CANCER DE LA GLAI^BE THYROÏDE
tissa cancéreux offre cependant une particularité remarquable : il est ordinairement imbibé d'une liqueur épaisse, semblable à du miel. Il est souvent aussi parsemé de quelques portions des autres matières qui constituent les goitres. Mais dans ce dernier cas , la maladie n'est pas un simple cancer, c'est une dégénération composée (Introd., chap. 3, art. 2, § 5. )
Le cancer de la thyroïde est ordinairement produit par la diathèse cancéreuse, car on trouve presque toujours d'autres dégénéralions cancéreuses chez les sujets qui meurent de ce cancer.
La thyroïde n'est pas seulement sujette au cancer primitif, elle peut être prise d'un cancer consécutif. C'est dans ce dernier cas seulement qu'on a vu un véritable goitre devenir le siège d'un ulcère cancéreux. Les diverses dégénérations organiques qui conslituent le goitre, ne sont pas susceptibles par elles-mêmes de produire le cancer. Aussi, les goitres qui ne contiennent pas de parenchyme cancéreux, subsistent-ils toute la vie sans donner lieu à un ulcère cancéreux, ni à aucun symptôme de cachexie cancéreuse; si on y pratique une incision , comme nous l'avons vu faire assez mal à propos, ils se cicatrisent très-bien. Il n'en seroit pas de même des goitres qui renfermeroient une portion de tissu cancéreux.
Tralienient. Ce que nous pourrions dire concernant les moyens de conibaltre le cancer de la thyroïde seroit superflu, puisque nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit en parlant du traitement du cancer des glandes lymphatiques [i" partie, chap. 5, art. VI.) ces deux maladies exigeant absolument les mêmes secours.
CANCER DB LA GLAÎSDE TlfROÏDE. ^OO
OBSERVATION, (i) Cunccr lardiforme de la glande thyroïde et cancer cèrêbrlforme des poumons.
Une femme veuve, d'un tempérament sanguin , dont les parens bien constitués avoient poussé leur carrière jusque dans un âge très avancé, et dans la famille de laquelle aucun individu n'avoit été affeclé de maladies cancéreuses, avoit joui habituellement d'une bonne santé et n'avoit jamais eu de maladie grave. Depuis l'âge de i5 ans qu'elle avoit commencé à être réglée, jusqu'à celui de 4^ qu'elle cessa de l'être, elle n'éprouva aucun dérangement dans la menstruation. Elle eut deux enfants; ses couches furent heureuses.
Elle n'dvoit jamais eu au col aucune tumeur et sa respiration avoit toujours été parfaitement libre lorsqu'à l'âge de 67 ans où elle commença à ressentir une douleur sourde, une sorte d'engourdissement à la partie latérale et inférieure du col derrière l'attache à la clavicule du muscle sternomastoïdien du côté gauche. Dès le soir même elle s'aperçut de l'existence d'une tumeur dans l'endroit douloureux. Durant les jours suivants, cette tumeur augmenta de plus du double, et le 4* jo^^ï* elle s^étendoit déjà au-dsvant du larynx. Elle continua à prendre de l'accroissement, mais avec plus de lenteur, et deux mois après les premiers symptômes, elle s^étendoit depuis la partie inférieure du bord supérieur du trapèze du côté gauche jusqu'au bord postérieur de la partie moyenne du muscle sterno-mastoïdien du côté droit et de haut en bas depuis l'os hyoïde jusqu'au dessous de la clavicule gauche , et à un travers de doigt au-dessus de la clavicule droite. La partie supérieure du sternum éloit un peu cachée derrière cette tu-
(i) Recueillie par M. Moulard-Martin.