ARTICLE DEUXIÈME
Maladies qui peuvent être prises pour le cancer du pharynx.
Quelques-unes des maladies qui attaquent Tarrière-bouche et la gorge peuvent être et ont été confondues avec le squirrhe ou le cancer du pharynx. Ces maladies sont principalement les suivantes : 1° la tuméfaction chronique des amygdales ; 2° les ulcérations syphilitiques de la gorge ; 3' les ulcères produits dans celte partie par l'usage des mercuriaux; 4^ diverses ulcérations non cancéreuses, dont les unes sont primitives et ne dépendent que de la lésion des parties charnues, et dont les autres sont consécutives et déterminées par une carie des os situés dans le voisinage.
Il y a bien des cas dans lequels il est facile de distinguer le cancer du pharynx d'avec ces diverses maladies. Mais dans quelques circonstances , le diagnostic est embarrassant ; c'est ce qui nous engage à donner quelques détails à ce sujet.
La tuméfaction chronique des amygdales a été rangée, trèsmal à propos, par quelques auteurs, au nombre des maladies sqiiirrheuses. Quel que soit le volume qu'aient acquis les amygdales, frappées de cet engorgen)ent chronique, elles ne présentent jamais dans leur tissu la même structure que les dégénérations cancéreuses. Aussi, lorsque la tuméfaction de ces glandes est devenue tellement considérable qu'il devient absolument nécessaire d'en faire la résection partielle, on ne voit survenir aucun accident, et la cicatrice se fait avec la plus grande facilité.
On sait qu'il n'est rien de plus commun que la tuméfaction chronique des amygdales, mais la dégénération cancé-
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reuse de ces glandes est excessivement rare. Nous l'avons cependant observée, et le tissu dégénéré ne resssenibloit plus à celai de la glande , mais il avoit acquis la mên:ie structure intime que les autres dégénérations cancéreuses.
La tuméfaction chronique des amygdales ne détermine pas de douleur lancinante , elle n'est presque jamais accompagnée d'ulcération, elle ne présente pas l'aspect cancéreux, lors même qu'elle est ulcé rée ; elle ne peut donc pas être confondue avec les cancers de l'arrière-bouche, ni avec ceux du pharynx.
Il n'en est pas de même des autres sortes de maladies dont nous venons de faire mention; il y a un certain nombre de cas dans lesquels, après l'examen le plus scrupuleux et les recherches les plus attentives , on reste dans l'incertitude, parce que les caractères distinctifs de ces diverses maladies ne sont pas toujours assez bien tranchés. Cependant, il est quelques signes, à l'aide desquels on peut se décider pour adopter un traitement rationnel; et, d'ailleurs, en continuant à suivre le malade , on finit souvent par acquérir des lumières qu'on ne pduvoit pas obtenir au premier abord.
En comparant le cancer du pharynx avec les ulcérations qui peuvent le simuler, on peut établir les caractères distincts suivans : i*'Dans les ulcérations syphilitiques, la maladie fait des progrès plus rapides ; rulcération présente une surface grisâtre ou blanchâtre , et des bords rouges , durs, épais et taillés à pic. 2° Dans les ulcères mercuriels, la surface ulcérée est plus élargie, plus blanche, et comme argentée ; les bords sont moins durs, et moins épais. 5° Enfin, dans les ulcères occasionnés par une carie, la surface est plus baveuse, et elle est presque toujours fistuleuse, etc.
Il y a quelques autres considérations qui peuvent encore être utiles pour aider dans le diagnostic, ainsi , on s'in-
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forme soigneusement des causes occasionnelles qui ontprécédé raffection qu'on a sous les yeux.
Le mode d'invasion de la maladie , sa marche avant le moment oîi les secours de l'art ont été réclamés , l'aspect que présente la surface ulcérée, la forme des bords de l'ulcère, les maladies antécédentes, les dispositions originaires, l'effet des médicamens qui ont été mis en usage , et une foule d'autres circonstances particulières, peuvent encore servir à éclairer le diagnostic.
ARTICLE IIL
Traitement du. cancer du pharynx.
Le traitement du cancer du pharynx varie selon l'espèce de la dégénéralion.
Lorsque l'ulcère est de la nature des cancers cutanés, il convient de tenter l'extirpation de la partie malade, ou de la cautériser profondément toutes les fois que le siège de la dégénération et son étendue n'y mettent pas un obstacle absolu.
Lorsque cette maladie est de la même nature que les affections cancéreuses de l'estomac et de l'œsophage, et toutes les fois qu'elle ne peut pas être détruite par la cautérisation ou par l'extirpation , on ne peut administrer qu'un traitement palliatif; car on ne doit pas se flatter d'en obtenir la guérison tant qu'on n'aura pas trouvé un spécifique pour détruire les cancers.
On pourra cependant essayer, avec prudence, l'emploi de quelques-uns des moyens généraux qui ont été proposés pour combattre les maladies cancéreuses , et dont nous avons indiqué un grand nombre dans la dernière partie de cet ouvrage.
Quel que soit d'ailleurs le traitement qu'on adopte, il
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sera toujours nécessaire de combattre les symptômes qui tendent à abréger la vie des malades ou à augmenter leurs souffrances.
Ainsi, quand l'ulcère et les fongosités ont fait assez de progrès pour empêcher la déglutition , on introduit dans l'œsophage, par la bouche, ou mieux par les fosses nasales, une sonde de gomme élastique^ dans laquelle on fait passer Je bouillon , le lait et les autres substances qu'il est nécessaire de faire parvenir dans l'estomac, pour soutenir les malades et les empêcher de mourir d'inanition.
On calme les douleurs en administrant à l'intérieur des préparations opiacées, et en prescrivant des gargarismes adoucissans, ou narcotiques, ou rendus caïmans par l'addition de sufSsante quantité d'une dissolution d'acétite de plomb, etc.
S'il survenoit des hémorrhagies, on fe roi t usage des astringens et des autres moyens usités pour combattre ce «ymptôme alarmant.