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SECTION TROISIÈME

Traitement des maladies cancéreuses de f encéphale.

Parmi les maladies cancéreuses de l'encéphale , une seule, offrant la possibilité d'une extirpation complète, permet de concevoir une foible espérance de la guéiison de quelques malades; car il n'est pas toujours impossible d'enlever un fongns cancéreux de la dure-mère formant à travers les os du crâne une saillie sous la peau (sect. u, art. 1^% § 1). Il est vrai que la mort est presque toujours la suite de l'opération , mais elle n'eu est pas le résultat inévitable. Gela suffit néanmoins pour rendre le praticien très-réservé. En conséquence, fant que le malade peut supporter ses maux, il faut se contenter d'user de palliatifs; mais si les souffrances sont trop grandes, ou le malade dans un danger prochain , comme la maladie livrée à elle-même deviendroit constamment mortelle, il n'y a plus à hésiter : ou aura recours à l'opération, pourvu que le malade soit encore en état de la supporter, et que la fongosité soit unique, circonscrite, et située de manière à pouvoir être attaquée dans toute sa circonférence. En conséquence, on incise les légumens qui recouvrent la tumeur, afin de la mettre complètement à découvert. On applique ensuite une ou plusieurs couronnes de trépan pour détruire les aspérités et les pointes osseuses qui entourent la végétation, et pour agrandir suffisamment l'ouverture. On excise ensuite le fongus, en ayant soin d'enlever toute la portion de la dure-mère, sur le bon état de laquelle on auroit de justes

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inquiétudes. On traite ensuite le malade comme à l'ordinaire à la suite des opérations analogues. Mais il ne faut jamais négliger d'examiner la structure intime de la tumeur qui a été extirpée^ car, si elle n'étoit pas cancéreuse, le pronostic n'est pas le même que si elle l'étoit , et le traitement prophylactique est bien différent.

Dans tous les autres cas de maladies cancéreuses de l'encéphale 5 on ne peut conseiller qu'un traitement palliatif. Il y a même sous ce rapport une remarque importante qu'il ne faut pas perdre de vue. Les remèdes palliatifs qu'on oppose avec plus ou moins de succès à la plupart des maladies cancéreuses sont à peu près nuls pour le traitement des cancers de l'encéphale. Les accidens que ceux-ci déterminent dépendent bien moins de la nature de la dégénérescence et de son altération progressive, que de l'irritation que la masse squirrheuse excite 5 d'une manière en quelque sorte mécanique, dans la substance cérébrale. C'est sans doute par cette raison que les accidens qui surviennent sont presque les mêmes , soit qu'il y ait dans le crâne une tumeur cancéreuse, soit qu'il s'y trouve un ver vésiculaire ( sect. 1", art. 11, § 3 ), soit qu'il y existe une masse tuberculeuse (sect. i*^^, art. 11, g 2). C'est aussi pour cela que les malades affectés d'un cancer de l'encéphale meurent toujours des suites du dérangement des fonctions du cerveau ; qu'ils n'ont jamais des symptômes bien évidens de cachexie cancéreuse, et que la plupart ne maigrissent pas notablement. Tous ces effets paroissent tenir à ce que le dérangement des fonctions cérébrales cause la mort avant que les symptômes généraux du vice cancéreux aient eu le temps de se développer.

D'après toutes ces considérations, lorsque l'examen d'un malade nous donne de justes raisons de présumer que sa maladie est le résultat d'une maladie cancéreuse du cer-

veau OU de la dure-mère, il faut se hâter de lui prescrire le traitement que sou état exige.

Si la maladie est encore dans sa première période , on peut essayer quelques-uns des remèdes qui ont été conseillés pour le traitement de la diathèse cancéreuse. En même temps on cherche à prévenir ou à détruire les complications accidentelles qui tendroient à accélérer la marche de la maladie. Dans celte vue on met en usage les révulsifs, tels que les sélons, les cautères, les vésicatoires,lcs évacuans, les sangsues, la saignée même si on aperçoit des signes de pléthore générale ou locale ; en un mot on ne néglige aucun des moyens généralement employés dans la vue de ralentir la marche des maladies organiques. Si la maladie est très-avancée^, on est réduit à combattre quelques-uns de ses effets les plus apparens. On traite donc la paralysie, les convulsions ou l'apoplexie , par les moyens ordinaires, quoiqu'on sache bien que la cause du mal ne peut pas être détruite. En combattant ainsi les effets du cancer du cerveau, on prolongera vie du malade, on adoucit quelques-unes de ses souffrances. La vessie est-elle distendue par l'urine, on y place une sonde; la constipation menace-t-eîle de produire une accumulation quelquefois excessive des matières fécales dans le rectum, on met en usage les laveniens , les suppositoires, etc.; si la céphalalgie est très-violente, on fait raser la tête, et on la couvre de cataplasmes émoUiens ou narcotiques ; l'application de la glace pilée a quelquefois produit de bons effets dans les mêmes circonstances. Enfin, si ces moyens ne suffisent pas pour apaiser les souffrances, on a recours aux narcotiques, qu'on administre sous toutes les formes, en pilules, en potions, en lavemens, en frictions, etc.

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