qui se faisoit surtout remarquer entre les deux lames de répiploon, formoit une tumeur inégale du volume d'une grosse poire, applatie et très-longue, placée transversalement, et étendue depuis la quatrième vertèbre lombaire^ jusque vers l'appendice xiphoïJe, en passant sous l'estomac et le foie. Cette tumeur se trouvoit au-dessus du pancréas, avec lequel elle paroissoit contracter des adbérences. Elle formoit le corps dur qu'on ressentoit à l'épigastrc avant la mort, et on voyoit de très-grosses tumeurs de même nature placées entre l'estomac et le foie. On voyoit encore un autre engorgement considérable de glandes qui, recouvrant la partie antérieure des vertèbres lombaires, alloit se perdre vers le tiers du sacrum; cette espèce de couche avoit près de quatre travers de doigt d'épaisseur; chacune de ces tumeurs étant ouverte, offroil divers tubercules de couleur blanche, comme lardacée et non opaque. Par la pression ils laissoient sortir par divers points un liquide épais d'un gris blanchâtre, où une matière comparable à de la crème très-épaisse. Dans le milieu de la première tumeur, entre elle et le pancréas, passoient une portion du duodénum et le commencement du jéjunum, lesquels se détachèrent difïicilement et semblèrent, d'après l'état de la membrane séreuse, avoir contracté des adhérences. Le foie, qui éloit soulevé par cette tumeur, étoit très-volumineux, dur à sa partie antérieure; la face concave de son grand lobe ofTroit peu de consistance et sembloit désorganisée. Au voisinage de la scissure du foie, on trouvoit des tubercules de même nature que ceux des glandes, et semblables à eux pour la couleur et la consistance, mais ils ii'cgaloient guère que le volume d'un pois.
L'estomac, les reins, la rate, n'ont rien offeit de particulier.
CA'^CEn DES CLA5DES tYMPHlTIQUES. 4^^
4' obsirvàtion. — Squirrlic des glandes inguinales.
iM. G., àq,é de cinquante ans, contracta une maladie syphilitique qui se manifesta au bout de trois jours par des chancres sur le gland et le prépuce; au bout d'environ un mois, il lui survint deux tumeurs, une à chaque aine; l'une et l'autre avoit le volume d'un œuf de pigeon. Un homme de Tart très-instruit traita ce malaile pendant plusieurs mois par des moyens internes et externes; tous les symptômes de la maladie se dissipèrent, mais il resta à chaque aine un petit engorgement aussi gros qu'une fève de marais, mal circonscrit ou plutôt environné d'un atmosphère de tissu cellulaire endurci.
Le traitement fut inutilement continué pendant plusieurs mois. Après bien des tentatives infructueuses, cette maladie fut livrée à elle-même pendant deux ou trois mois. Le malade crut devoir consulter d'autres praticiens également instruits qui le traitèrent successivement, les uns par les sudorifiques unis aux niercuriaux, les autres par d'autres moyens. Non seulement la maladie résista, mais au bout de dix-huit mois, à dater de l'épotjue de la contagion, les tumeurs augmentèrent considérablement de volume sans devenir fort douloureuses, tout le tissu cellulaire des aînés s'engorgea, la peau adhéroit intimement à ce tissu, et six mois après on ne distinguoit plus de tumeur particulière; toute la région des aînés et une partie de la région hypogaslrique formoient une saillie remarquable qui paroissoît avoir plus de trois travers de doigt d'épaisseur, ce qui contrastoit avec la peau et le tissu cellulaire des autres parties ({ui, pendant ce même temps, maigrissoient d'une manière marcpiée. La maladie parut ensuite stationnaire pendant deux ans, et le mnlade éloit un peu rassuré; mais nu bout