ANOMALIES DES PAROIS THORAGIQUES
médecine de Berlin, un homme chez lequel manquaient les deux muscles pectoraux du côté droit. Chez lui, cette anomalie était lié© à l'existence d'une symphyse thoraco-brachiale, sous la forme d'un repli membraneux, en forme d'aile, reliant le bras droit à la partie latérale du tronc; il y avait en même temps une syndactylie de la main droite. Depuis lors, Ilagman * a fait connaître un fait analogue rencontré chez un garçon de onze ans. Chez lui, la portion costale du muscle pectoral droit fait défaut; il semble qu'en ce point, les côtes sont uniquement recouvertes par la peau. La cage thoracique est légèrement enfoncée, et manque de développement à ce niveau. Un autre exemple de la même malformation a été publié par Littlewood *. 11 a trait à un enfant de dix ans, chez lequel le grand et le petit pectoral droit font défaut. Les côtes supérieures droites sont immédiatement sous la peau. L'apophyse coracoïde fait une saillie très marquée. Il existe, dit l'auteur, un faisceau fibreux, s'insérant d'une part à l'extrémité externe de la première côte et à la partie adjacente de la clavicule, d'autre part à l'apophyse coracoïde.
Hernies congrénitales du poumon. — De son côté, Karewski * dit avoir rencontré un fait semblable chez un enfant de huit mois; chez lui, l'absence du grand pectoral était liée à une hernie congénitale du poumon se faisant à travers une ouverture latérale du thorax. Le plus souvent ces hernies se produisent ainsi, à la faveur d'un arrêt de développement de la paroi thoracique, plus ou moins, longtemps après l'accouchement. Quant à celles qui existent au moment même de la naissance, elles sont tout à fait exceptionnelles, et coïncident habituellement avec d'autres malformations chez des fœtus monstrueux. C'est ce qui existait dans le cas de Cruveilhier *, et dans un autre fait mentionné dans les Comptes rendus de la Société de Chirurgie de 1836.
Fissures congénitales du sternum. — Les fissures congénitales du sternum, à travers lesquelles se produit l'ectopie cardiaque, sont intéressantes surtout pour le médecin et le physiologiste. Rappelons cependant que M. Lannelongue'' a eu l'occasion d'inter-
1. Hagman, Un cas de développement incomplet du muscle grand pectoral, Uevite d'orthopédie^ 1" septembre 1802, n** 5, p. 3-21.
2. Littlewood, Absence congénitale des deux muscles pectoraux du côté droit, Th. Lancet, 1 juillet 1894.
3. Karewski, Diechirurg., Krankheiten des Kindesallers, Missbildiingen ans Thorax^ p. 480.
4. Cruveilfier, Anai. pathol. du corps humain, liv. XIX, p. 2.
3. Lannelonguc, Bull, de VAcad. des sciences, et Semaine médicale, mai 1888.
venir dans un cas de cette nature chez une petite fille de six jours; chez elle, les ventricules étaient recouverts seulement par une membrane en voie de mortification. Grâce à une autoplastie par glissement, M. Lannelongue a pu réussir à les soustraire au contact de Tair.
Anomalies des côtes. — Les côtes peuvent présenter des anomalies multiples, portant sur leur nombre ou sur leur configuration extérieure. Le D*^ Ilomer Gage * a rapporté l'observation d'une jeune fille de dix-sept ans, chez laquelle les sixième, septième, huitième, neuvième et dixième côtes gauches faisaient défaut. Il en résultait une scoliose à convexité droite, avec courbure do compensation en sens inverse, à la région lombaire.
Chez un fœtus monstrueux dont nous avons publié Tétude avec notre interne, M. Ardouin % il y avait à la fois absence d'une côte et soudure de certaines côtes entre elles. Tandis qu'à droite le nombre des côtes était normal, à gauche, on en comptait seulement onze. De plus, les cinquième et sixième côtes, la septième et la huitième, étaient soudées deux à deux.
Plus intéressante est l'existence de côtes surnuméraires; elles se rencontrent, soit à la région cervicale, soit à la région lombaire. Mais c'est à la région cervicale qu'elles présentent surtout de l'importance pour le chirurgien, en ce qu'elles peuvent devenir l'origine de compressions du plexus brachial, et nécessiter des opérations.
D'après M. Raphaël Blanchard ', qui a étudié la question, il y a quelques années, l'existence d'une côte cervicale devrait être considérée comme un fait d'atavisme, la septième apophyse transverse cervicale ayant primitivement possédé une côte, qui a peu à peu disparu par les progrès du développement. Il y aurait lieu d'ailleurs d'en distinguer plusieurs types, suivant que la côte surnuméraire, partant du rachis, vient atteindre en avant le manche du sternum, sans présenter d'interruption dans son trajet et sans contracter d'adhérence avec la première côte, ou bien qu'elle se fusionne avec la première côte et est incomplètement développée.
Généralement cette anomalie est bilatérale; mais l'une des côtes surnuméraires est toujours plus développée que celle du côté
1. Homer Gage, American Orthop. Association^ 3* congrès, septembre 1890.
2. Ardouin cl Kirmisson, Élude d'un fœtus exomphale, Revue d'Orthopédie, 1897 p. 104.
3. Raphaël Blanchard, Revue scientifique, 1885, t. I, p. 724.