CAUSES DU CANCER
lion du cancer : c'est un fait attesté par l'expérience de tous les siècles.
Mais il n'est pas moins certain qu'on voit des cancers se développer sans aucune de ces causes.
En vain objecteroit-on que le témoignage des malades sur ce point n'est pas toujours sûr, qu'on peut avoir reçu un coup dont il ne reste pas de trace ni de souvenir, etc. : les masses cancéreuses du foie, du cerveau et des autres viscères intérieurs, prouvent incontestablement que le cancer peut survenir sans cause locale. Et pour ce qui est des causes générales, l'examen attentif du médecin, éclairé par les déclarations du malade, peut suflire, dans tous les cas, pour reconnoître ces dernières causes lorsqu'elles existent : on ne seroit donc pas fondé à récuser le témoignage d'un grand nombre d'observateurs judicieux, tels que Ledran^ Alexandre Mcnro et M. Monlblanc, qui assurent avoir vu des cancers du sein, ou d'autres parties, survenir et se développer sans cause extérieure, S(»it générale, soit locale.
D'un autre côté, nous voyons très-souvent des individus soumis à l'influence de toutes les causes mentionnées cidessus, qui néanmoins ne sont jamais affectés de cancer. Un coup sur le sein occasionne, chez certains sujets, une vive inflammation, qui se termine par un abcès, par la gangrène, ou qui passe à l'état de phlegmasie chronique sans donnei*^ieu à la form=ition d'un cancer. Combien de femmes ont eu, pendant longues années, desengorgemens laiteux, scrofuleux. dartreux ou arthritiques du sein , sans qu'il en soit résulté un véritable squirrlie? 11 en est de même des contusions du testicule et des engorgemens vénériens de cet organe : il est des individus chez qui ces contusions et ces engorgemens donnent lieu à des abcès, à des indurations chroniques, enfin à toutes sortes d'accidens, excepté au cancer; on en voit d'autres, au contraire, affectés de carcinomes affreux, qu'ils attribuent à une lé-
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gère contusion dont ils se souviennent à peine, on bien à un engorgement vénérien absolument semblable à ceux que nous voyons guérir tous les jours.
Des recherches multipliées sur cet objet nous ont appris que souvent le coup ou le froissement auquel les malades attribuent l'origine du cancer, n'a été pour eux que l'occasion de remarquer une induration squirrheuse qu'ils avoient déjà antérieurement, mais qu'ils n'a voient pas aperçue , parce qu'elle n'étoit ni saillante ni douloureuse. Nous croyons pouvoir affirmer, d'après cela , que les cancers spontanés sont bien plus communs qu'on ne le pense.