‹ Traité des maladies cancéreusesChapitre 25 sur 121 · CANCER DES GLAIS^DES LYINÎPHATÎQUES · texte numérisé non relu

CANCER DES GLAIS^DES LYINÎPHATÎQUES

de ce temps, il fut pris d'un dévoiement qui devint presque continuel; il éprouvoit de vives douleurs dans le rectum. Il ne voulut pas d'abord con.culter de médecin, mais les douleurs devinrent si insupportables qu'il demanda les secours de l'art, après six mois de souffrances.

Le rectum éloit dur, squirrheux, ulcéré, et rétréci; on pouvoit cependant y introduire le doigt index, et on trouvoit partout des végétations très-dures, médiocrement douloureuses. Lorsque le malade passoit cinq à six heures sans aller à la selle, il sortoit par l'anus une matière ichoreuse et sanietise qui tacboit les linges. Il y avoit dans le fondement des douleurs vives et brûlantes, et quelquefois des douleurs poignantes. C'étoit surtout la nuit qu'elles tourmentoient le malade; on ne les augmentoit pas en touchant la tumeur. J'engageai ce malade à faire appeler M. Boyer. Des mèches d'environ quatre pouces de longueur furent mtroduites dans le fondement^ mais elles n'atteignoient point à un endroit sain du conduit intestinal; les topiques dont on les cliargeoit n'amenèrent aucun soulagement; l'opium seul administré par la bouche calmoit un peu les souffrances; le malade ne pouvoit retenir aucun lavement, même lorsqu'il n'ctoit que de quelques onces.

Bientôt la tumeur des aines et de l'hypogastre augmenta de volume; il y survint des élancements douloureux, elle étoit presque dure comme du bois; le malade maigrit alors à vue d'oeil, et au bout de quelques semaines, il parvint à un état de marasme squelettique. Il mourut enfm neuf mois depuis l'invasion du dévoiement, après avoir souffert les plus cruelles douleurs.

Page 1