CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Canccj^ de V œsophage.
ARTICLE PUEMIER.
Histoire de la maladie.
Le cancer de l'œsophage est une maladie assez rare, souvent précédée de quelques affections nerveuses, telles que le pyrosis, le hoquet, des douleurs passagères dans le fond du gosier. II peut avoir son siège à la partie supéiieure de ce con«iuit, à sa partie moyenne, ouî^sa partie inférieure.
Son début est ordinairement insidieux. Le malade n'éprouve d'abord qu'une gêne pendant la déglutition des solides; cette gène augmente de jour en jour. Quelques bouchées d'alimens occasionnent un peu de souffrance, ou sont retenues un instant au moment de leur contact avec la partie malade. La boisson fait passer le bol alimentaire qui seml)loit retenu au passage. Le malade indique souvent a\ec précision quel est l'endroit du cou ou de 1^ poitrine qui correspond à la partie de l'œsophage qui dans ces instans devient douloureuse. Bientôt quelques gorgées d'a«
l36 CA4VCER DE l'gESOPHAGE.
limens remontent, et sont rejetées sans avoir pu pénétrer dans l*estomac. Quelquefois les premières bouchées sont avalées, et les suivantes sont rejetées.
La première bouchée est arrêtée à l'endroit de l'obstacle, et, au moment où le malade vient d*avaler la seconde, les deux bouchées remontent à la fois, et sont vomies, ou plutôt rendues par régurgitation.
A mesure que la maladie fait des progrès, les souffrances augmentent aussi. La plupart des malades ne peuvent pas supporter le vin qui aigrit, non plus que l'eau-de-vie et les liqueurs, qui semblent les gratter d'une manière très-pénible, et , qui d'autres fois leur occasionnent un sentiment d'érosion et de brûlure insupportables. Bientôt ils nepeuvent plus faire parvenir jusqu'à l'estomac les alimens solides. Ils sont obligés de vivre de fruits cuits , de gelées de viande, de bouillons, de potages et surtout de lait ; ce dernier aliment est communément celui qu'ils supportent le mieux.
Du reste, dans le cancer de l'œsophage comme dans celui de l'estomac, il est des alimens qui ne sont point rejetés, tandis que d'autres le sont constamment, et ce n'est presque jamais que lorsqu'on en a fait l'essai qu^on peut reconnoître ceux que l'on peut faire parvenir dans l'estomac. Cependant , à la fin , l'obstacle devient quelquefois tel que rien ne peut plus le vaincre.
Les malades ne rendent pas seulement par la bouche les substances qu'ils viennent d'avaler. Plusieurs d'entre eux rendent par régurgitation une très-grande quantité de mucosité glaireuse, filante, et souvent mousseuse. Ils rendent cette matière tantôt pure , tantôt mêlée aux alimens ou aux boissons qu'ils essaient de faire parvenir dans l'estomac. Les matières vomies ne sont pas brunes et noirâtres comme celles que vomissent plusieurs des malades affectés de sqviirrhe de l'estomac.
On a vu quelquefois^ daps les ulcérations cancéreuses de