‹ Traité des maladies cancéreusesChapitre 96 sur 121 · EST-ELLE HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

EST-ELLE HÉRÉDITAIRE

femme mourut d'un cancer de la vessie, une antre d'un cancer au sein, et un homme d'une tumeur cancéreuse ati cerveau. Des quatre individus qui restoient de cette même famille, l'un est mort d'une maladie aiguë, et les trois autres jouissent d'une parfaite santé.

Nous avons donné des soins à une vieille femme, maigre et sèche, qui portoit depuis fort long-temps, dans le sein gauche, un de ces cancers ratatinés^ dont nous avons parlé ailleurs; elle avoit de plus, sur toute l'enveloppe cutanée, non-seulement du tronc, mais du cou et des membres, une multitude de ces petits durillons lenticiilaires, et de nature squirrheuse , qu'on observe quelquefois aux environs des cancers : elle mourut épuisée par les plus affreuses souffrances.

Quelques années après , nous avons vu mourir sa fille unique , à l'âge de quarante ans^ avec un cancer de Festomac des plus douloareux, et dont la substance, lardacée et très-dure, étoit tout-à-fait semblable à celle du cancer ratatiné de sa mère.

Ces observations , et plusieurs autres semblables qu'on trouve dans les auteurs, paroissent d'abord très -décisives.

Mais, lorsqu'on vient à considérer qu'après la dégénérescence tuberculeuse, le cancer est la plus fréquente des lésions organiques, et lorsqu'on sait qu'à Paris sur sept individus qui meurent après l'âge de vingt ans, il y en a toujours au moins un qui succombe à une maladie cancéreuse, peut-on, sans crainte de se tromper, attribuer à une disposition héréditaire la coïncidence de plusieurs maladies de ce genre dans une même famille?

Nous pensons que cette question ne pourra être résolue, d'une manière satisfaisante, qu'à l'aide des relevés IL 5o

Page 1