VIII PRÉFACE
habituellement, c'est à la puberté seulement que ces productions pathologiques se développent et deviennent Torigine de difformités. La même réflexion s'applique aux luxations congénitales de la hanche; dans l'immense majorité des cas, rien d'anormal n'est reconnu de ce côté au moment de la naissance. C'est seulement quand l'enfant fait ses premiers pas que la difformité est reconnue; et plus tard,'elle se complète et s'aggrave sous l'influence de la marche et de la station. Songeant à ces diverses circonstances, il m'a paru que l'épithète de maladies chirurgicales d origine congénitale était beaucoup plus compréhensive, et s'appliquait beaucoup mieux à la généralité des cas, que celle de maladies congénitales seulement.
On voit, d'après ce qui précède, que les affections que nous étudions ici se divisent en deux groupes : les unes existent au moment de la naissance, les autres se produisent plus ou moins longtemps après, comme suite de la persistance d'une disposition remontante la vie intra-utérine, et, par suite, d'origine congénitale.
Il en résulte que, pour bien comprendre l'évolution de ces affections, leur pathogénie, leurs symptômes, il est indispensable d'avoir présentes à l'esprit les notions qui ont trait au développement normal de l'organisme, à l'embryologie. Sans doute, on trouve bien, çà et lu, dans les Traités de Chirurgie, quelques-unes des indications les plus indispensables; mais généralement ces notions sontéparses; parfois même elles font défaut. Les élèves, obligés, pour comprendre les notions pathologiques qu'on leur expose, d'aller consulter un Traité spécial, se rebutent, et l'expérience de chaque jour m'a démontré que c'est ce défaut de connaissances embryologiques suffisantes qui les éloigne de l'étude des malformations. Aussi ai-je cru bien faire en faisant précéder chacun des chapitres de mon livre des notions embryologiques indispensables pour comprendre les développements chirurgicaux dans lesquels j'allais entrer.